Modoscopie | Vincent Rouvière, le Podium Jeunes Stylistes

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Ci-dessus: Vincent Rouvière, quelques minutes avant le début du défilé de l’édition 2014 du Podium Jeunes Stylistes

« D’aussi aussi loin que je m’en souvienne, j’ai toujours été passionné de mode » vous dira Vincent Rouvière, entrepreneur, consultant, fondateur et président du Podium Jeunes Stylistes (PJS).

En 2008, avec l’aide d’un ami, il décide de concrétiser sa passion. Elle prit la forme d’un défilé organisé sur une péniche parisienne et réunissait alors une centaine d’invités parmi lesquels principalement des amis et quelques créateurs.

Depuis le PJS s’est mué en un véritable incubateur, voulant faire rimer à Paris, business et création de mode.

Créatifs et managers

Consultant quelques temps en Chine « où les choses bougeaient pas mal » et où il aidait les entreprises à s’installer en France, Vincent décide pour « son » défilé de passer la vitesse supérieure en imaginant un évènement qui réunirait compétences managériales et compétences créatives.

À son retour, réunissant des amis issus autant d’école de mode, que de communication et de commerce il définit ce que sera le futur du PJS.

Former, former et former

Le leitmotiv sera « aider la jeune création française et étrangère à Paris, les aider à être des marques pérennes ».

Contrairement aux nombreux autres concours, le PJS propose avant tout de coacher et de suivre les jeunes créateurs. La vocation n’est pas d’offrir une bourse au lauréat. « Avoir de l’argent sans savoir comment le gérer peut être un piège et si le projet est cohérent, le financement se fera en temps voulu », déclare Vincent Rouvière.

La première édition avait privatisé un lieu hors du commun, à l’intérieur de la station de métro Palais Royal au sein de la galerie d’art 1re Station. Le lauréat Sébastien Meyer (école Mod’Art) reçu son prix à Shanghai où pendant 10 jours un business trip sur-mesure (rencontres avec les différents acteurs du milieu de la mode chinoise et française, agences web, fabricants, etc.) lui fut proposé. Il a depuis créé sa marque Coperni.

Ci-dessous, deux silhouettes de M. Longliang Du (école Mod’Art), lauréat de l’édition 2014.

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Accompagner la jeune création

Passant tout son temps libre bénévolement dans ce projet, Vincent Rouvière à su lier d’intéressants partenariats avec la Mairie de Paris, Les Ateliers de Paris, les Ministères de la Culture et de l’Industrie, la Fédération de la Couture ou les sites Brandalley et l’Exception.

Depuis deux ans, ce qui était au début un « simple » défilé s’est étendu au travers de Paris Factory, une formation de 8 semaines en partenariat avec l’école ESCP Europe. Accessible à tous les créateurs de mode désireux d’entreprendre et de se former auprès d’intervenants issus de l’ESSEC, de l’IFM, de l’ESCP et d’entrepreneurs, cette formation est offerte au lauréat du PJS.

Co-brandée par Fashion Mag, sponsorisée par le cabinet Ernst and Young et supportée par l’ESCP, elle est accessible pour seulement 200 euros après sélection sur dossier. Les créatrices Léa Peckre ou Christine Phung (membre du jury de la dernière édition) ont pu bénéficier de cette formation.

À la fin de la formation, l’étudiant présente un projet qui s’il est élu, sera « accompagné ». Il aura alors accès gratuitement aux salons, à des incubations, à un coaching personnalisé ou une visibilité sur des vitrines e-commerce avec Le Lab, des propositions très concrètes pour entreprendre.

Le recrutement

La direction artistique chapeautée depuis peu par Fabien Rambert (lauréat du Festival de Dinard 2007) fait des conférences toute l’année dans les écoles de mode en Europe, l’information est relayée par FashionMag.

Ce tour d’Europe met en évidence certaines disparités entre nos écoles françaises et leurs homologues européennes. « Nous formons de très bons stylistes », dit le jeune entrepreneur, « mais nous avons des lacunes quant à l’adaptabilité au monde du travail ». La dimension sociale, l’apprentissage des langues étrangères (les termes techniques) et une dimension « business » plus engagée nous fait défaut.

« Mod’Art et ESMOD sont les rares écoles à avoir intégré dans leur cursus des cours de management, ce qui pour moi est une dimension importante » affirme Vincent.

Les centaines de dossiers reçus avant chaque session comprennent les inspirations du candidat, des pages liés au thème du concours et un curriculum-vitae. Un premier jury composé de « quatre binômes » (un ancien lauréat et un membre issu des milieux de la gestion), élit quinze dossiers.

« On choisit les créateurs les plus motivés, les plus créatifs et les plus ambitieux! » lâche Vincent Rouvière. Dès leur élection, les designers ont cent jours pour réaliser une mini-collection de trois silhouettes (deux pièces créatives et une pièce prêt-à-porter) en respectant le thème du concours et en utilisant une sélection de matières imposées par le PJS, cela afin d’harmoniser les chances de chacun.

Bâtir son « après »

L’intérêt pour le créateur est de comprendre que s’inscrire et (éventuellement) devenir lauréat du PJS est pour lui un point de départ pour bâtir son futur.

Pour l’accompagner Vincent Rouvière et son équipe ont créé Le Club Podium Jeunes Stylistes dont les lauréats font automatiquement parti. lls peuvent ainsi tous les trimestres, assister à des conférences axées sur des thématiques mode (sourcing matières, le « Made in France…). Tous les deux mois, une jeune marque vient parler de son parcours. Un accès privilégié, aux salons parisiens (Who’s Next, Première Vision…), accompagné par un responsable, leur est offert, afin qu’ils comprennent l’intérêt de participer à ces manifestations, mais aussi d’en saisir les coûts et les bénéfices.

Face à la kyrielle de concours dédiés à la jeune création, aux ambitions variées, le souhait de la direction du PJS est d’avoir un regard créatif plus pointu et d’avoir chaque saison quinze créateurs de référence, il y un désir de monter en exigence.

Recruter à la sortie de l’école, sélectionner les profils à la fois les plus talentueux et les plus ouverts à la dimension marketing de leur travail reste un positionnement ambitieux. Face à l’arsenal d’aides, de coaching et d’opportunités mises en place par le PJS, les créateurs disposant de la maturité et de l’envie nécessaire sont à même de rentrer dans une démarche de création d’entreprise.

Mais il ne faut pas se tromper, la démarche sincère et engagée de Vincent Rouvière et son équipe ne peut en aucun cas garantir le succès, mais elle constitue une base concrète pour développer une activité et apporter une certaine sérénité aux jeunes designers.

Boussac-Dior, Bergé-Saint Laurent, Arnaud-Jacobs… espérer reproduire ces modèles gagnants ne doit pas faire oublier que former les designers au marketing est une chose, mais que la réciproque doit aussi être appliquée…

 

Ci-dessous, sélection de l’édition 2014

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Modoscopie | Gert van de Keuken, « tendance humaniste » (studio Edelkoort)

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Gert van de Keuken, during Tranoï Preview, Summer Spring 2014

Il aime les gens, être avec eux et les écouter. Passionné de danse contemporaine et de musique, il aurait, dit-il, aussi pu être jardinier ou cuisinier. A la fin des années 80, alors étudiant aux Beaux-Arts, la directrice de l’Académie de Mode de Arnheim lui conseille de prendre contact avec « la prêtresse des tendances », Li Edelkoort, une rencontre qui modifiera sa vie professionnelle…

Dans une veste hésitant entre le bleu Klein et le bleu de travail, un pantalon camel roulotté aux chevilles et des sandales, le geste économe et le verbe choisi, le directeur de création du studio de tendance le plus sollicité de la planète, me dit travailler « à l’intuition ».

Archéologue du futur

Cette méthode « visionnaire » et « instinctive », mâtinée de rigueur néerlandaise, ne pourrait exister sans « l’expérience, l’observation et l’ouverture vers l’inconnu » prévient Gert. La « générosité » et « l’honnêteté » de leurs études est issu du caractère de Li et ont fait leur succès. « On se permet de dire les choses que nous sentons vraiment, on ne va pas s’adapter et donner les réponses attendues par nos clients. Il n’y a pas de compromis. » indique le bras droit de la prévisionniste.

Avec son équipe, il répond aux demandes très spécifiques de clients venus de domaines aussi variés que l’automobile, la téléphonie mobile, le design et bien entendu la mode… « On creuse, on capte, nous sommes des archéologues du futur » me dit-il. Par delà la tendance, il s’agit de d’apporter des réponses sur les matières, les couleurs ou le comportement du consommateur. Et en 25 ans, les démarches de leurs clients ne sont plus les mêmes. Le studio se doit répondre plus vite à des réponses de plus en plus compliquées.

Il ne s’agit pas seulement de style, mais de durabilité d’un produit, de la provenance d’une tendance, d’accompagner une marque ou encore de responsabilité environnementale…

Le textile: « la toile de la vie »

Le studio de Li Edelkoort est réputé pour son amour du textile.

Ces dernières années, le textile est devenu « très plat », on est passé par une phase de mode « embourgeoisée » symbolisée par le trench-coat en délaissant l’expression textile et la tactilité. Et Gert d’expliquer que le textile est « la toile de la vie », que l’on peut voir dans l’évolution technique du tissage la trame du temps. Ainsi « l’industrialisation » avec l’apparition des motifs géométriques, « les années 80  » où l’on tissait tout en diagonal, « les années 90  » avec les effets de transparences (new-age), « on voit même arriver l’Orient-Express ! » lance-t-il.

Paradoxalement à notre période qui met en avant l’artisanat, il y a moins de complexité technique et moins de savoir-faire (tissage folklorique, tribu…) dans le tissu d’aujourd’hui, c’est aussi l’influence de la fast-fashion.

Un monde plus libre et hybride

Nous vivons dans une société multiple où l’on peut être à la fois, jardinier, photographe, créateur de mode ou musicien.

On a une adaptabilité à faire plusieurs choses.

Époque à double tranchant où l’on joui, pour certains, dans nos sociétés occidentales d’un choix varié, mais aussi d’un risque de confusion.

Le studio Edelkoort accompagne les marques afin qu’elles s’identifient et mettent en avant leur potentiel. Au milieu d’une overdose d’information et de choix, il faut savoir analyser, transcrire et présenter ces données, ce que Gert illustre avec une métaphore: « comme en cuisine nous avons tous les mêmes ingrédients, tout est question de savant dosage ».

La culture pour tous

Le visionnaire néerlandais explique que la culture doit être au centre des préoccupations. « La culture se vend très bien, il n’y a qu’à voir le succès des musées. Ils n’ont jamais autant vendu de tickets et de catalogues. Ils louent leurs espaces aux marques de luxe, organisant défilés de mode ou des partenariats avec des artistes. La culture est libre d’expression et n’est pas réservée à quelques happy few, elle apporte du progrès dans l’innovation ».

Gert van de Keuken, pense qu’éduquer, développer la curiosité et les expériences de manière transversale au service d’une énergie créatrice, favoriserait les échanges entre culture et industrie. Il défend une vision idéale et humaniste de son métier.

Un besoin d’intensité

Depuis la seconde guerre mondiale, on ne communiquerait que pour consommer. Puis au tournant des années 2000 le consommateur a pris un nouveau rôle dans la société, il est plus impliqué et informé (merci le web !). L’industrie est en quête de « sens » et cela se manifeste par « un désir d’iconisation ». Les boulangers créent des éditions spéciales, les sacs deviennent des « it-bags », chaque production se dote d’une « expression », d’une idée…

Ce besoin de design (du latin designare) « poser un signe sur les choses », de les mettre sur un piédestal, est une forme de fétichisme. L’exposition « Fetichism in fashion » dirigée par Li Edelkoort au MoBA (Arnhem, Pays-Bas) développe cette idée. « Plus qu’une tendance, il s’agit d’un grand message qui peut prendre place pour 10 ou 20 ans. » souligne Gert. On peut imaginer que cela va entraîner une nouvelle façon de produire et de « marketer » les choses. Le « it-objet » devenant un fétiche sur lequel on reporte tous nos désirs.

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Dans une société où tout est dilué, où les jeunes générations ont une adaptabilité, une propension (et les moyens technologiques) à faire plusieurs choses en même temps il y a un réel besoin de s’exprimer et ce quelque soit le sujet…

Sur certains réseaux sociaux comme Instagram certains comptes prescripteurs déclenchent des milliers de « like » pour des photos des plus anodines (vernis à ongles, cupcake, gobelet de Starbucks coffee…). Aujourd’hui, on ne se bat plus, on ne revendique plus pour porter un jean ou un piercing, mais pour plus d’intensité, plus de sensations et plus de volume. On veut toujours plus, un parfum « plus pur », plus de 100%. « Tout cela est très positif ! », dit Gert avec le sourire.

[toggler title= »Le studio Edelkoort, Trend Union et Li Edelkoort » ]

Installé depuis 25 ans au sein du XIVe arrondissement de Paris, dans une ancienne petite usine qui fabriquait des meubles puis des prothèses, le studio Edelkoort est un bureau international. Une dizaine de personnes sans véritable limite d’âge y travaille quotidiennement, « c’est un métier où il n’y a pas d’âge et auquel on pense 24/24  » .

Outre Paris (Trend Union) et les Pays-Bas, le studio possède des bureaux à New-York, Tokyo et des agents dans plusieurs pays, dont la Chine et le Brésil, pays dits « émergents », formant ainsi un vaste réseau. Présent sur le contient africain, en Afrique du Sud et particulièrement au Bénin où il soutient depuis 20 ans l’artisanat et dessine des collections en tye en dye.

Li Edelkoort, n’est pas seulement un « gourou », mais une véritable femme d’affaire et une collectionneuse de pièces de design et de mode. Un partie de cet entretien, ainsi que des photos complémentaires ont été publiés dans le magazine ISAL Paris.

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Modoscopie | Olivier Échaudemaison

Modoscopie (début XXIe siècle): néologisme, faisant référence à l’émission culturelle Radioscopie de Jacques Chancel diffusée sur France Inter de 1968 à 1982 et au terme « Mode » sujet principal de ce blog.

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Coiffeur auprès du maître M. Alexandre, embauché par le Vogue anglais en pleine époque du Swinging London, il deviendra maquilleur à Paris quelques temps après, dès lors commence une carrière exceptionnelle…

Aujourd’hui Creative Director de la maison Guerlain, Olivier Échaudemaison est enthousiaste et énergique, un être hyperactif et curieux, au phrasé virevoltant, une personnalité très attachante, qui sait faire partager ses passions.

En compagnie d’Helène Leblanc qui partage avec moi le privilège de passer une heure avec l’artiste, nous ne manquons pas d’aborder, à bâtons rompus, une partie des sujets qui nous tiennent à cœur.

« Le luxe, un plaisir pour soi »

Et voilà qu’Olivier Échaudemaison nous conte l’histoire de son vieux pull en cashmere, celui d’une « vilaine couleur », que l’on ne « voyait pas » car il le portait sous l’uniforme de l’armée, mais qui cependant lui « remontait le moral », cette allégorie est l’expression du luxe.

Il se doit d’être subtil et simple d’apparence, « le luxe est un raffinement invisible ». Le silence et l’espace, aujourd’hui si difficilement accessibles sont un luxe. Le luxe est proche de l’abstraction.

Ce qui, je lui réponds, « nécessite alors, une certaine culture, que l’on doit faire découvrir pour voir par delà les paillettes ».

Les pays emergents

En Asie l’attrait pour luxe s’est longtemps exprimé à travers la possession du logo de la marque, l’ostentatoire et le visible. Les grandes marques internationales occupent tout l’espace, laissant peu de place aux jeunes créateurs ou aux designers locaux pour montrer « front row » leur talent.

Mais Olivier Échaudemaison, qui connaît bien ces pays, pense que les choses évoluent. Là aussi le luxe est abordé par la nouvelle génération de consommateurs de manière plus délicate, les asiatiques vont, à court terme, de plus en plus exprimer leur culture et leur singularité. Et de citer en exemple un intérêt plus important pour les soins concernant la peau que le parfum chez les populations asiatiques. Les Occidentaux devront s’adapter.

Le gotha de la mode, les têtes couronnées et madame « tout le monde »

Passant d’un sujet à l’autre nous traversons les continents et le temps. L’homme nous captive lorsqu’il parle de l’époque des « grandes rédactrices de mode ». Il a connu Diana Vreeland à ses débuts lorsqu’elle était au Harper’s Bazar! Une période où les rédactrices « donnaient un style », jusque dans les moindres détails, aux histoires créées pour leur magazine.

Diana Vreeland choisissait des filles au style spécifique et en faisait des stars (« La » Shrimpton, Twiggy, Marisa Berenson pour n’en citer que quelques unes), puis elle leur associait un photographe (Bernstern, Avedon…) selon son style (rock, bourgeois, british).

Les femmes d’alors se changeaient plusieurs fois par jour, passaient de la robe de déjeuner, au tailleur d’après-midi, de la robe de cocktail à la robe du soir, achetaient 30 modèles Haute Couture par saison. Le prêt-à-porter n’existait pas encore et les maisons de couture s’appelaient Jacques Heim, Maggy Rouff ou encore Guy Laroche.

Hier encore il avait du temps à consacrer à une seule personne, aujourd’hui notre rythme de vie ne le permet plus et il préfère, comme il le fait deux ou trois fois par an, maquiller « madame tout le monde », au sein d’un grand magasin.

Never look back!

Avec sa jeune équipe, il réinterprète constamment les courants, les adaptant au goût du jour, quitte à « faire des erreurs ». Nulle nostalgie dans ses propos, Olivier Échaudemaison est parfaitement en phase avec son temps, la curiosité et la passion comme guides.


A lire
« Les couleurs de ma vie », suivi d’un abécédaire de la beauté, Olivier Échaudemaison, éditions Cherche Midi (en vente dans les boutiques Guerlain uniquement)

La Modoscopie précédente était consacrée à Maria Luisa

 

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Modoscopie | Maria Luisa

Modoscopie (début XXIe siècle): néologisme, faisant référence à l’émission culturelle Radioscopie de Jacques Chancel diffusée sur France Inter de 1968 à 1982 et au terme « Mode » sujet principal de ce blog.

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Maria Luisa n’a pas un parcours classique. Etudes littéraires et Sciences Politiques ne l’ont pourtant nullement empêché de devenir la référence en matière de sélection de jeunes créateurs depuis la fin des années 80 jusqu’à nos jours.

Devant l’objectif, elle me préviens « aujourd’hui je n’ai pas fait d’effort vestimentaire ». Ce n’est pas de la coquetterie, mais en bonne sud-américaine Maria Luisa voue un culte à l’apparence, cela fait partie de « l’art de vivre ».

Aujourd’hui elle revêt un grand manteau, un pantalon et un pull, nullement figée la silhouette de Maria Luisa est identifiable entre toutes. Presque iconique, elle est synonyme d’élégance, elle s’inscrit dans un certain désir de pérennité.

Grande dame de la mode, elle sait se rendre accessible et ce dès les premiers mots que nous échangeâmes rue du Mont Thabor, tout près de l’ancienne boutique. D’un pas alerte et entrant aussitôt dans le vif du sujet (l’éducation des jeunes créateurs) nous allons sous le soleil d’octobre, vers le jardin des Tuileries pour y ce qui deviendra deux heures d’un entretien décontracté.

Comment former les jeunes créateurs ?

Il y a peu d’écoles de mode en France qui enseignent ceci: la mode, même s’il y a un créateur à la tête « de tout çà » (sic) est à la fois une industrie et un travail d’équipe. Si ces facteurs ne sont pas regroupés il n’y a aucune chance pour une marque de survivre.

La Maison du prêt-à-porter, dont je fais partie, est un comité stratégique créé par Jean-Pierre Mocho et Pierre Bergé comprenant 25 membres. Ils se sont fixés comme mission de transmettre cette idée, d’aider les créateurs à exister, à exporter et à devenir des marques.

Un créateur quelque soit son origine, devient intéressant à partir du moment où il crée de la valeur marchande, la mode est une industrie et il ne faut pas l’oublier. On peut se demander alors, pourquoi le secteur de la mode est rattaché au Ministère de la culture plutôt qu’à celui de l’Industrie…

Où en est la jeune création aujourd’hui?

C’est à la fois beaucoup de noms et peu d’élus. Très peu de créateurs réussiront à monter une marque en tant que telle, même à Londres qui est la fashion week qui fait bouger « tout le monde » (sic) et qui laisse un espace de liberté de création dont tout le monde à besoin.

Plusieurs modèles cohabitent, Christopher Kane, l’artiste, avec une forte légitimité à Londres, se protège. Proenza Schouler, Alexander Wang, marques montantes, ont finalement très peu de place pour exister, leur visibilité à Paris étant occultée par les grandes marques, qui avec des productions « hollywoodiennes » et même si elles présentent des défilés « moyens » plairont quand même aux acheteurs et à la presse.

Venir à Paris reste un risque très grand pour ces jeunes créatifs.

En France, mis à part Nicolas Ghesquière (sous Balenciaga !), il n’y a pas de créateurs qui ai réussi à créer une marque avec des produits et pas seulement de l’image.

 

On peut parler du cas d’Anthony Vaccarello…

Anthony est en plein dilemme. Il me disait récemment qu’avec les fonds récolté suite au prix de l’ANDAM il avait deux choix, faire « du produit », mais avec le peu de visibilité qu’il a actuellement il sera difficile que l’on achète ses vêtements. De plus, les détaillants souffrant de la crise, sont peu enclins à prendre des risques sur des marques non établies.

Soit faire de l’image, « du matos pour la presse » (sic) et développer ainsi une grande visibilité en attente d’un financier.

La bonne formule se fait lors de la rencontre « extraordinaire » entre un financier désireux d’investir et un créateur. Pour le financier, il s’agit d’un défi palpitant. Je reste persuadé que M. Arnault à investi dans la mode parce qu’il y a vu des opportunités financières, mais aussi parce qu’il y trouve un certain plaisir.

Pour le créateur c’est tout bonnement indispensable, car il ne peut rester à travailler seul dans sa chambre à terminer les modèles lui-même quelques heures avant le défilé, il a besoin d’un studio, pour développer des collections, financer la recherche textile, réaliser les prototypes…

Et Cédric Charlier?

C’est l’exemple de rencontre où s’établit le début « d’un truc » (sic). Le fabricant Aeffe qui à la connaissance et la capacité de sourcer afin d’avoir des prix compétitifs, prend le risque de fabriquer les vêtements de Cédric Charlier en maintenant une qualité élevée à des prix très intéressants.

Il faut savoir manier sa communication tout en assurant une qualité irréprochable…

Nous ne sommes plus dans les années 90 où la mode se parlait à elle-même selon un langage codé. Outre le business généré les créateurs doivent apprendre à communiquer afin de ne pas laisser « des autoroutes de com' » aux grandes marques !

Dans la fast-fashion, l’image véhiculée est souvent parfaite, la communication est formidable, mais on accepte beaucoup plus de compromis, on a le « style », la sensation « d’être mode », au détriment de la qualité.

Chez les créateurs de talent le niveau d’exigence de qualité est souvent élevé. C’est cette exigence que nous recherchons chez Maria Luisa, nous pensons qu’il faut éduquer l’œil le plus tôt possible.

Malheureusement le manque de financement, souvent, empêche ces créateurs d’atteindre leurs objectifs.

Aujourd’hui le consommateur veut le signe extérieur de reconnaissance mais la communication a haute vitesse banalise le goût. C’est sans doute à cause de cela que l’accessoire, aisément reconnaissable et pérenne connaît un grand succès.

Comment repérer le futur Alexander McQueen qui est peut être, actuellement à Singapour, Milan ou Rio?

Si le futur Alexander McQueen était à Singapour cela se saurait. Avec la multiplication des fashion week, des prix organisés par les différentes institutions, il y a pléthore de créateurs qui font du « buzz » toutes les saisons. Mais cela ne suffit pas pour établir une marque, assurer une production, l’accès à Première Vision, etc.

Entre la fast-fashion et les créateurs sont venus s’installer des marques comme Maje ou Sandro, comment analyser vous cela? Comment se redessine la carte de la mode?

Les marques fast fashion réalisent depuis quelques années de formidables collaborations et les gens font la queue pour acheter ces vêtements, dans notre Europe en crise on ne peut comme en Asie, demander au public de faire la queue devant les boutiques de luxe… On ne peut occulter certaines réalités économiques. Ces collaborations ne sont donc pas choquantes.

Nous n’avons pas en France d’équivalent à Proenza Schouler ou Alexander Wang. Maje, Sandro, The Kooples, représentent le nouveau modèle français, mais pas suffisamment considéré à mon goût.

Je suis plus intéressée par ces marques que par un jeune créateur qui ferait un « vêtement moyen ». Ces marques sont les Zara français mais d’une gamme supérieure et elles ont en plus de çà une communication très intelligente.

Une marque comme Isabel Marant, n’a pas disparue pour autant, au contraire elle prendrait plutôt la place du créateur, à l’étranger elle devient une marque référence.

Dans ce schéma le créateur reprend une place où il agit tel un laboratoire de couture et d’expérience.

 

Etre fashion editor pour le Printemps consiste en quoi? Qu’auriez vous fait si cette opportunité ne vous avez pas été offerte?

Fashion-editor consiste à être une ambassadrice, je dois rendre plus accessible et plus vivant le discours d’une mode un peu élitiste.

Sans cette opportunité, j’aurais certainement arrêté, créé la boutique online et gardé les franchises. Tel que nous concevions notre rôle de conseiller, d’aide et d’accompagnement à l’installation d’une marque cela devenait trop périlleux à Paris. Il fallait aborder les choses de manière plus rapide.

Mon équipe et moi apportons au Printemps l’aspérité qu’ils recherchent, l’exigence qu’ils n’avaient pas forcément. Toute la démarche du Printemps s’inscrit dans une démarche « mode », dans le désir d’être un « précurseur ». Notre action va de la création d’espaces Maria Luisa « adaptés » à un rôle plus transversal car nous travaillons aussi avec différents départements de l’enseigne (la Maison, le Mariage…).

Aujourd’hui beaucoup de monde s’intéresse et veut se rattacher à la mode. Chacun se trouve légitime pour élire le designer de l’année. Comment vous situez-vous par rapport à cette profusion d’information, de possibilité et de choix? En quoi Maria Luisa et son équipe est-elle indispensable aujourd’hui?

Maria Luisa sélectionne les créateurs qui ont des choses à dire, des histoires à raconter, qui ont du talent bien entendu et qui seront capables de créer une marque qui va perdurer.

Je ne suis pas une dénicheuse de tendances, cela ne m’intéresse pas. Déterminer le dernier truc branché, ce n’est pas notre savoir-faire, d’autres le font beaucoup mieux que nous. Je défend « ceux et celles qui durent », tels des artistes. Et depuis le début nous nous sommes peu trompés !

L’exigence que j’ai perçue sur le dernier défilé de Christopher Kane m’interpelle, et ce même si ses modèles n’étaient pas évidents.

Mon manteau, ma garde-robe n’ont pas d’âge et c’est ce qui m’intéresse. Un manteau Comme des Garçons traverse les époques. On s’exprime ainsi ainsi pour un film, un meuble, un tableau ou une photographie d’artiste, c’est aussi vrai pour la mode.

Paris, octobre 2012

Photos by Léticia Dargère

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Modoscopie | Pièce d’Anarchive

 

Trois profils pour un design

Virginie organisait des évènements pour les marques de luxe lorsqu’elle à rencontré Déborah qui travaillait alors dans l’industrie du parfum. Priscilla, soeur de Déborah et designer, responsable des collections prêt-à-porter femme à Londres chez Vivienne Westwood, les a rejoint par la suite.

Elles toutes les trois quitté leur boulots respectifs afin de se lancer dans l’aventure Pièce d’Anarchive.

Univers: héritage et anarchie

Notre univers découle directement du nom de la marque, Archive pour tout ce qui a attrait au savoir-faire et à l’héritage. Cette saison la guipure est faite à Calais, les cuirs sont français. On fait appel aux meilleurs fabricants qu’ils soient français ou étrangers.

Ce n’est que cette saison que nous avons trouvé un fabricant avec lequel nous souhaitions développer notre chaîne et trame.

Anarchie parce que l’envie est d’insuffler des nouvelles techniques chez les fabricants, de pousser les traditions et dans les thématiques, de faire s’entrechoquer des choses différentes.

« L’envers devient l’endroit, on leur fait faire des choses qu’ils n’ont pas l’habitude de faire » (Deborah)

« Il s’agit d’une anarchie positive, portée sur le produit, avec l’envie de twister les choses » (Priscilla)

 

Cependant travailler avec les meilleurs reste un processus long a mettre en place mais nous avons réussi à posé nos fondamentaux auprès des fabricants, lors des deux premières collections. Désormais notre approche commence a être reconnue.

Sportswear de luxe

Bien sûr ce sont les détails sportifs, les inspirations venues des maillots de basket, les incrustations de biais, la résille, les détails fluos…

Mais il y a aussi le confort, des pièces qui ne sont pas « body conscious », mais qui ont plus à voir avec le vertige que l’on peut avoir lorsque l’on est en mouvement ou que l’on danse…

Communication et distribution

On essaie de conserver une certaine confidentialité, de trouver des manières de présenter singulières, d’avoir une communication conforme à la marque.

Nous sommes distribués depuis nos débuts chez Montaigne Market, Le Bon Marché, Merci et Colette, mais aussi chez Blake à Chicago, Louis à Boston et nous avons de bons retour du Japon, qui est un marché que nous allons suivre.

Une mode intello pour des filles cool

La femme qui porte Pièce d’Anarchive est comme nous, elle a simplement envie de vêtements confortables et élégants.

« L’idée est d’installer des codes, un discours qui corresponde a notre positionnement très haut de gamme » (Virginie)

 

On se projette dans nos créations, on les porte et faisons de multiples essayages au studio. Celles-ci se doivent d’être très portables et très qualitatives, des pièces très chères que l’on aurait envie de porter avec des baskets.

Nous recherchons cette envie de « cool », de casual et d’élégant à la fois.

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Modoscopie | Jessica Chastain

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© Cass Bird

Next September will be a month to remember at Yves Saint Laurent. Hedi Slimane’s first ready to wear collection under the revamped label Saint Laurent will drain full attention. A few days before (September the 3d), the digital team at Yves Saint Laurent Beauté will launch « Devoted to fans » a limited edition of eyeshadows dedicated to their Facebook fans only. September will also see the release of Manifesto, the new perfume with Jessica Chastain as ambassadress.

This perfume want to break the rules… of perfume advertising, no more « seduce him » or « it’s your lucky day ». Most of the brands use the same codes, the same colours in their ads. This new campain shows a pure white environnement (like an Apple ad) a splash of colour in the background and a woman in purple dress in the front.

The statement here is « be subversive », « daring » (like the previous ads of La Nuit de l’Homme or Opium reshooting). With Manifesto, Yves Saint Laurent wants to go one step further by changing the visual codes and adding an intellectual and artistic dimension with the baseline « Love is art ».

Hôtel Royal Monceau, Paris –

An interesting quick interview with a very smart and beautiful woman. We mostly talked about her childhood, Cinema, Art and the definition of Beauty. It was a exciting moment…

What does the word Manifesto mean?

My manifesto is « believe in my dreams ».

When I was a young girl in California i wanted to be an actress, I always dream big, passionately, even if people around me told me that it would be difficult. During my whole life I always believed that if i lived surrounded by Art and inspiration i would achievemy dreams. I am lucky today because i am living them.

What does it mean to be an Yves Saint Laurent woman in 2012?

When i was a young girl I felt « on the outside ». I remember cutting all my hair very short at twelve years old, i was wearing red cowboy boots, had my own style. Then a lot of children at school tied to make me feel nervous, teasing me a lot because I was different.

Jerry Hall was such a great figure for me to see, at that time, because she was redhead and very powerful.

I hope that this uniqueness is something I have in commun with Yves Saint Laurent woman. And I hope these ads will show to young girls how to be different.

How do you define Beauty?

It’s subjective. The colour of a leaf perhaps? It’s so different and doesn’t look like anything else… Usually when I find something beautiful it’s something most unexpected, visually striking, because, maybe, I hadn’t seen it before.

In fashion, i’ll love audacious silhouettes and colours (she’s wearing a vivid purple dress). Catherine Deneuve in a tuxedo on the red carpet, for exemple, is so unexpected and so strong.

I am connected to power, strength and sensuality, without loosing femininity. In « Belle de Jour », Catherine Deneuve is the image of a woman, feminine, but not weak and that is, for me, is very beautiful too.

About Art, for which artist would you agree to be the Muse and what is the place of Art in your life?

Gustav Klimt, because he loved redheads ! Art is my life, I am very inspired by modern Art. Cindy Sherman, for exemple, is very inspiring. The different faces of women, just like the roles I play, different kinds of women, different kinds of strength, I look at her pictures and it makes me feel that I can go further.


© Laetitia Duarte for Yves Saint Laurent Beauté

Is it different being a Muse than being an actress?

Yes and no…

For exemple, in Tree of life of Terrence Malick, I am the Director’s Muse . As an actress, I am less exposed because I am me as « Ms O’Brian »! Working for Yves Saint Laurent was a bit different, it was the first time that I felt vulnerable because of not having a character that I could be playing, I feel more exposed, more sensitive, there is nothing to hide, it’s me! It’s like « honest ».

Who inspires you?

Isabelle Huppert is for me the greatest actress in the world. She always plays very bold characters, very daring women. She always challenges herself, working with directors from other countries, she’s never lazy. To play with her is one of my dreams.

Would you agree to play for European filmmakers?

Yes definitively !

Michael Hanneke, Lars Von Trier, Olivier Assayas are my favorites! As I feel different, I am really inspired by European Cinema which is so different from ours.

What story did this perfume inspire you?

This perfume is like a piece of Art, like a painting or a Terrence Malick movie. I like its complexity, it’s not something that simply reminds me of one certain memory. It’s something you go back to over and over and you see new things, new emotions.


Jessica Chastain is a « breakout » star, seven films in 2011 and 35 critics awards won. I met the star a few weeks ago, a privilege I shared with Shini Park and James Bort.

Thanks to Yves Saint Laurent Beauté.

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Modoscopie | Olivia Hainaut rocks that!

Olivia Hainaut and I met during october at Showroom Belgium. We only spend a few minutes talking and exchanging business cards. I took a quick look at the jewels she creates and then go to see the others designers, my schedule was tight.

Two weeks ago i was in Brussels and we take time with Dominique Lefèbvre (WBI) to have a lunch with Olivia at Junkfood Deluxe by Quentin, speak freely and visit her atelier.

Olivia is from the french side of Belgium, studied at Les Beaux-Arts then at La Cambre. Her parents, a psychoanalyst mother who used to wear Sonia Rykiel, Paco Rabanne, smoke cigars and a father who used to grow sideburns and had a little monkey who play in his textile factory, were « eccentrics in love with fashion » she said, « they spend time organizing parties in their Vasarely-like apartment ».

From this era Olivia keeps the taste of beautiful things, fashion and luxury.

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Olivia Hainaut’s window shop

Inside the workshop and showroom

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Paco Rabanne’s « 1969 » iconic chainmail bag

Passionate about movies, she first want to work for the cinema and did photo styling. Romy Schneider, her favorite actress, was one of our first subject of discussion talking about her beauty and the movies La Piscine, Les Choses de la vie or L’Enfer.

Olivia is also a big fan of all the hottest actress of the seventies, Gina Lollobrigida, Sophia Loren, Ursula Andress, Monica Vitti. During the dessert we talk about Madness on the roofs of Buckingham Palace for the diamond jubilee. We sung Lovecats, from The Cure(!), remember Blondie, Siouxsie and all that punk-rock music. We talked about the looks of these bands especially Olivia who we wore them all (from rockabilly to new-wave)!

After this experience she starts her own collection of jewelry and show it to Natan, the great belgian fashion house. Immediately they ask for her skills and she starts making beading, embroideries for cocktail and weddings dresses for more than ten years. At that time all that she learned and earned was invested in her personal collection. Things were going well, her creations were sold in Paris at Le Bon Marché until september 11th…

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A finely crafted leather scarf, each model is cut in a full animal skin and therefore is unique. I couldn’t resist to buy one in black,.

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From gold, metallic, fluo or mat, dozens of colors are available. Everything is carefully crafted in Italy

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Today she’s no longer collaborate with Natan, developing her brand is the main goal. But as she told me it’s difficult nowdays for independents designers and she need more collaborations or internship in a more established house (Jean-Paul Gaultier, Alexander McQueen will be a must).
Most of the time belgian people (french) prefer buy foreign brands than local ones, while the flemish support their Ann Demeulmesteer, Dries Van Noten or Bruno Pieters. In general belgian designers have better recognition outside the country.

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All these experiences and influences are the core of her work, her main creations mix something dark and shiny, sophisticated and raw, sharp and soft.

More at Olivia Hainaut’s website

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Modoscopie | Marlies Dekkers, triple dare

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Marlies Dekkers, CEO of Marlies Dekkers talked with me in her parisian boutique (10, rue du cherche-Midi) about her profession both in an artistic and technical way.

Lingerie is a very technical profession where there is not so much designers (most of the designs came from the factories). Lingerie unlike outerwear need so much machines to try and make a quick outcome that’s it’s difficult for young designers to emerge and it locks their creativity.

We also talk (and laugh) about the comfort of the thong, the shape of the bottom, art, designers and the landscapes of Holland…

Marlies studies art and develop her handwriting in Holland. She starts her business in 1993. « Like in painting i want to frame parts of the body that i found beautiful, like an attention, i want to paint on the body ».

Tell us about the beginnings of Marlies Dekkers.

At the beginning things were very difficult because people doesn’t understand my designs. All the brands were coming from Italy, France. If you look at the photos, mine are fashion pictures. Almost all lingerie brands are doing it for « pleasing the man », it’s always boudoir, sleeping room, and the women are « ready for you ».

The minds have changed since, things are going faster now, especially in France.

It’s a north and south thing then. What are the main differences between your designs and the italian/french ones?

At the beginning my models seems too tough, too strong. It’s a different philosophy, my designs are not for « pleasing ». The meaning of my brand it’s « women in charge », they seduce themselves, but of course, if you want to please it’s your own freedom!

My moto is « dare to dream, dare to grow, dare to be », i want to challenge women to be self-confident.

So men and women have different approach of lingerie. How do they design underwear?

Men are more into making lingerie for the pleasure of… men i guess.

For me a major point is the fit. I want to design something new, beautiful and different but also with the most comfortable fit ever !

The DJ is wearing Marlies Dekkers famous « stripes bra » at Le Printemps event

I’ve just read that 50% of men like the thong to only 20% of women…

(Laughs) Yes and what is funny too is that 20 years ago wearing a thong was too sexy, you were not a proper women if you wear it. But because our garments became so tight, it become an excuse (and an argument) to wearing it ! But now it doesn’t work anymore, we have second skin underwear (laughs) !

I want to add an explanation, the thong is comfortable! With lace the stretch is only one way, while using microfiber it stretches in the two directions and it becomes so comfortable. Women must learn there body down there ! A decolleté as a specific shape, most of us know the right size for our bras, it’s the same with the bottom, they have their shape, but it’s more taboo.

For this summer your collection is under influence of far east. Do you develop specific design for this countries?

Every six weeks i am there, my company have 200 hundred people and 20% are working in Hong-Kong. There is no specific design for the fast east. My offices are there because production is there. The selling are more Europe-based, American and a little bit Canada. Things are going very fast. Its a really interesting period, like the roaring twenties.

The main difference with women from Europe is that in far east they are more in top positions in companies. They earn money, like spending it, they « jump » on new opportunities but not on underwear yet. It’s full of energy, but they are not that far in self-confidence. They are more shy.

How do you imagine the development of your brand? Any projects of a garments line?

No garments scheduled! In fact i do a little bit sometimes to complete the lines. But lingerie is very demanding. To develop a bra it takes you two years. And because it so new the process take five times longer than any other bra. It’s really much complicated. We are the most difficult to make, so I have to keep my focus.

Viktor & Rolf, Droog design, Rem Koolhaas and you are the most known dutch designers. Is there something specific in dutch design?

It’s all about our landscapes! When you look at our landscapes from an airplane, it’s all strict lines. Mondrian it’s all strict lines. In Holland there was an exhibition where i made a combination with the paintings of Mondrian and my design. There is always a combination between art and fashion.

Dutch design is a kind of simpleness, a conceptual way of thinking. The dutch are more « put away what is not necessary », french people are more into baroque and rococo.

It is not confusing to deal with red carpet famous (Fergie, Lady Gaga…) and to be friend with Viktor and Rolf?

I spend new year’s eve with Viktor and Rolf (they live in Amsterdam) we were a very small group…

My lingerie is acclaimed by famous people, but i suppose its because they are completely in my philosophy « dare to… », they had a long way before being where they are now, they are outspoken women, in charge for themselves. I’m happy they like my design!

It’s not confusing, because it’s not my world, this glamorous people want my design, but i’m not part of their world. It’s just fun. We’re all doing this!

The biggest part of my life it’s to think about new design.

The world of Marlies Dekkers is here

 

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