ON A VU ÇA: REI KAWAKUBO/COMME DES GARÇONS, MET 5TH AVENUE, PARTIE 1

CHERS LECTEURS,

ON A VU ÇÀ AU METROPOLITAN MUSEUM FIFTH AVENUE: L’EXPOSITION REI KAWAKUBO/COMME DE GARÇONS: ART OF THE IN-BETWEEN.

A TRAVERS CETTE INSTALLATION, L’ARTISTE EXPRIME NEUF ÉTATS D’IN-BETWEENNESS, NEUF “ENTRE-DEUX” QUI SE RETROUVENT, DEPUIS PLUS DE QUARANTE ANS, AU SEIN DE SES CRÉATIONS.

CES DUALITÉS SONT UN MODE D’EXPRESSION NATURELS POUR LA DESIGNER PLUS QU’UNE PRATIQUE SOCIALE OU POLITIQUE. A CHAQUE COLLECTION, REI KAWAKUBO PROVOQUE DES DÉFLAGRATIONS, ÉPUISE LES CLASSIFICATIONS CONVENTIONNELLES ET LES DICHOTOMIES ARBITRAIRES. ELLE INTERROGE ET RÉSOUT LES LOGIQUES BINAIRES, CRÉE DES CONNECTIONS ET DES INNOVATIONS RÉVOLUTIONNAIRES OFFRANT ALORS POUR LA CRÉATION DES POSSIBILITÉS INFINIES.

L’INFATIGABLE DESIGNER (AUTODIDACTE)-ARTISTE TISSE AU FUR ET À MESURE DE SES EXPLORATIONS CE QU’EST L’AVANT-GARDE EN MODE.

CI-DESSOUS QUELQUES EXTRAITS DE NOTRE INVESTIGATION

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PFW | Flous de Yohji

Le Lycée Carnot et son immense cour couverte accueille un défilé « démocratique » où les invités s’installent selon leur désir. Pour affronter le froid du début de cette nuit de mars un petit plaid nous attend délicatement plié sur les chaises.

Dans le préau vont s’élancer les mannequins à la coiffure acidulée et aux vêtements très marqués par les fondamentaux du créateur.

On retrouve en effet les volumes géométriques, les asymétries et le style chic-punk qui ont fait le succès de la maison au début des années 80. Noir, indigo et ivoire forment une palette de saison et seule une mèche de cheveux tantôt rouge tantôt bleu canard vient de temps en temps enflammer la silhouette.

J’ai aimé les jupes asymétriques aux larges plis et les silhouettes composées d’une veste et d’une jupe, sans ourlet, le tout ressemblant à un manteau en gros lainage coupé à la taille (voir ci-dessous).

Aimé les montages de manches froncés à l’épaule (ci-dessus), comme si l’envers était porté à l’endroit, très handmade et non-fini, certes déjà  vu, mais çà fonctionne toujours.

Les larges salopettes, les jupes à bretelles ainsi que les pulls résille façon filet de pêche, restent très connotées « deconstructionnisme » des années 80 (mouvement où l’on retrouvait également Kenzo et Rei Kawakubo).

Ce défilé était l’un des derniers de la folle semaine parisienne de la mode. La bande son qui flirte entre le folk irlandais et du gros rock et les vêtements réinterprétant les classiques de la maison font planer une certaine nostalgie dans ce défilé. Une envie soudaine, pendant le show, de photos floues, pour mieux illustrer ce sentiment.

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Festival International de la mode d’Hyères 2009

Le plus difficile lors d’un festival comme celui d’Hyères est de savoir faire la part des choses, différencier les créations coup de cœur des créations qui augurent d’un réel potentiel.

L’an dernier Jean-Paul Lespagnard et Matthew Cunnington se trouvaient aux antipodes l’un de l’autre stylistiquement parlant, mais tous les deux jouissaient d’une certaine crédibilité.

Cette année, je suis un peu passé à côté des choses; n’ayant pas pu assister à la première journée du festival, je n’ai pas pu prendre le temps d’apprécier l’ensemble des collections et des expositions. Dimanche j’en étais encore à mes coups de cœur et ne portais qu’une légère attention au buzz autour du duo letton, futur lauréat de l’édition 2009.

De mes échanges avec les différents designers et photographes, voici ce que j’ai retenu/aimé/détesté de ce week-end pluvieux mais toujours passionnant :

J’ai noté

qu’une grande partie des créations présentées cette année étaient finement « ciselées », beaucoup de plissés, de découpes et d’empiècements…

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Création Maxime Simoens, sur le thème du kaléidoscope, multiples découpes et bas de robe mille-feuille.

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Création Thomas Trautwein, « Bandit Couture » : gilet à empiècements multiples, fermeture Perfecto et aux épaules plissées

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Plissés réguliers sur le devant de cette robe « chic et choc », création des lauréats Marite Mastina & Rolands Peterkops

J’ai été étonné

car la moitié des designers sélectionnés se réclament de la Sainte Trilogie « arty-fashion » : Martin Margiela/Rei Kawakubo/Hussein Chalayan, voire des trois à la fois. Une tendance qui m’a fait leur demander naïvement s’ils se considéraient plutôt comme des fashion designer ou des artistes. Bien entendu leur réponse fut unanime: la finalité est de créer des vêtements destinés à être portés (wearable)…

La créatrice la plus emblématique de cette tendance est Melody Deldjou Fard dont le thème explore les transformations corporelles résultant de notre interaction avec les technologies, ses vêtements (sauf un) défilent sur des mannequins de chiffons portés par des mannequins de chair…

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Création Melody Deldjou Fard
Ci dessous deux extraits très courts d’un entretien avec Melody et Anémone Skjoldager lorsque je pose ma « question-piège » (éclats de rire inside) :
[mp3]http://www.lemodalogue.fr/audio/fimh2009-fashion designer vs artist.aif.mp3[/mp3]

J’ai été charmé

par la démarche créative de Steffie Christiaens qui a réalisé sa collection en photographiant des vêtements basiques soumis à l’influence du vent. Ces instants « saisis » font apparaître des formes inédites à partir desquelles elle crée le vêtement. Idem pour les créations d’Anémone Skjoldager qui construit ses vêtements à partir des projections qu’elle réalise sur des acrobates vêtus de blanc; le motif crée le patronnage, générant des formes inattendues. Des démarches proches où photo et vidéo, manipulées par le créateur, sont à la racine du processus créatif.

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Création d’Anémone Skjoldager, bichromie géométrique, sous influence Op Art

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Création de Steffie Christiaens, qui rappelle les réalisations de Rei Kawakubo pour Merce Cunnigham

J’ai aimé les propos

de Camille Vivier sur la fascination qu’exerce l’art contemporain sur les stylistes de mode et la mode sur les artistes contemporains.

Je suis passé à côté

des hermétiques vidéos de Camille Vivier (ci-dessous Boojie Girl, par A Shaded View)

Je me suis effacé

comme les mannequins de Thomas Trautwein, Melody Deldjou Fard et Marite Mastina & Rolands Peterkops.

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Bandit romantique sans visage (très margielesque)

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N’est pas le mannequin qui croit chez Melody Deldjou Fard, le mannequin « sans vie » vole la vedette.

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Coiffure oversize pour détective incognito chez Marite Mastina & Rolands Peterkops

J’ai aimé

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cette veste (bien que j’aurais préféré une manche gauche classique) de Thomas Trautwein, dont j’étais persuadé qu’il allait remporter le grand prix du jury.

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cette robe faite de bandelettes de cuir de Steffie Christiaens

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ce manteau d’Harald Lunde Helgesen lauréat du prix Crystallized-Swarovski Elements

Dans un prochain billet je vous montrerai les modèles des lauréats ainsi que les nouvelles collections des gagnants de l’édition 2008, et vous parlerai de mon coup de cœur pour la photographe mexicaine Alejandra Laviada.740

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Lucy Orta et les tribus urbaines

 

1998, vêtement refuge pour 4. Le matin la tente se dézippe libérant ainsi 4 tenues « urbaines », munies de multiples poches. Le soir les 4 personnes se retrouvent au point de rendez-vous et reforment la tente à partir de leur tenue.

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J’ai déjà  parlé très brièvement de la styliste (artiste ?) Lucy Orta il y a quelques temps; tout comme Rei Kawakubo ou Hussein Chalayan cités dans l’article ci-dessous, Lucy Orta interroge le vêtement, étudie son interaction avec l’environnement urbain dans lequel la plupart d’entre nous évoluent. Green attitude avant l’heure, ses réalisations sont éthiquement correctes, souvent dignes d’un film d’anticipation, ses « vêtements-refuges »(1) n’en sont pas moins dénouées d’une certaine poésie.

Nul doute comme le souligne plus bas Paul Virilio, que les interactions entres les tribus urbaines et la mode, donc le vêtement et ces accessoires vont aller croissant, même en présence d’espaces virtuels comme MySpace/Facebook/Second Life… Ayant été récemment parrain d’une étudiante(2) exposant une thèse sur le sujet et suite à un échange avec le directeur de thèse, il m’est apparu assez clairement que certains bureaux de style devraient investir plus profondément dans ces recherches et ces artistes afin de mieux projeter nos comportements et définir ainsi les tendances, plutôt que de tenter de suivre difficilement le mouvement.
Ces stylistes/artistes apporteront à leur manière, des réponses aux interrogations techniques, morphologiques, sociales et d’identité liée au vêtement.

« Il faut avoir une esthétique et un statement. L’un ne fonctionne pas sans l’autre. » (Lucy Orta)

Le temps« post-it », le temps qui clignote, a fait de nous des mutants. Prisonniers des angoisses que les nouveaux activistes de l’art libèrent à travers leur travail. Parmi eux, Lucy Orta, 37 ans, née à Birmingham (Grande-Bretagne) et vivant à Paris. Nul ne s’étonnera que Paul Virilio, qu’elle a rencontré dans les années 90, lui ait rendu hommage:« Lucy dénonce, par ses vêtements collectifs, le retour des hommes à la meute. Au moment où l’on nous dit que les hommes sont libres, qu’ils sont émancipés, hyper-autonomes, elle dit au contraire qu’il y a une menace et que les hommes se rapprochent de nouveau. On peut appeler cela des gangs, des nouvelles tribus, des commandos » expliquait-il dans Lucy Orta Refuge Wear (éditions Jean-Michel Place, 1996).

2001, Cologne, « Nexus intervention »

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Utopie réaliste

Lucy Orta parle de ses objets comme d’éléments « pertubateurs ». Elle se voit en « utopiste réaliste « . Ses scaphandres urbains font aujourd’hui référence, tant dans l’art que dans la mode, où elle a fait ses débuts comme styliste à la Woolmark avant de créer ses premiers « vêtements refuges », inspirés par des recherches textiles sur les fibres expérimentales. «Les vrais pionniers sont les créateurs qui partent d’une réflexion sur la société.» Et de citer Rei Kawakubo (Comme des Garçons), Hussein Chalayan, Martin Margiela, et même Helmut Lang.

Elle a participé à dix expositions collectives ou en solo en 2003. Une soixantaine de personnes travaillent dans son sillage, véritable factory chargée de créer ses armures siamoises éthiquement engagées, ses accessoires d’anticipation, à l’image de ce Refuge Wear Mobile Survival Sac avec réserve d’eau incorporée (1996) ou encore cette Nexus Architecture, vêtement-intervention porté par 110 élèves de Cholet. La roue tourne, les œuvres naissent et se re-posent, d’un centre de détention à Rennes à la Foire d’art contemporain de Miami, d’un marché parisien – dont elle recycle les surplus pour en faire des conserves « conceptualo-comestibles. (All In One Basket, 1997) au London Fashion College où elle enseigne.

2005, Lucy Orta dans son atelier

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Objets urgents non identifés

Lucy Orta voyage, intervient, suffragette de l’art dont elle remodèle les lieux à son image, de son studio parisien à la Laiterie Moderne, un site industriel en bord de Seine, réhabilité en atelier géant, où elle travaille en collaboration avec son mari, l’artiste Jorge Orta. «Il faut avoir une esthétique et un statement. L’un ne fonctionne pas sans l’autre», assure celle qui vient de mettre en place un «post-diplôme», sur le thème Man & Humanity à la Design Academy d’Eindhoven (Pays-Bas). « Créer un dialogue, ouvrir tout le monde», dit-elle. Ambulances, camions militaires, brancards, architectures corporelles, systèmes d’aide immédiate «pour situations urgentes» : dans son regard, l’utilitaire flirte avec l’hygiénisme d’un nouveau meilleur des mondes, au bord de la catastrophe planétaire et de la science-fiction. Chacun, en regardant ces Ouni (objets urgents non identifiés), se sent tour à tour témoin passif, coupable de non-assistance à personne en danger et victime du drame écologique qu’il a créé.

Cet automne, deux livres couronnent son œuvre, dix après ses premiers « vêtements refuges» : Body Architecture (éditions Verlag Silke Schreiber), et surtout l’impressionnante monographie Lucy Orta(3) éditée en Angleterre, un refuge-book où il fait bon prendre abri.

Alice Hermann

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Un travail qui rappelle la collaboration entre Vexed Generation et Puma (2005), créant, je cite: « le parfait vêtement pour le stealth urban rider ».

2005, Puma x Vexed

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A voir:

Le Studio Orta
et
Un peu de lecture…

(1) Refuge-wear
(2) Les tribus urbaines et la mode : « La culture gothique et son influence dans la mode » : démontrer comment les sphères underground continuent a être un point de référence pour la renouvellement et l’inspiration stylistique, par Maria Eguiguren. John Galliano, Giles Deacon, Jean-Paul Gaultier ou encore Olivier Theyskens étaient cités dans cette étude.
(3) Lucy Orta, Contemporary Artists Series/Editions Phaidon. Entretiens avec Paul Virilio, Nicolas Bourriaud, Roberto Pinto 160 pages/150 illustrations/24 £

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Surface to air (S2A)

Basé à Paris, S2A est un studio pluridisciplinaire, talentueux, très bientôt incontournable. Il est constitué de Jérémie Rozan, Santiago Marotto (photographe), Aldric Speer et Nicolas Jones (férus de mode), tous les quatre ont des parcours artistiques et atypiques.

S2A est une structure qui œuvre donc dans plusieurs domaines, design, presse (la revue Magazine), organismes (Andam), direction artistique (Tsumori Tchisato, Rei Kawakubo, le Parc de la Villette), metteur en scène de défilés (Isabel Marant) et même créateur d’une marque de vêtements depuis peu (avec Nicolas Andreas Taralis, ancien assistant d’Hedi Slimane).
Aldric Speer et Nicolas Jones sont également à l’initiative du salon Rendez-Vous, qui est rapidement devenu le salon qui réuni les designers de mode les plus pointus du moment (issus de l’Andam, du festival d’Hyères, qui défilent à Paris, NYC ou Londres).
Transdisciplinaires, S2A fait preuve d’une maîtrise (obligée) au niveau de son fonctionnement interne (dès le début, la réalité financière fait corps avec le projet S2A) ainsi que dans ces domaines adjacents que sont aujourd’hui la mode, le graphisme, la photo, la mise en scène.

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campagne publicitaire pour Tsumori Tchisato, 2004, (c) Mika Ninagaway & John Hullum


campagne publicitaire magique et féerique pour Tsumori Tchisato, 2005, (c) Richard Burbridge & John Hullum


collaboration avec l’artiste Sandrine Pelletier pour une installation présente dans les boutiques de Tsumori Tchisato


illustration issue d’une série de portraits, shootés puis « mis en illustration » par Jérémie Rozan


couverture du catalogue de l’Andam 2005 et pages intérieures

Le site de Surface 2 Air
Une partie des photos est issue du magazine étapes n°130

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Transversalité

Le designer Marc Jacobs, actuel héros de la mode, vient de collaborer avec le chorégraphe français établi aux États-Unis, Benjamin Millepied, en dessinant 42 tenues (essentiellement des robes courtes) pour le spectacle « Amoveo ».

croquis de Marc Jacobs

Un styliste œuvrant pour le théatre, la danse ou le cinéma est un exemple « classique » de transversalité. J’étais en dernière année d’ESMOD lorsque Christian Lacroix réalisait ses célèbres costumes pour Phèdre présenté à la Comédie Française (vidéo). La même année Rei Kawakubo (Comme des Garçons) réalisait pour la compagnie de ballet de Merce Cunningham les célèbres costumes inspirés de sa collections « Bump and Mind ».

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Modèles de la collection Bump & Mind (Comme des Garçons, 1997)

Les exemples sont nombreux, Mademoiselle Chanel a collaboré avec Serge Diaghilev pour les Ballets Russes ; dans les années 70 Yves Saint-Laurent avec Roland Petit (Notre Dame De Paris, Shéhérazade…), Jean-Paul Gaultier avec Régine Chopinot (voir le fameux spectacle K.O.K en 1988).

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le style Chanel des années 20, les rayures, le jersey, l’inspiration venue du sport, le corps libéré, ici pour le spectacle le Train Bleu en collaboration avec Serge Diaghilev et Jean Cocteau.

Chaque paire fonctionne en parfaite osmose et les rapprochements ne sont pas fortuits, Jean-Paul Gaultier et Régine Chopinot sont chacun dans leur domaine des créateurs bousculant les idées reçues et un peu fous (je me souviens avoir vu la salle du Théatre de la ville se vider de moitié lors de la représentation de Chair-Obscur, un des derniers spectacle de Régine Chopinot).
Merce Cunningham a depuis ses débuts travaillé avec des artistes d’avant-garde, pointus (John Cage, Jasper Johns, Roy Lichtenstein…), il est logique de le retrouver avec une créatrice atypique et d’avant-garde comme Rei Kawakubo.
Marc Jacobs perpétue ainsi une certaine tradition, le créateur découvre un autre univers dont il doit intégrer les codes, les lois et les contraintes techniques ; en contre-partie il apporte un nouveau champ de vision et d’expérimentation, sa propre vision du spectacle. Une osmose se crée, des échanges se font et si l’ensemble est réussi, la création, la mode et la danse en sont les gagnants.

Toutes les photos sont la propriété de leurs auteurs respectifs.

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