PRECIOUS MOMENTS | MARTELL TRICENTENAIRE

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QUAND ON PENSE À LA MAISON MARTELL, ON PENSE PATRIMOINE, AU SENS D’UNE LONGUE HISTOIRE. A L’HEURE OÙ TOUT SEMBLE ALLER À DES VITESSES VERTIGINEUSES OU PRENDRE DES PENTES AUSSI ABRUPTES QUE LE CHUTE DE REIN DE KIM KARDASHIAN, AVOIR DU PATRIMOINE POURRAIT SEMBLER DÉSUET, HORS DE PROPOS, VOIRE ANACHRONIQUE.

AVOIR TRAVERSÉ DES TEMPÊTES, DES RÉVOLUTIONS, DES ÉPIDÉMIES, DES CONFLITS INTERNATIONAUX OU DES CRISES ÉCONOMIQUES, NE VOUS MET À L’ABRI DE RIEN ET POUR LA MAISON MARTELL IL FAUT SANS CESSE ALLER DE L’AVANT.

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POUR FÊTER CES 300 ANS D’EXISTENCE, MARTELL À MIS EN SCÈNE UNE JOURNÉE HORS NORME À L’ATTENTION DE QUELQUES ÉLUS.

TOUT D’ABORD S’ÉLOIGNER DE LA CAPITALE, ROMPRE AVEC LA FRÉNÉSIE. LA MÉTÉO EST CLÉMENTE EN CETTE FIN DE JOURNÉE DU MOIS DE MAI. DIRECTION LE CHÂTEAU DE VERSAILLES AVEC UN CHAUFFEUR PRIVÉ POUR LES QUELQUES 300 INVITÉS VENUS DES 4 COINS DU MONDE. ISRAËL, NIGÉRIA, JAPON, LES AMÉRIQUES ET L’EUROPE, LE SRI-LANKA, TAÏWAN, SINGAPOUR ET LA CHINE… EN TANT QUE NOUVEL ELDORADO, L’ASIE EST NATURELLEMENT BIEN REPRÉSENTÉE.

CROISER SOLANGE KNOWLES OU LA DÉLICIEUSE DIANE KRUGER, NOUVELLE AMBASSADRICE DE LA MAISON DANS LES VASTES COURSIVES DU CHÂTEAU ENCHANTE CETTE SOIRÉE QUI N’EN N’EST QU’À SES PRÉMICES.

PENDANT QUE CERTAINS FLÂNENT ET FONT DES SELFIES DANS LA GALERIE DES GLACES, D’AUTRES SIROTENT DU PERRIER-JOUËT GRAND BRUT (AUTRE FLEURON DU GROUPE) EN CONTEMPLANT LES CHEFS-D’OEUVRE D’ANDRÉ LE NÔTRE LE ROI DES JARDINIERS ET LE JARDINIER DU ROI.

À L’HEURE OÙ D’AUTRES MAISONS FLIRTENT AVEC LES ÉTOILES DU FESTIVAL DE CANNES, ON NOUS ANNONCE UN MOMENT EXCLUSIF QUI VIENDRA DU CIEL… RASSEMBLÉS SUR LE PARTERRE DE LATONE D’OÙ L’ON PEUT PROFITER DE LA SUPERBE PERSPECTIVE DU GRAND CANAL NOUS SUIVONS LES CONSIGNES ET GARDONS LES YEUX RIVÉS VERS LES NUÉES…

DANS UN BOURDONNEMENT ROYAL UNE GRANDE DAME S’ÉLANCE AVEC MAJESTÉ AU-DESSUS DES CIEUX, LES ALPHE JET DE LA PATROUILLE DE FRANCE ENTAMENT UN SPECTACLE DE HAUTE-VOLTIGE DEVANT NOS MINES AHURIES.

QUAND ON SAIT QUE LA PATROUILLE NE SE MET QUE TRÈS RAREMENT EN SCÈNE DANS DES MANIFESTATIONS PRIVÉES, NOUS VOICI LES HEUREUX PRIVILÉGIÉS D’UN MOMENT UNIQUE.

UN MOMENT SUR-MESURE OÙ LES PILOTES FONT PREUVE D’UNE RIGUEUR SANS FAILLE, D’UNE SYNCHRONISATION PARFAITE, SANS FAIRE POUR AUTANT FI DE L’ÉLÉGANCE. DES NOTIONS PARTAGÉES AVEC LA MAISON MARTELL ET SON MAÎTRE DE CHAI BENOÎT FIL.

À PEINE REMIS DE NOS ÉMOTIONS, CHACUN REJOINT À SON RYTHME LES ALLÉES INTÉRIEURES DU CHATEAU OÙ NOUS À ÉTÉ PRÉPARÉ UN AUTRE INSTANT PRÉCIEUX.

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LA TEAM MARTELL ET PERNOD RICARD

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DIANE KRUGER PARMI LES HÉROÏQUES PILOTES DE LA PATROUILLE DE FRANCEmartell-versailles-17

JEAN CHARLES DE CASTELBAJAC & SONSmartell-versailles-7 martell-versailles-8 martell-versailles-9

UN VÉRITABLE NUANCIER DE COULEURS, LE COGNAC (GÉNÉRIQUE) À SA RÉFÉRENCE COULEUR CHEZ PANTONE SOUS LE NUMÉRO 18-1421 TCXmartell-versailles-10 martell-versailles-13 martell-versailles-14 martell-versailles-15 martell-versailles-16

UNE SALLE PLONGÉE DANS LA PÉNOMBRE, SEULEMENT MISE EN LUMIÈRE PAR LES MURS-ÉCRANS QUI PROJETTENT DES ANCIENNES CAMPAGNES D’AFFICHAGE, ŒUVRES D’ARTISTES POUR LA MAISON, 300 ANS D’HISTOIRE MIS EN IMAGES SURVITAMINÉES PAR DES COULEURS FLUOS OU DES TYPOS « EFFET NÉON », AMBIANCE LOUNGE NIGHT-CLUBBING.

AUTOUR DES TABLES LES SERVEURS S’ADONNENT À UNE VÉRITABLE CHORÉGRAPHIE, CHAQUE PLAT DU DÎNER PRÉPARÉ PAR L’ILLUSTRE PAUL PAIRET EST ACCOMPAGNÉ D’UNE QUALITÉ DE COGNAC DIFFÉRENTE ET PARTICIPE À UNE PETITE MISE EN SCÈNE.
LE DÎNER SE CONCLUT SUR LA DÉGUSTATION EXCLUSIVE DE PREMIER VOYAGE, COGNAC ÉVOQUANT UN VOYAGE EN PAYS CHARENTAIS OÙ SONT LES MEILLEURES VIGNES DIXIT LE FONDATEUR. RÉALISÉ À PARTIR DE 18 EAUX DE VIES SÉLECTIONNÉES DANS LES STOCKS (DE 1868 À 1977), IL SERA PRODUIT À 300 EXEMPLAIRES-MONDE (DIX MILLE EUROS LA CARAFE HABILLÉE PAR BERNER VENET).

LES TABLÉES SONT JOYEUSES, ON SE LÈVE, ON TRINQUE, ONT ENTONNE DES HYMNES. CE SOIR LE TEMPS N’A PAS D’EMPRISE SUR LA MAISON AU MARTINET (L’OISEAU) FONDÉE EN 1715 PAR JEAN MARTELL, CE NATIF DE JERSEY.

CHEZ MARTELL ON NOUS PARLE DU SOUHAIT DE CONCILIER SAVOIR-FAIRE SÉCULAIRE ET NOUVELLES TECHNIQUES DE FABRICATION (IMPRESSION 3D PAR EXEMPLE) MAIS AUSSI DU DÉSIR DE RENCONTRES ET D’ÉCHANGES AFIN D’ENRICHIR LA MANIÈRE DE COMMUNIQUER ET D’INFORMER. LA RÉVOLUTION SOCIO-TECHNIQUE QU’EST LA RÉVOLUTION NUMÉRIQUE À IMPACTÉ TOUTES NOS HABITUDES. COMMENT UNE MAISON DE LUXE TRI-CENTENAIRE ABORDE-T-ELLE CE DÉFI?

CAR LE TEMPS CE BIEN SI PRÉCIEUX, CE LUXE PEUT PARFOIS PEUT S’AVÉRER ÊTRE UN HANDICAP, UNE ENTRAVE AUX ÉLANS, UN FREIN À L’AUDACE. ALLIER PÉRENNITÉ ET DYNAMISME, MIXER LES GÉNÉRATIONS COMME UN SUBTIL ASSEMBLAGE, UN BLENDING, VOILÀ LE CHALLENGE QUI SE PRÉSENTE FACE À CETTE GRANDE MAISON.

CETTE CÉLÉBRATION FÛT UNE OCCASION DE DÉCOUVRIR L’ÉTAT D’ESPRIT QUI RÈGNE AU SEIN DE LA MAISON, RASSURÉE DEPUIS 2001 (DATE À LAQUELLE PERNOD RICARD L’A AJOUTÉE À SON PORTEFEUILLE) TOUT EN COMPRENANT BIEN SES CODES. SON DÉSIR D’EXIGENCE, D’ÉLÉGANCE ET LE SOUHAT D’INSCRIRE LES 300 PROCHAINES ANNÉES  AVEC LE MÊME SUCCÈS QUE LES PRÉCÉDENTES!

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MOMENT PRÉCIEUX, LORS DE LA DÉGUSTATION DE PREMIER VOYAGEmartell-versailles-24 martell-versailles-25martell-versailles-30 martell-versailles-27

Nues | Paco Rabanne x Jean Clemmer

Un livre de mode où l’accent est mis sur l’érotisme.

Publié en 1969, année érotique, cet ouvrage se veut intégré à son époque où, dixit Paco Rabanne, un de ces auteurs, « toutes les formes d’expression sont baignées de sensualité ».

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Livre également dédié à la femme, le souffle révolutionnaire de mai 1968 hante les propos du créateur, mêlés à ses visions utopiques où les femmes porteront des « pierres » à même la peau et où l’on se vaporisera des vêtements sur le corps. La femme est au centre de ces révolutions, elle l’exprime par ses tenues, ses attitudes, ses choix et tant pis si cette érotisation à outrance dans les médias, faite pour vendre, la met parois en danger.

Dans l’interview présente au début du livre et qui lui sert de préface, Paco Rabanne parle de la femme de 1969. Une femme « combattante », « braguette devant » non pour ressembler à un homme, mais pour « revendiquer le choix du partenaire ».

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C’est une époque de rupture où « demain sera radicalement autre », moins « limité et moins égoïste ».

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Paco Rabanne se met en colère quand on lui dit qu’il est le couturier de l’an 2000, selon lui il n’est qu’un « décadent » comme tous les autres. Il est conscient que les critères de demain ne sont pas identifiables pour un homme de son temps. Il n’est qu’un témoin, un apport, un homme d’action qui n’opère qu’une transition.

Des propos qui permettent d’avoir un regard moins caricatural sur le « couturier du métal ». Homme de son temps, acteur et emporté par les changements sociétaux de son époque.

« Nues » par Jean Clemmer et Paco Rabanne, éditions Pierre Belfond, 1969

 

Trompe l’œil au Musée des Arts décoratifs

 

Below down the rabbit hole, the new domestic landscapes, +41//DIY , 2008

Opening last night, at the Musée des Arts Décoratifs, of the exhibition Trompe l’oeil (Trick the eye) spread upon twelve themes, more than 400 objects and curated by Véronique Belloir.

Trompe l’œil, game of illusions, can take various forms: temporal, visual or functional. Fashion was no exception and became the theatre of the most outrageous illusions (see below).


Détail d’une robe Chloé par Karl Lagerfeld, satin, broderies de tubes, 1984


Sonia Rykiel, robe de jersey, prêt-à-porter, 2008


Maillot de bain Jantzen, début XXe siècle


Veste trompe l’œil, Jean Paul Gaultier


Au premier plan, la plus belle pièce de la partie mode, robe Hermès, 1952

D’autres modèles Hermès, visibles ici


Catalogue, Trompe l’œil sur linoléum, 1898-1899


Armoire surréaliste, bois peint verni, Marcel Jean, 1941

Popy and Pugh

Chers lecteurs,

j’ai passé mon dimanche après-midi en compagnie de Myriam qui m’accordait une visite guidée et personnelle de l’exposition « Histoire idéale de la mode contemporaine vol. I : 70-80 ». Outre le fait qu’en une heure ma culture mode à fait un bond, j’ai découvert Marc Audibet (lire cette intéressante interview) et Sybilla, « l’héritière de Balenciaga » deux créateurs majeurs. J’ai aussi noté un parallèle amusant entre Gareth Pugh et Popy Moreni. Tous deux sont des adeptes de la fraise, cet élément ornemental du costume apparu à la Renaissance…

Dear readers,

I spend a part of my sunday with Myriam, for a private tour at Le Musée des Arts Décoratifs. It was the last day of an exhibition about contemporary fashion (1970-1980, part I). The visit give a boost to my fashion knowledge as i discover two major designers, the french Marc Audibet (ex-Hermès, Ferragamo, Vionnet) and spanish designer Sybilla, very famous during the 80’s, « the heiress of Balenciaga ».

During the visit i notice a parallel between french designer Popy Moreni and Gareth Pugh, they love ruffs…

Below Gareth Pugh, summer 2009, eccentric and precious

Chez Gareth Pugh et ses créations futuristes en 3D cet élément apporte un caractère précieux et montre un savoir-faire technique, tout en confirmant l’excentricité et l’extravagance de son style.

Below, Popy Moreni, spring-summer 1983, Commedia dell’arte and circus inspired

Le style baroque et théatral de l’italienne Popy Moreni, ex-designer de l’agence Mafia (Maïmé Arnaudin) fait référence à la Commedia dell’arte et au cirque. La fraise ou collerette est l’accessoire majeur de ses créations, décliné sous toutes ses formes.

Popy Moreni at Adeline André’s show (SS 2010)

Ne manquez pas le reportage ci-dessous datant de 1986 où l’on y voit les derniers préparatifs et un extrait du show de Popy Moreni à la Cour Carrée du Louvre. En regardant bien vous verrez des fraises réinterprétées à loisir. Une époque où les défilés duraient plus d’une demie-heure !

Un workshop avec Geneviève Sevin-Doering

Notre-Dame de la Garde, Marseille…

À la recherche d’anciennes photos sur un voyage effectué au Kenya j’ai mis la main sur ces photos réalisés il y a dix ans lors d’une stage chez Geneviève Sevin-Doering.

Sous le soleil écrasant de l’été, j’allais passer quelques jours en terre marseillaise afin de suivre une formation à sa technique particulière de coupe en un seul morceau. Le vêtement à couture tournante.

Voici quelques photos argentiques, scannées, de ce workshop.

Geneviève au sein de son joyeux capharaüm.

L’entrée de l’atelier-domicile

Ci-dessous, ressemblant à des blasons, des papillons ou un test de Rorschach, les patrons des costumes d’une pièce de théâtre, chacun appartenant à une famille. De haut en bas et de gauche à droite: famille du Collant, famille de la Couture, famille de la Fente, famille du Combiné, famille du Rectangle et famille Dufilho (!)

L’atelier, ancien entrepôt des galères de Louis XIV, est plongé dans un certaine obscurité et se prolonge tel un dédale.

Avec Geneviève, qui au cours des ans est devenue aveugle, on épingle les toiles à -même le sol, c’est le geste qui prime…

Les mannequins couture et les housses blanches suspendues aux portants sont comme des fantômes qui peupleraient les coulisses d’un opéra…

On travaille aussi sur des mannequins aux proportions inhabituelles…

En fait Geneviève est une rebelle. Sur cette photo elle est à mi-chemin entre Lou Reed et Louise Bourgeois vous ne trouvez-pas ?

Sa technique de coupe a rencontré beaucoup de réticences, peu compatible, avec les contraintes de fabrication en nombre d’alors. Le caractère bien trempé de la dame y est aussi, à mon avis, pour quelque chose.

Le théâtre, le costume de scène fait sur-mesure pour un acteur est naturellement un domaine où sa technique « enveloppante », qui se moule sur le corps, trouve son lieu d’expression, tout comme la confection pour une clientèle privée (parmi laquelle on trouve Leonor Fini). À partir de 1969, elle se consacrera à développer uniquement cette technique. À la recherche du vêtement « parfait », celui qui laisse le plus de liberté au mouvement.

Le prêt-à-porter est resté hermétique à son savoir faire, ce qui ne la prive pas d’avoir des admirateurs (Élisabeth de Senneville, que j’ai croisé à l’atelier) et de nombreux disciples (dont Sakina M’Sa et Fred Sathal). Il y a quelques années la marque de jean Levi’s a créé un modèle dit à « couture tournante » le Twisted jean, j’avais alors, immédiatement pensé à Geneviève.

Que reste-t-il de son savoir-faire et comment exploiter sa technique aujourd’hui? Aux dernières nouvelles, sa fille se charge de l’enseignement de sa technique. Fred Sathal ne défile plus pour la couture parisienne depuis des années. Le luxe, le show-business où règnent des vêtements d’exception seraient-ils un terrain propice?

Une modélisation 3D de ces patrons seraient très instructif, à l’image de ce que l’on voit ici. Geneviève Sevin-Doering serait-elle une Madeleine Vionnet restée dans l’œuf?

Pour en savoir plus

et encore plus

Madeleine Vionnet | 3D et copyright

Une petite vidéo capturée ce week-end lors du dernier jour de la grande exposition consacrée à Madeleine Vionnet.

La coupe en biais inventée par Madeleine Vionnet apporte un tomber fluide au vêtement, le corps est « enveloppé » naturellement, sans contrainte, le corset est mis dé-fi-ni-ti-ve-ment sur la touche.
Outre sa maîtrise de la coupe, son travail est également basé sur la structure du vêtement et les formes géométriques de base (cercle, carré,…). J’ai même vu certains croquis agrémentés de formules mathématiques!

La première vidéo est une modélisation 3D simulant la réalisation d’une robe de la saison hiver 1920 et composée de quatre panneaux identiques (dite « robe quatre mouchoirs ») taillés dans le biais et d’une ceinture. Époustouflant de simplicité et d’ingéniosité.

« Finger prints of fashion », la seconde vidéo, évoque les problèmes de copyright qu’elle est une des premières couturière à aborder. Pour y remédier, elle mettra en place un système mêlant sur l’étiquette de ses créations, griffe, numéro de série et son empreinte digitale. Autre précaution prise par la maison Madeleine Vionnet, chacun de ses modèles est pris en photo de face, de côté et de dos, puis est archivé dans d’énormes classeurs. Elle sera à l’origine de la création de « l’Association pour la défense des Arts Plastiques et Appliqués » dont l’objectif est de protéger les intérêts de la Haute-Couture.

À la suite de l’exposition on comprend aisément que les principaux créateurs de mode vouent un véritable culte à cette visionnaire. De John Galliano qui affectionne si particulièrement la coupe en biais, à Pierre Cardin et son « obsession » du cercle géométrique, en passant par la fluidité chère à Azzedine Alaïa, voire le travail conceptuel d’Hussein Chalayan ou d’un Yohji Yamamoto, la liste est longue.


Rodolfo Paglialunga est le nouveau designer de la maison Vionnet depuis l’an dernier. Sa première collection Croisière est visible ici

A lire absolument, Madeleine Vionnet, puriste de la mode

Roaring sixties

Il n’y a pas à ma connaissance de revival sixties, je suis juste tombé sur les pages d’un article issu de je-ne-sais-quel magazine (sans doute un vieux Vogue) au fond d’une armoire. J’ai jugé bon en numériser certaines parties afin de les partager et en même temps faire ressurgir quelques noms du passé de la fashion.

De quoi parle-ton dans cet article ? De voitures de sport, de jolies filles et de boîtes de nuit. De photographes de mode, de stylistes, de cover-girls et de la musique pop. Des Beatles et de la mini jupe de Mary Quant, des photos de David Bailey et des coupes asymétriques de Vidal Sassoon, des « Chelsea Girl », de King’s Road et de Carnaby Street. D’une société prise dans une folle accélération, dont le centre névralgique est Londres, le Swinging London.

Et Mary Quant créa la mini…

En 63, Mary Quant, sur le point d’inventer la minijupe, se lance dans la diffusion. Le Ginger Group va porter sa réputation au-delà des frontières. En 63, Barbara Hunalicki, créatrice de Biba, commence sa carrière en vendant des modèles par correspondance. En 63, John Stephen, qui peut se vanter d’être le fournisseur officiel des « mods », étend son empire dans Carnaby street où il possède cinq magasins.

À l’origine, ‘The Knack » est le titre d’un film de Richard Lester, ayant remporté la palme d’or à Cannes. Deux films coup sur coup vont faire de lui un cinquième Beatles. « Hard Day’s Night » d’abord, et puis surtout « Help ! », ce bijou clinquant, qui annonce l’ère du clip.

Ces films semblent à des années-lumière de la production britannique (« Samedi soir, Dimanche matin »,  »La solitude du coureur de fond ») très influencée par le groupe des jeunes gens en colère, les « angry young men ». Pour les générations montantes, ces jeunes gens font déjà  vieux jeu. Leur colère épouse des formes trop conventionneUes. La lutte des classes suppose un fond d’aigreur et d’acharnement assez éloigné de l’état d’esprit actuel des teen-agers qui ne pensent qu’à se distraire, s’habiller, rire, sortir, boire, danser et, pour les garçons, posséder une voiture de sport. « Je trouve la vie formidable » est toute la philosophie que l’on peut attendre d’une « Chelsea girl ».

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(c)David Bailey

Les Beatles lancent la mode de l’insolence

L’album de « Help! » marque un premier sommet dans la carrière des Beatles. On a du mal à imaginer ce que fut la « Beatlemania, » déferlant comme une tornade qui ne laissa personne au sec. Les Beatles imposent un ton nouveau. Dans la musique, mais aussi dans la vie. Primesautier et irrespectueux. Les insolences de John Lennon, loin de choquer, ravissent le public. Un soir de gala, il demande aux ladies endiamantées des premiers rangs de secouer leurs bijoux pendant que les autres spectateurs applaudissent. Une critique déclare qu’ils sont dépravés de la façon la plus agréable qui soit.

Produits de consommation s’il en fut, les chansons des Beatles n’en conservent pas moins une bonne humeur efficace et un charme incomparable, dont la formule ne semble pas s’être transmise. Ils font pourtant éclore une abondance de vocations. Des groupes éclatent sur le gazon anglais en parterre coloré : Kinks, Animals, Bee Gees, Deep Purple, Monkees, Pretty Things, Cream, les Who, bien sûr, et combien d’autres?

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(c) Getty Images

Les Rolling Stones, eux, décapent

Seuls concurrents sérieux des Beatles : les Stones. Les premiers se contentaient d’être insolents, les seconds seront corrosifs. Les Rolling Stones décapent et sentent le soufre à plein nez. Ce que l’on apprend de leur vie privée a de quoi faire frémir les concierges de sa très gracieuse Majesté. « Quelle image de la jeunesse britannique vont-ils donner! « Laisseriez-vous votre soeur aller avec un Rolling Stones?  » interroge la presse.

La soeur, elle, en tout cas, serait sûrement d’accord. Surtout si elle peut choisir Mick Jagger. Oh Mick! Une place lui revient de droit parmi les séducteurs de sa génération. Son physique l’aide. Il correspond, trait pour trait, aux critères en vigueur chez les jeunes: une bouche luciferienne et des bouclettes dignes de l’archange Gabriel. Sur scène, il est pareillement irrésistible. Tout à son balancement, l’époque aime les garçons qui bougent et se déplacent avec grâce : Bailey et Jagger, mais aussi El Cordobès, Noureev qui vient de débarquer à Londres, Albert Finney, caracolant dans « Tom Jones », et Terence Stamp dont toutes les filles de Chelsea sont amoureuses.

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(c)David Bailey

Twiggy, 40 kilos, faux cils compris

La « Chelsea girl » correspond à notre minette du Drugstore. Une écervelée en bas blanc avec de longues jambes et une jupe courte. Elle rêve de la Schrimp, de Twiggy et de Penelope Tree. Les cover-girls concurrencent les vedettes de cinéma. Leur cachet les met sur un pied d’égalité. Ces filles qui pèsent lourd en dollars ne sont pas épaisses. Twiggy sera l’aboutissement d’une génération de limandes : à peine quarante kilos, faux-cils compris.

Sur ces planches à pain, la féminité se réfugie dans le maquillage et la chevelure. Presque toutes les beautés de l’époque seront échevelées, disparaissant sous des niagaras de franges et de mèches folles. Catherine Deneuve, Julie Christie, Françoise Hardy, Anita Pallenberg, Jane Birkin, Marisa Berenson sacrifient à cette vogue. C’est indispensable. Quoi d’autre? Une bouche pulpeuse et hardiment fardée de rose pâle et des yeux comme deux morceaux de charbon, bordés d’eye-liner, ourlés de khôl et frangés d’une double balayette de faux-cils.

Qui dit mieux? Twiggy qui invente de dessiner au crayon des cils sur sa paupière inférieure. Elle leur laissera son nom. Cela ne fait pas un peu pot de peinture? Un peu, en effet.

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D.R

Quand les valeurs basculent

Dans Chelsea, les modes se suivent et s’emboîtent à toute allure. Une culture se montre d’autant plus généreuse que ce qu’elle offre n’est pas de très bonne qualité. Celle-cii jette par la fenêtre des trésors de pacotille. La mode obéissant à la jeunesse gagne en fantaisie ce qu’elle perd en expérience. Les stylistes (un mot nouveau) démodent le savoir-faire d’un Balanciaga, d’un Dior ou d’une Coco Chanel. Plus besoin d’apprendre à couper, ni même à coudre. Trois sous de malice suffisent à réaliser des petites robes de rien qui ont le charme acide des fruits verts (et font parfois, avec le recul, grincer des dents).

Cette époque riche invente une mode pauvre, peu faite pour durer. C’est une volonté chez Mary Quant. Elle déclare dans une interwiew que si une cliente renverse un verre de vin sur un de ses modèles, elle peut le lendemain le jeter sans regret. Pierre Balmain, à qui on rapporte ce propos, s’étrangle qu’il ne veut en aucun cas que l’on renverse de vin sur ses robes. « Et puis quoi encore? Pourquoi pas du Ketchup? »

L’incompréhension s’installe quand les valeurs basculent. Et elles basculent : on en arrivera, après avoir épuisé les joies du P.V.C. (Poly-Vynil-Choloride), aux robes en papier et aux créations métalliques de Paco Rabanne.

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Catherine Deneuve

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Donyale Luna

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Francoise Hardy, Twiggy, Cordobes, couverture de Nova magazine

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Julie Christie

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Peggy Moffitt

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Penelope Tree

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Vidal Sasoon

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