— LE MODALOGUE

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mode femme

Il y eu les costumes d’Armani pour Richard Gere dans « American Gigolo » (1980) qui réinventent la silhouette masculine des années 80…

A l’orée des années 30 la créatrice Louise Boulanger (1878-1950) redéfinira à son insu la silhouette féminine. Jusqu’alors il était question de volume décollé du corps ne marquant ni la poitrine, ni les hanches et de longueur genou. Elle va créer une robe radicalement à l’opposé des canons de l’époque. Très longue et suivant les courbes du corps. Elle habillera l’actrice Brigitte Helm (Maria et le robot de Metropolis) pour le film de Marcel L’Herbier « l’Argent » (1928 et tiré de Zola). Les autres maisons de l’époque comme Jean Patou proposeront des robes similaires, la page des années 20 était tournée.

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A voir aussi pour ses décors somptueux et luxueux

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La dernière fashion week parisienne à ouvert ses portes à de nouvelles marques, et il y avait beaucoup de monde pour le premier show de la jeune marque AVOC.

AVOC se sont des vêtements aux coupes qu’ils qualifient d’architecturales…

Des silhouettes « basiques » et unisexe empruntant tantôt au vêtement utilitaire (larges poches plaquées qui font comme un large empiècement graphique…) tantôt au sportswear, des sweats, de larges chemises à col classique ou col officier, des bermudas XXL, la pièce la plus intéressante? Peut-être un manteau à double ceinture négligemment noué.

On est galvanisé par l’énergie du défilé, par la musique mais au final l’ensemble (d)étonne peu.

Les mannequins défilant parfois avec des masques d’hommes et de femmes politiques restent anecdotiques, du moins pas suffisant pour critiquer quoi que ce soit. On aurait préféré qu’ils invoquent les visages fardés, le maquillage de clown à la symbolique plus forte, que l’on voit dans la vidéo présente sur le site. Le visage du clown est détourné dans l’imagerie populaire autant par des groupes de punk-rock ou de rock alternatif que dans les films d’horreur. Les designers d’AVOC l’ont stylisé et apposé sur certains vêtements. Personnage grotesque, symbole de notre époque(?) le clown fait rire et effraie en même temps.

On vit une époque où l’expérience procurée au client prévaut sur le produit. Plus que le vêtement, l’image importe et celle du clown est la caution de la subversion d’AVOC, de son désir de dénoncer.

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Noire décadence dans les salons de l’Hôtel Meurice, l’impression de se retrouver durant l’âge d’or artistique de la République de Weimar revu par Annelie Augustin et Odély Teboul…

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« I understand why European people take my creations as very Japanese. It is probably because if you see a creation as a whole, as 100 percent, I will always try to finish before arriving at 100. This five, seven, or ten percent we call empty or in between or uncompleted in Japanese. It’s when you go to shut a window or door and leave a space. We need this space, so I design space. Space has always been very important in Japanese traditional art of every genre »

Extrait de l’interview de Yohji Yamamoto pour le magazine en ligne The talks Août 2011 (Ici)

« We need this space, so I design space. »

Dans sa réflexion sur la notion d’espace, la notion de « l’entre », le créateur Yohji Yamamoto, en employant le terme « design » (to design: Realization of a concept or idea into a configuration) pose la question de création, de conception du vide telle une matière première à part entière.

Une idée qui dans son discours parait comme dûe, logique et irréfutable, mais qui pourtant amène à réflexion.

L’espace vide étant ce qu’il est: étendue indéfinie, et ce qu’il n’est pas: objet concret, perceptible par la vue et par le touché, il est difficile d’imaginer le façonner de même sorte que le tangible.

Cependant, Yohji Yamamoto le pense et l’inclue. Il lui offre 5, 7 ou 10% d’ampleur, de liberté. L’inachevé prend alors une autre dimension, la volonté de ne pas arriver à terme, de ne pas donner le point final.

Un parti pris: celui d’offrir à son oeuvre cette étendue, cette infinité, de lui laisser son propre espace d’expression.

Celui de savoir « perdre le contrôle », de prendre conscience qu’il n’est pas de notre ressort de conclure, mais bien de laisser libre. De donner le pouvoir à cette entité qui dépasse les limites de la création docile.

Une sensibilité mise en avant dans les photographies de David Sims (ici) ainsi que dans celles de Nick Knight (ici) où l’ampleur sert de base, tel un support sur lequel le vêtement repose.

Le volume, comme sculpté dans l’espace et dans le temps, suit la ligne du travail de Yohji Yamamoto, celle d’un mouvement saisi, d’un instant « T », vivant et indomptable, rappelant l’œuvre d’Irving Penn pour Issey Miyake (vue ici).

Ci-dessous, Nick Knight pour Yohji Yamamoto

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Ci-dessous, David Sims pour Yohji Yamamoto

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L’immatériel, l’espace, le vide…

… des idées abstraites que l’artiste Yves Klein exposa à la galerie Iris Clerc en 1958.

« La spécialisation de la sensibilité à l’état matière première en sensibilité picturale stabilisée », une succession de pièces aux murs peints de blancs, dénuées de tout œuvre saisissable. (Concept repris en 2009 au centre Georges Pompidou avec l’exposition »Le symposium »)

L’artiste, dans sa représentation du vide, n’utilisa aucune allégorie. Il tenta de s’en rapprocher, avec humilité, sans essayer de le résigner à « être ».

Une mise en avant de l’espace à l’état brut, sans réalité matérielle, dans sa pleine nature contradictoire.

Un corps qui nous est proche, une entité sur laquelle nos gestes et nos regards reposent, et qui pourtant échappe à nos sens.

Plus concret que l’idée, plus abstrait que l’objet, un être libre non reconnaissable, impossible à concevoir hors du champ de la philosophie, de l’art conceptuel(1).

(1) Mouvement de l’art contemporain apparu dans les années 1960 et dont les origines remontent au « ready-made » de Marcel Duchamp (ici), attachant plus d’importance à l’idée qu’à la matérialisation de l’oeuvre.

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Galerie Iris Clerc lors de l’exposition

 Art conceptuel, le temps comme l’espace: le Wabi-Sabi

« 1. represents a comprehensive Japanese world view or aesthetic centered on the acceptance of transience

2. The aesthetic principal is sometimes described as one of beauty that is « imperfect, impermanent, and incomplete » — Urban dictionary

De même manière, le principe du wabi-sabi comprend la notion d’infini. C’est le temps, comme l’espace chez Yohji Yamamoto, qui apportera sa sagesse, son histoire et sa beauté à l’oeuvre. Une beauté imparfaite puisque sans échéance elle ne finira de se magnifier. Sa liberté seule la sublimera.

Un concept artistique reposant sur la modestie face à la nature, à l’univers, aux dimensions qui intriguent et fascinent. Les œuvres prennent une dimension spirituelle, tels des dons au temps, à l’espace, à ce qui, « plus que nous », existe.

L’importance ici n’est pas la finalité. C’est la vie, le chemin qui créé la noblesse.

Une philosophie sans espérance, libératrice, une sagesse rare dans une société dont le désir vise ce qu’il ne possède pas déjà, et plus que tout ce qui ne dépend pas de lui. (Cf: « Le bonheur, désespérément » – André Comte-Sponville)

Là est peut être dissimulée la raison pour laquelle l’espace et le temps sont, pour beaucoup, considérés comme le plus grand des Luxe…

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A presentation during Fashion Week at Musée des Arts Décoratif, Paris

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Below Sébastien Meyer and Lolita Jacobs (muse, friend and model)

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Dear readers,
A quick overview before the finale

Agnese Narnicka

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+ White, chalk colours
+ A cosy, lazy man
+ Hats made with polyéthylène
+ Synthetic material « because is more cosy and less strict »
+ Handmade paintings

Anne Kluytenaar

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+ One day her father became a woman
+ She retains a real fascination with dress codes
+ The shape of women garments on men looks unflattering, so « i decided to reshape it »
+ Found in House of Chanel the definition of elegance (details, fabrics…)
+ As much as possible a Couture collection
+ Not for guys who want to be a woman. Men must keep their masculinity
+ Pants with a masculine cut in a feminine fabric
+ Models said that they were « very happy » to wear this clothes

Coralie Marabelle

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+ Inspired by traditional outfits from Iran
+ Organza hand painted on the edges
+ Modern elements from architecture and design
+ 3D effects with satin broderies (also hand painted)
+ Men outfits turns into feminine
+ Coralie wants to work in a couture house « to make crazy pieces »

Kenta Matsushige

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+ Influenced by Yohji Yamamoto and Tadao Ando
+ « The countryside of beauty »
+ Minimal structure mixed with Japan traditional clothes
+ Two colours grey and light green
+ The idea of the collection is to express the balance of the confrontation: nature/urban and modern/traditional
+ Original accessories

Liselore Frowijn

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+ Sportswer meets Luxury
+ « Luxury is the attention you paid to dress »
+ Influenced by Henri Matisse’s lasts works, when he was unable to paint
+ A multilayered silhouette
+ A voluminous silhouette to underline the strength of women

Marit Ilison marit-ilison-2marit-ilison-4marit-ilison-3

+ Used to play in a psychedelic band
+ Want to create « an experience » as we live in a very realistic world
+ Large coats like blankets
+ Want to create sensations linked to sleep and the warmth of the bed
+ Some inside of the coats are embroidered with Swarovski crystals

Pablo Henrad

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+ Influenced by the darkness of the ocean, the Abyss
+ Influenced by the official sailor uniform and Captain Nemo
+ Want to bring elegance, sophistication and sensuality in the menswear wardrobe
+ show legs because « i found this sexy and masculine »

Roshi Porkar

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+ Try to translate the shapes of Afghan feminine statuettes from 2000BC
+ The shapes are more extremes, the hips are exaggerated, etc.
+ Add more « dynamic » by adding a belt (also Japanese inspired)
+ Only dark-green colours
+ Furs, furs, furs

Yulia Yefimtchuk

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+ Influenced by Constructivism and the « Black square » painting of Kasimir Malevitch
+ 3 main colours: red, black and white
+ On the garments, the writings are positive messages of 1920’s posters (« Peace to everyone », etc.)
+ The belts to illustrate the protection of women
+ A sophisticated work on the back
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Chers lecteurs,

Piet Mondrian, Li Edelkoort, Droog design, Viktor & Rolf… non la Hollande n’est pas que le pays des fromages et des tulipes…

Mélange des genres chez la créatrice néerlandaise Iris Van Herpen où Art et Mode ne font décidément qu’un. A la Cité de la Mode et du Design on découvre une mise en scène étonnante, qui fait crépiter d’excitation les heureux invités de ce qui promet d’être un show singulier, certes un euphémisme quand il s’agit d’Iris Van Herpen.

Trois mannequins emballés sous vide dans d’immenses pochettes plastiques, une installation réalisée avec l’artiste belge Lawrence Malstaf, laissent un brin perplexe. Inside et outside, vie et mort, entre position fœtale et congélation pre-mortem (en vue d’une cryogénisation?) on oscille entre malaise et enthousiasme, un constant va et vient émotionnel, essence du travail d’IVH. La créatrice (doit-on dire l’artiste?) par cette collaboration, nous invite dans cette présentation pré-défilé, à une réflexion sur le corps et son interaction avec son environnement.

interdisciplinarité

Les chaussures toujours réalisées en collaboration avec United Nude sont l’expression parfaite de cette interaction vêtement/corps, ou quand la forme vient modifier le comportement, le mouvement.

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Iris Van Herpen n’envisage pas son travail sans collaboration avec des créateurs venus d’autres horizons, ce qui n’est pas monnaie courante dans la mode. Architecture (les robes en 3D sont issues d’uen collaboration avec l’architecte australienne Julia Koerner), science, technologie ou design industriel, l’Homme est toujours au centre de ces disciplines, il en va de même, pour un designer de mode.

Elle pratique l’interdisciplinarité au-delà des « classiques » imprimés réalisés par un artiste pour une collection… Les choix et les collaborations artistiques d’IVH n’ont pas de visées commerciales préméditées.

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La collection, pour ceux qui en seraient restés aux vêtements sculptures, est saison après saison de plus en portable. Il y a de nouvelles fluidités et proportions. La technologie évoluant, l’impression 3D permet de réaliser des vêtements de plus plus souples commente la créatrice. Robes, jupes (le flou), vestes (tailleur) et pantalons côtoient les robes-sculptures issues de son imaginaire.

À la sortie du défilé, il y a inévitablement quelques piques de ci de là: « ce n’est pas un défilé de mode, il n’y a pas d’accessoires, pas de sacs » entend-on. Et l’envie de répondre que dans cette fashion week marathon, des shows comme celui-ci sont aussi de véritables ballons d’oxygène, abolissant les frontières et permettant d’étendre le champ d’attention sur la discipline. Rick Owens, autre décloisonneur des diktats, Felipe Oliveira Baptista, Michèle Lamy et Jean Jacques Picart (ci-dessous) ne s’y sont pas trompés.

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Autre versant important du travail d’IVH est le rapport intime qu’entretiennent artisanat et technologie, cela va d’une robe élaborée entièrement à la main (2 à 3 mois de travail) jusqu’à  un modèle confectionné par une imprimante 3D (pouvant nécessiter 8 mois de travail). Pour l’hiver 2014, plusieurs modèles de la collection (ci-dessous) montrent des broderies originales faites de grosses perles intriquées dans des fibres.

Iris Van Herpen est une de rares créatrices à mettre en avant de manière aussi poussée, l’inclusion de la technologie dans la mode ou la naissance d’un artisanat 2.0 en quelque sorte. Une vision de la mode de demain où l’on imprimera chez soi des vêtements téléchargés sur le réseau.

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Oui, c’est bien Hannelore Knuts qui s’est faite emballée…

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Pour continuer la lecture:
+ Iris Van Herpen Explains Her Plastic Costumes for the New York City Ballet (ici)
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Petites têtes, petits manteaux, petits blousons, petites jupes et petites bottes, jolis petits moineaux urbains trottant sur la piste. Sur les filles tout est court, très court même, ajusté, vif et franc. Comme un titre de musique punk-rock, le show fuse en mode urgence tandis que la musique bat la contre mesure. Cette saison encore Slimane crée une tension permanente et transversale entre la mode, l’art et la musique.

Les filles, aux allures post-ado, que l’on croise aujourd’hui à la sortie d’un chic lycée parisien, aux jambes qui « tels des compas arpentant le globe terrestre… » (merci Charles) ressemblent à Anna Karina, héroïne godardienne de la nouvelle vague. Voilà pour la temporalité.

La musique est interprétée par le teenage-band californien Cherry Glazerr, un morceau spécialement composé pour la maison Saint Laurent, c’est lancinant, c’est rock, on ne résiste pas, point.

L’inspiration c’est monsieur John Baldessari, 83 ans et artiste conceptuel de son état. À travers son œuvre il montre le pouvoir narratif des images, l’invitation-livret d’une centaine de pages présente une sélection d’œuvres de l’artiste couvrant la période 1966-2004, voilà pour la dimension artistique.

Hedi Slimane se retrouve cette saison, au milieu de tout çà, un peu Godard, un peu Baldessari, un peu Larry Clark aussi, dans cette habileté à faire cohabiter les générations et promouvoir la « youth culture ». Au sein de la maison Yves Saint Laurent il à les moyens d’exprimer pleinement sa transdisciplinarité, il embrasse les époques et les domaines artistiques. Réellement commerciale, la collection comporte nombre manteaux, vestes, blousons et souliers (plats), imprimés et matières diverses, peu d’accessoires en revanche.

Tout comme John Baldessari, Slimane réalise des « juxtapositions », il sait capter l’air du temps avec brio. Il juxtapose les comportements de l’époque, une dégaine, une coupe de cheveux, les gimmicks, une radicalité raffinée, une punkitude chic, une énergie. Ses collections sont actuelles, à consommer tout de suite, en urgence, pour être en phase.

Tout comme le maître Yves Saint Laurent sut capter son époque et booster sa maison à un moment clé de son évolution, avec les robes Mondrian, Hedi Slimane sait sans doute mieux que quiconque qu’une maison de mode ce n’est pas que des vêtements. Chaque saison depuis son arrivée se mettent en place des collaborations artistiques et des exclusivités (music project, vidéos, icônes trans-générationnelles…) en flux tendu. Cette saison John Baldessari à collaboré à la création de trois robes couture qui seront édités en dix exemplaires chacune.

Son savoir-faire, son flair du présent lui permit d’établir son succès chez Dior Homme, l’Homme un territoire où il fallait tout redéfinir à l’aube du XXIe siècle. Pour la femme, c’est plus compliqué, entre une multitude de propositions et une frontière entre prêt-à-porter « luxe et créateurs » et un prêt-à-porter « haut de gamme » qui se brouille au détriment des premiers. Slimane recrée son écosystème créatif et creuse l’écart dans la réalisation des modèles, s’éloignant de toute possible comparaison avec des finitions couture.

En deux mille onze, lors de son exposition au Moca, Hedi Slimane s’est coulé dans la tenue de l’artiste. Au sein de la maison de l’avenue George V il ne se place cependant pas en tant que tel, il ne transgresse pas les codes, ses collections ne se « projettent pas ». Nul question d’expérimentation, une jupe ressemble à une jupe et une veste à une veste.

Hedi Slimane n’est ni « en deçà », ni « au-delà », il est photographe du temps présent. Plus fort que le « designer total » que fut Tom Ford lors des années Gucci, Hedi Slimane est lui un génial manipulateur des codes sociétaux.

Ci-dessous le final, le runway et son arche composée de compas dorés.

A lire
+ John Baldessari: « Picture in a frame », ed. Distanz Publishing
+ John Baldessari: « Somewhere between almost right and not quite (with orange) » ed. Deutsch Guggenheim
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Ci-dessus Marina Hoermanseder, AW2014

Articulé, lacéré, retourné et perforé, le cuir mis dans tous ses états, mais toujours raffiné et luxueux. Trois designers visitent à travers son usage et avec passion, les prothèses orthopédiques, le bondage et l’ambiguité sexuelle. Le corps, première source d’inspiration des designers de mode. Des tenues en latex des débuts de Vivienne Westwood en passant par Thierry Mugler et Alexander McQueen (RIP), l’esthétique fétichiste n’a certes jamais vraiment quitté les podiums de ces dernières décennies. Chez les designers présentés ci-dessous, le cuir dessine des lignes graphiques sur les chairs, le corps est mis à nu, contraint, customisé, jamais vulgaire.

Marina Hoermanseder

Sensation de la fashion week de Berlin, l’an passé, Marina Hoermanseder, fraîchement diplômée s’est rendue cette saison à la fashion week de Londres. Dans un rythme d’enfer, elle à successivement fondé sa société et livré une élégante et singulière collection de 17 modèles « fait main » réalisée en trois mois et demi.

Le cuir est moulé sur mannequin (travaillé pendant des jours à l’eau), découpé en bandes, teinté, riveté.

La collection n’exhale pas seulement la dimension sexuelle du fétichisme, mais aussi (et surtout) dit la créatrice, « son » fétichisme des matières. L’orthopédie dont elle s’inspire également ne doit pas être perçu comme déplaisant. Réinterpréter un appareillage pour les jambes « façon couture », relève d’un défi d’ériger vers le beau quelque chose considéré d’ordinaire comme négatif.

Zana Bayne

La jeune créatrice américaine adapte ses créations qui puisent aisément dans le registre SM et bondage afin de les associer avec des vêtements de tous les jours. Ces vêtements quotidiens se voient dotés ainsi d’un « adrenaline kick » sans négliger le confort si important à ses yeux.

Depuis deux mille dix, Zana réinterprete chaque saison des pieces emblématiques du SM (cf. le harnais) en changeant soit les finitions, la couleur ou le poids du cuir. Elle collabore régulièrement avec Prabal Gurung et récemment avec Victoria’s Secret.

Niels Peeraer

Diplômé de l’académie Royale d’Anvers en deux mille onze, Niels Peeraer, cultive l’ambiguité, il crée des accessoires en cuir unisex. Alors, de jeunes hommes en jupette portent de petits sacs précieux comme des emballages pour patisserie de luxe. Au cou des fraises en cuir immaculé, finement ciselées comme de la dentelle, confèrent à son porteur un port de tête légèrement altier.

A découvrir ici

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Points communs

  • Marie Chouinard, bODY_rEMIX/les_vARIATIONS_gOLDBERG, ballet en deux actes, créé au Festival international de danse contemporaine de la Biennale de Venise, Italie, le 18 juin 2005
  • La canadienne Jen Gilpin basée à Berlin et créatrice de la marque Don’t Shoot The Messengers (DSTM)
  • Les accessories bondage-chic de la marque anglaise Coco de Mer
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