La mode dans le monde occidental

Un bref résumé de la seconde journée du colloque international « Faire l’histoire de la mode dans le monde occidental » qui à pris place aux Arts Décoratifs en mai dernier.

« Depuis quelques décennies, la mode a cessé d‟être conçue comme un répertoire de formes en perpétuelle évolution, que le chercheur s’épuiserait à observer pour en faire l‟inventaire, aussi illusoire qu’inutile. A la suite des travaux de Georg Simmel, Norbert Elias, Roland Barthes, etc, les manières de vêtir et de parer le corps ont été abordées à partir de concepts qui ont inscrit l’individu dans un réseau de normes sociales. Les recherches menées en histoire du corps ont ajouté de nouvelles dimensions à ce domaine de recherche. Sur ces bases, et par référence aux processus contemporains qui promeuvent les modes de masse ou uniformisent la gestion des attitudes et des postures, les quelque soixante dernières années auraient pu voir naître des coopérations internationales plus nombreuses, plus ouvertes. Tel n’a pas été le cas et bien des cloisonnements demeurent.
Ce colloque international propose une réflexion pluridisciplinaire sur les expériences, les concepts et les discours des musées ou des universités, sur leurs origines intellectuelles et les cadres institutionnels qui permettent de les produire, dans la diversité des contextes locaux ou nationaux. L’objectif est de mieux comprendre les différentes logiques scientifiques pour faire apparaître de nouvelles convergences dans le domaine de la recherche, ouvrir sur une coopération internationale renouvelée. » —ArtsDécoratifs
Lien vers le programme

Le couvre-chef dans la première moitié de l’époque moderne, absent omniprésent

par Tiphaine Gaumy, doctorante, École nationale des Chartes – Paris Sorbonne.

– Le couvre-chef d’infamie
– La question du « salut, »,  qui consiste à retirer le couvre-chef (même le roi salue le paysan)

L’art du tailleur : étude des publications sur la coupe et de la construction des vêtements du XVIe au XVIIIe siècle

par Sébastien Passot, formateur en histoire de la mode et de costume au GRETA CDMA.

– Dresser un état des lieux des différentes sources pour étudier et refaire des vêtements anciens
– Ouvrages des tailleurs. Au XVIe siècle les vêtements ont atteint un certain niveau de complexité et ce depuis le XIVe siècle (cf. le pourpoint, le vêtement ajusté…)
– Les livres de “chef d’œuvre” (quelques exemples ci-dessous) sont des ouvrages conservés secrètement au sein de la guilde. Ils sont mis-à-jour (ce qui entraîne les modèles “démodés”)

La première source d’information sont des ouvrages du XVIe siècle dont 8 ou 9 sont conservés aujourd’hui, on y trouve:

♦ 1580, « POLISH TAILOR CUTTING GUIDE »

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Lien

♦ 1580, « LIBRO DE GEOMETRICA, PRATICA Y TRAÇA »

Le livre numérisé (ce qu’il en reste!): lien

Il s’agit de la première publication imprimée basée sur la coupe (disposition sur le lé, soit une coupe économique) et non l’assemblage. L’ouvrage s’adresse aussi bien aux hommes qu’aux femmes. Auteur:  Juan de Alcega

♦ 1618, « GEOMETRIA Y TRAÇA PERTENECIENTE AL OFICIO DE SASTRES »

Un livre de patrons, 323 pages. Auteur: Francisco de la Rocha de Burguen

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Le livre en version numérique

Vêtement réalisé à partir d’un des patrons du livre: lien

– Le tissu est extrêmement cher et précieux au XVIIe et XVIIIe siècle, donc l’économie de celui-ci est très importante. Toutes les chutes doivent être restituées. Le sujet est largement légiféré.

♦ 1671, « LE TAILLEUR SINCÈRE »

C’est le 1er ouvrage français sur la coupe. On y traite de vêtement atypiques, du vêtement militaire, ecclésiastique et du vêtement “de pauvre”. Auteur: B. Boullay

Le livre numérisé: lien

♦ 1769, « L’ART DU TAILLEUR »

Auteur: M. de Garsault qui a aussi écrit « L’art de la lingerie » (lien) et « L’art du perruquier » (lien)

– 1775, les femmes sont autorisées à exercer le métier de tailleur

Autre source d’informations…

– Par des savants et des peintres qui souhaitent transmettre l’information, une préoccupation très présente au XIXe siècle
– « A history of Costume », par Carl Kolher, 1928 à pour originalité de montrer les vêtements sur des modèles vivants. Le livre en pdf (lien)

– L’illustrateur français Maurice Leloir (Biographie)

– « The cut of women’s clothes, 1600-1930. », publié en 1968, auteure Norah Waugh, fait référence parmi les costumiers
Aperçu du livre: lien

– « Corsets & Crinolines », publié en 1954, auteure Norah Waugh et la question des dessous féminins
Aperçu du livre: lien

Ci-dessous Costume in details, Nancy Bradfield

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– « Patterns of fashion », publié en 1964 et « Queen Elizabeth’s wardrobe », publié en 1988, auteure Janet Arnold
Où l’on trouve pour la premiere fois des détails et des notes de construction.

Janet Arnold sur Pinterest: lien
Nécrologie de Janet Arnold: lien
Aperçu du livre Pattern of fashion: lien
Aperçu  de Queen Elizabeth’s wardrobe: lien

– Nancy Bradfield, présente les vêtements sous la forme d’un carnet de notes
Aperçu du livre: lien

… via une approche plus scientifique…

…s’adressant aux professionnels des musées

– « Costume close up  (1750-1790) » est un ouvrage essentiel publié en 1999 par les auteurs Linda Baumgarten, John Watson et Florine Carr, un examen en détail de la mode du XVIIIe

– « Seventeenth-century Women’s Dress Patterns » publié en 2012 par les auteurs Susan North, Jeremy Tiranami est un ouvrage très détaillé

– A consulter: « The school of historical dress » à laquelle font partis les écrivains sus-cités: lien

 … ou qui ne s’adresse pas forcément aux costumiers

À partir des années 80 plusieurs ouvrages seront publiés dont ceux de Johannes Pietsch (ci-dessous) qui à étudié le vêtement bourgeois du XVIIe siècle: lien vers son site et un passionnant Creative Mornings sur l’histoire du sac (lien)

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A voir à la rentrée Tulip Fever (avec Judi Dench, Cara Delevingne et Cressida Bonas ci dessous) ou l’actualisation du costume du XVIIe siècle.

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– Tout ces écrits permettent de connaître celui qui porte le vêtement, sa silhouette et son statut social, mais aussi celui qui à fabriqué le vêtement.

– Il est possible d’en savoir plus sur l’état du vêtement, sa datation ou s’il a été réutilisé pour des bals costumés par exemple.

– Etudier la coupe et la construction permet de transmettre au public quelque chose de rigoureux. Ce qui n’est possible que par l’étude.

Some famous british designers

– Norman Harnell, famous british designer of the british royalty: lien
– Brenda Naylor à écrit « The technique of fashion design », 1975: lien

Researching and Teaching from Things – Université de Brighton

Dress History Teaching Collection par Charlotte Nicklas, docteure, Dress History Collective, School of Humanities et Lou Taylor, professeure, Dress History Collective, School of Humanities, Université de Brighton.

– Enseignement à partir de la collection de l’école qui embrasse la période de 1775 à 2015 – Design history and museology based program (european, american and african)
– Les vêtements sont collectés grace à des donations, des achats dans des friperies, etc.
– L’objectif de l’école est d’accompagner l’enseignement par l’étude du vêtement ancien ou contemporain. Permettre aux étudiants de « toucher » et étudier les vêtements anciens.
– Promouvoir l’étude du vêtement du quotidien rarement présenté dans les collections des musées.
– L’université de Brighton collabore régulièrement avec Dominique Veillon, historienne, directrice de recherche honoraire au CNRS. Lien vers le site Histoire de Mode, de l’Institut d’Histoire du Temps Présent (IHTP) et les écrits de Dominique Veillon.
– A voir (ci-dessous) les nombreux imprimés de Walter Fielden Royle (1900-1981). Lien vers les archives digitales

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An unexpected story, exemple de cas d’étude autour d’un parasol ou la recherche depuis les objets (research and teaching from things)

– Notion de matérialité des objets

Ci-dessous parasol, circa 1850parasol-1850

Démarche des étudiants:
Observation > Prise de mesures > Observation du tissu et des franges > (…) > Les étudiants remarquent des écrits et notent que c’est une adresse (celle de la boutique) > Retour sur les lieux > Remontée dans le temps, à l’origine de la création de la boutique > (…) > Recherche online permet de trouver que cette ombrelle est un carriage parasol family > La recherche permet de retrouver sa gamme de prix qui est basse et donc d’appréhender le statut social de son propriétaire > (…) > Pendant toute leur recherche les étudiants collectent des données textuelles, iconographiques et sonores > Ils trouvent des tableaux d’artistes > (…) > Découvrent que ces parasols servaient à maintenir la pâleur du teint des anglaises > etc…

Il s’agit donc d’une veritable enquête, une investigation utilisant tout les moyens possibles: visite de musées, consultation en bibliothèque, Google search. À la suite de çà les étudiants produisent un mémoire de plusieurs centaines de pages.

Au sujet des « damaged clothes » – Université de Brighton

– L’université dispose d’une vaste collection de « damaged clothes », un matériau d’étude.
– Depuis le moyen-âge les vêtements en fin de vie étaient donnés à des chiffonniers contre « l’assiette du chiffonnier » (poteries, verres, etc.): lien,  puis vendus en gros.

Ci-dessous Chiffonniers, cité Valmy, Porte d’Asnières, photo Eugène Atget , 1913, épreuve argentique N&B
atget-chiffonniers

– Depuis la fin de la seconde guerre mondiale, les chiffoniers ont disparus et les vêtements sont restés à l’appétit des rats !
– Successivement pendant les années 60 puis au début des années 90 est apparu la vague du vintage et de l’upcycling auquel ces vêtements usagés ont participés avec des designers comme Marc Jacobs ou Xuly Bet

Ci-dessous, « damaged pull » vu chez Cosmo & Richard Wise, Londres

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– Cosmo & Richard Wise, célèbres vendeurs à Spitafield de vêtements (très) usagés sous le label De Rien, vend également aux studios de création pour l’inspiration. Voir le reportage de The Selby: lien
– En découle le courant hobo chic (littéralement clochard chic) qui est rapidement devenu un business pour Ralph Lauren et Philippe Plein (celebrity endorsement) vendant des vestes et des jean entre 1300 et 1700 euros. Chez Cosmo Wise la veste sur mesure est à 800 euros.
– « Where is the morality in the social media exploitation of actual hobos? »

hobos

– Ce vêtement définit aussi ce que l’on appelle le working class hero, célébré par Bob Dylan, Bruce Springsteen, John Steinbeck et John Galliano
– Toucher les vêtements anciens permet aux étudiants d’améliorer leur connaissance, cependant on ne peut pas porter un vêtement des années 50 aujourd’hui comme on le portait à l’époque. Une des principales raison est que l’on ne porte pas les mêmes sous-vêtements qui « sculptaient » le corps différemment.

– A visiter la boutique de Jocelyne Milani aux Puces de Vanves, Paris
– A voir: le site de Lois Davidson: lien

A lire les écrits de Lou Taylor (lien), professeure université de Brighton qui sont des références: lien

Fashion Victims

– A lire à la rentrée, une histoire du vêtement vue à travers ses victimes. Transmission de maladies (variole…), par empoisonnement, par accident ou enchevêtrement (cf. Isadora Duncan ou les process industriels) par transmission de substances toxiques employés dans leur fabrication (mercure…)

– A lire (septembre 2015): Fashion victims, The Dangers of Dress Past and Present : lien

– A lire un ouvrage sur l’usage de l’arsenic dans la coloration des robes au XIXe siècle et la phobie que cela à généré. James C. Whorton, « The Arsenic Century »: lien

Des peintures murales médiévales aux reconstitutions pédagogiques

par Nadège Gauffre Fayolle, doctorante EHESS, commissaire scientifique de l’étude et Pascale Court, responsable de l’unité Publics, Musée savoisien, Chambéry

Ci-dessous, fresque du château du Cruet, Savoie (source)

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Des peintures murales de la fresque du Cruet (XIVe siècle), d’après le Roman de Girart, une étude à été menée et une reconstitution historique des costumes commandée.

– Le désir est d’accompagner le public avec la vérité scientifique, un travail de vulgarisation.
– Ne pas laisser ces discours uniquement aux scientifiques, désir de concrétisation
– Replacer le vêtement dans le contexte de l’évolution de la mode
– Identifier les matières des vêtements et des accessoires
– Transmettre la sociologie du fait vestimentaire (pas seulement la forme)
– Toutes ces informations sont rassemblées grace aux inventaires après décès, aux fouilles, etc.
– Le projet fait intervenir une historienne du costume et une couturière à qui ont été transmis toutes ces informations
– Il s’agit d’un travail d’adaptation de la coupe et des matériaux pour des modèles pédagogiques

Au sujet de Martin Margiela…

– « It’s not about fashion, but clothes, it’s timeless » —Marlene Mock

– « Fashion is sexy, art is up in the clouds. This is what makes Margiela’s case a bit more difficult to work out. He is both. » –Simon Grant

– « If you want a well considered knit, a fabulously tailored jacket, or a drapy tee that works so much harder than a basic should, then Margiela is the go-to brand. » –Claudia Croft

 

The belgians, an Unexpected Fashion Story

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Martin Margiela SS1991 © Ronald Stoops et Martin Margiela Hommes SS 1999 

A ne manquer sous aucun prétexte si vous êtes de passage à Bruxelles.

Surréaliste, avant-gardiste et explicite : voilà les maîtres-mots de la mode belge, qui jouit d’une réputation internationale. L’exposition offre un regard unique et historique sur l’ADN de la mode belge, du légendaire Groupe des Six d’Anvers, dont Dries van Noten, Ann Demeulemeester et Walter Van Beirendonck, aux créations originales de Martin Margiela, A.F. Vandevorst et Raf Simons. Outre ces créateurs confirmés, vous découvrirez des acteurs exerçant leur influence dans différentes disciplines de la mode et de l’art. Est également mis en lumière les intérêts des écoles de mode belge, en particulier la Modeacademie d’Anvers et La Cambre à Bruxelles.
Par ailleurs, l’exposition ne pouvait évidemment pas mettre de côté les nouveaux talents, tels que Jean-Paul Lespagnard et Christian Wijnants.

Curator : Didier Vervaeren
Co-production: MAD Brussels – Mode and Design Centre , BOZAR EXPO
Avec la collaboration du Fashion Museum province of Antwerp (MoMu)

Informations ici

Crédit photos: Ann Demeulemeester SS 1982 ® Patrick Robyn 1982, AF Vandevorst AW 2015-16 ® Ronald Stoops et Raf Simons SS 1998 ® Ronald Stoops (pour les photos de la bannière)

Axelle Red, fashion victim

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Comme elle nous le confiera lors de l’interview qu’elle a accordé à la Maison des Flandres de l’ambassade de Belgique la semaine dernière, on peut faire de la musique pop et se passionner pour une mode d’avant-garde, plus intellectuelle.

« Dis-moi ce que tu portes, je te dirais qui tu es »

Axelle Red, fashion victim, aime ce décalage et les questionnements qu’ils suscitent, remettant en cause l’image que l’on peut se faire d’un individu. La complexité de l’âme révélé par le prisme de la mode…

Originaire de Hasselt, Axelle Red choisi avec le plus grand soin des tenues allant en harmonie avec son art. Depuis ses 17 ans elle aime mixer les créateurs inconnus alors, Véronique Leroy avec Martin Margiela ou porter des créateurs belges discrets mais qu’elle affectionne particulièrement comme Olivia Hainaut(1).

Hasselt, situé à l’est de la Belgique inspire moins que Paris en ce qui concerne la mode. Cependant, Raf Simons, Dirk Bikkembergs ou Martin Margiela, pour ne citer que les plus connus, sont originaires de ce chef-lieu de la région du Limbourg.

Des centaines de pièces, issues de la garde-robe personnelle de la chanteuse belge, seront exposées à partir du 26 janvier jusqu’au 3 juin 2013 au Musée de la Mode de Hasselt.

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Stenson réalisé exclusivement pour Axelle Red par Elvis Pompillo

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Axelle Red en Véronqiue Leroy

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Elvis Pompillo

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Les « officiels »

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Véronique Leroy et Axelle Red

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(1) Ma rencontre avec d’Olivia Hainaut.

Haute Cuisine x Haute Couture

La Haute Cuisine est en pleine ébullition hybridation, rencontrant d’autres univers tels que la mode, la photographie et le design.

Pendant la semaine de la Couture, un véritable cabinet de curiosités à pris place dans les jardins du Palais Royal ainsi qu’aux alentours. La Haute cuisine défend comme la mode son savoir-faire et son héritage.

Le chef Michel Troisgros, présent lors de cette manifestation, faisait des parallèles intéressants entre cuisine et mode lors d’une conférence donnée lors du dernier Festival d’Hyères. Il nous a ainsi rappelé que la Grande Cuisine n’avait pas encore les mêmes budgets de communication que les marques de mode. Là où la mode a vu la création de grands groupes depuis le début des années 80, la gastronomie à vu la création de restaurants indépendants. Selon lui l’univers de la mode, à sur ce plan, quelques longueurs d’avance.

Autour de l’idée de la nouveauté, la mode. La famille Troisgros (le grand-père de Michel) s’installe à Roanne dans les années 30. Depuis les années 60, la nouveauté fait partie de la philosophie de la maison. La carte du restaurant ne doit pas être figée, elle doit créer des cycles, comme des collections de mode. Cela ne doit en rien entraver la créativité, il faut avoir des certitudes, les conserver et rester informé. Notons que les années 60 sont aussi les années de l’apparition du prêt-à-porter, d’une mode plus dynamique, aux cycles de plus en plus courts, adaptée a son époque en aaccélération.

Autour de l’idée du « sens » d’un plat, l’art. Michel Troisgros lorsqu’il évoque une de ses recettes, au contraste pas évident, mêlant lait caillé et une truffe terrienne n’hésite pas à dire que l’artiste Lucio Fontana lui vient à l’esprit lorsqu’il fend le plat.

Autour de la communication, toujours lors du Festival sudiste, Caroline Champion nous fera remarquer que les vitrines et les affiches du traiteur Fauchon (où le produit disparaît) sont plus proches du monde la mode et des cosmétiques que de la gastronomie au sens propre.

Haute Cuisine fût aussi l’occasion de découvrir le très intéressant travail de la photographe Anne de Vandière. Après avoir publié deux livres sur le thème de la main (H/AND et H/AND série 2) elle exposait une série de photos, véritable plongée dans les ateliers du luxe (gastronomique et haute couture) français, un regard sur le savoir-faire des artisans et des portraits qui seront bientôt édités en livre.


Photos du travail photographique d’Anne de Vandière


M. Didier Ludot (au centre) and friends


Robes vintage Dior de la collection Didier Ludot pour l’installation Didier Ludot x Ladurée.


Une mariée dans tout ses états pour une collaboration entre les Broderies Vermont, Haviland et Eddie Benghane (chef pâtissier du Trianon Palace à Versailles).

Puis une virée chez Martin Margiela, non sans avoir faire coucou à M. Claude Montana, pour une cocktail tout en blanc (of course) qui se terminera en petit shopping nocturne…


M. Claude Montana et une amie


Le shopping du soir, une fine ceinture qui sera portée en guise de bracelet.


Le fameux gilet artisanal en assiettes cassées de Martin Margiela, plus transversal entre cuisine et mode on ne peut pas…

 

Serge Fruehauf, beauté glacée


Une des trois cimaises accueillant le travail de Serge Fruehauf

La série Papiers Glacés de l’artiste Serge Fruehauf, une exposition passionnante qui stimule notre regard sur le monde de la presse féminine et ses images de mode. Une découverte réalisée lors de mon passage au Centre de la Photographie à Genève.

Serge Fruehauf utilise une subtile technique d’encrage et d’effacement qui lui permet tantôt de révéler, tantôt d’effacer ou de faire virer au négatif certaines parties de ces pages de magazine. Nulle intervention numérique ici, tout est « fait main ». Les logos des marques disparaissent, les textes informatifs sont absents, les visages et les corps eux restent, parfois méconnaissables, mais toujours fascinants (entre cauchemard et séduction).

Que reste-t-il dès lors, de la beauté véhiculée par ces publications?

Ici l’artiste restitue les mannequins tels des fantômes, des êtres vidés de leur substance, sans vie, laissant la tenue « vivre la sienne ». Un vêtement à besoin d’un corps pour prendre vie, mais aussi se révéler et révéler celle ou celui qui le porte, il n’est rien au fond d’une armoire. Que serait le Calvin Klein des années 90 sans Kate Moss et… vice-versa?

Se pose donc, en substance, la question du pouvoir de l’image, de l’égérie de la saison pour « sublimer » une marque, si puissante soit-elle.

On ne peut, dès lors, pas s’empêcher de penser à Martin Margiela et ses modèles défilant masqués il y a quelques années… Ci-dessous,
Martin Margiela, printemps-été 2009, © photo Tom Wabe

… cependant là où Martin Margiela supprime tout affect en employant un voile opaque, il reste chez Serge Fruehauf les traits du visage et le regard, provoquant autant d’attirance que le vêtement lui-même. Mais la finalité est différente, Margiela s’intéresse « principalement » au vêtement, tandis que Fruehauf s’interroge sur le sens de la diffusion d’un modèle de beauté dans les magazines de mode.

Moins figurative, la série ci-dessous, peut étendre le débat vers des considérations uniquement esthétiques.

 

 

Meet Joana Ferreira


Joana Ferreira after the show

Porto Fashion Week, spring summer 2010-

For his 15th anniversary the Portugal Fashion week took place at Alfândega de Porto, a wide building, divided in two spaces for the week-end.

I used to work in Porto during 3 years, making little trips during the making of the collections. I really fell in love with portuguese language and the city during this time, it was a pleasure to get back in town then.

The first floor was reserved for the Portugal Fashion event, the big guns (Felipe Oliveira Baptista, Fatima Lopez, Ana Salazar, Katy Xiomara, etc.). The ground floor was for Bloom a special event organized (with Portugal Fashion) by fashion designer, former Martin Margiela, Miguel Flor.

Bloom is about discovering new talents. It’s for the young bloods only (from 3 selected fashion schools) and young designers. In this basement, a very urban place, the shows were informal, arty and sometimes more exciting than those we could see upstairs…

Portugal is well known for his fashion industries and it’s seems that dim the creativity, especially on saturday as a large part of the shows upstairs were industrial fashion (Red Oak, Lion of Porches, Vicri).

With designers as famous as Felipe Oliveira Baptista, Luis Buchinho or Fatima Lopes we expect more creativity and risk taking on the runways. According to Francisco Maria Balsemão, manager of the event, it’s what Bloom is for:

« … to bring these new talents from Bloom to the Portugal Fashion, to integrate them to the creative movement of the country. »

As i said below, saturday wasn’t a great day and I have to wait the last show of Bloom but one to found my favorite: Joana Ferreira.


At 20, Joana Ferreira have just finish fashion school, her collection is a mix of a school girl and an androgynous look.

It’s also all about skin and appearance, light materials for transparency and geometric prints like scarifications, « to protect and immune » she said on her blog (please Joana translate it in english please). The prints were inspired by the work of Leni Riefenstahl with the Nuba tribes in Sudan (see The last of the Nuba, The People of Kau), very edgy isn’t it?

She also like the work of Proenza Schouler and Kris Van Assche.

Shaded eyes, shaded look


I like this minimalistic and shaded look, Jil Sander wanna-like.

Shaded geometric prints, symmetrical like a Rorschach test

Shaded suit. Black the color of Portugal, the color of the Fado, a music genre which symbolizes the feeling of loss. Black but transparent for this suit (like the pants).

A very mature collection for this young ex-student who presented this year with Wolke Bos a collective of young designers. We really want to see more of her work.

Aurore Thibout lève le voile sur ses vêtements mémoires

« Les vêtements ne sont pas anodins, ils sont rares, choisis, ils ont une raison d’être là… »

Aurore Thibout, grand prix du public 2006 au Festival de la mode d’Hyères et ancienne de la Maison Martin Margiela, nous parle de son travail sur le vêtement mémoire et sa vision transversale du métier de styliste. La jeune designer fait rimer poésie et technique, compose sculpture, photographie et couture, afin de créer une mode faite de pièces personnalisées.

Aurore Thibout, public prize at Festival de la mode d’Hyères 2006 and former Maison Martin Margiela talks about her work on memory clothes and her vision of fashion design as a cross over discipline . The young designer rhyming poetry and art, mix sculpture, photography and fashion to create custom garments.

Gros plan sur un vêtement-stèle, un plastron du début du XXe siècle appelé modestie – Close-up on a garment-stone

Depuis que j’ai fait sa connaissance cet été, j’avais très envie de connaître un petit peu plus son univers, c’est chose faite à travers cette interview réalisée lors du vernissage de l’exposition « Portez-vous bien? »qu’elle partageait avec d’autres artistes(1).

To know more about this designer is done through this interview, since I met her this summer, i am a fan of Aurore Thibout’s work. This video talk place at the opening of the exhibition « Portez-vous bien? » (do you wear it well ?) that she shared with other Artists(1).

(1) Emilie Faïf, Patricia Canino, Clay Apenouvon

Oh Porto !


Final du show de Luis Buchinho

Trois jours non-stop sous un temps paradisiaque et idyllique, au pas de charge pour suivre une des fashion week lusitanienne.

Au Portugal il y a deux fashion week, celle de Lisbonne et celle de Porto. Pourquoi me direz-vous? Les créateurs que j’ai eu l’occasion de rencontrer non pas su me dire ce qui différenciait les deux manifestations. En l’espace d’une dizaine de jours des créateurs comme Fatima Lopes, Alves Gonçalves, Ana Salazar ou Luis Buchinho organisent deux défilés majeurs dans leur pays…

A Porto donc et ce pendant trois jours, se déroulent deux manifestations sis dans un même lieu. Portugal Fashion ou les défilés des créateurs établis. Felipe Oliveira Baptista y fait défiler sa collection vue à Paris, Luis Buchinho en profite pour y présenter une ligne plus orientée maille, Fatima Lopez, la star, déchaîne les passions parmi le public, avec une collection très inspirée par l’univers aquatique. Autour de ces pointures, des créateurs moins connus à l’international, Storytailors, Red Oak, présentent eux aussi leurs modèles, pas de créativité débordante, ni de prises de risque stylistique chez eux.

Pour trouver des créations plus agitées, il faut descendre de deux étages, au nouveau salon baptisé Bloom. Salon de la jeune création, il est orchestré par Miguel Flor, designer (ex-Martin Margiela), professeur à Lisbonne et s’occupant d’une écurie de jeunes créateurs où l’on trouve la talentueuse Joana Ferreira.

Arts of Fashion Foundation | Aurore Thibout & Laurence Teillet, the thinking process

Dears readers

see the London based french fashion designer Laurence Teillet and the french fashion designer Aurore Thibout, public prize at Festival de la mode d’Hyères 2006 and both former Maison Martin Margiela teaching and giving great advices during the masterclass of Arts of Fashion here in Paris.

In the first video i focus on handcrafting, here we can appreciate the thinking process and see the ideas emerging during the exchange between professionals and students. Aurore and Laurence, help each students to find his own path. They also insist to never forget the shape and the volume, that how to give life to your garment.

The exhibition of the student’s work with Aurore Thibout, Laurence Teillet, Anthony Vaccarello, Natallia Pilipenka, Aurore de la Morinerie and Sasiwimol Sreevitoon will take place at 103 rue de Rivoli this July 29 (5pm-9pm). 


Aurore Thibout