Übersee « exploring visual culture »

« Übersee, exploring visual culture », was a magazine edited in 2003. It’s seems that it only lasted a year. In a time when Pinterest or Instagram didn’t exist yet, the german publication curated pictures from graphic design, photography, illustration, architecture… No advertising, only images and few texts concerning the artists invited.

The year after, Facebook was launched and the imaged-based crazy e-world was in progress. Even though, many printed image-only publications are still published today, just look at your bookstore in your contemporary art museum or in the concept store next to you. Many very edgy fashion magazine or with a different approach, think Toilet Paper, are a sum of curated images editorialised.

Below a selection of artists shown in the two magazines we own.

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Below: Eliezer Sonnenschein

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Lutz Pramann

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Colin Ardley

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Delta (Boris Tellegen)

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Helge Barske

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Andrea Giacobbe
here a collaboration with the digital hardcore band Atari Teenage Riot

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Piet Thrular

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Robert Volt

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Nora Bibel

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Frédérique Daubal

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Takashi Okamoto

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Ueno Hirosuke

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Clarissa Tossin

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Stina Persson

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Julien Gosset

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Ambroise Tézenas à la librairie Maupetit

Découverte du travail photographique d’Ambroise Tézenas dont l’exposition « Photographies » à l’incontournable librairie Maupetit de Marseille était prolongée quelques jours.

Ambroise Tézenas, né en 1972, diplômé en 1994 de l’école d’Arts Appliqués de Vevey (Suisse) fût reporter et passa la plus grande partie de son temps en Asie du Sud-Est, Amérique Centrale et Amérique du Sud. Depuis 2001 il se consacre à des projets plus personnels délaissant ses collaborations avec la presse. Son travail artistique est représenté en France par la galerie Mélanie Rio.

« I was here, Tourisme de la désolation » est son dernier travail, véritable enquête, présenté aux Rencontres de la Photographie d’Arles du 6 juillet au 20 septembre 2015.

Un ouvrage à été édité accompagnant son investigation entamée sur la signification de ces nouveaux lieux touristiques réunissant des zones de catastrophes industrielles, des lieux de génocides (Auschwitz) et autres lieux morbides, un phénomène baptisé « Tourisme noir ». Un ouvrage sur une tendance macabre à découvrir absolument.

Ci-dessous, accrochage de l’exposition « Photographies »

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La librairie Maupetit sur La Canebière depuis 1927, une sélection dynamique et pointue.ambroise-tezenas-11

 

Making of The Look

Un rapide décryptage du process mis en place et des coulisses menant du mannequin au consommateur ou dit autrement la création d’un « look » qui séduira les masses.

Des extraits tirés de l’enquête menée par la sociologue américaine Ashley Mears et reportés dans son livre « Pricing Beauty, the making of a fashion model » . Egalement, le livre remet en cause la notion de beauté comme un acquis et se penche sur la manière dont les considérations ethniques et de genre sont traitées dans la profession et vers quelles inégalités elles débouchent parfois.

The first step to understanding this world involves a little reverse magic to bring invisible actors into light. While models reap plenty of attention as pop culture icons, no model gets far without the campaigning efforts of a booker and a few key clients. Networks of agents, scouts, assistants, editors, stylises, photographers, and designers constitute a production world chat links models to fashion consumers.

Scouts and agents « discover » raw bodily capital and then filter it to clients —photographers, designers, art and casting directors, stylists, and catalog houses. These clients « rent » models for short periods of time, maybe a few hours, days, or weeks, during which time they deploy this capital to appear in media outlets such as catalogs, showrooms, advertisements, magazines, catwalks, showrooms, and  » look books, » which are booklets that feature a designer’s new clothing collection.

In these media outlets, models’ images serve to entice store buyers and, ultimately, to seduce fashion shoppers, the final consumers of the look, into making a purchase, as shown below.

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Taken together, these producers constitute a world of backstage production, or an « art world, » as sociologist Howard Becker calls it (1982).
In an art world, the talent is one piece of the art-making process, but talent should not be privileged as the gravitational center. Creative goods such as 1nusic, art, or books do not mysteriously emerge from individual acts of artistic genius. They materialize from institutions, organizations, industrial field structures, and the everyday routines of people at work. A work of art is as much the product of a whole series of intermediaries and their shared norms, roles, meanings, and routines as it is the creation of an individual artist. In other words, mundane processes of production are important in shaping culture.

An art world approach belies common sense; we’re used to thinking that the best people rise to the top of any market, as popular media accounts unanimously celebrate. It is tempting to think that models are lucky winners in some « genetic lottery, » as though their bodies were superior gifts of nature chat automatically receive social recognition, and, indeed, some evolutionary psychologists echo this view.

Such explanations of the deservingly triumphant cannot account for the physical outliers —people such as Kate Moss, who at 5’6, » is short by model standards, or Sophie Dahl, who reached fashion fame at a size 10, rather heavy compared to her catwalk counterparts. Nor does talent account for the hundreds of thousands of similarly built genetic lotto winners who will never receive social recognition— people such as Liz and Sasha and the thirty-eight other models I interviewed for this book. Their stories make sense only in the context of a whole web of producers, the relationships they form, and the conventions they share.

Thinking about looks as part of a world of production rather than as an individual quality called beauty allows us to see how aesthetic judgments materialize from a collaborative process.

The look is the result of people doing things together.

Pricing Beauty, the making of a fashion model, by Ashley Mears, 2011, University of California Press

Le livre, objet de luxe

D’un côté il y a ceux qui affirment que le livre et l’écrit se portent bien (voir les succès de la série Harry Potter, Musso ou Levy par exemple), de l’autre côté, que le déclin observé des ventes ces dernières années est inéluctable et dû à la concurrence accrue du numérique.

Les publications axées mode, art et design, au regard de certains étals parisiens, semblent aller bon train, notamment au niveau des magazines. Dans cette catégorie de publication, les maquettes changent au rythme des saisons, les anciens titres ressuscitent, de nouveaux font leur apparition, des publications indépendantes éclosent… Le tout avec plus ou moins de réussite ou d’acuité, le pire étant peut-être les ouvrages qui veulent imiter l’ergonomie du web, mais c’est une autre histoire…

Bien que submergés par nos images prises au smartphone ou glanées sur Pinterest, le livre mute, devient interactif ou s’hybride chez les éditions volumique, l’écrit subsiste vaille que vaille.

Les magazines qui accordent un place certaine à l’écriture (on peut citer Monocle ou l’excellent The Eyes) se font rares. Le summum ayant été atteint récemment, me disait la délicate designer Louise Brody, par l’édition d’un livre d’art ne contenant ni pagination, ni légende pour les seules photos qui le composaient, seules quelques notes en début et fin d’ouvrage…

Quand les écrits du web semblent se cantonner à l’information, éditer un livre ou une parution accordant une place à de l’écriture de qualité, un contenu littéraire (écrit doté d’une dimension esthétique) reste un acte précieux. Les maisons de luxe semblent avoir saisi cela depuis bien longtemps, si l’on en croit les exemples ci-dessous.

Chanel

Les frères Wertheimer propriétaires des maisons Chanel et Erès sont actionnaires du groupe La Martinière-Le Seuil depuis 1997, permettant ainsi à cette dernière de s’étendre par acquisitions successives.

Kering

La holding Artémis, qui contrôle Kering à racheté la vieille maison d’édition Tallandier en 1999, spécialisée dans les ouvrages historiques.

LVMH

Avec le livre La Malle (éditions Gallimard), Louis Vuitton avait invité, l’an dernier, plusieurs écrivains dont Marie Darrieussecq, et Nicolas d’Estienne d’Orves à écrire une nouvelle sur le bagage fondateur de la maison de luxe. Quelques temps auparavant le groupe LVMH était entré au capital de la maison d’édition créée par Gaston Gallimard à hauteur de 9,5%, afin de l’aider, entre autres, à supporter le coût du rachat de Flammarion.

Ci-dessous le recueil de nouvelles La Malle édité chez Gallimard

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Agnès b

A contribué au sauvetage financier de la revue La Quinzaine Littéraire, magazine dont les contributeurs sont principalement des universitaires, des écrivains et qui fut dirigé par Nathalie Sarraute pendant plus de quarante ans.

M. Pierre Bergé exposait il y a quelques mois sa collection de livres anciens à la Bibliothèque Nationale de France.

À l’étranger aussi et pas si loin de nos frontières, le groupe italien Prada s’est associé l’an dernier au célèbre éditeur italien Feltrinelli Editore pour la création d’un concours d’écriture.

Littérature, Couture et luxe, des domaines qui se marient à ravir, semble-t-il. Outre ce qui peut ressembler à une forme de mécénat, quelles stratégies ont les groupes sus-cités pour la littérature à l’heure du numérique? Peut-on imaginer des croisements entre ces univers, sans que l’un ne soit qu’un « produit dérivé » de l’autre? Voilà qui fleure bon l’exception culturelle.

Red Collector

Chers lecteurs,
Luigi di Donna is eccentric, exhuberant, enthusiastic and the luxury magazine he created one year ago is like him: über-something. The price (30-40 euros) is high, the format is that of the sleeve of a 33 rpm and the weight is 9 pounds! It is not the usual magazine you read in your train!

For the last release dedicated to Marilyn Monroe, Luigi told me that a limited edition weighing 44 pounds and delivered in a special case designed by Moynat had also been created!

Luigi di Donna, a former photographer, with the help of 5 designers and photographers focus on the regular subjects of luxury (fashion, art, architecture, design, decoration, travel…) keeping one priority: the quality of photography. With such a pedigree i was expecting a magazine layout with a strongest personality, but it is not the case, unfortunatly. The graphic design, even the logo need more impact without interfering with the photography.

We never seen so many fashion magazines in stores than today. Every tiny stores in NYC got tons of design and fashion magazines. On fashion blogs or on paper, fashion photography is everywhere. Such magazines as Red Collector or Exhibition try to put the quality to the highest level.

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Nues | Paco Rabanne x Jean Clemmer

Un livre de mode où l’accent est mis sur l’érotisme.

Publié en 1969, année érotique, cet ouvrage se veut intégré à son époque où, dixit Paco Rabanne, un de ces auteurs, « toutes les formes d’expression sont baignées de sensualité ».

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Livre également dédié à la femme, le souffle révolutionnaire de mai 1968 hante les propos du créateur, mêlés à ses visions utopiques où les femmes porteront des « pierres » à même la peau et où l’on se vaporisera des vêtements sur le corps. La femme est au centre de ces révolutions, elle l’exprime par ses tenues, ses attitudes, ses choix et tant pis si cette érotisation à outrance dans les médias, faite pour vendre, la met parois en danger.

Dans l’interview présente au début du livre et qui lui sert de préface, Paco Rabanne parle de la femme de 1969. Une femme « combattante », « braguette devant » non pour ressembler à un homme, mais pour « revendiquer le choix du partenaire ».

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C’est une époque de rupture où « demain sera radicalement autre », moins « limité et moins égoïste ».

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Paco Rabanne se met en colère quand on lui dit qu’il est le couturier de l’an 2000, selon lui il n’est qu’un « décadent » comme tous les autres. Il est conscient que les critères de demain ne sont pas identifiables pour un homme de son temps. Il n’est qu’un témoin, un apport, un homme d’action qui n’opère qu’une transition.

Des propos qui permettent d’avoir un regard moins caricatural sur le « couturier du métal ». Homme de son temps, acteur et emporté par les changements sociétaux de son époque.

« Nues » par Jean Clemmer et Paco Rabanne, éditions Pierre Belfond, 1969

 

Curation | Stéphane Mallarmé fan de mode

Stéphane Mallarmé le grand poète français, était un fan de mode. Entre deux livres, pendant ce laps de temps angoissant, Mallarmé se laissait aller à quelques divagations sur la mode.

Mallarmé est le créateur de la revue La dernière mode, gazette du monde et de la famille (disponible en réédition française et datant de 1978 aux editions Ramsay)., il en est aussi l’auteur unique ! Toutes les chroniqueuses, grandes faiseuses de l’autorité que sont Marguerite de Ponty, Olympe la négresse, Miss Satin ou Zizy sont les divers pseudonymes féminins dont il s’empara pour rédiger sa revue. Seul le directeur de publication sera un personnage masculin nommé Marasquin.

Passionné

La dernière mode, contient fort peu d’images, contrairement aux revues de l’époque. Le poète Mallarmé utilise son don pour l’écriture afin de raconter et dessiner la mode avec des métaphores, des mots précieux et luxueux.

Il porte également un soin attentif à la mise page et aux choix typographiques, préfigurant ainsi son travail sur le poème Jamais un coup de dés jamais n’abolira le hasard (1897).

Mallarmé rédigeait tout jusque dans les moindres détails, il s’intéresse au travail du tissu, aux fils, aux lexiques de couture… Passionné il a façonné 8 exemplaires de cette revue entre septembre et décembre 1874!

La revue d’origine comprenait des patrons grandeur nature et des lithographies à l’aquarelle. On ne sait pourquoi la revue stoppa net en cette fin d’année 1874 et fut reprise par la mystérieuse baronne de Lomaria…

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Première livraison (numéro spécimen), 6 septembre 1874, couverture. A droite, Toilette des premiers jours d’automne

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Deuxième livraison, 20 septembre 1874, couverture, Toilette de promenade

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Impensable aujourd’hui, une revue de mode contenant plus textes que d’illustrations ou de photos!

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Ci-dessus, la gazette et le programme de la semaine

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Dans colonne de droite, le troisième annonceur est la maison Doucet tenue alors par la mère de Jacques Doucet futur grand couturier et mécène du début du XXe siècle. Paul Poiret et Madeleine Vionnet passeront dans son atelier avant de fonder leur propre maison.