Nouvelles cooptations au Comité Colbert

Trois nouveaux membres ont intégré le Comité Colbert ce mois ci.

Bugatti, fondé en 1909, le constructeur de voitures de luxe français vient d’être coopté par les autres membres afin d’intégrer le Comité Colbert. Comme pour chacun des membres, l’intégration ce fait sur la base de cinq critères: l’ambition internationale et le caractère identitaire de la marque, la qualité, la création, la poésie de l’objet et l’éthique.

comite-colbert-bugatti

Les Prés d’Eugénie, autre membre adhérent, est une belle histoire familiale. Des hôtel-restaurant situés dans les Landes dont la création remonte à 1861. Le chef actuel Michel Guérard et sa femme Christine propriétaires de ce joyau ont prouvé par leurs actions leur affinité avec les valeurs du Comité Colbert.

Chaîne thermale

L’IRCAM, centre de recherches musicales et sonore fondé en 1969 par Pierre Boulez est unique au monde dans son genre. Transversal il oscille entre centre de recherche, atelier de production et école. Il est depuis ces dernier jours membre associé du Comité Colbert.

comite-colbert-Ircam

j j j

Van Cleef & Arpels, l’air du temps

La montre-cadenas créée en 1935 (mais baptisée sous cette appellation en 1938, après s’être nommée Agrafe) était à l’honneur cette semaine dans les salons privés de l’Hôtel George V.
Inspiré par la Duchesse de Windsor, le fameux bijou « mis au centre de plusieurs vitrines est ainsi replacé dans le contexte artistique de son époque” me dit Catherine Cariou, responsable du patrimoine chez Van Cleef & Arpels.
« C’est l’occasion pour nous de montrer que Van Cleef & Arpels n’est pas que le Serti Mystérieux ou des créations aériennes » ajoute-t-elle.

Vendue aux enchères il y a 4 ans pour près de 400000 francs suisses (estimée alors à 40000 francs) l’emblématique montre-cadenas fut portée par de nombreuses femmes de caractère dont Paulette Goddard, épouse de Charlie Chaplin ou l’actrice britannique d’origine indienne Merle Oberon.

Ci-dessous:

Montre-cadenas en or jaune et saphir, 1943 van-cleef-arpels-cadenas-7

Montre-cadenas à couvercle

van-cleef-arpels-cadenas-10

Bracelet Ludo, platine et diamants, de la collection de Barbara Hutton. Pendule en cristal de roche, 1934, une récente acquisition des archives dans un style moderniste à la « Palais de Tokyo » (construit en 1937) et montre-cadenas en platine et diamants, identique à celle portée par la Duchesse de Windsor.van-cleef-arpels-cadenas-15

Au mitan des années 30 la Maison de haute-joaillerie proposait des créations plus massives et architecturées en résonance avec les travaux de Mallet-Stevens, Le Corbusier ou Sonia Delaunay.

Montre de poche en platine, cristal, saphir et diamants, 1930van-cleef-arpels-cadenas-6

L’idée de cette installation est de montrer le profil très moderniste de certains bijoux de l’époque qui s’appelaient alors « roulements à bille », « caterpillar « ou encore « tuyaux à gaz » à la même époque que la création de la Pivoine et son style floral en Serti Mystérieux.

Publicité parue dans Vogue, 1936

van-cleef-arpels-cadenas-3

Ci-dessous clip Chardon en or jaune et saphir, porté par la Duchesse de Windsor, 1937

van-cleef-arpels-cadenas-8

Les minaudières, petits coffrets destinés à recevoir tous les accessoires d’une femme du monde (carnet de bal, rouge à lèvres, poudrier…) sont toujours fabriqués mais seulement sur-mesure, chaque compartiment étant fait selon les désirs de la cliente. Le jour elle était glissée dans un sac en tissu de soie ou shantung, le soir directement à la main.

Ci-dessous minaudière avec montre en styptor, or jaune et saphir, 1934. Le styptor fait partie des nombreux brevets déposés par Van Cleef & Arpels durant les années 30. Il s’agit d’un alliage d’argent et d’étain donnant l’illusion du platine. Veuillez noter l’ouverture dans la sac en tissu laisse entrevoir la montre.

van-cleef-arpels-cadenas-9

Les bijoux de chaque vitrines sont accompagnés d’un petit carton illustré, dit “pancarte” dans le jargon des archivistes.van-cleef-arpels-cadenas-4

van-cleef-arpels-cadenas-2 van-cleef-arpels-cadenas-1

Ces pancartes répertorient tous les bijoux et objets créés par la Maison depuis son installation Place Vendôme en 1906. Avec la première guerre mondiale les archives de 1906 à 1917 furent stockées en région parisienne et non récupérées.
Chaque pancarte comporte un numéro correspondant au numéro gravé sur le bijou, une gouache, le nom du bijou ainsi que le nom de son premier acheteur. Au dos on retrouve le poids de la pierre, du métal, l’atelier qui l’a réalisé, le prix à l’époque de sa fabrication, etc. soit “tout l’ADN du bijou”. Par confort d’utilisation toutes ces pancartes ont depuis été numérisées.

j j j

PFW | Augustin Teboul

Noire décadence dans les salons de l’Hôtel Meurice, l’impression de se retrouver durant l’âge d’or artistique de la République de Weimar revu par Annelie Augustin et Odély Teboul…

augustin-teboul-1augustin-teboul-5augustin-teboul-16augustin-teboul-6augustin-teboul-4augustin-teboul-3augustin-teboul-17augustin-teboul-15augustin-teboul-14augustin-teboul-13augustin-teboul-12augustin-teboul-11augustin-teboul-10augustin-teboul-9augustin-teboul-8augustin-teboul-7

j j j

Precious moments | Martell tricentenaire

martell-versailles-1

Quand on pense à la Maison Martell, on pense patrimoine, au sens d’une longue histoire. A l’heure où tout semble aller à des vitesses vertigineuses ou prendre des pentes aussi abruptes que le chute de rein de Kim Kardashian, avoir du patrimoine pourrait sembler désuet, hors de propos, voire anachronique.
Avoir traversé des tempêtes, des révolutions, des épidémies, des conflits internationaux ou des crises économiques, ne vous met à l’abri de rien et pour la Maison Martell il faut sans cesse aller de l’avant.

martell-versailles-3

Pour fêter ces 300 ans d’existence, Martell à mis en scène une journée hors norme à l’attention de quelques élus.

Tout d’abord s’éloigner de la capitale, rompre avec la frénésie. La météo est clémente en cette fin de journée du mois de mai. Direction le Château de Versailles avec un chauffeur privé pour les quelques 300 invités venus des 4 coins du monde. Israël, Nigéria, Japon, les Amériques et l’Europe, le Sri-Lanka, Taïwan, Singapour et la Chine… En tant que nouvel Eldorado, l’Asie est naturellement bien représentée.

Croiser Solange Knowles ou la délicieuse Diane Kruger, nouvelle ambassadrice de la Maison dans les vastes coursives du Château enchante cette soirée qui n’en n’est qu’à ses prémices.

Pendant que certains flânent et font des selfies dans la Galerie des Glaces, d’autres sirotent du Perrier-Jouët Grand Brut (autre fleuron du groupe) en contemplant les chefs-d’oeuvre d’André Le Nôtre le roi des jardiniers et le jardinier du roi.

À l’heure où d’autres Maisons flirtent avec les étoiles du Festival de Cannes, on nous annonce un moment exclusif qui viendra du ciel… Rassemblés sur le parterre de Latone d’où l’on peut profiter de la superbe perspective du Grand Canal nous suivons les consignes et gardons les yeux rivés vers les nuées…

Dans un bourdonnement royal une grande dame s’élance avec majesté au-dessus des cieux, la Patrouille de France et ses Alpha Jet entame un spectacle de haute-voltige devant nos mines ahuries.

Nous voici les heureux privilégiés d’un moment grandiose quand on sait que la Patrouille ne se met que très rarement en scène dans des manifestations privées.

Un moment sur-mesure où les pilotes font preuve d’une rigueur sans faille, d’une synchronisation parfaite, sans faire pour autant fi de l’élégance. Des notions partagées avec la Maison Martell et son maître de chai Benoît Fil.

À peine remis de nos émotions, chacun rejoint à son rythme les allées intérieures du Chateau où nous à été préparé un autre instant précieux.

martell-versailles-19martell-versailles-18

La team Martell et Pernod Ricard

martell-versailles-2 martell-versailles-12 copie martell-versailles-33martell-versailles-4 martell-versailles-5

Diane Kruger parmi les héroïques pilotes de la Patrouille de Francemartell-versailles-17

Jean Charles de Castelbajac & sonsmartell-versailles-7 martell-versailles-8 martell-versailles-9

Un véritable nuancier de couleurs, le cognac (générique) à sa référence couleur chez Pantone sous le numéro 18-1421 TCXmartell-versailles-10 martell-versailles-13 martell-versailles-14 martell-versailles-15 martell-versailles-16

Une salle plongée dans la pénombre, seulement mise en lumière par les murs-écrans qui projettent des anciennes campagnes d’affichage, œuvres d’artistes pour la Maison, 300 ans d’histoire mis en images survitaminées par des couleurs fluos ou des typos à effet néon. Ambiance night-clubbing sans la musique mais le brouhaha enjoué des invités.

Autour des tables les serveurs s’adonnent à une véritable chorégraphie, chaque plat du dîner préparé par l’illustre Paul Pairet est accompagné d’une qualité de cognac différente et participe à une petite mise en scène. Le dîner se conclura sur la dégustation exclusive de Premier Voyage, cognac évoquant un voyage en pays charentais où sont les meilleures vignes dixit le fondateur. Réalisé à partir de 18 eaux de vies sélectionnées dans les stocks (de 1868 à 1977), il sera produit à 300 exemplaires-monde (10000 euros la carafe habillée par Berner Venet).

Les tablées sont joyeuses, on se lève, on trinque, certains entonnent des hymnes. Ce soir le temps n’a pas d’emprise sur la Maison au martinet (l’oiseau) fondée en 1715 par Jean Martell, ce natif de Jersey.

Chez Martell on nous parle du souhait de concilier savoir-faire séculaire et nouvelles techniques de fabrication (impression 3D par exemple) mais aussi du désir de rencontres et d’échanges afin d’enrichir la manière de communiquer et d’informer. La révolution socio-technique qu’est la révolution numérique à impacté toutes nos habitudes. Comment une Maison de luxe tri-centenaire aborde-t-elle ce défi?

Car le temps ce bien si précieux, ce luxe peut parfois peut s’avérer être un handicap, une entrave aux élans, un frein à l’audace. Allier pérennité et dynamisme, mixer les générations comme un subtil assemblage, un blending, voilà le challenge qui se présente face à cette grande Maison.

Cette célébration fût une occasion de découvrir l’état d’esprit qui règne au sein de la Maison, rassurée depuis 2001, date à laquelle Pernod Ricard l’a ajoutée à son portefeuille tout en comprenant bien ses codes. Désir d’exigence, d’élégance et d’inscrire les 300 prochaines années  avec le même succès que les précédentes !

martell-versailles-20 martell-versailles-21 martell-versailles-22 martell-versailles-23martell-versailles-31

Moment précieux, lors de la dégustation de Premier Voyagemartell-versailles-24 martell-versailles-25martell-versailles-30 martell-versailles-27

j j j

La mode dans le monde occidental

Un bref résumé de la seconde journée du colloque international « Faire l’histoire de la mode dans le monde occidental » qui à pris place aux Arts Décoratifs en mai dernier.

« Depuis quelques décennies, la mode a cessé d‟être conçue comme un répertoire de formes en perpétuelle évolution, que le chercheur s’épuiserait à observer pour en faire l‟inventaire, aussi illusoire qu’inutile. A la suite des travaux de Georg Simmel, Norbert Elias, Roland Barthes, etc, les manières de vêtir et de parer le corps ont été abordées à partir de concepts qui ont inscrit l’individu dans un réseau de normes sociales. Les recherches menées en histoire du corps ont ajouté de nouvelles dimensions à ce domaine de recherche. Sur ces bases, et par référence aux processus contemporains qui promeuvent les modes de masse ou uniformisent la gestion des attitudes et des postures, les quelque soixante dernières années auraient pu voir naître des coopérations internationales plus nombreuses, plus ouvertes. Tel n’a pas été le cas et bien des cloisonnements demeurent.
Ce colloque international propose une réflexion pluridisciplinaire sur les expériences, les concepts et les discours des musées ou des universités, sur leurs origines intellectuelles et les cadres institutionnels qui permettent de les produire, dans la diversité des contextes locaux ou nationaux. L’objectif est de mieux comprendre les différentes logiques scientifiques pour faire apparaître de nouvelles convergences dans le domaine de la recherche, ouvrir sur une coopération internationale renouvelée. » —ArtsDécoratifs
Lien vers le programme

Le couvre-chef dans la première moitié de l’époque moderne, absent omniprésent

par Tiphaine Gaumy, doctorante, École nationale des Chartes – Paris Sorbonne.

– Le couvre-chef d’infamie
– La question du « salut, »,  qui consiste à retirer le couvre-chef (même le roi salue le paysan)

L’art du tailleur : étude des publications sur la coupe et de la construction des vêtements du XVIe au XVIIIe siècle

par Sébastien Passot, formateur en histoire de la mode et de costume au GRETA CDMA.

– Dresser un état des lieux des différentes sources pour étudier et refaire des vêtements anciens
– Ouvrages des tailleurs. Au XVIe siècle les vêtements ont atteint un certain niveau de complexité et ce depuis le XIVe siècle (cf. le pourpoint, le vêtement ajusté…)
– Les livres de “chef d’œuvre” (quelques exemples ci-dessous) sont des ouvrages conservés secrètement au sein de la guilde. Ils sont mis-à-jour (ce qui entraîne les modèles “démodés”)

La première source d’information sont des ouvrages du XVIe siècle dont 8 ou 9 sont conservés aujourd’hui, on y trouve:

♦ 1580, « POLISH TAILOR CUTTING GUIDE »

polish-tailor-cutting-guide

Lien

♦ 1580, « LIBRO DE GEOMETRICA, PRATICA Y TRAÇA »

Le livre numérisé (ce qu’il en reste!): lien

Il s’agit de la première publication imprimée basée sur la coupe (disposition sur le lé, soit une coupe économique) et non l’assemblage. L’ouvrage s’adresse aussi bien aux hommes qu’aux femmes. Auteur:  Juan de Alcega

♦ 1618, « GEOMETRIA Y TRAÇA PERTENECIENTE AL OFICIO DE SASTRES »

Un livre de patrons, 323 pages. Auteur: Francisco de la Rocha de Burguen

libro-de-geometrica

Le livre en version numérique

Vêtement réalisé à partir d’un des patrons du livre: lien

– Le tissu est extrêmement cher et précieux au XVIIe et XVIIIe siècle, donc l’économie de celui-ci est très importante. Toutes les chutes doivent être restituées. Le sujet est largement légiféré.

♦ 1671, « LE TAILLEUR SINCÈRE »

C’est le 1er ouvrage français sur la coupe. On y traite de vêtement atypiques, du vêtement militaire, ecclésiastique et du vêtement “de pauvre”. Auteur: B. Boullay

Le livre numérisé: lien

♦ 1769, « L’ART DU TAILLEUR »

Auteur: M. de Garsault qui a aussi écrit « L’art de la lingerie » (lien) et « L’art du perruquier » (lien)

– 1775, les femmes sont autorisées à exercer le métier de tailleur

Autre source d’informations…

– Par des savants et des peintres qui souhaitent transmettre l’information, une préoccupation très présente au XIXe siècle
– « A history of Costume », par Carl Kolher, 1928 à pour originalité de montrer les vêtements sur des modèles vivants. Le livre en pdf (lien)

– L’illustrateur français Maurice Leloir (Biographie)

– « The cut of women’s clothes, 1600-1930. », publié en 1968, auteure Norah Waugh, fait référence parmi les costumiers
Aperçu du livre: lien

– « Corsets & Crinolines », publié en 1954, auteure Norah Waugh et la question des dessous féminins
Aperçu du livre: lien

Ci-dessous Costume in details, Nancy Bradfield

nancy-bradfield

– « Patterns of fashion », publié en 1964 et « Queen Elizabeth’s wardrobe », publié en 1988, auteure Janet Arnold
Où l’on trouve pour la premiere fois des détails et des notes de construction.

Janet Arnold sur Pinterest: lien
Nécrologie de Janet Arnold: lien
Aperçu du livre Pattern of fashion: lien
Aperçu  de Queen Elizabeth’s wardrobe: lien

– Nancy Bradfield, présente les vêtements sous la forme d’un carnet de notes
Aperçu du livre: lien

… via une approche plus scientifique…

…s’adressant aux professionnels des musées

– « Costume close up  (1750-1790) » est un ouvrage essentiel publié en 1999 par les auteurs Linda Baumgarten, John Watson et Florine Carr, un examen en détail de la mode du XVIIIe

– « Seventeenth-century Women’s Dress Patterns » publié en 2012 par les auteurs Susan North, Jeremy Tiranami est un ouvrage très détaillé

– A consulter: « The school of historical dress » à laquelle font partis les écrivains sus-cités: lien

 … ou qui ne s’adresse pas forcément aux costumiers

À partir des années 80 plusieurs ouvrages seront publiés dont ceux de Johannes Pietsch (ci-dessous) qui à étudié le vêtement bourgeois du XVIIe siècle: lien vers son site et un passionnant Creative Mornings sur l’histoire du sac (lien)

johannes-pietsch-creative-morning-2

A voir à la rentrée Tulip Fever (avec Judi Dench, Cara Delevingne et Cressida Bonas ci dessous) ou l’actualisation du costume du XVIIe siècle.

tulip-fever-cressida-bonas

– Tout ces écrits permettent de connaître celui qui porte le vêtement, sa silhouette et son statut social, mais aussi celui qui à fabriqué le vêtement.

– Il est possible d’en savoir plus sur l’état du vêtement, sa datation ou s’il a été réutilisé pour des bals costumés par exemple.

– Etudier la coupe et la construction permet de transmettre au public quelque chose de rigoureux. Ce qui n’est possible que par l’étude.

Some famous british designers

– Norman Harnell, famous british designer of the british royalty: lien
– Brenda Naylor à écrit « The technique of fashion design », 1975: lien

Researching and Teaching from Things – Université de Brighton

Dress History Teaching Collection par Charlotte Nicklas, docteure, Dress History Collective, School of Humanities et Lou Taylor, professeure, Dress History Collective, School of Humanities, Université de Brighton.

– Enseignement à partir de la collection de l’école qui embrasse la période de 1775 à 2015 – Design history and museology based program (european, american and african)
– Les vêtements sont collectés grace à des donations, des achats dans des friperies, etc.
– L’objectif de l’école est d’accompagner l’enseignement par l’étude du vêtement ancien ou contemporain. Permettre aux étudiants de « toucher » et étudier les vêtements anciens.
– Promouvoir l’étude du vêtement du quotidien rarement présenté dans les collections des musées.
– L’université de Brighton collabore régulièrement avec Dominique Veillon, historienne, directrice de recherche honoraire au CNRS. Lien vers le site Histoire de Mode, de l’Institut d’Histoire du Temps Présent (IHTP) et les écrits de Dominique Veillon.
– A voir (ci-dessous) les nombreux imprimés de Walter Fielden Royle (1900-1981). Lien vers les archives digitales

walter-fielden-royle-prints

An unexpected story, exemple de cas d’étude autour d’un parasol ou la recherche depuis les objets (research and teaching from things)

– Notion de matérialité des objets

Ci-dessous parasol, circa 1850parasol-1850

Démarche des étudiants:
Observation > Prise de mesures > Observation du tissu et des franges > (…) > Les étudiants remarquent des écrits et notent que c’est une adresse (celle de la boutique) > Retour sur les lieux > Remontée dans le temps, à l’origine de la création de la boutique > (…) > Recherche online permet de trouver que cette ombrelle est un carriage parasol family > La recherche permet de retrouver sa gamme de prix qui est basse et donc d’appréhender le statut social de son propriétaire > (…) > Pendant toute leur recherche les étudiants collectent des données textuelles, iconographiques et sonores > Ils trouvent des tableaux d’artistes > (…) > Découvrent que ces parasols servaient à maintenir la pâleur du teint des anglaises > etc…

Il s’agit donc d’une veritable enquête, une investigation utilisant tout les moyens possibles: visite de musées, consultation en bibliothèque, Google search. À la suite de çà les étudiants produisent un mémoire de plusieurs centaines de pages.

Au sujet des « damaged clothes » – Université de Brighton

– L’université dispose d’une vaste collection de « damaged clothes », un matériau d’étude.
– Depuis le moyen-âge les vêtements en fin de vie étaient donnés à des chiffonniers contre « l’assiette du chiffonnier » (poteries, verres, etc.): lien,  puis vendus en gros.

Ci-dessous Chiffonniers, cité Valmy, Porte d’Asnières, photo Eugène Atget , 1913, épreuve argentique N&B
atget-chiffonniers

– Depuis la fin de la seconde guerre mondiale, les chiffoniers ont disparus et les vêtements sont restés à l’appétit des rats !
– Successivement pendant les années 60 puis au début des années 90 est apparu la vague du vintage et de l’upcycling auquel ces vêtements usagés ont participés avec des designers comme Marc Jacobs ou Xuly Bet

Ci-dessous, « damaged pull » vu chez Cosmo & Richard Wise, Londres

spitafield
– Cosmo & Richard Wise, célèbres vendeurs à Spitafield de vêtements (très) usagés sous le label De Rien, vend également aux studios de création pour l’inspiration. Voir le reportage de The Selby: lien
– En découle le courant hobo chic (littéralement clochard chic) qui est rapidement devenu un business pour Ralph Lauren et Philippe Plein (celebrity endorsement) vendant des vestes et des jean entre 1300 et 1700 euros. Chez Cosmo Wise la veste sur mesure est à 800 euros.
– « Where is the morality in the social media exploitation of actual hobos? »

hobos

– Ce vêtement définit aussi ce que l’on appelle le working class hero, célébré par Bob Dylan, Bruce Springsteen, John Steinbeck et John Galliano
– Toucher les vêtements anciens permet aux étudiants d’améliorer leur connaissance, cependant on ne peut pas porter un vêtement des années 50 aujourd’hui comme on le portait à l’époque. Une des principales raison est que l’on ne porte pas les mêmes sous-vêtements qui « sculptaient » le corps différemment.

– A visiter la boutique de Jocelyne Milani aux Puces de Vanves, Paris
– A voir: le site de Lois Davidson: lien

A lire les écrits de Lou Taylor (lien), professeure université de Brighton qui sont des références: lien

Fashion Victims

– A lire à la rentrée, une histoire du vêtement vue à travers ses victimes. Transmission de maladies (variole…), par empoisonnement, par accident ou enchevêtrement (cf. Isadora Duncan ou les process industriels) par transmission de substances toxiques employés dans leur fabrication (mercure…)

– A lire (septembre 2015): Fashion victims, The Dangers of Dress Past and Present : lien

– A lire un ouvrage sur l’usage de l’arsenic dans la coloration des robes au XIXe siècle et la phobie que cela à généré. James C. Whorton, « The Arsenic Century »: lien

Des peintures murales médiévales aux reconstitutions pédagogiques

par Nadège Gauffre Fayolle, doctorante EHESS, commissaire scientifique de l’étude et Pascale Court, responsable de l’unité Publics, Musée savoisien, Chambéry

Ci-dessous, fresque du château du Cruet, Savoie (source)

fresque-du-cruet

Des peintures murales de la fresque du Cruet (XIVe siècle), d’après le Roman de Girart, une étude à été menée et une reconstitution historique des costumes commandée.

– Le désir est d’accompagner le public avec la vérité scientifique, un travail de vulgarisation.
– Ne pas laisser ces discours uniquement aux scientifiques, désir de concrétisation
– Replacer le vêtement dans le contexte de l’évolution de la mode
– Identifier les matières des vêtements et des accessoires
– Transmettre la sociologie du fait vestimentaire (pas seulement la forme)
– Toutes ces informations sont rassemblées grace aux inventaires après décès, aux fouilles, etc.
– Le projet fait intervenir une historienne du costume et une couturière à qui ont été transmis toutes ces informations
– Il s’agit d’un travail d’adaptation de la coupe et des matériaux pour des modèles pédagogiques

Au sujet de Martin Margiela…

– « It’s not about fashion, but clothes, it’s timeless » —Marlene Mock

– « Fashion is sexy, art is up in the clouds. This is what makes Margiela’s case a bit more difficult to work out. He is both. » –Simon Grant

– « If you want a well considered knit, a fabulously tailored jacket, or a drapy tee that works so much harder than a basic should, then Margiela is the go-to brand. » –Claudia Croft

 

j j j

The belgians, an Unexpected Fashion Story

belgians-unexpected-2
Martin Margiela SS1991 © Ronald Stoops et Martin Margiela Hommes SS 1999 

A ne manquer sous aucun prétexte si vous êtes de passage à Bruxelles.

Surréaliste, avant-gardiste et explicite : voilà les maîtres-mots de la mode belge, qui jouit d’une réputation internationale. L’exposition offre un regard unique et historique sur l’ADN de la mode belge, du légendaire Groupe des Six d’Anvers, dont Dries van Noten, Ann Demeulemeester et Walter Van Beirendonck, aux créations originales de Martin Margiela, A.F. Vandevorst et Raf Simons. Outre ces créateurs confirmés, vous découvrirez des acteurs exerçant leur influence dans différentes disciplines de la mode et de l’art. Est également mis en lumière les intérêts des écoles de mode belge, en particulier la Modeacademie d’Anvers et La Cambre à Bruxelles.
Par ailleurs, l’exposition ne pouvait évidemment pas mettre de côté les nouveaux talents, tels que Jean-Paul Lespagnard et Christian Wijnants.

Curator : Didier Vervaeren
Co-production: MAD Brussels – Mode and Design Centre , BOZAR EXPO
Avec la collaboration du Fashion Museum province of Antwerp (MoMu)

Informations ici

Crédit photos: Ann Demeulemeester SS 1982 ® Patrick Robyn 1982, AF Vandevorst AW 2015-16 ® Ronald Stoops et Raf Simons SS 1998 ® Ronald Stoops (pour les photos de la bannière)

j j j