Van Cleef & Arpels, l’air du temps

La montre-cadenas créée en 1935 (mais baptisée sous cette appellation en 1938, après s’être nommée Agrafe) était à l’honneur cette semaine dans les salons privés de l’Hôtel George V.
Inspiré par la Duchesse de Windsor, le fameux bijou « mis au centre de plusieurs vitrines est ainsi replacé dans le contexte artistique de son époque” me dit Catherine Cariou, responsable du patrimoine chez Van Cleef & Arpels.
« C’est l’occasion pour nous de montrer que Van Cleef & Arpels n’est pas que le Serti Mystérieux ou des créations aériennes » ajoute-t-elle.

Vendue aux enchères il y a 4 ans pour près de 400000 francs suisses (estimée alors à 40000 francs) l’emblématique montre-cadenas fut portée par de nombreuses femmes de caractère dont Paulette Goddard, épouse de Charlie Chaplin ou l’actrice britannique d’origine indienne Merle Oberon.

Ci-dessous:

Montre-cadenas en or jaune et saphir, 1943 van-cleef-arpels-cadenas-7

Montre-cadenas à couvercle

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Bracelet Ludo, platine et diamants, de la collection de Barbara Hutton. Pendule en cristal de roche, 1934, une récente acquisition des archives dans un style moderniste à la « Palais de Tokyo » (construit en 1937) et montre-cadenas en platine et diamants, identique à celle portée par la Duchesse de Windsor.van-cleef-arpels-cadenas-15

Au mitan des années 30 la Maison de haute-joaillerie proposait des créations plus massives et architecturées en résonance avec les travaux de Mallet-Stevens, Le Corbusier ou Sonia Delaunay.

Montre de poche en platine, cristal, saphir et diamants, 1930van-cleef-arpels-cadenas-6

L’idée de cette installation est de montrer le profil très moderniste de certains bijoux de l’époque qui s’appelaient alors « roulements à bille », « caterpillar « ou encore « tuyaux à gaz » à la même époque que la création de la Pivoine et son style floral en Serti Mystérieux.

Publicité parue dans Vogue, 1936

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Ci-dessous clip Chardon en or jaune et saphir, porté par la Duchesse de Windsor, 1937

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Les minaudières, petits coffrets destinés à recevoir tous les accessoires d’une femme du monde (carnet de bal, rouge à lèvres, poudrier…) sont toujours fabriqués mais seulement sur-mesure, chaque compartiment étant fait selon les désirs de la cliente. Le jour elle était glissée dans un sac en tissu de soie ou shantung, le soir directement à la main.

Ci-dessous minaudière avec montre en styptor, or jaune et saphir, 1934. Le styptor fait partie des nombreux brevets déposés par Van Cleef & Arpels durant les années 30. Il s’agit d’un alliage d’argent et d’étain donnant l’illusion du platine. Veuillez noter l’ouverture dans la sac en tissu laisse entrevoir la montre.

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Les bijoux de chaque vitrines sont accompagnés d’un petit carton illustré, dit “pancarte” dans le jargon des archivistes.van-cleef-arpels-cadenas-4

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Ces pancartes répertorient tous les bijoux et objets créés par la Maison depuis son installation Place Vendôme en 1906. Avec la première guerre mondiale les archives de 1906 à 1917 furent stockées en région parisienne et non récupérées.
Chaque pancarte comporte un numéro correspondant au numéro gravé sur le bijou, une gouache, le nom du bijou ainsi que le nom de son premier acheteur. Au dos on retrouve le poids de la pierre, du métal, l’atelier qui l’a réalisé, le prix à l’époque de sa fabrication, etc. soit “tout l’ADN du bijou”. Par confort d’utilisation toutes ces pancartes ont depuis été numérisées.