CHERS LECTEURS,

NOUS ÉTIONS INVITÉS CETTE SEMAINE À LA MAISON CHLOÉ, NOUVEAU LIEU D’EXPOSITION ET D’ARCHIVAGES DE LA MARQUE ÉPONYME POUR Y DÉCOUVRIR L’EXPOSITION CONSACRÉE AU PHOTOGRAPHE GUY BOURDIN.

IL EST CELUI QUI EN TRENTE ANS (1956-1986) A LE PLUS PHOTOGRAPHIÉ LES VÊTEMENTS CHLOÉ POUR LE MAGAZINE VOGUE. TRENTE ANS D’IMAGES QUI NOUS PERMETTENT DE VOIR L’ÉVOLUTION DU STYLE DU PHOTOGRAPHE EN PARALLÈLE DE CELUI DE LA MAISON CRÉÉE EN 1952 PAR LA TRÈS DISCRÈTE GABY AGHION.

PORTRAIT DE GABY AGHION

AQUARELLE DE GABY AGHION PAR LEANNE SHAPTON

NÉE À ALEXANDRIE EN 1921, GABY AGHION EST ISSUE D’UN MILIEU TRÈS AISÉ ET TRÈS COSMOPOLITE DE LA SOCIÉTÉ EGYPTIENNE.

TOUTE LA HAUTE SOCIÉTÉ D’ALORS PARLE LA LANGUE DE MOLIÈRE ET AVAIT UNE IMAGE DE LA FEMME FRANÇAISE ÉMANCIPÉE ET TRÈS ÉLÉGANTE… MAIS C’EST LOIN D’ÊTRE LE CAS, AU SORTIR DE LA GUERRE, LORSQUE GABY AGHION ARRIVE EN FRANCE. FACE À LA PÉNURIE DE MATIÈRE PREMIÈRE, LA FEMME FRANÇAISE USE DE SIMULACRES. ELLE SE DESSINE LA COUTURE DU BAS DE SOIE AU CRAYON… LE CAOUTCHOUC REMPLACE LE CUIR ET LA VISCOSE INTÈGRE LES ATELIERS DE COUTURE, LOIN DE L’IMAGE ROMANESQUE QU’ELLE S’ÉTAIT IMAGINÉ.

AU NEW LOOK DE CHRISTIAN DIOR (1947) QUI AVEC L’AIDE DE MARCEL BOUSSAC CRÉERA UNE FEMME FLEUR, MAIS TOUT DE MÊME UN PEU RIGIDE (LE TAILLEUR BAR TIENT DEBOUT TOUT SEUL…) GABY AGHION PROPOSE UN PRÊT-À-PORTER DE LUXE AVANT L’HEURE. ELLE S’OPPOSE AINSI, À LA COUTURIÈRE DE QUARTIER AURPÈS DE LAQUELLE TOUTE FEMME DEVAIT SE RENDRE POUR FAIRE CONFECTIONNER SES VÊTEMENTS.
ELLE PRÉSENTE SA PREMIÈRE COLLECTION AU CAFÉ LE FLORE EN 1957, PROPOSANT UNE TENUE À L’ALLURE NOUVELLE AUSSI BIEN DANS LE CORPS QUE DANS L’ESPRIT.

GUY BOURDIN SERA PRÉSENT DÈS LES DÉBUTS, LUI QUI AVAIT FRÉQUENTÉ MAN RAY ET LES SURRÉALISTES DEVRA S’ADAPTER À UN AUTRE UNIVERS. IL DEVRA JOUER ET INTÉGRER DANS SON PROCESS DE CRÉATION LES CONTRAINTES DU MAGAZINE (FORMAT, RAINURE, ETC.) ET RÉINTERPRETER LA FÉMINITÉ DE LA MAISON CHLOÉ.

L’INSTALLATION CURATED BY JUDITH CLARK MONTRE COMMENT GUY BOURDIN VA SE RÉAPPROPRIER L’IMAGE DE LA CHLOÉ GIRL, CETTE JEUNE FEMME ACTIVE, ÉLÉGANTE, ENJOUÉE ET UN BRIN DÉSINVOLTE. L’EXPOSITION MET EN ÉVIDENCE ÉGALEMENT L’INTENSE COLLABORATION ENTRE LE PHOTOGRAPHE ET KARL LAGERFELD, STYLISTE DE LA MAISON (ON NE DISAIT PAS DIRECTEUR ARTISTIQUE À L’ÉPOQUE) DE 1964 À 1984.

LA CHLOÉ GIRL S’EXPRIME LOIN DES CONTRAINTES DE LA HAUTE COUTURE. GUY BOURDIN CRÉE DES SITUATIONS OÙ SEMBLE RÉGNER IMPROVISATION ET HASARD MAIS OÙ TOUT EST EXTRÊMEMENT MIS EN SCÈNE. IL Y A UNE DIMENSION THÉÂTRALE DANS TOUTES SES COMPOSITIONS.

CI-DESSOUS DANS UN DÉCOR TRÈS BLANC ET CRU, LES OMBRES SONT ÉTENDUES, ÉTIRÉES, FANTÔMATIQUES, CRÉANT UNE ATMOSPHÈRE DÉRANGEANTE. GUY BOURDIN C’EST UNE NOUVELLE FAÇON DE PHOTOGRAPHIER LA MODE.

CETTE PHOTO REPRÉSENTE LE DÉBUT DE SES TRAVAUX EN COULEURS. ICI DANS CET UNIVERS BI-COLORÉ, SEUL LE MAQUILLAGE APPORTE UNE TOUCHE DE COULEUR

CI-DESSOUS, UNE SCÈNE SURRÉALISTE, LES CHLOÉ GIRLS SORTIES D’ON NE SAIT OÙ CROISENT DES PRISONNIERS FOMENTANT UN MAUVAIS COUP. LES CHLOÉ GIRL VONT OÙ BON LEUR SEMBLE. FEMMES LIBRES, SONT-ELLES DES MARGINALES À L’AUBE DES ANNÉES SOIXANTE-DIX ?

ELLES PLONGENT LEUR REGARD DANS CELUI DES HOMMES ET AGUICHENT EN JUPE FENDUE HAUT SUR LA CUISSE ET DÉCOLLETÉ PLONGEANT. ICI LA COMPOSITION, OUTRE LES MAINTES INTERPRÉTATIONS QU’ON PEUT LUI ACCORDER FAIT AUSSI PLACE À LA CRÉATION GRAPHIQUE: LES RAYURES DES PRISONNIERS RÉPONDENT AUX TRAVERSES DES RAILS QUI EUX-MÊMES S’ACCORDENT AUX RAYURES DU PULL.

ENSEMBLE EN SOIE IMPRIMÉE, COLLECTION PRINTEMPS-ÉTÉ 1971, PUBLIÉ DANS VOGUE PARIS, FÉVRIER 1971

AU FIL ET À MESURE DE LA VISITE ON DÉCOUVRE AUSSI SON TRAVAIL POUR CHARLES JOURDAN, LE CÉLÈBRE CHAUSSEUR. MAIS AUSSI NICOLLE MEYER QUI DE 1977 À 1980 À ÉTÉ SON MANNEQUIN PRIVILÉGIÉ ET LA NAISSANCE DE SON TRAVAIL AUTOUR DE LA SATURATION DE LA COULEUR À LA MISE EN SCÈNE PROVOCANTE OÙ LA FÉMINITÉ EST EXACERBÉE.


A VOIR ABSOLUMENT POUR RE-DÉCOUVRIR CETTE DISCRÈTE MAISON « FÉMINITÉS – GUY BOURDIN », MAISON CHLOÉ,  JUSQU’AU 6 SEPTEMBRE

 

MAISON CHLOÉ, VOGUE

MAISON CHLOÉ

MAISON CHLOÉ, MAQUETTE POUR VOGUE, 1968

MAISON CHLOÉ

MAISON CHLOÉ

MAISON CHLOÉ

MAISON CHLOÉ PAR KARL LAGERFELD, VOGUE MAI 1969, JANE BIRKIN TOUTE JEUNE EN TUNIQUE À LA GRECQUE EN JERSEY DE SOIE BLANC, BUSTE BRODÉ DE PAILLETTES NOIRES ET BLANCHES DE LA MAISON HUREL

MAISON CHLOÉ, VOGUE

MAISON CHLOÉ

MAISON CHLOÉ

MAISON CHLOÉ, KARL LAGERFELD POUR CHLOÉ, DE GAUCHE À DROITE: ROBE EN TAFFETAS, GALON DE VELOURS ET DENTELLE, AW 1977 – « TIRE D’AILE », ROBE EN ORGANDI DE SOIE IMPRIMÉ, SS 1982 – « NERVEUSE », ROBE EN ORGANDI DE SOIE, SS 1980

MAISON CHLOÉ

KARL LAGERFELD, MAISON CHLOÉ, À GAUCHE « RÊVERIE SUR ROBE », CORSAGE EN MOUSSELINE BRODÉ – A DROITE ROBE CHASUBLE PEINTE EN CRÊPE DE CHINE DE BABOUIN SUR SOUS-BLOUSE EN MOUSSELINE, VOGUE AW 1970

MAISON CHLOÉ

MAISON CHLOÉ

MAISON CHLOÉ, CAMPAGNE CHARLES JOURDAN, CRICA 1970

KARL LAGERFELD, MAISON CHLOÉ, « ROBE CISEAUX », CRÊPE ENVERS SATIN, BRODERIES DE PAILLETTES ET PERLES DE VERRE, SS 1984

KARL LAGERFELD, MAISON CHLOÉ, REDINGOTE EN WHIPCORD NOIR, BRODERIES DE FIL DE SOIE, PERLES DE VERRE ET STRASS, AW 1979

KARL LAGERFELD, MAISON CHLOÉ, « NAJA », ENSEMBLE EN CRÊPE GEORGETTE, VOGUE SS 1980

ARCHIVES GUY BOURDIN, NON PUBLIÉE, 1979

GUY BOURDIN, CAMPAGNE CHARLES JOURDAN AVEC NICOLLE MEYER, 1978

EN ACCORD AVEC LES GOÛTS LITTÉRAIRES DE GABY AGHION, ELLE AFFECTIONNAIT LE MOUVEMENT DADA ET LES ÉCRITS DE TRISTAN TZARA, ON DÉCOUVRIRA LES ROBES SURRÉALISTES « BATH » OU « CISEAUX » MÊLANT PLOMBERIE ET MODE DE KARL LAGERFELD.  DES CRÉATIONS QU’AURAIENT PU CRÉER ELSA SCHIAPARELLI.

KARL LAGERFELD, MAISON CHLOÉ, « ROBE BATH », CRÊPE ENVERS SATIN, BRODERIES DE PAILLETTES ET PERLES DE VERRE ET STRASS, AW 1983

KARL LAGERFELD, MAISON CHLOÉ, « ROBE CISEAUX », CRÊPE ENVERS SATIN, BRODERIES DE PAILLETTES ET PERLES DE VERRE, SS 1984

CLARE WAIGHT KELLER, MAISON CHLOÉ, ROBE EN MOUSSELINE DE SOIE, SS 2016

MAISON CHLOÉ, 2016

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