La poésie des cinémagraphes

Dépositaire du nom « Cinemagraph« , Kevin Burg et Jamie Beck (Ann Street Studio) ont su diffuser, même s’ils n’ont pas créés le concept, un modèle d’animation entre cinéma et photographie. Une partie de l’image est animée alors que le reste demeure immobile. Le format à connu son discret essor il y a environ 4 ou 5 ans tout d’abord auprès des marques de luxe américaines (DKNY, Oscar de la Renta…).

Il faut dire que le format s’y prête bien, moins « agressif » que le GIF animé, il transmet un « temps suspendu » propre au luxe.

Pour Kenzo Parfums décidément en grande forme ces derniers mois, l’agence Balistik’Art associée au jeune Julien Douvier ont réalisé aux abords de la Philarmonie de Paris, un clip plein de poésie.

Le théâtre de la mode

Issu du magazine Graphis, magazine d’arts graphiques et arts appliqués de 1948, un article sur Le théâtre de la mode. Manifestation mise sur pied sous l’initiative du gouvernement français en 1945 afin de faire connaître au monde entier le savoir-faire français au sortir de la guerre. Les articles et photos sur cette formidable entreprise où participèrent 40 maisons, Christian Bérard, Jean Cocteau ou Lucien Lelong  ne sont pas pléthore sur le web, l’occasion ici de partager.

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Les photos de l’article en grand format sont disponibles ici

ICOSAE SS 2017

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Chers lecteurs,

Ravi de retrouver ICOSAE cette saison. Les frères Glemarec défilent pour la première fois dans le cadre du calendrier officiel de semaine de la mode

Des photos prises à la sortie des backstages, sur le vif. Beaucoup d’envies de tailoring, des vêtements structurés. Les jeunes hommes portent parfois des manteaux aux volumes sur-dimensionnés à la carrure oversize et aux manches trop longues, comme le veut la tendance actuelle. Valentin et Florentin Glemarec citent des références africaines pour des détails de bas de manche. Des vêtements avec fermeture à glissière aux épaules ou sur les côtés forment en s’ouvrant des crevés à la mode urbaine.

Sur les vêtements, des imprimés photos d’identité au regard barré d’une suite de chiffres façon numéro de série ou numéro d’écrou et des chaussures fournies par Dr Martens contribuent à une démarche martiale. Sur place, des affiches « Fuck me » au mur. Perfecto, chaussures de chantier, bomber, symboles classiques pour une ambiance underground. Et parfois un costume rayé (numéroté lui aussi), une chemise ouverte jusqu’au nombril laissent entrevoir moins de rigueur militaire.

Avec un style oscillant entre punk, officier de la Stasi ou membre de la police soviétique de la fin des années 90 mâtiné de décontraction sportswear les bretons réinterprètent les tendances actuelles.icosae-aw17-61 icosae-aw17-62 icosae-aw17-63 icosae-aw17-64 icosae-aw17-65 icosae-aw17-66 icosae-aw17-67 icosae-aw17-68 icosae-aw17-69 icosae-aw17-70 icosae-aw17-71 icosae-aw17-72

ANCOR | AW 2016

Quatre jeunes gens dans le vent croisés dans un store éphémère pendant la fashion week homme rue richer, 75010 Paris
Une mode inspirée des rigueurs de certaines lignes de fuite des architectures brutalistes.

De la gabardine, de la popeline, pour des lignes sobres et actuelles made in France. Une mode pour homme qui ne fait pourtant pas genre.
Encore ici

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Cinéma | L’Argent (la silhouette des années 30)

Il y eu les costumes d’Armani pour Richard Gere dans « American Gigolo » (1980) qui réinventent la silhouette masculine des années 80…

A l’orée des années 30 la créatrice Louise Boulanger (1878-1950) redéfinira à son insu la silhouette féminine. Jusqu’alors il était question de volume décollé du corps ne marquant ni la poitrine, ni les hanches et de longueur genou. Elle va créer une robe radicalement à l’opposé des canons de l’époque. Très longue et suivant les courbes du corps. Elle habillera l’actrice Brigitte Helm (Maria et le robot de Metropolis) pour le film de Marcel L’Herbier « l’Argent » (1928 et tiré de Zola). Les autres maisons de l’époque comme Jean Patou proposeront des robes similaires, la page des années 20 était tournée.

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A voir aussi pour ses décors somptueux et luxueux

PFW | Lanvin par Lucas Ossendrijver

Elles sont empreintes d’une certaine densité romantique les silhouettes de Lucas Ossendrijver. Ces jeunes hommes, hippies modernes vont dépoitraillés, cultivent une subtile élégance négligée, voire « wabi-sabi ». Faux-froissés, grattés (ah ce manteau couleur lie de vin!), patchworks, ces tissus ont eu une vie avant nous. Ces garçons n’ont pas une « attitude » mais une « dégaine », furieusement enviable.

Manteaux aux manches trop longues, chemises à demi-rentrées, ceintures négligemment nouées. Des blousons, comme rapiécés, aux boutons dépareillés, comme chinés, précédent des manteaux amples et sobres. Cette collection exprime une certaine liberté, comme ces bracelets semblants faits de simples chutes de tissus tressés et flottants autour du poignet ou encore ces cols à bords francs, effilochés.

Une espèce d’insouciance déconnectée du brouhaha quotidien fait de layering (on superposerait les vêtements que l’on trouve dans l’armoire) et d’un métissage de tartan et de damier. Il y a quelque chose de « WTF chic » de « DIY chic » dans cette collection. A quoi bon paraître? Faisons avec ce que l’on a et au besoin customisons avec une surpiqure ou un biais afin de surligner la silhouette.

Le mélange de matières, de couleurs et les volumes oversize proposés outre d’être les codes du designer sont rassurants et prouvent que par delà les « effets », ces critères sont l’essence même de la création de vêtements.

Cheveux au vent, ces bohémiens de luxe semblent faire front au chaos ambiant. Alors que l’industrie de la mode entre dans une période de révolutions et de frictions et quelques semaines après le départ d’Alber Elbaz, la collection de Lucas Ossendrijver fait preuve de générosité. Le designer de mode doit aujourd’hui retrouver sa liberté de création, mais doit-il pour cela prendre la clef des champs comme semble l’indiquer les nombreuses clefs présentes aux poignets des mannequins ou en broderie?

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