ANCOR | AW 2016

Quatre jeunes gens dans le vent croisés dans un store éphémère pendant la fashion week homme rue richer, 75010 Paris
Une mode inspirée des rigueurs de certaines lignes de fuite des architectures brutalistes.

De la gabardine, de la popeline, pour des lignes sobres et actuelles made in France. Une mode pour homme qui ne fait pourtant pas genre.
Encore ici

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Paper magazines

Demandé régulièrement par mes étudiants une liste non-exhaustive de magazines papiers d’hier à aujourd’hui.

Mis-à-jour régulièrement ici

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John Giorno, des mots aux images

John Giorno pourrait être un lointain cousin de Stéphane Mallarmé, l’auteur de « Un coup de dés jamais n’abolira le hasard ». Adepte du collage il manipule lui aussi la lettre, les mots et de leur combinaison crée autre chose. Chez Mallarmé fond et forme sont intimement liés, les mots imitent les dés qui roulent, on est dans l’illustration. Giorno se libère de ces limitations. A l’aube des années 80, à l’opposé des artistes de son temps, Gysin ou Burroughs (inventeurs du cut-up), qu’il a rencontré et admiré, il « transversalise ». John Giorno supprime la frontière entre les mots, les images mais aussi le son et les objets.

John Giorno considère les poèmes comme des objets faits à partir d’objets-mots. Stéphane Mallarmé est un poète, John Giorno est un poète des arts visuels, l’apparence du poème est importante.

Démocratisés les moyens de production nous permettent aujourd’hui de publier et de clamer son message aisément sur différents supports, allant du virtuel au réel (blogs, tee-shirt, flyers, tote-bag, etc.). John Giorno à dès les années 70 créé le label Giorno Poetry Systems et transposé ses poèmes sur bande sonore (poésie sonore) sous forme de compilations, sur papier et sur tee-shirt. Les mots sont considérés à travers le sens qu’est la vue.

La poésie concrète de Giorno fait penser à des slogans.

Que pense John Giorno de la révolution numérique et de la prééminence annoncée des images sur les mots? Alors que la succession d’images sur Instagram font de celles-ci un élément constitutif d’une histoire. L’image devient mot et invoque la parole.

Giorno considère la typographie, la couleur, la peinture, la toile comme des moyens, seul le poème est la partie artistique. Il choisit la couleur, le nombre de colonnes de texte, la taille des caractères afin de mettre l’accent sur certains mots, de donner l’impression que ces poèmes sont hurlés, chuchotés… Il s’empare de la mise en page. Les filtres des logiciels de retouches d’images permettent aux créatifs la même démarche, ce sont des moyens de recherche de sens.

Notre quotidien est saturé d’images, de mots et de sons, tous ramenés au même niveau de conscience, prouvant que l’engagement artistique de John Giorno est plus que jamais d’actualité.

 

 

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Mauvais genre

« Mauvais genre » dévoile la collection de photographies de Sébastien Lifshitz. Celle-ci révèle les jeux de changement d’identité sexuelle à travers le travestissement pratiqués par des anonymes durant un siècle.

A l’instar de certains pays du moyen-orient où aujourd’hui la mode ne peut s’exprimer que dans la sphère privée sous peine de sanctions. Pratiqués autant par les hommes que les femmes, ces « jeux interdits » devant l’appareil photo prenaient place dans l’intimité de l’intérieur. L’exposition nous rappellait que ces transformations sont ancrées dans le folklore, les bals et les carnavals de nos régions depuis des siècles (carnaval du Mardi-Gras, Midnight masquerades à Londres au XVIIIe siècle, bal du Magic City à Paris ou les Harlem Drag Balls de New-York, circa 1920).

A travers l’espace de la galerie du jour d’Agnès B on découvrait que ces bravades concernent autant des artistes, que des militaires, qu’elles dépassent toutes considérations ethniques ici ou ailleurs. Les femmes américaines du XIXe siècle sont beaucoup libres qu’en France, capitale de la mode féminine, où elles sont très surveillées avant le mariage. Voilà qui explique, en partie, la force du mouvement féministe aux Etats-Unis et le phénomène des drag queens.

Par delà le vêtement (sa coupe, sa couleur) et l’attitude, la « droiture » qu’il nous impose, l’exposition nous montre que ces transformations sont aussi l’expression d’une posture corporelle, une gestuelle. Le corps est un objet culturel et politique vecteur de l’expression d’un rapport de domination et de pouvoir (cf. Michel Foucault).

L’exposition nous renvoyait ainsi à notre quotidien où l’expression et l’acceptation de notre identité est encore, quoi que l’on en dise, un sujet sensible. A travers ces photographies amateur c’est notre regard sur notre société qui est convoqué, quand on sait qu’en France la loi interdisant aux femmes de porter le pantalon ne fut abrogée qu’en 2013…

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un des nombreux faux-mariages (Mock-wedding) tolérés dans les universités américaines au cours du XIXe siècle (interdits en 1910) qui affolait les institutions.
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Onnagata, acteurs développant et inventant une gestuelle afin de symboliser l’idéal féminin dans le théâtre japonais Kabuki.mauvais-genre-6 mauvais-genre-7 mauvais-genre-8 mauvais-genre-9

Ci-dessous,
à la fin du XIXe siècle, divertissements, dissidence sexuelle et politique dans les music-hall, « caf’-conc' », ou les premiers cabarets, véritables lieux de mixité sociale. Une rencontre entre burlesque et charme.mauvais-genre-10 mauvais-genre-11 mauvais-genre-12

Sébastien Lifshitz, collectionneur de photographie amateur et cinéaste (Les Vies de Thérèse, 2016; Bambi, 2013; Les Invisibles 2012)

A lire: Mauvais genre. Les travestis à travers un siècle de photographie amateur

 

 

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Errance new-wave

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Le look ! Pour Elle, over-maquillage et pommettes saillantes, brushing, rose fluo, veste blanche, pantalons à pinces… Pour Lui, costume de yuppie, cette cravate jaune improbable et le pin’s (badge). Toute la dynamqiue new-wave des années 80 captée par la RATP dans cette page de pub prise dans cnac magazine (circa 1980).

Remarquez le complet décalage avec la signalétique (le plan de ligne) au-dessus des acteurs qui semble elle encore coincée dans les années 70…

Ci-dessous The Face, une série sur le come-back de l’esthétique new-wave en 2011 chez Comme des Garçons Homme Plus, Roberto Cavalli, Versace, Giles Deacon, Alessandro dell’Acqua, YSL Rive Gauche…

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cnac magazine (1981-1989) | Masques et tribus

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cnac magazine n°12 (Centre national d’art et de culture) était le bimestriel d’informations artistiques et culturelles du Centre Georges Pompidou de 1981 à 1989. Au détour d’un article sur la pollution sonore et la présence accrue des walkman (avant celle de nos smartphones) dans les années 80, une série de masques (non-crédités) qui rappellent le travail du studio du néerlandais Bertjan Pot voire les inspirations tribales du travail de Charles Fréger.

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Ci-dessous, les masques de Bertjan Pot (2010) restent eux exclusivement figuratifs…
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Quand les monstres de Charles Fréger évoquent le tribalisme.
Série « Yokainoshima » et Wilder Mann
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En archives, les numéros 2, 4, 6, 7 (et un numéro spécial), 8, 9, 12, 14, 15, 16, 18, 22, 24, 26, 27, 41
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