Semaine de la mode | Iris van Herpen

Chers lecteurs,

Piet Mondrian, Li Edelkoort, Droog design, Viktor & Rolf… non la Hollande n’est pas que le pays des fromages et des tulipes…

Mélange des genres chez la créatrice néerlandaise Iris Van Herpen où Art et Mode ne font décidément qu’un. A la Cité de la Mode et du Design on découvre une mise en scène étonnante, qui fait crépiter d’excitation les heureux invités de ce qui promet d’être un show singulier, certes un euphémisme quand il s’agit d’Iris Van Herpen.

Trois mannequins emballés sous vide dans d’immenses pochettes plastiques, une installation réalisée avec l’artiste belge Lawrence Malstaf, laissent un brin perplexe. Inside et outside, vie et mort, entre position fœtale et congélation pre-mortem (en vue d’une cryogénisation?) on oscille entre malaise et enthousiasme, un constant va et vient émotionnel, essence du travail d’IVH. La créatrice (doit-on dire l’artiste?) par cette collaboration, nous invite dans cette présentation pré-défilé, à une réflexion sur le corps et son interaction avec son environnement.

interdisciplinarité

Les chaussures toujours réalisées en collaboration avec United Nude sont l’expression parfaite de cette interaction vêtement/corps, ou quand la forme vient modifier le comportement, le mouvement.

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Iris Van Herpen n’envisage pas son travail sans collaboration avec des créateurs venus d’autres horizons, ce qui n’est pas monnaie courante dans la mode. Architecture (les robes en 3D sont issues d’uen collaboration avec l’architecte australienne Julia Koerner), science, technologie ou design industriel, l’Homme est toujours au centre de ces disciplines, il en va de même, pour un designer de mode.

Elle pratique l’interdisciplinarité au-delà des « classiques » imprimés réalisés par un artiste pour une collection… Les choix et les collaborations artistiques d’IVH n’ont pas de visées commerciales préméditées.

flou 2.0 et tailleur 2.0

La collection, pour ceux qui en seraient restés aux vêtements sculptures, est saison après saison de plus en portable. Il y a de nouvelles fluidités et proportions. La technologie évoluant, l’impression 3D permet de réaliser des vêtements de plus plus souples commente la créatrice. Robes, jupes (le flou), vestes (tailleur) et pantalons côtoient les robes-sculptures issues de son imaginaire.

À la sortie du défilé, il y a inévitablement quelques piques de ci de là: « ce n’est pas un défilé de mode, il n’y a pas d’accessoires, pas de sacs » entend-on. Et l’envie de répondre que dans cette fashion week marathon, des shows comme celui-ci sont aussi de véritables ballons d’oxygène, abolissant les frontières et permettant d’étendre le champ d’attention sur la discipline. Rick Owens, autre décloisonneur des diktats, Felipe Oliveira Baptista, Michèle Lamy et Jean Jacques Picart (ci-dessous) ne s’y sont pas trompés.

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artisanat 2.0

Autre versant important du travail d’IVH est le rapport intime qu’entretiennent artisanat et technologie, cela va d’une robe élaborée entièrement à la main (2 à 3 mois de travail) jusqu’à  un modèle confectionné par une imprimante 3D (pouvant nécessiter 8 mois de travail). Pour l’hiver 2014, plusieurs modèles de la collection (ci-dessous) montrent des broderies originales faites de grosses perles intriquées dans des fibres.

Iris Van Herpen est une de rares créatrices à mettre en avant de manière aussi poussée, l’inclusion de la technologie dans la mode ou la naissance d’un artisanat 2.0 en quelque sorte. Une vision de la mode de demain où l’on imprimera chez soi des vêtements téléchargés sur le réseau.

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Oui, c’est bien Hannelore Knuts qui s’est faite emballée…

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Pour continuer la lecture:
+ Iris Van Herpen Explains Her Plastic Costumes for the New York City Ballet (ici)