Humeur | Garance Doré (un peu) Greta Garbo…

 

Garance rit!

Quand on la croise lors des fashion week ou ailleurs, Garance est discrète, distante, le visage fermé, portant le masque de la personne en plein travail.

Sur son blog, l’écriture est légère, ludique en contraste donc avec le masque, mais on demande à voir. J’ai retenu du clip de Garance Doré x Petit Bateau le « lacher prise » de son interprète principal. Garance danse, Garance rit !

Petit Bateau, Garance Doré from Tristan GODEFROY on Vimeo.

Garbo laughs!

En 1939, pour la sortie de Ninotchka, le slogan de lancement titrait « Garbo laughs! », celle que l’on appelait alors le Sphinx n’avait jamais ou que très rarement esquissé le moindre sourire dans ses films.

Pour Ninotchka, Greta Garbo sous la direction d’Ernst Lubitsch brise la glace, elle se fend la poire, pour un de ses plus beaux rôles le film fut un succès considérable et l’avant dernier de l’actrice…

Elle avait un œil (photographique), une plume (drôle), elle à désormais aussi un corps (qui bouge, qui danse, qui rit). Garance Doré était une marque, elle est aussi une personne faite… de chair et de sang, réelle et non virtuelle. De cette exposition, Garance est celle qui à le plus a gagner, il s’agit de gérer aussi, un peu, beaucoup, son image « out of the blog ».

On assiste depuis plusieurs mois à la mise en relief, a l’extraction d’une icône de la blogosphère mode vers le monde réel(1).

Devant la caméra et dans le cadre de son travail, elle n’est plus enfermée dans les 944 pixels de large de son blog, elle brise le cadre et ce d’autant plus facilement que Garance (car on finira par l’appeler par son prénom) est un blog et une personne.

Expérience indispensable, car la mise en scène, l’implication est plus immersive qu’un photoshoot et différente car Garance n’est pas derrière la caméra, ce n’est certes pas l’Actor’s Studio, mais on passe tout de même un palier sur cette grande scène de jeu de rôles qu’est la blogosphère.

Humour, gloire et glamour

Garance prend ici le risque (maîtrisé) du geste, de la maladresse, du ridicule, danser at home c’est d’accord, mais devant la caméra, même avec préparation c’est autre chose.

Le lacher prise de Garance Doré est plutôt probant, en tout cas plus que celui de Marion Cotillard pour L.A.dy Dior. Bien que ces deux vidéos soient complètement « staged », l’humour tant recherché est plus présent dans la réalisation de Zoé Cassavetes que dans celle de John Cameron Mitchell.

Les pure players stars de la blogosphère mode sont, semble-t-il, plein de ressources.

Bon week-end

Mise-à-jour: Nardjisse à trouvé ce passage de Bande à part (Jean-Luc Godard, 1964) où c’est Anna Karina, égérie du réalisateur franco-suisse qui mène la danse.


(1) d’autres comme Vinvin ont fait le pas vers la télévision.

 


Haute Cuisine x Haute Couture

La Haute Cuisine est en pleine ébullition hybridation, rencontrant d’autres univers tels que la mode, la photographie et le design.

Pendant la semaine de la Couture, un véritable cabinet de curiosités à pris place dans les jardins du Palais Royal ainsi qu’aux alentours. La Haute cuisine défend comme la mode son savoir-faire et son héritage.

Le chef Michel Troisgros, présent lors de cette manifestation, faisait des parallèles intéressants entre cuisine et mode lors d’une conférence donnée lors du dernier Festival d’Hyères. Il nous a ainsi rappelé que la Grande Cuisine n’avait pas encore les mêmes budgets de communication que les marques de mode. Là où la mode a vu la création de grands groupes depuis le début des années 80, la gastronomie à vu la création de restaurants indépendants. Selon lui l’univers de la mode, à sur ce plan, quelques longueurs d’avance.

Autour de l’idée de la nouveauté, la mode. La famille Troisgros (le grand-père de Michel) s’installe à Roanne dans les années 30. Depuis les années 60, la nouveauté fait partie de la philosophie de la maison. La carte du restaurant ne doit pas être figée, elle doit créer des cycles, comme des collections de mode. Cela ne doit en rien entraver la créativité, il faut avoir des certitudes, les conserver et rester informé. Notons que les années 60 sont aussi les années de l’apparition du prêt-à-porter, d’une mode plus dynamique, aux cycles de plus en plus courts, adaptée a son époque en aaccélération.

Autour de l’idée du « sens » d’un plat, l’art. Michel Troisgros lorsqu’il évoque une de ses recettes, au contraste pas évident, mêlant lait caillé et une truffe terrienne n’hésite pas à dire que l’artiste Lucio Fontana lui vient à l’esprit lorsqu’il fend le plat.

Autour de la communication, toujours lors du Festival sudiste, Caroline Champion nous fera remarquer que les vitrines et les affiches du traiteur Fauchon (où le produit disparaît) sont plus proches du monde la mode et des cosmétiques que de la gastronomie au sens propre.

Haute Cuisine fût aussi l’occasion de découvrir le très intéressant travail de la photographe Anne de Vandière. Après avoir publié deux livres sur le thème de la main (H/AND et H/AND série 2) elle exposait une série de photos, véritable plongée dans les ateliers du luxe (gastronomique et haute couture) français, un regard sur le savoir-faire des artisans et des portraits qui seront bientôt édités en livre.


Photos du travail photographique d’Anne de Vandière


M. Didier Ludot (au centre) and friends


Robes vintage Dior de la collection Didier Ludot pour l’installation Didier Ludot x Ladurée.


Une mariée dans tout ses états pour une collaboration entre les Broderies Vermont, Haviland et Eddie Benghane (chef pâtissier du Trianon Palace à Versailles).

Puis une virée chez Martin Margiela, non sans avoir faire coucou à M. Claude Montana, pour une cocktail tout en blanc (of course) qui se terminera en petit shopping nocturne…


M. Claude Montana et une amie


Le shopping du soir, une fine ceinture qui sera portée en guise de bracelet.


Le fameux gilet artisanal en assiettes cassées de Martin Margiela, plus transversal entre cuisine et mode on ne peut pas…

 

Liberty enlightening fashion !

Bernhard Willhelm, Autumn-Winter 2010-2011

Si j’avais eu 17 ans en 1975, me serais-je baladé en perfecto clouté et crête punk au 430 King’s Road a Chelsea?

Cette statue de la liberté portant une baguette de pain en guise de flamme est signée Bernhard Willehlm… Liberté sur fond rouge, elle porte boubou bigarré, crête punk faite de baguettes, rouge à lèvres sombre et rimmel qui dégouline. Un symbole détourné et mis au goût du jour comme La Marseillaise reggae de Serge Gainsbourg le fût en son temps.

Il fut un temps où Jeremy Scott (autre designer iconoclaste) fréquentait assidument Karl Lagerfeld, maître de la maison Chanel. Le DIY et le Luxe, deux univers apparemment si éloignés peuvent se rencontrer. On peut se rememorer la rencontre au début des années 80, entre Jean-Michel Basquiat le graff’artiste de rue et Andy Warhol le peintre socialite pop.

La mode n’est pas que le glamour de Gucci, la faste de Chanel ou la folie créative de Dior. Le Luxe est audace, prise de risque et innovation, l’humour, la dérision, le choc des rencontres en sont donc des parties intrinsèque.

Contrairement aux idées reçues le Luxe est loin d’être passéiste et immobile, bien au contraire. Dynamiques, il n’est donc pas étonnant que les entreprises de ce secteur soient les premières à sortir de la crise économique.

« Enlightening » (éclairant en français) que l’on pourrait aussi rapprocher du terme enchanter (éblouir d’une lumière vive au point de provoquer une grande admiration) est ce vers quoi tend le Luxe, à la recherche d’un ré-enchantement(voir la dernière ligne de ce billet).

M. Bernard Arnault à intégré John Galliano, un punk, à la direction artistique de Dior, Vivienne Westwood, initiatrice du mouvement punk avec Macom Mc Laren fait aujourd’hui parti de l’establishment anglais. Quelle marque de Luxe va oser intégrer un esprit frondeur comme Bernard Willhelm (ou un Jean Paul Lespagnard…) à sa direction artistique?

— English text

If I had 17 years old in 1975, would I wandered in studded jacket and punk mohawk hairstyle in front of the 430 King’s Road in Chelsea?

The Liberty Enlightening the World wearing a french bread as a flame is created by Bernhard Willehlm… Liberty in red, wearing a colorful robe, a mohawk made of sticks, dark lipstick and a dripping mascara. A symbol hijacked and set up to date as Sex Pistols’ God save the queen was in its time.

There was a time when Jeremy Scott (another iconoclastic fashion designer) was a dear friend of Karl Lagerfeld. It would be interesting to see if the DIY world of the american designer and the luxury world of Chanel can meet and mix. Somewhere it reminds me the meeting in the early 80s, between Jean-Michel Basquiat, the graffiti artist and Andy Warhol, the socialite pop painter.

Fashion need all these talents, it is not only the glamour of Gucci, the luxury of Chanel or Dior’s creativeness. Humor and mockery is part of Luxury. Luxury is daring, risk, and innovation. Unlike popular belief Luxury is not stationary. Therefore it is not surprising to see companies like Hermès to be the first to emerge from the economic crisis.

John Galliano, punk, is since 1996 the artistic director of Dior. Vivienne Westwood, mother of punks, is from years now, part of the british establishment. The challenge: which Luxury brand will incorporate a mind like Bernard Willhelm in his artistic direction?

 

PFW | Maison Guillet

Paris Fashion week was like crazy this season. Parties followings fashion shows, as if confidence was back in town, no more crisis. However it was in the softly boutique-workshop of Maison Guillet (one the seven art workshops of Chanel) that everything started…

We were invited to discover in exclusivity, the first collection of head accessories and the workshop.

Maison Guillet was created in 1896. Everything is still handcrafted and « everything is possible » as they told us, from finished product to the bespoke. It’s la Haute-Couture for the flowers!

Today, Maison Guillet is doing the emblematic camelia of Chanel as working for famous houses like Louis Vuitton, Christian Dior, etc.

 

Faisant partie d’une des sept(1) maisons d’art de la Maison Chanel, la Maison Guillet nous a fait l’honneur de nous présenter en exclusivité leur première collection d’accessoires de tête ainsi que leur atelier d’artisanat de luxe.

Depuis 1896, tout est entièrement fait main, tout est possible, du produit fini au produit sur-mesure autant que les décorations de vitrines. Aujourd’hui Maison Guillet réalise les camélias de la maison Chanel, mais collabore également avec les autres maisons pour des commandes spécifiques.

De parurier floral, la Maison Guillet devient fleuriste couturier. La Haute-Couture pour les fleurs !

Dans les ateliers – Inside the workshop

A video

(1) Maison Desrues (parurier), Maison Lemarié (plumassier), Lesage (brodeur), Massaro (bottier), Maison Michel (modiste), Maison Goossens (orfèvre), Maison Guillet (parurier floral)

Lady Dior | Lady blue, la dame de Shangaï

Postulat de départ le sac Lady Dior est un produit de luxe (à vérifier).

Tout comme d’autres maisons de luxe l’ont fait en ce début d’année la maison Dior a mis le cap sur Shanghaï, nouvelle capitale du luxe. Marion Cotillard, l’interprète principale de ce troisième opus de la saga Lady Dior est cette fois-ci dirigée par l’immense David Lynch.

Pour Lady Noire, beaucoup d’internautes s’étaient plaint du fait que la fin de l’histoire laissait le spectateur dans l’expectative, qu’en sera-t-il d’un web-movie de plus de 15 mn réalisé par l’hermétique David Lynch ?

Invoquer le réalisateur de Inland Empire (!) pour faire la promotion du Lady Dior relève-t-il d’un pari artistique et de communication fou et/ou d’un désir évident de distanciation?

Lynch x Lady Dior: alibi artistique?

Non quand on sait que luxe, art et culture ont toujours fait bon ménage, ils sont tous des émetteurs de goût. David Lynch est un réalisateur unique en son genre, le Lady Dior est donc, par conséquent (?), un produit unique en son genre.

Oui si l’on considère que le Lady Dior n’a pas une aura à la hauteur de l’univers lynchien. Le Lady Dior n’à pas l’image fantasmée d’un sac Kelly (cf postulat de départ).

Lynch x Lady Dior: désir de distanciation?

Oui car pour apprécier l’univers de David Lynch il faut un apprentissage, un rite de passage que l’on retrouve souvent dans ses films. Souvent symbolisé par un objet (cf. la boîte bleue dans Mulholland Drive, l’oreille coupée dans Blue Velvet) ce rite est ici signifié par le sac Lady Dior. Le sac permet le passage entre deux mondes (réel et fantasmé) mais aussi pour le consommateur vecteur d’ascension culturelle, sociale, etc.

Oui car « Il faut donc un bagage culturel pour apprécier le luxe » (1) et qui mieux qu’un réalisateur comme David Lynch peut réaliser cela?

Non, car presque toutes les images, les couleurs saturées sont appréciables par tout un chacun. Marion Cotillard est une actrice proche du public et rend accessible cet univers. Les effets de la caméra Hi-Speed, me rappellent la mythique scène de poursuite de Chunking Express de Wong Kar Wai et sont appréciables pour leur rendu esthétique.

Lynch vs Dior ou Lynch x Dior?

Une marque de luxe de n’a pas nécessairement besoin d’une star du show business pour promouvoir son univers. David Lynch risque-t-il d’occulter l’aura de Dior ? Que retiendra-t-on de tout çà ? On attend avec impatience le quatrième et dernier opus de cette saga.

Le projet est ambitieux et s’exposera forcément à la critique, on est pas dans une simple « pub », on ne vend pas un produit mais on décrit un univers de marque (une démarche inhérente à toute marque de luxe), une attitude prise de risque, de dénicheur et de leader, en effet le luxe ne suit pas la tendance, il la précède.

(1) Luxe oblige, Vincent Bastien et Jean-Noël Kapferer

3 créateurs, 3 manières de porter la veste

Antonio Marras, Gaspard Yurkievich et Kris Van Assche ont chacun une manière bien personnelle de porter la veste.
Petit décryptage en image:

Dandy, Antonio Marras, backstage à la fin du défilé Kenzo

Antonio Marras porte une veste faisant partie d’un costume trois pièces. Avec sa poche poitrine à rabat montée de biais et sa tonalité kaki elle prend des allures vintage ou de veste de chasse à courre. Portée avec un gilet donc, avec un côté « tiré à quatre épingles mais pas trop » que j’affectionne particulièrement. Un carré de couleur sombre autour du cou, non noué et passant sous le gilet ajoute une touche précieuse à sa tenue. On entrevoit une chemise au fin quadrillage qui réactualise l’ensemble. Antonio Marras joue habilement sur le registre gentleman farmer moderne.

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Arty, Gaspard Yurkievich, backstage, avant le show

Porte une veste en poil de chameau sur un tee-shirt à même la peau et à large encolure. On ne le voit pas sur cette photo, mais les manches du tee-shirt recouvrent plus que le poignet et dépassent de dix bons centimètres de la manche de la veste. Un style arty et contemporain, comme les créations du styliste.

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Graphique, Kris Van Assche, backstage Christian Dior

Clair-obscur, sous un regard malicieux et complice, KVA porte une veste à la coupe fluide et une chemise couleur charbon (thème du défilé de Dior Homme AW, 2010-2011). Les manches de la veste sont relevées pour un style très graphique, citadin et actuel.

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Dans les « backstages » des vitrines animées du Printemps Haussmann

Les Maisons Chanel et Dior unissent leur talent et leur savoir-faire pour nous inviter dès le 12 novembre(1) à découvrir un Noël russe. Pour l’occasion, ces maisons ont créé quatre poupées exclusives pour enchanter les quatre vitrines animées du Printemps Haussmann. Retour sur une visite exclusive des coulisses de cet événement. le-printemps-vitrine-noel La princesse Nadeja de la maison Chanel au milieu de Matrioschka géantes. Depuis le milieu des années 20, les vitrines animées de Noël sont un véritable rendez-vous avec les clients. Depuis cinq ans désormais, le Printemps Haussmann fait appel à des créateurs de mode pour habiller ses vitrines. Cette année Karl Lagerfeld, Victoire de Castellane et John Galliano ont travaillé sur la thématique du Noël slave et la fête de Noël russe, on y retrouve les grands moments chers à cette époque de l’année: le bal, la musique et le grand dîner.

Dans les règles de l’art et de l’artisanat

Ces vitrines sont le résultat d’une rencontre entre différents métiers. Le studio de création du Printemps qui crée la poupée, le cahier de style avec la thématique et les codes couleur; les ateliers couture des Maisons de Couture et le marionnettiste à fils qui donne vie à cette féerie. Karl Lagerfeld a habillé deux poupées, reproduisant pour la première (femme) une robe Couture du défilé Paris-Moscou et pour la seconde (homme) un avatar, amalgame d’Andy Warhol, Bill Kaulitz de Tokio Hotel et lui-même. Victoire de Castellane s’est fortement inspirée… d’elle-même pour créer une poupée très pétillante, quant à John Galliano, il a reproduit fidèlement une robe du célèbre défilé Couture de 1998 à l’Opéra Garnier allant jusqu’à  faire refaire en modèle réduit un de ses motifs.

Trois questions à Jean-Claude Dehix, marionnettiste à fils

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Depuis combien temps vous occupez-vous des vitrines animées du Printemps ?

Cela fait 35 ans que mon atelier situé à Montfermeil travaille avec le Printemps. 35 ans de Père Noël !

Comment tout cela à débuté ?

Nous sommes marionnettistes à fils de père en fils. Au début du siècle dernier, mon père à eu l’idée de remplacer les mains du marionnettiste par des petits moteurs. C’est ainsi que tout à commencé. Aujourd’hui je travaille avec mon fils et ma fille.

Travaillez-vous avec d’autres enseignes ?

Lorsque les quatre grands magasins parisiens avaient des vitrines animées, nous les faisions toutes. Aujourd’hui il ne reste plus que les deux enseignes du boulevard Haussmann. Nous en avons réalisées quelques-unes à l’étranger, mais la demande n’est pas la même. Il s’agit d’automates et le contenu expressif n’est donc pas aussi poussé. On peut donc dire que les vitrines du Printemps n’ont pas leur équivalent dans le monde. — (1) Embrasement des façades à 19:30 Pour compléter cette découverte ne manquez pas le motif réalisé (voir ci-dessous) par l’illustrateur Klaus Haapaniemi, dont j’avais parlé il y a… quatre ans! Klaus-Haapaniemi-printemps Klaus Haapaniemi réinterprète le bestiaire des contes de fées russes.