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Tag "Vogue"

Ci-dessous au centre Olivier Saillaird, à droite Xavier Romatet (président de Condé Nast France)

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Ce mercredi 26 février 2014, s’est tenu l’inauguration de l’exposition « Papier glacé, un siècle de photographie de mode chez Condé Nast ».

Cet événement, réunissant toute la presse parisienne, a pour principe d’exposer des premières images de photographes réalisés au début de leur carrière, de 1918 à nos jours. De Helmut Newton à Edward Steichen en passant par David Sims, Guy Bourdin, Peter Lindberg, Patrick Demarchelier et bien d’autres. Cette exposition se veut une fenêtre sur la construction et l’affirmation d’un style propre a chacun de ces artistes. Elle est aussi l’occasion de découvrir ou de redécouvrir le travail de pas moins de quatre-vingt photographes de mode.

Les photographies sont accompagnées d’une dizaine de créations de couturiers, d’une cinquantaine de magazines exposés sous vitrine et organisés de manière thématique à travers quatre petits salons. Sur un grand écran, sont projetés des films contemporains, l’avenir de la photographie de mode?

Ci-dessous, Baron Adolf de Meyer (1868-1946), premier photographe officiel du Vogue américain, février 1921 – Jeanne Eagel, robe de la Maison Chéruit

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Ci-dessous, Baron Adolf de Meyer (1868-1946), Vogue américain, juillet 1919 – robe Frances

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Ci-dessous, Terry Richardson (né en 1965), Vogue anglais, 1998 – robe Yves Saint Laurent Haute Couture

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Ci-dessous, Madeleine Panizon, capuchon d’automobile ou d’avion, 1925

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« Cet événement est organisé à un moment où le monde est gouverné par l’instantané. Le traitement de l’image auquel nous sommes attachés est intemporel. Il montre que la façon de créer de belles histoires dure. La vocation de Condé Nast est de ne pas céder à la pression du temps, tout en restant en accord avec l’époque. De montrer mois après mois, partout dans le monde, surtout en France, que ce que nous faisons s’inscrit dans la durée et peut être vu et revu. Le but étant de parcourir de belles images à travers cent cinquante photos modernes, créatives et passionnées par la femme. » précise Olivier Saillard, directeur du Palais Galliera.

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Ci-dessous, Sølve Sundsbø (né en 1970), Vogue italien, mai 2008

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Ci-dessous, Herb Ritts (1952-2002), Lei, décembre 1984 – Nickolas Murray (1892-1965), la danseuse Mlle Desha, Vanity Fair, avril 1921 – Franco Rubartelli, Veruschka, Vogue américain, juillet 1966

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« La vocation de Vogue va au-delà, en soutenant la création contemporaine. Condé Nast a pris un certain nombre d’initiatives pour soutenir la jeune création, pour aider, glorifier et valoriser la mode dans le monde. C’est dans cet esprit que nous avons décidé de soutenir concrètement la création de maison de mode par l’intermédiaire de la création d’un fond. » déclare Xavier Romatet.

« L’objectif de ce fond est d’aider les équipes du musée à acquérir des œuvres, pièces et photos qui vont venir enrichir et donner une dimension patrimoniale à l’oeuvre de ce musée. Il permettra également de rendre ces pièces accessibles au plus grand nombre, car aujourd’hui la mode se veut populaire et accessible auprès d’un public qui se veut quant à lui plus large. » ajoute-t il.

Le lancement du Vogue Paris Fashion Fund, aura lieu le 9 juillet prochain lors d’un dîner de gala réunissant maisons de mode, créateurs, collectionneurs et clients du monde entier. Ce dîner sera un événement phare de la scène mode parisienne, en pleine période des défilés Haute Couture. L’objectif sera de récolter 100 000 euros par an afin d’acquérir de nouvelles œuvres ainsi qu’un soutien considérable pour la nouvelle génération de créateurs.

Les premières acquisitions seront exposées dès le mois de novembre 2014 au Palais Galliera.

Ci-dessous, Twiggy par Richard Avedon, Vogue américain, août 1967 – à gauche robe de Geoffrey Beene

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Ci-dessous, Peter Lindbergh (né en 1944), Vogue italien, mars 1989

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Ci-dessous, Hans Feurer (né en 1939), Vogue français, mars 1973

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« Papier Glacé, une rétrospective d’un siècle de photographie de mode chez Condé Nast »

Du 1er Mars au 25 Mai 2014 au Palais Galliera.

Curatrice de l’exposition : Nathalie Herschdofer

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Sylvie Vartan dingue de mode… attestée par cette publication de Paris Musées consécutive à une exposition sise au Musée Galliera d’octobre 2004 à février 2005…

Au mitan des années 60, celle que l’on appelait « Sylvie », est à la fois star de la chanson française, reconnue aux Etats-Unis comme « la jeune française idéale », muse pour les maisons Christian Dior, Nina Ricci ou Guy Laroche, mais aussi une créatrice de mode et une future femme d’affaires.

Grace à son image, au début des années 60, Sylvie Vartan tisse un lien entre les générations, de la Haute Couture au Prêt-à-porter naissant. Elle pose autant pour la maison Jean Patou que pour Prisunic (dont la direction artistique est alors assurée par Denise Fayrolle, future fondratrice de l’agence MAFIA avec Maïmé Arnodin).

Elle créera sa première collection en 1965, sera distribuée au cours des ans au Bon Marché, chez Franck & Fils et au Printemps. Elle ouvrira plusieurs boutiques en France (dont une à Paris avenue Victor Hugo) et en Belgique. En 1970 pour sa 9e et dernière collection ce n’est pas moins de 150 distributeurs qui commercialisent ses collections.

Les collections qu’elle élabore avec les stylistes « montants » de l’époque (Emmanuelle Khanh, Christiane Bailly) adoptent son style empreint de sagesse et de nouveauté. A travers ses créations elle vise les gens de sa génération et complète ses tenues avec des accessoires souvent ludiques.

A l’instar d’Axelle Red, dont je parlais ici, Sylvie Vartan est plus qu’une « fan de mode ». Tout comme la chanteuse d’origine belge, Sylvie Vartan a conservé, depuis le début de sa carrière, l’essentiel de sa garde robe. La porter aux yeux du public fut un précieux hommage à tout ceux qui l’ont accompagné: d’Yves Saint Laurent à Jean-Paul Gaultier en passant par Gianfranco Ferré, Marc Bohan, Bob Mackie, Michel Fresnay, Helmut Newton, Guy Bourdin, Jean-Marie Périer…

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Pierre et Gilles, Nuit de Neige, 1994

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Pierre et Gilles, Comme un garçon, 1996

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Nashville, 1963, par Jean-Marie Périer – Robe de Marc Bohan pour Christian Dior, 1964

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Collaboration entre le fabricant de montres Kelton et Sylvie Vartan, 1969 – Lunettes de soleil création Sylvie Vartan, 1968

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Concert à l’Olympia, 1968, création Yves Saint Laurent

Comme elle expliquera plus tard, la maison Saint Laurent était déjà  très Catherine Deneuve; « il ne pouvait y avoir deux blondes ». Sylvie Vartan portera alors Christian Dior à la ville et Yves Saint Laurent sur scène.

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Sylvie Vartan et son fils David Hallyday, 1968, Marc Bohan pour Christian Dior – Essayage avec Yves Saint Laurent, 1970

Les ré-interprétation du costume de Colombine (en haut à gauche ou ci-dessous), il y en eu plusieurs, sont parmi les pièces préférées de la chanteuse. A mi-chemin entre le costume de scène qu’elle affectionnait particulièrement (Sylvie Vartan voulait avant de chanter, faire du théâtre) et la robe de soirée.

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Pochette du 33 tours « De choses et d’autres », 1982, Marc Bohan pour Christian Dior

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Fac-similé de la revue du célèbre club parisien le Golf Drouot, 1965

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Marie Claire, 1964

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Robe de la première collection de Sylvie Vartan, 1966 – Robe-pull, Elle, création Sylvie Vartan, 1968

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Vogue, janvier 1973, Guy Bourdin – Elle, décembre 1970, Helmut Newton – Vogue, novembre 1969, Jean-Loup Sieff – Elle, décembre 1970, Helmut Newton

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Elle, décembre 1966 – Elle, août 1967

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Palais des sports, 1982, robe de Bob Mackie – Vogue, novembre 1972, combinaison Yves Saint Laurent

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Concert de la Nation, 1963, robe d’Arlette Nestat pour Real – Pochette du 33 tours « Aime-moi », 1970, photo Jean-Marie Périer

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Pochette du 33 tours « La Maritza », 1968, robe Yves Saint Laurent

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Vogue, mars 1974, photo Guy Bourdin – Vogue, avril 1973, photo Peter Knapp

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Robe de Michel Fresnay, 1977 – Justaucorps et cape de Bob Mackie, 1983

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Pochette du 33 tours « J’ai un problème », 1973, Yves Saint Laurent – Pochette du 33 tours « Sylvie Vartan, Show Palais des Congrès », 1975, veste de Michel Fresnay

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Veste et pantalon, North beach leather shop, 1973 – Combinaison Yves Saint Laurent, 1970 – Robe Yves Saint Laurent, 1970

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Défilé de la 3e collection, création Sylvie Vartan, 1966 – Cannes, 1974

 

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Here is the following of the article about voguing proposed by my friend Karolina Brock, read the first part here

This is the in every ball there are many different categories to compete in. A part from the dance formes like « Old way », « New way » and « Fem Vogue » for example, there are different types of Runway categories: Realness, Female figure and All American to name a few.

The categories

Within Realness there are different themes to compete in from « business man » to « school boy » and « supermodel ». When you enter the Realness category you are not just supposed to imitate a persona you are supposed to be it, an act that put your interpretation skills and sense of style to the test.

For a couple of minutes on the catwalk back in the underground scene during the 80ies this was an important part of the scene since one could be a part of a life that was unaccessible outside the doors of the ball. If needed clothes and outfits that were too expensive to buy were stolen.

The houses

The « houses » within the community became the new families of young gay guys who sometimes were homeless and cut off from their original families. The « father » and the « mother » of each house guided their « children » in life as well as in voguing battles where they competed in the name of the house.

House of Labeija, House of Yves Saint Laurent, House of Extravaganza, the houses were inspired by the big fashion houses. The balls, the community and the houses still exist. The scene has expanded and opened up and it is not seen only as a gay community scene today.

Trained dancers all over the world are becoming part of the scene and compete, at least in the bigger balls.

Willi Ninja and the House of Ninja

There are many great names to be remembered. One of them is Willi Ninja the founder and the original « mother » of the The Legendary House of Ninja, who died in the suits of AIDS in 2006. Willi was a naturally talented dancer and wanted to reach out beyond the community and spread and develope voguing as a dance and art form, which he also did.

His name was recognized by media and Voguing was featured in collaboration with TV, fashion and music. Today members of The Legendary House of Ninja, as well as members from other houses, are travelling the world within the dance scene spreading the knowledge of the dance and recruting members in different countries.

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Going to a voguing club or ball today the scene is still dominated by a gay and transexual crowd. Last time I went to a more underground ball someone asked me if I was « real ». Me and my girlfriend were the only « real » girls there but the place was full of beautiful women along with gay guys and very masculin thugs.

To the rythm of the MC’s almost monotonic way of repeting words and expressions the voguing dancers throw themselves out on the dancefloor with a diva-like confidence. It is all about outshining your component and giving shade*. As Benny Ninja, the present « father » of The Legendary House of Ninja, once said to me, voguing is making the music three dimensional. As a voguing dancer on that dance floor you love and accept what you got and then you work it.

* To give shade is an attitude which is a diva-like-way of showing your superiorness. Almost like saying « I don’t have to tell you you’re ugly cause you already know you’re ugly ».

Links
For more pictures go to Plazavkinna

A tips from my Old way voguing teacher, Cesar Valentino:

An upcoming star, Javier Ninja, part of a younger generation of The Legendary House of Ninja and has been dancing with Madonna:

Paris is burning is probably the most famous documentury about Voguing.

Also read Voguing and the house ballroom scene of NYC 1989-92

 

Thank you to amazing dancer and friend Anna Ninja-the fact checker.


Texts and photos by Karolina Brock

More infos on Karolina Brock here

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Two of the guest at New York Voguing club Escuelita

When i was in New-York city this summer i met my dear friend Karolina (dancer and designer), the one who brought me in this club. We were talking about a book dedicated to voguing: « Voguing and the House Ballroom Scene of New York ». Completely into street dancing Karolina gave me the whole story.

Fascinated i ask her to write a article about this moment of street culture, this a double post about it.

I guess it is fair to say that people in general connect Vogue or Voguing with Madonna and her song « Vogue » from the beginning of the 90’s. What Madonna did and still does is what might be her greatest skill; she highlighted an underground movement and showed it to the world. But she never was and probably never aimed to be part of these underground communities she « discovered ».


A legend has reached a certain level which includes winning trophies at earlier balls

The last past years Voguing has gone through a revival at least when it comes to the fashion and dance scene. It is part of our time to commercialize underground creativity and it is fashion forward to be inspired by it. When someone like Rick Owens plays typical « voguing music » by underground artist Zebra Katz at his show (AW12) it is automatically accepted, hyped and spread by the fashion world, as well as by other medias.

The scene

The voguing scene on the other hand is not really affected by this. It has been around since the 70’s with roots that goes back almost hundred years in time. Voguing developed in a New York African American and Hispanic gay community and was a form of social survival in a society one felt excluded from. The voguing community is playing with set normes and our society’s stereotypes and codes. It has its own social structures and it is within the community its members mainly want to win respect, prestige and climb the latter, be legendary!


World famous Waacking dancer Dallace Zeigler visited Escuelita, danced and won a voguing battle for the first time in her 30 something long career

The battles

Drag queen ballrooms (balls) existed in New York already in the 1920’s. It was about dressing up in extravagant outfits and show it off. In the 70’s and 80’s this evolved into what we today call Voguing. This happened in the form of battles where the main goal was to win Grand prize. Model poses were added to the runway walk and influenced by martial arts and acrobatic movements voguing started to develop in different dance forms and runway styles.


In the legend category at Voguing club Escuelita only people who have been recognized as legends can compete

It was a quite cruel and hard enviroment where this took place and the battles were sometimes a way of picking a fight on the dance floor. It happened that people brought weapon to be able to defend themselves. The balls or battles often started in the early hours of the morning when the « girls » got off work, prostitution was quite common, and continued into the day after. The battles were all about reputation but also about survival since there was prize money involved.

Text and photos by Karolina Brock
More info about Karolina Brock here

To be continued

 

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Some pictures of The world of super heroes ball a vogue ball organised by François Chaignaud and Cecilia Bengolea at la Ménagerie de verre.

Back in the nineties last night at La Ménagerie de verre when i was wearing flashy outfits influenced by house music and the voguing.

But everything partially started in the seventies in the ballrooms of New York city among Afro-American, Hispanic, gays, lesbians, and transgender communities.

Of course the genre was popularized by Madonna’s song « Vogue » in 1990, but it is interesting to find the influence of voguing from artists such as Prince or even Siouxsie (i remember her strike the pose during live shows) at the nineties. It’s also easy to imagine a designer like Jean Paul Gaultier being more or less a part of this community.

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Benjamin Dunkhan

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Underground culture: Poses from fashion magazines and martial arts, DIY clothes and drama !

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Left: François Chaignaud

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Cecilia Bengolea

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Strike the pose !

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Honoré de figurer dans cette sélection de blogs de vogue.com aux côtés de Face Hunter et Clothes on film, ainsi que des quelques lignes élogieuses sur mon activité ici.

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Non, Air France Madame, n’est pas un ersatz de feu Jours de France(1). Ce n’est pas seulement un club de desperate housewives reservé aux femmes des hommes qui travaillent (!). Air France Madame est un magazine d’art de vivre pour des femmes exigeantes. Pour celles qui voyagent dans les meilleures conditions et qui portent une attention particulière à la mode, la culture, au design et à l’art.

La maquette, élaborée par le directeur artistique de Vogue, Johan Svensson, est conforme à ce que l’on attend de ce type de publication : sobre et chic. Les typographies oscillent entre serif et sans-serif selon la langue employée (français ou anglais). La mise en page laisse un large place aux blancs, souvenez-vous le luxe c’est l’espace. La taille des folios (un brin oversize) pose la touche d’excentricité nécessaire.

Un magazine haut de gamme, un bimestriel de luxe, dédié au plaisir, qui vous emmènera aux quatre coins du monde visiter les hotspots du moment, vous aidera à décrypter les tendances ou vous indiquera les bons plans luxe via un choix d’adresses sélectives.

Le dernier numéro, que vous pouvez encore vous procurer cette semaine, est le fashion issue, la mode étant le fil conducteur du magazine. Ne manquez pas l’article de Sybille Grandchamp sur Cape Town, le sujet sur Phoebe Philo, celui sur le couple d’architectes d’intérieur Gilles & Boissier ou encore les adresses chic de Mathilde Meyer, la dircom de Prada.

À la lecture, contrairement aux autres féminins, ici il n’y a pas d’état d’urgence. On ne part pas en week-end dans les Antilles britanniques comme on irait à La Baule, on n’achète pas une montre Van Cleef & Arpels comme une toywatch. Il faut prendre son temps pour apprécier le luxe, le style et l’allure priment donc sur le it-thing du moment.

Le prochain numéro traitera de Haute Horlogerie féminine, sujet passionnant à plus d’un titre et dont nous aurons l’occasion de reparler.

Un aperçu en images du Fashion issue, bande son by Fortuna


(1) Ce magazine appartenait à M. Dassault. De Jours de France à Air France Madame on reste donc dans la thématique aérienne…

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Il n’y a pas à ma connaissance de revival sixties, je suis juste tombé sur les pages d’un article issu de je-ne-sais-quel magazine (sans doute un vieux Vogue) au fond d’une armoire. J’ai jugé bon en numériser certaines parties afin de les partager et en même temps faire ressurgir quelques noms du passé de la fashion.

De quoi parle-ton dans cet article ? De voitures de sport, de jolies filles et de boîtes de nuit. De photographes de mode, de stylistes, de cover-girls et de la musique pop. Des Beatles et de la mini jupe de Mary Quant, des photos de David Bailey et des coupes asymétriques de Vidal Sassoon, des « Chelsea Girl », de King’s Road et de Carnaby Street. D’une société prise dans une folle accélération, dont le centre névralgique est Londres, le Swinging London.

Et Mary Quant créa la mini…

En 63, Mary Quant, sur le point d’inventer la minijupe, se lance dans la diffusion. Le Ginger Group va porter sa réputation au-delà des frontières. En 63, Barbara Hunalicki, créatrice de Biba, commence sa carrière en vendant des modèles par correspondance. En 63, John Stephen, qui peut se vanter d’être le fournisseur officiel des « mods », étend son empire dans Carnaby street où il possède cinq magasins.

À l’origine, ‘The Knack » est le titre d’un film de Richard Lester, ayant remporté la palme d’or à Cannes. Deux films coup sur coup vont faire de lui un cinquième Beatles. « Hard Day’s Night » d’abord, et puis surtout « Help ! », ce bijou clinquant, qui annonce l’ère du clip.

Ces films semblent à des années-lumière de la production britannique (« Samedi soir, Dimanche matin »,  »La solitude du coureur de fond ») très influencée par le groupe des jeunes gens en colère, les « angry young men ». Pour les générations montantes, ces jeunes gens font déjà  vieux jeu. Leur colère épouse des formes trop conventionneUes. La lutte des classes suppose un fond d’aigreur et d’acharnement assez éloigné de l’état d’esprit actuel des teen-agers qui ne pensent qu’à se distraire, s’habiller, rire, sortir, boire, danser et, pour les garçons, posséder une voiture de sport. « Je trouve la vie formidable » est toute la philosophie que l’on peut attendre d’une « Chelsea girl ».

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(c)David Bailey

Les Beatles lancent la mode de l’insolence

L’album de « Help! » marque un premier sommet dans la carrière des Beatles. On a du mal à imaginer ce que fut la « Beatlemania, » déferlant comme une tornade qui ne laissa personne au sec. Les Beatles imposent un ton nouveau. Dans la musique, mais aussi dans la vie. Primesautier et irrespectueux. Les insolences de John Lennon, loin de choquer, ravissent le public. Un soir de gala, il demande aux ladies endiamantées des premiers rangs de secouer leurs bijoux pendant que les autres spectateurs applaudissent. Une critique déclare qu’ils sont dépravés de la façon la plus agréable qui soit.

Produits de consommation s’il en fut, les chansons des Beatles n’en conservent pas moins une bonne humeur efficace et un charme incomparable, dont la formule ne semble pas s’être transmise. Ils font pourtant éclore une abondance de vocations. Des groupes éclatent sur le gazon anglais en parterre coloré : Kinks, Animals, Bee Gees, Deep Purple, Monkees, Pretty Things, Cream, les Who, bien sûr, et combien d’autres?

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(c) Getty Images

Les Rolling Stones, eux, décapent

Seuls concurrents sérieux des Beatles : les Stones. Les premiers se contentaient d’être insolents, les seconds seront corrosifs. Les Rolling Stones décapent et sentent le soufre à plein nez. Ce que l’on apprend de leur vie privée a de quoi faire frémir les concierges de sa très gracieuse Majesté. « Quelle image de la jeunesse britannique vont-ils donner! « Laisseriez-vous votre soeur aller avec un Rolling Stones?  » interroge la presse.

La soeur, elle, en tout cas, serait sûrement d’accord. Surtout si elle peut choisir Mick Jagger. Oh Mick! Une place lui revient de droit parmi les séducteurs de sa génération. Son physique l’aide. Il correspond, trait pour trait, aux critères en vigueur chez les jeunes: une bouche luciferienne et des bouclettes dignes de l’archange Gabriel. Sur scène, il est pareillement irrésistible. Tout à son balancement, l’époque aime les garçons qui bougent et se déplacent avec grâce : Bailey et Jagger, mais aussi El Cordobès, Noureev qui vient de débarquer à Londres, Albert Finney, caracolant dans « Tom Jones », et Terence Stamp dont toutes les filles de Chelsea sont amoureuses.

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(c)David Bailey

Twiggy, 40 kilos, faux cils compris

La « Chelsea girl » correspond à notre minette du Drugstore. Une écervelée en bas blanc avec de longues jambes et une jupe courte. Elle rêve de la Schrimp, de Twiggy et de Penelope Tree. Les cover-girls concurrencent les vedettes de cinéma. Leur cachet les met sur un pied d’égalité. Ces filles qui pèsent lourd en dollars ne sont pas épaisses. Twiggy sera l’aboutissement d’une génération de limandes : à peine quarante kilos, faux-cils compris.

Sur ces planches à pain, la féminité se réfugie dans le maquillage et la chevelure. Presque toutes les beautés de l’époque seront échevelées, disparaissant sous des niagaras de franges et de mèches folles. Catherine Deneuve, Julie Christie, Françoise Hardy, Anita Pallenberg, Jane Birkin, Marisa Berenson sacrifient à cette vogue. C’est indispensable. Quoi d’autre? Une bouche pulpeuse et hardiment fardée de rose pâle et des yeux comme deux morceaux de charbon, bordés d’eye-liner, ourlés de khôl et frangés d’une double balayette de faux-cils.

Qui dit mieux? Twiggy qui invente de dessiner au crayon des cils sur sa paupière inférieure. Elle leur laissera son nom. Cela ne fait pas un peu pot de peinture? Un peu, en effet.

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D.R

Quand les valeurs basculent

Dans Chelsea, les modes se suivent et s’emboîtent à toute allure. Une culture se montre d’autant plus généreuse que ce qu’elle offre n’est pas de très bonne qualité. Celle-cii jette par la fenêtre des trésors de pacotille. La mode obéissant à la jeunesse gagne en fantaisie ce qu’elle perd en expérience. Les stylistes (un mot nouveau) démodent le savoir-faire d’un Balanciaga, d’un Dior ou d’une Coco Chanel. Plus besoin d’apprendre à couper, ni même à coudre. Trois sous de malice suffisent à réaliser des petites robes de rien qui ont le charme acide des fruits verts (et font parfois, avec le recul, grincer des dents).

Cette époque riche invente une mode pauvre, peu faite pour durer. C’est une volonté chez Mary Quant. Elle déclare dans une interwiew que si une cliente renverse un verre de vin sur un de ses modèles, elle peut le lendemain le jeter sans regret. Pierre Balmain, à qui on rapporte ce propos, s’étrangle qu’il ne veut en aucun cas que l’on renverse de vin sur ses robes. « Et puis quoi encore? Pourquoi pas du Ketchup? »

L’incompréhension s’installe quand les valeurs basculent. Et elles basculent : on en arrivera, après avoir épuisé les joies du P.V.C. (Poly-Vynil-Choloride), aux robes en papier et aux créations métalliques de Paco Rabanne.

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Catherine Deneuve

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Donyale Luna

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Francoise Hardy, Twiggy, Cordobes, couverture de Nova magazine

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Julie Christie

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Peggy Moffitt

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Penelope Tree

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Vidal Sasoon

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D.R sur toutes les photos


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Un supplément au Vogue de février 1949, où l’illustrateur Éric croque les trente créateurs qui font la Couture parisienne.

Je vous parle d’un temps où l’on vous donnait du Monsieur et du Madame à tour de bras, un temps où la mode au cinéma c’était Falbalas (1944) ou, quelques années plus tard, Le Couturier de ces dames (1956). Deux ans après la bombe New-Look de Christian Dior on imagine aisément l’effervescence qui doit régner dans le monde de la Couture lors de la parution de ce petit album.

Chaque créateur est à son bureau, en train d’y dessiner des silhouettes, en train de réaliser un moulage sur un mannequin miniature, ou tout simplement en train de poser pour Éric. À voir la mine de Madame Nina Ricci, on se dit qu’elle ne devait pas être très commode…

Monsieur Christian Dior semble regarder derrière lui ses années de disette, Monsieur Barbas, qui est le beau-frère de Jean Patou est un homme d’affaire et sa pose volontaire, les deux poings sur le bureau, en dit long sur ses ambitions, quant à Madame Schiaparelli elle est tout en assurance, chic et dédain.

On y retrouve bien évidement les monstres déjà  sacrés(1) que sont Christian Dior, Jean Patou ou Pierre Balmain, mais surtout beaucoup de noms oubliés ou moins connus et sans lesquels Paris ne serait pas Paris

Parmi ces noms citons :

  • la maison Mad Carpentier, fondée par deux anciennes employées de Madeleine Vionnet et qui en perpétuera le style jusqu’à  la fermeture en 1957;
  • Jeanne Lafaurie où André Courrèges fit quelques croquis en 1947;
  • Maggy Rouff, une très grande maison(2) de couture qui à œuvré de 1929 à 1979;
  • les modistes Madame Claude Saint-Cyr, Lucienne Rabaté qui forma Gabrielle Chanel ou le talentueux Monsieur Albouy;
  • Edward « Captain » Molyneux, anglais qui a fait ses classes chez Lucile Duff-Grodon(3), est célèbre pour avoir habillé le tout Hollywood de l’époque.
  • Marcelle Chaumont sans qui les drapés de Madeleine Vionnet ne seraient pas ce qu’ils sont…
  • Jean Dessès, etc.

Il y a vingt-cinq planches, soit autant de noms a découvrir ou à re-découvrir, l’occasion je vous assure, de se faire un intéressant petit cours sur l’histoire de la mode. N’hésitez pas à googler à fond les noms de ces créateurs, tout comme moi vous apprendrez bien des choses !

(1) On peut noter au passage la non-présence de Mademoiselle Chanel, qui en 1949 est toujours souillée par son trouble comportement pendant la guerre et qui ne ré-ouvrira sa maison qu’en 1954.
(2) Une recherche sur internet fait apparaître énormement d’ouvrages, photos et articles en vente sur eBay et ailleurs.
(3) J’ai revu Titanic, de James Cameron cet été et j’y ai découvert parmi les personnages, cette célèbre couturière au destin très chanceux

 

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