Modoscopie | Gert van de Keuken, « tendance humaniste » (studio Edelkoort)

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Gert van de Keuken, during Tranoï Preview, Summer Spring 2014

Il aime les gens, être avec eux et les écouter. Passionné de danse contemporaine et de musique, il aurait, dit-il, aussi pu être jardinier ou cuisinier. A la fin des années 80, alors étudiant aux Beaux-Arts, la directrice de l’Académie de Mode de Arnheim lui conseille de prendre contact avec « la prêtresse des tendances », Li Edelkoort, une rencontre qui modifiera sa vie professionnelle…

Dans une veste hésitant entre le bleu Klein et le bleu de travail, un pantalon camel roulotté aux chevilles et des sandales, le geste économe et le verbe choisi, le directeur de création du studio de tendance le plus sollicité de la planète, me dit travailler « à l’intuition ».

Archéologue du futur

Cette méthode « visionnaire » et « instinctive », mâtinée de rigueur néerlandaise, ne pourrait exister sans « l’expérience, l’observation et l’ouverture vers l’inconnu » prévient Gert. La « générosité » et « l’honnêteté » de leurs études est issu du caractère de Li et ont fait leur succès. « On se permet de dire les choses que nous sentons vraiment, on ne va pas s’adapter et donner les réponses attendues par nos clients. Il n’y a pas de compromis. » indique le bras droit de la prévisionniste.

Avec son équipe, il répond aux demandes très spécifiques de clients venus de domaines aussi variés que l’automobile, la téléphonie mobile, le design et bien entendu la mode… « On creuse, on capte, nous sommes des archéologues du futur » me dit-il. Par delà la tendance, il s’agit de d’apporter des réponses sur les matières, les couleurs ou le comportement du consommateur. Et en 25 ans, les démarches de leurs clients ne sont plus les mêmes. Le studio se doit répondre plus vite à des réponses de plus en plus compliquées.

Il ne s’agit pas seulement de style, mais de durabilité d’un produit, de la provenance d’une tendance, d’accompagner une marque ou encore de responsabilité environnementale…

Le textile: « la toile de la vie »

Le studio de Li Edelkoort est réputé pour son amour du textile.

Ces dernières années, le textile est devenu « très plat », on est passé par une phase de mode « embourgeoisée » symbolisée par le trench-coat en délaissant l’expression textile et la tactilité. Et Gert d’expliquer que le textile est « la toile de la vie », que l’on peut voir dans l’évolution technique du tissage la trame du temps. Ainsi « l’industrialisation » avec l’apparition des motifs géométriques, « les années 80  » où l’on tissait tout en diagonal, « les années 90  » avec les effets de transparences (new-age), « on voit même arriver l’Orient-Express ! » lance-t-il.

Paradoxalement à notre période qui met en avant l’artisanat, il y a moins de complexité technique et moins de savoir-faire (tissage folklorique, tribu…) dans le tissu d’aujourd’hui, c’est aussi l’influence de la fast-fashion.

Un monde plus libre et hybride

Nous vivons dans une société multiple où l’on peut être à la fois, jardinier, photographe, créateur de mode ou musicien.

On a une adaptabilité à faire plusieurs choses.

Époque à double tranchant où l’on joui, pour certains, dans nos sociétés occidentales d’un choix varié, mais aussi d’un risque de confusion.

Le studio Edelkoort accompagne les marques afin qu’elles s’identifient et mettent en avant leur potentiel. Au milieu d’une overdose d’information et de choix, il faut savoir analyser, transcrire et présenter ces données, ce que Gert illustre avec une métaphore: « comme en cuisine nous avons tous les mêmes ingrédients, tout est question de savant dosage ».

La culture pour tous

Le visionnaire néerlandais explique que la culture doit être au centre des préoccupations. « La culture se vend très bien, il n’y a qu’à voir le succès des musées. Ils n’ont jamais autant vendu de tickets et de catalogues. Ils louent leurs espaces aux marques de luxe, organisant défilés de mode ou des partenariats avec des artistes. La culture est libre d’expression et n’est pas réservée à quelques happy few, elle apporte du progrès dans l’innovation ».

Gert van de Keuken, pense qu’éduquer, développer la curiosité et les expériences de manière transversale au service d’une énergie créatrice, favoriserait les échanges entre culture et industrie. Il défend une vision idéale et humaniste de son métier.

Un besoin d’intensité

Depuis la seconde guerre mondiale, on ne communiquerait que pour consommer. Puis au tournant des années 2000 le consommateur a pris un nouveau rôle dans la société, il est plus impliqué et informé (merci le web !). L’industrie est en quête de « sens » et cela se manifeste par « un désir d’iconisation ». Les boulangers créent des éditions spéciales, les sacs deviennent des « it-bags », chaque production se dote d’une « expression », d’une idée…

Ce besoin de design (du latin designare) « poser un signe sur les choses », de les mettre sur un piédestal, est une forme de fétichisme. L’exposition « Fetichism in fashion » dirigée par Li Edelkoort au MoBA (Arnhem, Pays-Bas) développe cette idée. « Plus qu’une tendance, il s’agit d’un grand message qui peut prendre place pour 10 ou 20 ans. » souligne Gert. On peut imaginer que cela va entraîner une nouvelle façon de produire et de « marketer » les choses. Le « it-objet » devenant un fétiche sur lequel on reporte tous nos désirs.

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Dans une société où tout est dilué, où les jeunes générations ont une adaptabilité, une propension (et les moyens technologiques) à faire plusieurs choses en même temps il y a un réel besoin de s’exprimer et ce quelque soit le sujet…

Sur certains réseaux sociaux comme Instagram certains comptes prescripteurs déclenchent des milliers de « like » pour des photos des plus anodines (vernis à ongles, cupcake, gobelet de Starbucks coffee…). Aujourd’hui, on ne se bat plus, on ne revendique plus pour porter un jean ou un piercing, mais pour plus d’intensité, plus de sensations et plus de volume. On veut toujours plus, un parfum « plus pur », plus de 100%. « Tout cela est très positif ! », dit Gert avec le sourire.

[toggler title= »Le studio Edelkoort, Trend Union et Li Edelkoort » ]

Installé depuis 25 ans au sein du XIVe arrondissement de Paris, dans une ancienne petite usine qui fabriquait des meubles puis des prothèses, le studio Edelkoort est un bureau international. Une dizaine de personnes sans véritable limite d’âge y travaille quotidiennement, « c’est un métier où il n’y a pas d’âge et auquel on pense 24/24  » .

Outre Paris (Trend Union) et les Pays-Bas, le studio possède des bureaux à New-York, Tokyo et des agents dans plusieurs pays, dont la Chine et le Brésil, pays dits « émergents », formant ainsi un vaste réseau. Présent sur le contient africain, en Afrique du Sud et particulièrement au Bénin où il soutient depuis 20 ans l’artisanat et dessine des collections en tye en dye.

Li Edelkoort, n’est pas seulement un « gourou », mais une véritable femme d’affaire et une collectionneuse de pièces de design et de mode. Un partie de cet entretien, ainsi que des photos complémentaires ont été publiés dans le magazine ISAL Paris.

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L’art en fusion

Quelques notes prises hier soir lors de la conférence tenue par Anne Bony à l’Institut Français de la Mode sur le thème Art et design


Anne Bony, chargée du cours de design contemporain à l’IFM et spécialiste de l’historie du design.

Stratégies de post-historicisme dans le design

Alessandro Mendini

– référence au divisionnisme et au baroque dans la création ci-dessous


Fauteuil Proust, 1978

Garouste et Bonetti

– Retour du mobilier en fer battu, désir de revenir à l’époque des cavernes, à la pré-histoire.
– Mouvement « barbare », leurs créations sont d’ailleurs vendues à la galerie de leur éditeur « En attendant les barbares ».
– Décor du Palace, le nom du duo de designers est alors sur toutes les lèvres, collaborations avec Christian Lacroix…
– Voir aussi

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Mobilier créé pour la maison de couture Christian Lacroix, 1987

Philippe Starck

– Avec Richard III, il réinvente le fauteuil club
– Voir aussi les fauteuils « Les Maitres » ou Louis Ghost, édités chez Kartell

Patrick Jouin

– mixe tradition et modernité, au siège parisien de Van Cleef & Arpels il fait intervenir les métiers d’art du lambrissage et les staffeurs ornemanistes.

Histoire du kitsch, art du mauvais goût

Emile Gallé

– marqueterie extraordinaire

Francois-Ruper Carabin

– la figure humaine dans l’ameublement, « la sculpture fonctionnelle » (cf. Musée d’Orsay)

Penser aussi aux sites historiques où sont exposées des œuvres d’avant-garde, remember Jeff Koons à Versailles par exemple.

Une école du kitsch aux Pays-Bas

Une nouvelle génération de designers après Droog design et Lidewij Edelkoort, dont:

Marcel Wanders

– inspiré de l’univers fantastique

Wieki Somers

– High tea pot (ci-dessous)


High tea pot, 2003

Hella Jongerius

– Frog table (ci-dessous)


Frog table, 2009

Et puis…

Jaime Hayon (espagnol)

– collection Fantasy, pour Lladro

Radi Designers (français)

– extrusion du profil du chien… (ci-dessous)


Radi designers, Whippet bench, 1998

Un « art total » ou un autre aspect de la fusion entre art et design

Le design, comme un effet miroir de l’art

Le futurisme

– fondé sur le désir de poésie ouverte (c’est-à-dire non codifée) fusionnera ensuite avec différentes formes d’art (mobilier, vêtement, peinture, musique, photographie…), l’objet devient alors support d’expression.

Le cubisme

– n’a de repercussions sur le mobilier qu’en République tchèque avec notamment Pavel Janak.
– Voir aussi


Pavel Janak, chaise cubiste, 1912

Les Omega Workshops

Mouvement créé en 1913 par Duncan Grant et Vanessa Bell, fondé sur la littérature, la fusion entre art et ameublement et le refus de production en série.

De Stijl (Le style)

– revue néerlandaise fondée sous l’impulsion de Piet Mondrian, elle avait pour but de réunir architectes et artistes, prôner un art simple fondé sur l’orthogonalité et la couleur simple.
– Voir aussi


Gerrit Rietveld, maison à Utrecht, meubles et architecture se croisent de maniere orthogonale, 1924

Le Bauhaus

– est le résultat de la fusion en 1919, de deux écoles et concerne l’architecture, le design, la photographie, le costume.
– le travail de Marcel Breuer sur ces sièges est, pour lui, un travail sculptural. Contrairement à d’autres mouvements (les Omega Workshop par exemple) il y a dans ce mouvement un désir d’édition en série. Dans cette optique, Marcel Breuer utilise des tubes industriels, matériau peu cher.


Marcel Breuer, fauteuil club pliant (développement ultérieur du fameux premier modèle), 1927


Lena Meyer-Bergner, projet pour une couverture de chaise longue, 1928

Le Purisme

– Fondé, entre autre, par Le Corbusier
– Fondé sur l’art, puis autour de la revue l’Esprit Nouveau, il fallait repartir de l’objet et de la réalité. Donner un aspect dépouillé et épuré.
– De ce premier mouvement naîtra le Mouvement Moderne.

L’école Vkhutemas

– Ce mouvement soviétique réunissant les écoles d’architecture, de peinture et de sculpture, fut un centre important pour le constructivisme.
Vladimir Tatline et la valeur utilitaire de l’art
– L’avant garde fait cause commune avec la révolution.


Vladimir Tatline, contre relief d’angle, 1915

Union de l’art et de l’industrie (impression 3D)

– Grace à l’impression 3D, création d’éléments uniques avec des technologies super-innovantes (paradoxe de ces objets?)

Prototypage rapide: idée d’artisanat contemporain (alliant gestes, dessin et réalisation), ci-dessous Front design, Tokyo (2007) crée des pièces uniques réalisées par la main des artistes dont le mouvement est capté par des caméras et qui sont protoypés immédiatement au sein même du musée. Fascinant !

Art et objet associés

Les artistes s’intéressent à l’objet

Méret Oppenheim

– Par la dimension artistique allouée par Oppenheim, la tasse couverte de fourrure en perd sa dimension fonctionnelle.


Méret Oppenheim, le déjeuner en fourrure, 1936

Yonel Lebovici

– travaille sur le (sur)dimensionnement des objets du quotidien.


Yonel Lebovici, Lampe « Fiche male » (H: 36 cm, L: 71 cm), 1978

Le design comme l’art, en exposition

– Consulter les catalogues des expositions passées sur le sujet: Design en stock, Palais de la Porte dorée (tentatives de hiérarchisation de l’objet, lien), Mobi Boom, Musée des Arts Décoratifs (lien), Patrick Jouin (Centre Georges Pompidou), Matali Crasset, Living wood, galerie Thaddaeus Ropac (lien), Design contre design, Grand Palais (lien)

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Tendance « Covered »

Figure incontournable de la tendance Li Edelkoort créatrice entre autre, du magazine Bloom, s’exprime en ses termes :

«…une tendance peut naître d’un vêtement, d’une parole, d’un mot, comme le mot covered que j’ai trouvé en 2006 pour lancer les bases de l’automne-hiver 2008-2009. Covered correspond à la mode de la capuche, du chapeau, des vêtements superposés, des voiles, des masques. C’est un retour à la discrétion, à l’intime, le contraire du show off, de la culture du people et du tapis rouge. C’est aussi une façon de se mettre en retrait de cette crise qui nous tombe dessus.» (Beaux Arts magazine, février 2009)

Voilà qui correspond exactement à une série de photographies prises ce week-end lors du défilé Dior et qui m’avaient étonnés par leur similitudes de style. À rapprocher également de certaines silhouettes vues sur les podiums.

« covered » façon moine bouddhiste

"covered" façon moine bouddhiste

« covered » à la romaine

"covered" à  la romaine

« covered » moderne et superbe

"covered" moderne et superbe (Margiela sans doute)

Beaucoup de sobriété et d’apaisement dans ces trois « enveloppements », j’ai parlé de refuge-wear dans le billet précédent, je voulais intituler le billet « wrap around my body » (1). On va nous ressortir la tendance cocooning

(1) enroulé autour de mon corps


À lire :
Une interview de Li Edelkoort publiée il y a deux ans : ici

 

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Interview de Lidewij Edelkoort

Lidewij Edelkoort was born in Wageningen, Netherlands in 1950, she works in paris as coordinator of 2 research centers on trend-forecasting : studio edelkoort and trend union; she is publisher of bloom, interior view and view on colour 3 visionary magazines (united publishers) . li edelkoort is envolved in a humanitarian project heartwear, a non profit organization, helping third world producer with a concrete mail order catalogue, where consumer expectations meet local crafts. the profits remain to the comunity. since 1999 Li Edelkoort is chairwoman at the design academy of Eindhoven.

Cliquez sur le lien ci-dessous pour lire l’interview

Milan the 14.04.2000, we met Li Edelkoort at the compact-presentation, during the milanese furniture fair —

what is the best moment of the day?
I like the earlier morning, I wake up rather early to have time to recover, so I have coffee in bed and watch the news on television, it’s a very nice private moment.

what kind of music do you listen to at the moment?
some new african music, I became godmother for a band in Paris, they make a fusion of african and western music.

do you listen to the radio?
not much, in france there is a fantastic cultural radio, so when I work at home I can have that all the day, but then it’s almost like background music.

what books do you have on your bedside table?
again african culture, a book written in dutch, a story how somebody comes from the middle of africa and goes to the netherlands and discovers this country.

do you read design magazines?
not much … because I make them. I read magazines when I fly, so since I fly a lot I read a lot of magazines, mostly fashion- and scientific magazines, well, design magazines … I try to keep track what everybody is doing. I’m not really reading, I’m looking at them.

where do you get news from?
my intuition, it’s not information directly, it’s more the climate, which evolves from day to day.

what kind of womenswear would you never put on?
most womenswear seen in all these shops.

do you have any pets?
I have two cats. adam and eve. they are siamese cats.

where do you work on your projects?
in any place, the best place to think is in the taxi or in the aeroplane, because at least I cannot be reached easily. somehow travel gives me wisdom, almost like being in trance, I speak to nobody and think. is there any designer from past you appreciate a lot? many of them, I think mies van de rohe, of course…

if it is possible to talk about colleagues, is there any particular you appreciate?
I find it difficult to say  » this is my favorite « .

which of your projects have given you a great satisfaction?
the making of a car, the nissan micra,  » lei è la mamma della micra  » they said it in an italian designbook. now I do the second generation, that is very ecxiting, I like to work on food and beverage and still I like very much working on textiles, it was my first love, I’m very keen on it, I’m a textile freak.

you teach at the academy of eindhoven…
I’m not teaching anymore, I’m the first possible freelance part-time chairwoman of a highschool. we are two, two woman, liesbeth in’t hout and myself, this can only be because we think exactly the same, liesbeth is there, every time I say ‘next time we should do this’ she already has thought about it too.

‘… the conventional linear model of – education/work/leisure – is being replaced by a cyclical new model…’ this is your enunciation, please tell us more
I said this? yes, one could make a design institute just about leisure, because leisure is almost everything, it can be a television show, a game, knitting, it can be food, sports, it’s everything exept work, it takes such a space, it is very hard to capture the whole.

You always consider ethical aspects, do your students carry attention that freetime is often used in slogans of a conservative rhetoric, used to hide social problems as unemployment?
of course, very early in our courses we have been working on social problems, people who have leisure first, which is unemployment, which is streetchildren, so it keeps coming up all the time, that to have freetime it’s not neccessary only positive, in our institute I think that there is a great feeling, that we must as well design for minorities, problem groups … and not just working on beautiful chairs and lamps. for the future we are planning a department on humanitarian design and I’m looking for sponsors for this course, because it’s very expensive, we have to send our students to the areas where are these problems.

at the news broadcast they said that the italians are afraid of the lack of work, criminality and pollution. what is making you afraid?
I think that there is enough work in europe, actually we have to reimmigrate people for certain work for the digital world, e- commerce… I believe that the criminal climate might change, we see that the soceity at large is slowing down, is not as much interested in speed, going very quickly, very crashed, this in particular is valid for young people, maybe they will go to slower drugs, away from ecstasy, maybe to … just smoking a little, some cigarettes, that will be very important to fight the criminality among the youngsters. I’m never afraid because I believe that the human kind can solve problems, what we just need is first to have a problem, then we work on it, we are not mastering the idea to prevent it.

Cet interview est tirée du site designboom, allez-y pour y avoir des informations complémentaires, photos, etc. Bien entendu, ne manquez pas le site de Li Edelkoort ici
Les bureaux de Li Edelkoort sont situés à Paris XIV.

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