— LE MODALOGUE

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Transversalités & Hybridités

La mode n’a eu de cesse ces dernières années de créer des collaborations auxquelles on ne croit plus depuis belle lurette. Lanvin, Comme des Garçons ou Viktor & Rolf ne sont au final descendus dans la rue que l’espace de quelques heures…

Plutôt que de promouvoir une réelle mixité (mélange), ces collaborations bâties sur l’autel du marketing n’en sont que plus segmentantes. Elles ne mettent guère en avant quelque élan créatif que ce soit mais accentuent l’écart qui existe entre les créateurs de mode et les marques populaires, signifiant l’inaccessibilité des premières.  L’effet désiré s’en trouve inversé et l’on jette en pâture des ersatz de vêtements de luxe que le peuple s’empressera de s’arracher au sein du magasin devenu arène avant d’aller les revendre en ligne.

Pour demeurer sur le plan créatif c’est à une réelle collision des idées, des rencontres, des genres dont nous avons besoin. La mode à besoin d’une forme de perversité créative. Une collision venant de toutes parts, transversale et prenant tous les formes, assumant comme le souligne Marc Jacobs, ses volte-face, versatile. Transversale et versatile: TransVersatile comme le nom de ce blog. Collision génératrice de nouveautés et de partages en parfait accord avec notre époque qui via la révolution de la Culture Numérique à la possibilité de redécouvrir le sens du terme « collaboratif », voire  l’attitude épistémique ancrée en chacun de nous et qui se manifeste par le désir de mettre en commun nos connaissances.

Au regard d’une certaine actualité, c’est un évitement que nous avons. Fuite en avant, attitude de repli sur soi. A voir le style, les attitudes et le nom de certaines nouvelles marques de mode, il fleure un parfum de néo-réactionnisme dans les lookbooks. L’antithèse de la curiosité créatrice.

Le CERN (Organisation européenne pour la recherche nucléaire, ex-Conseil européen pour la recherche nucléaire) est un laboratoire où se trouve depuis 2008 le LHC (Large Hadron Collider Grand Collisionneur de Hadrons), le plus puissant accélérateur de particules du monde. Au sein du centre de recherche existent des activités n’ayant pas uniquement un lien direct avec l’action des neutrinos, des antiprotons ou la matière noire… Pour preuve Sir Tim Berners-Lee y à inventé le World Wide Web au début des années 90.

« Particle physics and the arts are inextricably linked: both are ways to explore our existence – what it is to be human and our place in the universe. The two fields are natural creative partners for innovation, research and development in the 21st century. »

Depuis 2011, photographes, chorégraphes, musiciens, designers, &c sont sollicités, invités à visiter le Centre de recherche, voire à collaborer et y résider pendant 3 mois. Avec les scientifiques en place, les artistes prennent le temps de découvrir le monde de la physique des particules et échangent des idées qui vont nourrir leur travail. Le photographe Wolfgang Tillmans, la compositrice Cheryl Frances-Hoad ou la designer Iris Van Herpen sont parmi les artistes qui ont résidé.

Iris Van Herpen, Spring 2015, 3D printing and particle physics…

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Le programme initié par Ariane Koek et baptisé Arts@CERN manifeste que des domaines en apparence fort éloignés peuvent en se « collisionnant » comme les atomes au sein du LHC, générer des particules créatives insoupçonnées, que la peur est l’ennemie de l’innovation.

L’artiste ne doit pas craindre de provoquer et de se projeter dans des lieux inconnus pour faire bouger nos consciences.

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Génération Trans-X

Plus tout à fait underground, pas encore mainstream, révélé au public en 2010, Die Antwoord est à l’image de notre société: TRANS-culturel.

Cantonné dans la nomenclature musicale au rap-rave un genre que l’on pourrait rapprocher du psyché rock des années 60, le style Die Antwoord embrasse cependant plus large.
“I represent South African culture. In this place you get a lot of different things: Blacks, Whites, Coloured, English, Afrikaans, Xhosa, Zulu, watookal. I’m like all these different things, all these different people, fucked into one person.”
Tirée de Whatever man, cette phrase chantée par Ninja le leader du groupe sud-africain est en quelque sorte une forme de synthèse d’une youth culture des “années 10” qui baigne dans une forme de chaos culturel.

Trans et Transe

Tout semble se télescoper sur scène, ce n’est pas que du rap, de la techno, du hip-hop. En fermant les yeux, emportés par la TRANSe on perçoit des accents rock voire pop (comme le défend Ninja dans Interview magazine), bref TRANS-musical.

TRANSgressifs à force de vidéos agressives honorées des milliers de fois sur Youtube. Réveillant nos instincts primaires, nos peurs enfouies, nos désirs inavoués, malaise et jouissance… suscitant (of course) et dès leurs débuts la curiosité d’un David Lynch.

X, Y et Z toutes les générations communient dans la fosse où se mixent des jeunes lolcore tendance bonkers et des gothiques oldschool à la coupe de Billy Idol (ex-leader de Generation X). TRANSgenerationnel, des mix inimaginables pour les générations précédentes où des donzelles afropunks moulées dans des combinaisons en cuir et masque de catcheuse à oreilles de Minnie Mouse croisent des jeunes hommes extatiques en salopette XXL fluo bariolées d’idéogrammes japonais. Des quadras en Louboutin font la queue à la buvette avec des individus en pyjama en pilou imprimé zèbre… C’est une joyeuse anarchie qui prend place.

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On y voit Leon Botha qui nous interroge sur un hypothétique TRANShumanisme qui lui aurait peut-être allongé son espérance de vie. Casper le gentil fantôme à des érections cyclopéennes. Les fébriles graffitis, habillage scénique, évoquant des dessins d’enfants autant que l’art brut, entre Keith Haring et SAMO© s’opposent à la typo large et stable utilisée par le groupe. Hyperconnection et tribalisme, à l’image des hippies californiens des années 60, adeptes du LSD et de la vie au grand air et futurs créateurs de la micro-informatique. Sur scène c’est un show TRANSmédia, c’est un grand mash-up,

Là où au mitan des années 70 les punks optaient pour une radicalité excluant les autres influences afin de contrer le Système (sauf certains groupes comme The Clash, The Slits…), Die Antwoord s’engage dans une attitude tout aussi dénonciatrice mais ouverte. N’hésitant pas sur Ugly Boy, morceau samplé et repris à l’obscur Aphex Twin à inviter des personnalités ayant conservé un brin de souffre auprès du grand public (Marilyn Manson, Cara Delevigne et Dita Von Teese).

Le modèle des communautés, le grand élan hippie des années 60 désireux de proposer des alternatives sociales à connu un formidable changement avec l’avènement d’internet et l’essor de la culture numérique à l’aube des années 90. Les communautés sont alors devenues virtuelles, les interactions au sein de celles-ci et entre celles-ci se sont enrichies et complexifiées, créant des TRANSversalités insoupçonnées que l’on retrouve dans ces rassemblements.

Dès lors, plus aucun courant culturel n’est aujourd’hui exclusif à un seul groupe, une seule communauté et inversement. L’apparence extérieure ne suffit plus à nous définir.

Le microcosme du monde des tatoués ou le street-art attirent foule aux billetteries des musées, tout comme les impressionnistes et Salvador Dali.

Nos goûts traversent les genres, ils sont TRANSgenre. On hésite plus à affirmer des amours culturelles variées, une versatilité assumée, témoignant ainsi d’une sorte d’ubiquité culturelle. Nos goûts ne sont plus unilinéaires, mais ils se propagent comme le réseau, ils sont multipolaires.

Que cette multiplicité culturelle quasi schizophrénique nous vienne d’un pays situé au bout du continent le plus oublié de la planète en termes culturel, politique ou économique et qui 24 ans après la fin de l’apartheid influence une partie de la jeunesse occidentale ne doit pas nous laisser indifférent.

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Above: Hans Behrendt’s « Six Girls Seeking Shelter », 1927

Découverte par hasard, l’affiche (ci-dessus) du film « Six girls seeking shelter » des frères Sternberg (Vladimir -1899-1982- et Georgy -1900-1933-), graphistes et artistes du mouvement constructiviste m’a rappelé cette initiative du New York Times qui a eut lieu lors de la dernière fashion week et la manière dont je l’avais réinterprété avec mes élèves.

Des frères Sternberg à la datavisualization

Les journalistes du New York Times ont fait appel des programmeurs. Ces poètes du code informatique ont développé, via d’hermétiques algorithmes mathématiques une application permettant de synthétiser les données (datas) couleurs des différents shows.

Sans programmation, juste par leurs observations et quelques sélections dans Adobe Photoshop, les futurs designers de Mod’Art ont reproduit l’exercice du quotidien américain, obtenant une vision rapide de la gamme couleur d’un défilé ainsi qu’une information sur les longueurs… Certains d’entre eux allant même à faire des propositions audacieuses (synthétiser les broderies, les imprimés…). Par souci d’immédiate lisibilité ces propositions furent écartées, le résultat devenant trop complexe à décoder.

L’initiative du New York Times peut être classée comme étant de la datavisualization (représentation graphique de données) adapté aux défilés de mode. En jetant un œil à quelques boards Pinterest on constate que c’est un domaine où la forme graphique compte beaucoup.

Ci-dessous, la datavisualisation réalisée lors de notre workshop à Mod’Art Paris.

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La rencontre entre la technologie et la mode, dans le cadre d’analyse des couleurs fonctionne parfaitement et permet ici de rendre explicite, de manière agréable et rapide des informations. Le résultat peut être apprécié autant à des fins créatives et stratégiques au sein d’un bureau de style, des fabricants, etc… qu’à des fins créatives et esthétiques.

Ci-dessous la datavisualisation des défilés DSquared et Yohji Yamamoto est empreinte d’une vibration et d’une musicalité insoupçonnée. On y lit une rythmique savamment orchestrée par la direction artistique du défilé. Chez DSquared, un défilé acidulé aux deux tiers et des filles très court vêtues. Chez Yamamoto les couleurs viennent s’intercaler entre les passages sombres.

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En quelques clics de souris nous pourrions apposer la gamme couleur synthétisée sur le mannequin à la manière des Frères Sternberg…

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De la datavisualisation à l’art cinétique…

… et y voir une robe Mondrian (Yves Saint Laurent, 1965, photo Peter Knapp) revisitée…

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ou « les sportifs » de Kasimir Malevich, 1930-1931

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ou encore une robe Poliakoff (Yves Saint Laurent, 1965, automne-hiver)

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voire les Compositions de Serge Poliakoff qui aurait subit la loi de la ligne verticale.

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Ou encore les expériences vibratoires de Piet Mondrian (Broadway Boogie Woogie, 1942-1943)

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et les œuvres cinétiques du peintre vénézuélien Jesus Rafael Soto (Polychromie avec tés, 1980)

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Mais peut-être faut-il remonter à l’année 2011 où Fashionary publiait une série de posters intitulé Fashionary 8-bit en référence au graphisme rétro des années 80.

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City, magazine international, revue mythique des années 80.

Une publication qu’aujourd’hui nous qualifierions de lifestyle et dont j’ai reçu il y a quelques mois une trentaine d’exemplaires couvrant la période 1984-1991.

En rouge et noir

City magazine c’est aussi la force d’un logo. Quatre lettres batons rouge vif mises en relief par une section blanche de 5 mm forment le mot « CITY ».

Une baseline en lettres capitales noires épaisses: « MAGAZINE INTERNATIONAL », le tout est encadré par un double rectangle noir au fond légèrement gris. Ce logo est imposant, percutant, dévorant presque la couverture. Les portraits souvent cadrés serrés, en noir et blanc ou vaguement sépia occupent la pleine et font jeu égal avec le logo, même lorsqu’il s’agit de Paolo Roversi, Peter Lindbergh ou Jean Baptiste Mondino! La ville est omnipotente.


n°10, avril 1985


n°28, décembre 1986-janvier 1987

Certains numéros ont su laisser place à des jeux typographiques bicolores en couverture.


n°30, mars 1987


n°48, décembre 1988-janvier 1989
Le logo sait passer au second plan dans une des rares couvertures en couleur, mais aussi une des plus belles, illustrée par Pierre Le Tan.


n°60, mai 1990

A l’aube des années 90, la taille du logo s’est réduite et son style s’est lissé avec l’arrivée de la PAO. Le logo est plus froid désormais et moins impactant que la version précédente.

La baseline et le nom des villes sont désormais écrites dans une typographie « light », plus élégante. La baseline est justifiée désormais jusqu’au bout du « Y ».


n°61, juin1990

Les portraits sont moins sérrés, la couverture est plus aérée, plus « blanche ». Maintenant les titres vont et viennent et ne sont plus confinés au bas de la couverture. Le texte adopte une nouvelle dynamique, plus libre.


n°64, octobre 1990


n°66, décembre 1990-janvier 1991

On rompt une tradition en remplaçant le rouge emblématique par une couleur jaune d’œuf. Paradoxalement la PAO et les logiciels de mise en page, ont parfois généré une certaine forme d’uniformaisation dont semble pâtir le logo de ce magazine. On reste nostalgique, car la première version du logo n’a jamais été égalé et les multiples retouches de celui-ci au début des années 90 semblent annoncer la fin de publication de ce magazine de prestige.

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Iris Van Herpen et Yiqing Yin ont créés des shows impressionnants lors de la dernière semaine de la couture. Entre spectacle, futurisme, prouesse technique et art.

Quelle place occupe le corps chez ces créatrices? Simple support ou véritable medium? Comment se positionnent-elles entre le métier de designer et d’artiste? Comment cohabitent savoir-faire artisanal et nouvelles technologies auxquelles elles font appel pour réaliser certains de leur modèles? Quelles sont les nouvelles approches du volume?

Parallèles

Suivant toutes les deux les courbes du corps: poitrine, taille, hanches et cuisses, la robe squelette d’Iris Van Herpen et la forme de l’empiècement de la robe de Yiqing Yin.


Iris Van Herpen, Haute-Couture, Fall-Winter 2011-2012


Yiqing Yin, Haute-Couture, Fall-Winter 2011-2012

Rapprochement entre la splash-water dress d’Iris Van Herpen et la robe fluide, tel un liquide, de Yiqing Yin.


Iris Van Herpen, Haute-Couture, Fall-Winter 2011-2012


Yiqing Yin, Haute-Couture, Fall-Winter 2011-2012

Découpages, lacets et bandelettes…


Iris Van Herpen, Haute-Couture, Fall-Winter 2011-2012


Iris Van Herpen, Haute-Couture, Fall-Winter 2011-2012

Ci-dessus, les tenues sculptées faites de bandelettes d’Iris Van Herpen me rappellent le travail de papiers découpés de l’artiste Georgia Boyd-Russell (ci-dessous)…


Georgia Boyd Russel, Slick 2009


Iris Van Herpen, Haute-Couture, Fall-Winter 2011-2012


Iris Van Herpen, Haute-Couture, Fall-Winter 2011-2012


Iris Van Herpen, Haute-Couture, Fall-Winter 2011-2012


Iris Van Herpen, Haute-Couture, Fall-Winter 2011-2012


Yiqing Yin, Haute-Couture, Fall-Winter 2011-2012

Jumpsuit moulant en lacets chez Iris et robe bandelette de Yiqing Yin.

Chez Yiqing Yin, qui avait déjà  fait sensation lors du Festival d’Hyères 2010, sans pour autant remporter de prix, la dimension artistique est peut-être moins revendiquée. Cependant on retrouve cette envie quasi-obsessionnelle de travail sur la matière. Bandelettes et lacets chez l’une, plissés très serrés chez l’autre, un travail de sculpture minutieuse.

Sur les corps on peut voir des faisceaux qui cisèlent finement la structure de la robe en cercles concentriques, des envies de fractales, des plissés tectoniques ou encore des excroissances minérales.


Yiqing Yin, Haute-Couture, Fall-Winter 2011-2012


Yiqing Yin, Haute-Couture, Fall-Winter 2011-2012


Yiqing Yin, Haute-Couture, Fall-Winter 2011-2012


Yiqing Yin, Haute-Couture, Fall-Winter 2011-2012

La femme d’Iris Van Herpen, véritable mutante, femme hybride arty-mode ou celle de Yinqing Yin n’en reste pas moins très féminine. Pour ces créatrices, chaque vêtement à un sens profond, semble porter avec elle tout un univers. L’effet matière rendu par la modélisation 3D, les plissés ou le laçage revêt une dimension très importante dans ces créations leur conférant une dimension extra-portable indéniable.

Pour illustrer cette hybridité art et mode, on peut, jusqu’au 14 novembre, en profiter pour sauter dans le Thalys et se rendre chez Sien, superbe boutique d’Anvers pour y découvrir à la fois une exposition de pièces d’archives d’Iris Van Herpen ainsi qu’une sélection de sa nouvelle collection.


Sien, Nationalestraat 91


Un portant réunissant les créations d’Iris Van Herpen et de Sandra Backlund,  autre créatrice, spécialiste de la maille et qui navigue elle aussi à la frontière entre art et mode.

 

 

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L’espace Trendswash, au salon du Prêt-à-porter Paris, mis en scène par SAS (Société d’Alexandra Senès), décrivait cette saison 6 sous-tendances (ameublement, écailles, ecclésiastique, frontières, mains, paysan) autour du concept « Retour-Aller ».

Explications: « Alors que la sortie de crise est lancée, les uns se recentrent sur les acquis impérissables du passé (Retour), les autres se projettent dans un monde à venir (Aller). L’homme d’aujourd’hui est au cœur de ce dualisme où passé et futur sont mis au service d’une modernité et d’une actualité fortes. »

J’ai réalisé, avant les vacances, deux panneaux pour Alexandra Senès, sous la forme d’un organigramme, afin de décrypter succinctement la tendance ecclésiastique.

Ce qui donne ceci:

Retour ou Aller la tendance ecclésiastique nous invite à une quête, un chemin de croix.

Que l’on souhaite conserver les codes d’antan afin de retrouver certaines valeurs (embourgeoisement) ou que l’on détourne ceux-ci pour s’en créer de nouvelles en y intégrant de nouvelles références (hybridation), l’acte de consommation ecclésiastique à comme finalité de consommer « mieux ». Il n’est plus question d’ostentation ou de bling-bling comme les époques précédentes.

La mode aimant à jouer avec les codes, aimant à manier les contraires, voire à embrasser les contradictions, ecclésiastique n’est ce pas la meilleure manière d’être subversif today?

A voir aussi les créations de Léa Peckre (merci Sophie)

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La Haute Cuisine est en pleine ébullition hybridation, rencontrant d’autres univers tels que la mode, la photographie et le design.

Pendant la semaine de la Couture, un véritable cabinet de curiosités à pris place dans les jardins du Palais Royal ainsi qu’aux alentours. La Haute cuisine défend comme la mode son savoir-faire et son héritage.

Le chef Michel Troisgros, présent lors de cette manifestation, faisait des parallèles intéressants entre cuisine et mode lors d’une conférence donnée lors du dernier Festival d’Hyères. Il nous a ainsi rappelé que la Grande Cuisine n’avait pas encore les mêmes budgets de communication que les marques de mode. Là où la mode a vu la création de grands groupes depuis le début des années 80, la gastronomie à vu la création de restaurants indépendants. Selon lui l’univers de la mode, à sur ce plan, quelques longueurs d’avance.

Autour de l’idée de la nouveauté, la mode. La famille Troisgros (le grand-père de Michel) s’installe à Roanne dans les années 30. Depuis les années 60, la nouveauté fait partie de la philosophie de la maison. La carte du restaurant ne doit pas être figée, elle doit créer des cycles, comme des collections de mode. Cela ne doit en rien entraver la créativité, il faut avoir des certitudes, les conserver et rester informé. Notons que les années 60 sont aussi les années de l’apparition du prêt-à-porter, d’une mode plus dynamique, aux cycles de plus en plus courts, adaptée a son époque en aaccélération.

Autour de l’idée du « sens » d’un plat, l’art. Michel Troisgros lorsqu’il évoque une de ses recettes, au contraste pas évident, mêlant lait caillé et une truffe terrienne n’hésite pas à dire que l’artiste Lucio Fontana lui vient à l’esprit lorsqu’il fend le plat.

Autour de la communication, toujours lors du Festival sudiste, Caroline Champion nous fera remarquer que les vitrines et les affiches du traiteur Fauchon (où le produit disparaît) sont plus proches du monde la mode et des cosmétiques que de la gastronomie au sens propre.

Haute Cuisine fût aussi l’occasion de découvrir le très intéressant travail de la photographe Anne de Vandière. Après avoir publié deux livres sur le thème de la main (H/AND et H/AND série 2) elle exposait une série de photos, véritable plongée dans les ateliers du luxe (gastronomique et haute couture) français, un regard sur le savoir-faire des artisans et des portraits qui seront bientôt édités en livre.


Photos du travail photographique d’Anne de Vandière


M. Didier Ludot (au centre) and friends


Robes vintage Dior de la collection Didier Ludot pour l’installation Didier Ludot x Ladurée.


Une mariée dans tout ses états pour une collaboration entre les Broderies Vermont, Haviland et Eddie Benghane (chef pâtissier du Trianon Palace à Versailles).

Puis une virée chez Martin Margiela, non sans avoir faire coucou à M. Claude Montana, pour une cocktail tout en blanc (of course) qui se terminera en petit shopping nocturne…


M. Claude Montana et une amie


Le shopping du soir, une fine ceinture qui sera portée en guise de bracelet.


Le fameux gilet artisanal en assiettes cassées de Martin Margiela, plus transversal entre cuisine et mode on ne peut pas…

 

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Bernhard Willhelm, Autumn-Winter 2010-2011

Si j’avais eu 17 ans en 1975, me serais-je baladé en perfecto clouté et crête punk au 430 King’s Road a Chelsea?

Cette statue de la liberté portant une baguette de pain en guise de flamme est signée Bernhard Willehlm… Liberté sur fond rouge, elle porte boubou bigarré, crête punk faite de baguettes, rouge à lèvres sombre et rimmel qui dégouline. Un symbole détourné et mis au goût du jour comme La Marseillaise reggae de Serge Gainsbourg le fût en son temps.

Il fut un temps où Jeremy Scott (autre designer iconoclaste) fréquentait assidument Karl Lagerfeld, maître de la maison Chanel. Le DIY et le Luxe, deux univers apparemment si éloignés peuvent se rencontrer. On peut se rememorer la rencontre au début des années 80, entre Jean-Michel Basquiat le graff’artiste de rue et Andy Warhol le peintre socialite pop.

La mode n’est pas que le glamour de Gucci, la faste de Chanel ou la folie créative de Dior. Le Luxe est audace, prise de risque et innovation, l’humour, la dérision, le choc des rencontres en sont donc des parties intrinsèque.

Contrairement aux idées reçues le Luxe est loin d’être passéiste et immobile, bien au contraire. Dynamiques, il n’est donc pas étonnant que les entreprises de ce secteur soient les premières à sortir de la crise économique.

« Enlightening » (éclairant en français) que l’on pourrait aussi rapprocher du terme enchanter (éblouir d’une lumière vive au point de provoquer une grande admiration) est ce vers quoi tend le Luxe, à la recherche d’un ré-enchantement(voir la dernière ligne de ce billet).

M. Bernard Arnault à intégré John Galliano, un punk, à la direction artistique de Dior, Vivienne Westwood, initiatrice du mouvement punk avec Macom Mc Laren fait aujourd’hui parti de l’establishment anglais. Quelle marque de Luxe va oser intégrer un esprit frondeur comme Bernard Willhelm (ou un Jean Paul Lespagnard…) à sa direction artistique?

— English text

If I had 17 years old in 1975, would I wandered in studded jacket and punk mohawk hairstyle in front of the 430 King’s Road in Chelsea?

The Liberty Enlightening the World wearing a french bread as a flame is created by Bernhard Willehlm… Liberty in red, wearing a colorful robe, a mohawk made of sticks, dark lipstick and a dripping mascara. A symbol hijacked and set up to date as Sex Pistols’ God save the queen was in its time.

There was a time when Jeremy Scott (another iconoclastic fashion designer) was a dear friend of Karl Lagerfeld. It would be interesting to see if the DIY world of the american designer and the luxury world of Chanel can meet and mix. Somewhere it reminds me the meeting in the early 80s, between Jean-Michel Basquiat, the graffiti artist and Andy Warhol, the socialite pop painter.

Fashion need all these talents, it is not only the glamour of Gucci, the luxury of Chanel or Dior’s creativeness. Humor and mockery is part of Luxury. Luxury is daring, risk, and innovation. Unlike popular belief Luxury is not stationary. Therefore it is not surprising to see companies like Hermès to be the first to emerge from the economic crisis.

John Galliano, punk, is since 1996 the artistic director of Dior. Vivienne Westwood, mother of punks, is from years now, part of the british establishment. The challenge: which Luxury brand will incorporate a mind like Bernard Willhelm in his artistic direction?

 

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Some photos of the annual conference of Alliance Graphique Internationale based in Porto this year. The project was introspective and personal, all designers was invited to create a map of their working process.

There is no formula for a working process, only fiction, where pragmatism, deviation, surprise or the unexpected melt together. This exhibition is a collection of « incorrect answers »

Parcours graphique avec quelques réalisations exposées lors du Congrès de l’Alliance Graphique Internationale qui prenait lieu à Porto. Le thème cette année concerne les créateurs de tous les domaines artistiques (graphisme, mode, etc.), puisqu’il s’agissait de mettre en forme le processus de création, un travail introspectif et personnel.

Il n’y a pas de formule, seulement de la fiction où se rencontrent et se mêlent, pragmatisme, déviation, surprise ou inattendu. Tous les graphistes invités se sont livrés à cet « exercice de l’impossible ».


Katsumi Asaba


Paula Scher


Stefan Sagmeister


Marian Bantjes


Jianping He


Sabina Oberholzer


Stephen Doyle

Stefan Sagmeister and Peter Knapp (right)

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