Azzedine Alaïa, l’excellence

Les louanges sont au rendez vous lorsque l’on évoque le créateur Azzedine Alaïa. Des créations au rang d’œuvres d’art, loin des images d’une certaine industrie du luxe. Fasciné par le corps féminin, Azzédine Alaïa, sculpteur issu des Beaux-Arts, le sublime de façon prodigieuse, « un véritable artiste qui crée son œuvre comme bon lui semble ».

Afin de célébrer sa rénovation, le Palais Galliera accueille l’œuvre du visionnaire, des créations en écho à l’envergure du lieu. Les silhouettes nous apparaissent comme des statues où vêtements et corps ne font plus qu’un, comme s’ils avaient été façonnés dans le même moule. Olivier Saillard, directeur du musée, choisi de mettre en scène les créations sans vitrine, afin de initier un dialogue entre elles. Les modèles semblent alors prendre vie à travers les courbes féminines.

En observant l’œuvre du maître, le rapport au corps est une évidence, structure, souplesse, sculpture, sont les mots récurrents lorsqu’on évoque son œuvre.

 

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Couturier à la prouesse technique impressionnante, ses créations peuvent se référer, par la sensualité et la sublimation des courbes du corps, à la Vénus Génitrix. Le travail de drapé et de coupe rappelle également l’œuvre de la révolutionnaire Madeleine Vionnet. Le vêtement Alaïa est structuré de façon à épouser parfaitement les formes du corps.

Loin des grandes industries de mode, des tendances ou du rythme rigoureux des collections, Azzédine Alaïa présente ses collections comme il lui plaît et agit en adoptant une posture d’artiste ou d’artisan indépendant.

Il nous dit avoir reçu le meilleur apprentissage de ses amies: « apprendre la mode avec les femmes ». Alaïa crée avant tout des robes pour ses proches: de Greta Garbo à Rihanna en passant par Michelle Obama ou Grace Jones.

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Le créateur modèle et façonne des silhouettes aux proportions novatrices. Certaines robes semblent d’ailleurs venir tout droit du vestiaire du moyen-empire égyptien tant elles épousent parfaitement les courbes du corps. Des créations qui perdurent dans le temps et qui ne se résument pas à une époque tellement elles sonnent justes, intemporelles.

 

Sylvie Vartan | revue de mode

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Sylvie Vartan dingue de mode… attestée par cette publication de Paris Musées consécutive à une exposition sise au Musée Galliera d’octobre 2004 à février 2005…

Au mitan des années 60, celle que l’on appelait « Sylvie », est à la fois star de la chanson française, reconnue aux Etats-Unis comme « la jeune française idéale », muse pour les maisons Christian Dior, Nina Ricci ou Guy Laroche, mais aussi une créatrice de mode et une future femme d’affaires.

Grace à son image, au début des années 60, Sylvie Vartan tisse un lien entre les générations, de la Haute Couture au Prêt-à-porter naissant. Elle pose autant pour la maison Jean Patou que pour Prisunic (dont la direction artistique est alors assurée par Denise Fayrolle, future fondratrice de l’agence MAFIA avec Maïmé Arnodin).

Elle créera sa première collection en 1965, sera distribuée au cours des ans au Bon Marché, chez Franck & Fils et au Printemps. Elle ouvrira plusieurs boutiques en France (dont une à Paris avenue Victor Hugo) et en Belgique. En 1970 pour sa 9e et dernière collection ce n’est pas moins de 150 distributeurs qui commercialisent ses collections.

Les collections qu’elle élabore avec les stylistes « montants » de l’époque (Emmanuelle Khanh, Christiane Bailly) adoptent son style empreint de sagesse et de nouveauté. A travers ses créations elle vise les gens de sa génération et complète ses tenues avec des accessoires souvent ludiques.

A l’instar d’Axelle Red, dont je parlais ici, Sylvie Vartan est plus qu’une « fan de mode ». Tout comme la chanteuse d’origine belge, Sylvie Vartan a conservé, depuis le début de sa carrière, l’essentiel de sa garde robe. La porter aux yeux du public fut un précieux hommage à tout ceux qui l’ont accompagné: d’Yves Saint Laurent à Jean-Paul Gaultier en passant par Gianfranco Ferré, Marc Bohan, Bob Mackie, Michel Fresnay, Helmut Newton, Guy Bourdin, Jean-Marie Périer…

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Pierre et Gilles, Nuit de Neige, 1994

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Pierre et Gilles, Comme un garçon, 1996

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Nashville, 1963, par Jean-Marie Périer – Robe de Marc Bohan pour Christian Dior, 1964

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Collaboration entre le fabricant de montres Kelton et Sylvie Vartan, 1969 – Lunettes de soleil création Sylvie Vartan, 1968

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Concert à l’Olympia, 1968, création Yves Saint Laurent

Comme elle expliquera plus tard, la maison Saint Laurent était déjà  très Catherine Deneuve; « il ne pouvait y avoir deux blondes ». Sylvie Vartan portera alors Christian Dior à la ville et Yves Saint Laurent sur scène.

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Sylvie Vartan et son fils David Hallyday, 1968, Marc Bohan pour Christian Dior – Essayage avec Yves Saint Laurent, 1970

Les ré-interprétation du costume de Colombine (en haut à gauche ou ci-dessous), il y en eu plusieurs, sont parmi les pièces préférées de la chanteuse. A mi-chemin entre le costume de scène qu’elle affectionnait particulièrement (Sylvie Vartan voulait avant de chanter, faire du théâtre) et la robe de soirée.

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Pochette du 33 tours « De choses et d’autres », 1982, Marc Bohan pour Christian Dior

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Fac-similé de la revue du célèbre club parisien le Golf Drouot, 1965

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Marie Claire, 1964

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Robe de la première collection de Sylvie Vartan, 1966 – Robe-pull, Elle, création Sylvie Vartan, 1968

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Vogue, janvier 1973, Guy Bourdin – Elle, décembre 1970, Helmut Newton – Vogue, novembre 1969, Jean-Loup Sieff – Elle, décembre 1970, Helmut Newton

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Elle, décembre 1966 – Elle, août 1967

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Palais des sports, 1982, robe de Bob Mackie – Vogue, novembre 1972, combinaison Yves Saint Laurent

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Concert de la Nation, 1963, robe d’Arlette Nestat pour Real – Pochette du 33 tours « Aime-moi », 1970, photo Jean-Marie Périer

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Pochette du 33 tours « La Maritza », 1968, robe Yves Saint Laurent

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Vogue, mars 1974, photo Guy Bourdin – Vogue, avril 1973, photo Peter Knapp

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Robe de Michel Fresnay, 1977 – Justaucorps et cape de Bob Mackie, 1983

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Pochette du 33 tours « J’ai un problème », 1973, Yves Saint Laurent – Pochette du 33 tours « Sylvie Vartan, Show Palais des Congrès », 1975, veste de Michel Fresnay

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Veste et pantalon, North beach leather shop, 1973 – Combinaison Yves Saint Laurent, 1970 – Robe Yves Saint Laurent, 1970

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Défilé de la 3e collection, création Sylvie Vartan, 1966 – Cannes, 1974