Crossover | Georgia O’Keefe in RGB mode

I love the hybridation between the painting of Georgia O’Keefe she made when living at Alfred Stieglitz’s family estate in Lake George, New York and the TV screenshot of the famous show of The Cure in Berlin, 2002.

From the Lake, No. 1, 1924 (cropped) – Georgia O’Keefeokeefe-from-the-lake-1

Video still from the song « Pornography » from the The Cure, live in Berlin

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Peau neuve #2

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« Impression » Justin Bartels

Sans titre-1« Impression » est une série de photos réalisée par Justin Bartels. L’artiste traite de l’empreinte du vêtement sur le corps. C’est cette fusion qui m’a intéressé, comme une sorte d’emprise à double sens. Le vêtement devient partie intégrante de la chair alors que celle-ci l’enferme, il est impossible de les distinguer séparément. Ces clichés m’ont rappelé ceux d’Erwin Blumenfeld (ancien photographe de mode ayant participé au mouvement Dada), dans sa série « Wet silk » (ici). La soie emprisonne le vivant, tout en se formant au gré du mouvement, épousant la peau, et par ce fait est elle aussi détenue.

Ces œuvres nous questionnent sur le support et l’objet, lequel est dessous, lequel est dessus? Lequel des deux domine?

A découvrir ici

Dans le même esprit, les premières silhouettes du défilé SS/1998 femme Issey Miyake, ici.

« Delivrance », Alexander McQueen

Ci-dessus un extrait du défilé prêt-à-porter Femme SS/2004 d’Alexander McQueen. Si les représentations du créateur furent pour la plupart surprenantes, je trouve l’atmosphère de celle-ci particulièrement troublante. L’harmonie est totale. La musique, Strangers de Portishead sur l’album Dummy, est à la fois douce et rythmée. La lumière laisse apparaître des corps déambulants, agiles et aériens. Une performance pleine de nonchalance et d’ivresse, qui amène les vêtements comme des ondes. Presque invisibles, mais présents.

Le défilé entier (18 mn) visible ici

Concernant Alexander McQueen, « The Archivist » regroupe en deux boards (ici et ici) près de 1000 silhouettes réalisées par le créateur (pour Givenchy ou pour sa propre maison), des archives surprenantes et engagées des années 90, très inspirantes.

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Peau neuve #1

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« Closed contact »

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Il y a un petit moment que j’ai découvert « Closed contact » de Jenny Saville. Pourtant le jeu entre le corps, la chair « palpable » et le côté abstrait, à la limite de l’illusoire de ces photos me captive toujours autant. Elles sont à la fois violentes et belles, car le corps y est représenté à l’état brut, magnifié dans la manière dont il est amené. C’est cet aspect, la relation entre la brutalité du corps, l’opulence de sa matière et la façon dont elle arrive à le sublimer, à le rendre acceptable à l’oeil qui me touche le plus dans le travail de cette artiste.

A découvrir ici

« Honor »

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« Honor » est une série de photos réalisées en 2012 par Fabien Baron mettant en scène le mannequin Meghan Collison. Karl Templer, le styliste et DA du magazine Interview a su parfaitement retranscrire l’esprit traditionnel japonais en n’utilisant que des pièces actuelles (Prada, Haider Ackermann et Issey Miyake).

Le choix des matières et les volumes « figés » donnent énormément de caractère aux silhouettes, tout en gardant la poésie du japonisme.

Ces images, très graphiques, rappellent la collaboration entre Ivring Penn et Issey Miyake à la fin des années 80 (voir ici).

Honor à découvrir ici

A-Poc


En effectuant des recherches sur Issey Miyake je suis tombée sur cette vidéo datant de 2007. Le rythme et les silhouettes façon « traits à relier » m’ont beaucoup plu.

De ces « schémas » à la fois minimal et forts on pourrait imaginer une collection entière sur ce principe. Des vêtements très amples, longs et noirs, surpiqués d’une silhouette très graphique.

Et en se projetant un peu, une mise en situation vidéo sur fond noir, lumière UV et une danse complètement décalée.

A-POC pour « a piece of cloth » est un concept élaborée au début des années 70 par Issey Miyake et qui fut présenté à Paris en 1976

Sources ici et ici

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Curation | Amazone d’Hermès

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I love these little objects from the past, brought to you by friends, parents, uncles or bought one day in a flea market and forgot for years before being discovered again.

This is the box of a parfumed soap, Amazone from french luxury house Hermès. I found this tiny box (5 cm/2 inches width) from the 70′ in a treasure box at home. I don’t know where it come from, I suppose that it was a part of a beauty case you prepare when you are packing for a long journey.

Amazone a floral green fragrance created by Jean-Claude Ellena and Maurice Maurin in 1974, inspired by the mythical female equestrians. In the mid-seventies, an era where women were fighting for more freedom, Amazone was like a manifesto for a modern woman.

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Curation | Stéphane Mallarmé fan de mode

Stéphane Mallarmé le grand poète français, était un fan de mode. Entre deux livres, pendant ce laps de temps angoissant, Mallarmé se laissait aller à quelques divagations sur la mode.

Mallarmé est le créateur de la revue La dernière mode, gazette du monde et de la famille (disponible en réédition française et datant de 1978 aux editions Ramsay)., il en est aussi l’auteur unique ! Toutes les chroniqueuses, grandes faiseuses de l’autorité que sont Marguerite de Ponty, Olympe la négresse, Miss Satin ou Zizy sont les divers pseudonymes féminins dont il s’empara pour rédiger sa revue. Seul le directeur de publication sera un personnage masculin nommé Marasquin.

Passionné

La dernière mode, contient fort peu d’images, contrairement aux revues de l’époque. Le poète Mallarmé utilise son don pour l’écriture afin de raconter et dessiner la mode avec des métaphores, des mots précieux et luxueux.

Il porte également un soin attentif à la mise page et aux choix typographiques, préfigurant ainsi son travail sur le poème Jamais un coup de dés jamais n’abolira le hasard (1897).

Mallarmé rédigeait tout jusque dans les moindres détails, il s’intéresse au travail du tissu, aux fils, aux lexiques de couture… Passionné il a façonné 8 exemplaires de cette revue entre septembre et décembre 1874!

La revue d’origine comprenait des patrons grandeur nature et des lithographies à l’aquarelle. On ne sait pourquoi la revue stoppa net en cette fin d’année 1874 et fut reprise par la mystérieuse baronne de Lomaria…

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Première livraison (numéro spécimen), 6 septembre 1874, couverture. A droite, Toilette des premiers jours d’automne

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Deuxième livraison, 20 septembre 1874, couverture, Toilette de promenade

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Impensable aujourd’hui, une revue de mode contenant plus textes que d’illustrations ou de photos!

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Ci-dessus, la gazette et le programme de la semaine

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Dans colonne de droite, le troisième annonceur est la maison Doucet tenue alors par la mère de Jacques Doucet futur grand couturier et mécène du début du XXe siècle. Paul Poiret et Madeleine Vionnet passeront dans son atelier avant de fonder leur propre maison.

 

 

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Curation | City magazine, logo

City, magazine international, revue mythique des années 80.

Une publication qu’aujourd’hui nous qualifierions de lifestyle et dont j’ai reçu il y a quelques mois une trentaine d’exemplaires couvrant la période 1984-1991.

En rouge et noir

City magazine c’est aussi la force d’un logo. Quatre lettres batons rouge vif mises en relief par une section blanche de 5 mm forment le mot « CITY ».

Une baseline en lettres capitales noires épaisses: « MAGAZINE INTERNATIONAL », le tout est encadré par un double rectangle noir au fond légèrement gris. Ce logo est imposant, percutant, dévorant presque la couverture. Les portraits souvent cadrés serrés, en noir et blanc ou vaguement sépia occupent la pleine et font jeu égal avec le logo, même lorsqu’il s’agit de Paolo Roversi, Peter Lindbergh ou Jean Baptiste Mondino! La ville est omnipotente.


n°10, avril 1985


n°28, décembre 1986-janvier 1987

Certains numéros ont su laisser place à des jeux typographiques bicolores en couverture.


n°30, mars 1987


n°48, décembre 1988-janvier 1989
Le logo sait passer au second plan dans une des rares couvertures en couleur, mais aussi une des plus belles, illustrée par Pierre Le Tan.


n°60, mai 1990

A l’aube des années 90, la taille du logo s’est réduite et son style s’est lissé avec l’arrivée de la PAO. Le logo est plus froid désormais et moins impactant que la version précédente.

La baseline et le nom des villes sont désormais écrites dans une typographie « light », plus élégante. La baseline est justifiée désormais jusqu’au bout du « Y ».


n°61, juin1990

Les portraits sont moins sérrés, la couverture est plus aérée, plus « blanche ». Maintenant les titres vont et viennent et ne sont plus confinés au bas de la couverture. Le texte adopte une nouvelle dynamique, plus libre.


n°64, octobre 1990


n°66, décembre 1990-janvier 1991

On rompt une tradition en remplaçant le rouge emblématique par une couleur jaune d’œuf. Paradoxalement la PAO et les logiciels de mise en page, ont parfois généré une certaine forme d’uniformaisation dont semble pâtir le logo de ce magazine. On reste nostalgique, car la première version du logo n’a jamais été égalé et les multiples retouches de celui-ci au début des années 90 semblent annoncer la fin de publication de ce magazine de prestige.

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Curation of the week

 

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Exhumés de mon ancien bureau, le programme de l’année 1993 du Festival International de Mode & Photographie d’Hyères (appelé alors Salon Européen des Jeunes Stylistes). Cette seule année concourraient six futures stars de la profession: Cyd Jouny, Tony Delcampe, Karine Arabian, Marc Le Bihan, Xavier Delcourt, Viktor Snoeren et Rolf Horsting (aka Viktor & Rolf, lauréats de cette édition).

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Page 27, Viktor Snoeren et Rolf Horsting

 

Also check the members of the jury !

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