Semaine de la mode | Iris van Herpen

Chers lecteurs,

Piet Mondrian, Li Edelkoort, Droog design, Viktor & Rolf… non la Hollande n’est pas que le pays des fromages et des tulipes…

Mélange des genres chez la créatrice néerlandaise Iris Van Herpen où Art et Mode ne font décidément qu’un. A la Cité de la Mode et du Design on découvre une mise en scène étonnante, qui fait crépiter d’excitation les heureux invités de ce qui promet d’être un show singulier, certes un euphémisme quand il s’agit d’Iris Van Herpen.

Trois mannequins emballés sous vide dans d’immenses pochettes plastiques, une installation réalisée avec l’artiste belge Lawrence Malstaf, laissent un brin perplexe. Inside et outside, vie et mort, entre position fœtale et congélation pre-mortem (en vue d’une cryogénisation?) on oscille entre malaise et enthousiasme, un constant va et vient émotionnel, essence du travail d’IVH. La créatrice (doit-on dire l’artiste?) par cette collaboration, nous invite dans cette présentation pré-défilé, à une réflexion sur le corps et son interaction avec son environnement.

interdisciplinarité

Les chaussures toujours réalisées en collaboration avec United Nude sont l’expression parfaite de cette interaction vêtement/corps, ou quand la forme vient modifier le comportement, le mouvement.

iris-van-herpen-aw2014-8

Iris Van Herpen n’envisage pas son travail sans collaboration avec des créateurs venus d’autres horizons, ce qui n’est pas monnaie courante dans la mode. Architecture (les robes en 3D sont issues d’uen collaboration avec l’architecte australienne Julia Koerner), science, technologie ou design industriel, l’Homme est toujours au centre de ces disciplines, il en va de même, pour un designer de mode.

Elle pratique l’interdisciplinarité au-delà des « classiques » imprimés réalisés par un artiste pour une collection… Les choix et les collaborations artistiques d’IVH n’ont pas de visées commerciales préméditées.

flou 2.0 et tailleur 2.0

La collection, pour ceux qui en seraient restés aux vêtements sculptures, est saison après saison de plus en portable. Il y a de nouvelles fluidités et proportions. La technologie évoluant, l’impression 3D permet de réaliser des vêtements de plus plus souples commente la créatrice. Robes, jupes (le flou), vestes (tailleur) et pantalons côtoient les robes-sculptures issues de son imaginaire.

À la sortie du défilé, il y a inévitablement quelques piques de ci de là: « ce n’est pas un défilé de mode, il n’y a pas d’accessoires, pas de sacs » entend-on. Et l’envie de répondre que dans cette fashion week marathon, des shows comme celui-ci sont aussi de véritables ballons d’oxygène, abolissant les frontières et permettant d’étendre le champ d’attention sur la discipline. Rick Owens, autre décloisonneur des diktats, Felipe Oliveira Baptista, Michèle Lamy et Jean Jacques Picart (ci-dessous) ne s’y sont pas trompés.

iris-van-herpen-aw2014-3

artisanat 2.0

Autre versant important du travail d’IVH est le rapport intime qu’entretiennent artisanat et technologie, cela va d’une robe élaborée entièrement à la main (2 à 3 mois de travail) jusqu’à  un modèle confectionné par une imprimante 3D (pouvant nécessiter 8 mois de travail). Pour l’hiver 2014, plusieurs modèles de la collection (ci-dessous) montrent des broderies originales faites de grosses perles intriquées dans des fibres.

Iris Van Herpen est une de rares créatrices à mettre en avant de manière aussi poussée, l’inclusion de la technologie dans la mode ou la naissance d’un artisanat 2.0 en quelque sorte. Une vision de la mode de demain où l’on imprimera chez soi des vêtements téléchargés sur le réseau.

iris-van-herpen-aw2014-17 iris-van-herpen-aw2014-18 iris-van-herpen-aw2014-19

Oui, c’est bien Hannelore Knuts qui s’est faite emballée…

iris-van-herpen-aw2014-2 iris-van-herpen-aw2014-5 iris-van-herpen-aw2014-6 iris-van-herpen-aw2014-7 iris-van-herpen-aw2014-9 iris-van-herpen-aw2014-10 iris-van-herpen-aw2014-11 iris-van-herpen-aw2014-12 iris-van-herpen-aw2014-13 iris-van-herpen-aw2014-14

iris-van-herpen-aw2014-20 iris-van-herpen-aw2014-21

Pour continuer la lecture:
+ Iris Van Herpen Explains Her Plastic Costumes for the New York City Ballet (ici)

Meet Joana Ferreira


Joana Ferreira after the show

Porto Fashion Week, spring summer 2010-

For his 15th anniversary the Portugal Fashion week took place at Alfândega de Porto, a wide building, divided in two spaces for the week-end.

I used to work in Porto during 3 years, making little trips during the making of the collections. I really fell in love with portuguese language and the city during this time, it was a pleasure to get back in town then.

The first floor was reserved for the Portugal Fashion event, the big guns (Felipe Oliveira Baptista, Fatima Lopez, Ana Salazar, Katy Xiomara, etc.). The ground floor was for Bloom a special event organized (with Portugal Fashion) by fashion designer, former Martin Margiela, Miguel Flor.

Bloom is about discovering new talents. It’s for the young bloods only (from 3 selected fashion schools) and young designers. In this basement, a very urban place, the shows were informal, arty and sometimes more exciting than those we could see upstairs…

Portugal is well known for his fashion industries and it’s seems that dim the creativity, especially on saturday as a large part of the shows upstairs were industrial fashion (Red Oak, Lion of Porches, Vicri).

With designers as famous as Felipe Oliveira Baptista, Luis Buchinho or Fatima Lopes we expect more creativity and risk taking on the runways. According to Francisco Maria Balsemão, manager of the event, it’s what Bloom is for:

« … to bring these new talents from Bloom to the Portugal Fashion, to integrate them to the creative movement of the country. »

As i said below, saturday wasn’t a great day and I have to wait the last show of Bloom but one to found my favorite: Joana Ferreira.


At 20, Joana Ferreira have just finish fashion school, her collection is a mix of a school girl and an androgynous look.

It’s also all about skin and appearance, light materials for transparency and geometric prints like scarifications, « to protect and immune » she said on her blog (please Joana translate it in english please). The prints were inspired by the work of Leni Riefenstahl with the Nuba tribes in Sudan (see The last of the Nuba, The People of Kau), very edgy isn’t it?

She also like the work of Proenza Schouler and Kris Van Assche.

Shaded eyes, shaded look


I like this minimalistic and shaded look, Jil Sander wanna-like.

Shaded geometric prints, symmetrical like a Rorschach test

Shaded suit. Black the color of Portugal, the color of the Fado, a music genre which symbolizes the feeling of loss. Black but transparent for this suit (like the pants).

A very mature collection for this young ex-student who presented this year with Wolke Bos a collective of young designers. We really want to see more of her work.

Oh Porto !


Final du show de Luis Buchinho

Trois jours non-stop sous un temps paradisiaque et idyllique, au pas de charge pour suivre une des fashion week lusitanienne.

Au Portugal il y a deux fashion week, celle de Lisbonne et celle de Porto. Pourquoi me direz-vous? Les créateurs que j’ai eu l’occasion de rencontrer non pas su me dire ce qui différenciait les deux manifestations. En l’espace d’une dizaine de jours des créateurs comme Fatima Lopes, Alves Gonçalves, Ana Salazar ou Luis Buchinho organisent deux défilés majeurs dans leur pays…

A Porto donc et ce pendant trois jours, se déroulent deux manifestations sis dans un même lieu. Portugal Fashion ou les défilés des créateurs établis. Felipe Oliveira Baptista y fait défiler sa collection vue à Paris, Luis Buchinho en profite pour y présenter une ligne plus orientée maille, Fatima Lopez, la star, déchaîne les passions parmi le public, avec une collection très inspirée par l’univers aquatique. Autour de ces pointures, des créateurs moins connus à l’international, Storytailors, Red Oak, présentent eux aussi leurs modèles, pas de créativité débordante, ni de prises de risque stylistique chez eux.

Pour trouver des créations plus agitées, il faut descendre de deux étages, au nouveau salon baptisé Bloom. Salon de la jeune création, il est orchestré par Miguel Flor, designer (ex-Martin Margiela), professeur à Lisbonne et s’occupant d’une écurie de jeunes créateurs où l’on trouve la talentueuse Joana Ferreira.

PFW | Felipe Oliveira Baptista, revue de détails

Au lycée Turgot, sur un runway immaculé…

Sur une base de robe trois trous, FOB à créé plusieurs robes chasubles, tantôt à manches courtes, tantôt à manches longues et évasées, à encolure V ou carrée, à emmanchure américaine drapée.

felipe-oliveira-baptista-women-paris-fashion-week-2010-2011-15

felipe-oliveira-baptista-women-paris-fashion-week-2010-2011-24

Ces robes s’arrêtant à mi-cuisse créent une ligne graphique qui évoque quelque peu les sixties. Les quelques imprimés, d’inspiration fifties eux, oscillant entre Dubuffet, Miro ou Kandinsky ne font que renforcer ce côté rétro-moderne qui plane sur ce défilé.

felipe-oliveira-baptista-women-paris-fashion-week-2010-2011-26

Les tenues écrues, les lunettes d’aviateur ne sont pas sans rappeler un autre avant-gardiste de son temps : André Courrèges.

courreges-blanc

AX931722
Ci-dessus: photo Douglas Kirkland, Audrey Hepburn en Courrèges, Paris 1965

felipe-oliveira-baptista-women-paris-fashion-week-2010-2011-29
Détail rétro-futur sur cette robe, un imprimé un peu rétro et un bas de manche thermo-soudé et thermo-formé(?) sorti tout droit d’une combinaison spatiale…

felipe-oliveira-baptista-women-paris-fashion-week-2010-2011-21

felipe-oliveira-baptista-women-paris-fashion-week-2010-2011-17
Détail en relief façon scarifications, sur les bottes et cette robe

Dans cette collection FOB à choisi beaucoup de soies et de crêpes, pour, je cite: « plus de fluidité et de confort ». Même sensation au niveau des chaussures, qui au premier regard semblent alourdir la silhouette mais qui une fois en mouvement se révèlent être composées de franges qui s’animent de façon « animale » et font twister l’ensemble de la silhouette.

Quant aux couleurs, sur une robe, un bleu très lumineux, très Klein, à retenu mon attention. Les quelques robes du soir (très « arty ») de ce défilé, celles de la fin de la vidéo ont un intéressant travail au niveau de la carrure.

Un très beau défilé pour conclure la première journée, le style FOB qu’il définit lui-même comme étant « graphique et pur » est en belle évolution, à suivre.

Haute-Couture automne-hiver 2006-2007

Les collections automne-hiver 2006/07 de Haute-couture(1) vont défiler à Paris prochainement, l’occasion de lister les différentes maisons participants à cet évènement.
Tout d’abord la première info de taille, Madame Carven est toujours vivante ! A bientôt 97 ans, elle assistera au défilé de sa maison de couture qui réintègre le calendrier Haute-Couture et dont le directeur artistique est aujourd’hui Pascal Millet.

Les huit membres de la Chambre syndicale de la haute couture
Adeline André, Chanel, Christian Dior, Christian Lacroix, Dominique Sirop, Franck Sorbier, Givenchy, Jean-Paul Gaultier

Les invités permanents
Carven, Anne Valérie Hash, Felipe Oliveira Baptista, Elie Saab, Giorgio Armani, Valentino et le duo de couturiers d’On aura tout vu, Eymeric François et Maison Martin Margiela
sont des maisons qui ne remplissent pas forcément les critères haute-couture, mais qui techniquement présentent des modèles Haute-Couture. Après plusieurs saisons, ils peuvent prétendre au statut d’invités permanents.

Les défilés sont aussi l’occasion pour de jeunes créateurs français ou étrangers de présenter leur collection en marge du calendrier officiel. Cette saison on trouvera
Georges Hobeika, Robert Abi Nader, Gérald Watelet, Georges Chakra, Eric Tibusch (ancien de chez Jean-Paul Gaultier), Gavin Rajah (sud-africain) et Ritu Beri, indienne (ancienne de chez Jean-Louis Scherrer).

(1) L’appellation Haute-Couture est appellation contrôlée, les maisons devant remplir des condition strictes pour intégrer ce calendrier (nombre d’employés, participation à un quota de grands défilés, utilisation d’une certaine surface de tissu, etc.)