Young Bloods | Kathleen Kye, la plus engagée

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Photos © Kyefashion.com

Diplomée de Central Saint Martins, Kathleen entreprend la construction de sa marque internationale de streetwear haut de gamme en Corée tout en défilant à la Fashion Week de Seoul et celle de New York.

Kathleen se veut une créatrice engagée en combinant Mode, Art et sujet de société.
Ayant pour habitude de réagir sur la culture coréenne, elle choisi cette saison de disséquer la place prise par la chirurgie esthétique dans la culture asiatique. Dépeignant ainsi, par l’utilisation du sparadrap, les blessures mentales d’une jeunesse peinée.
«Healing for the pained youth» -nom de la collection- pourrait devenir le manifeste d’une jeunesse oppressée par les diktats de la société.

Ce que nous pouvons retenir: le message socio-politique qui émane de son univers créatif, le motif sparadrap all over, l’inspiration urbaine de ses créations.

A découvrir ici

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Semaine de la Mode | Filles à papa

Dear readers,

I have always been a fan of Filles à Papa since i met this brand two years ago. For me it mostly about screaming words printed/sew or embroidered on garments, it’s about pop culture and freedom. During the Fashion week in Paris, F.A.P held a showroom for one night near of Republic district.

F.A.P garments have no boundaries, from oversize sweats to tight skirts, blowing winds of rebellion. Words like brand names in a vast supermarket. Words like provocative punk-rock slogans or graffitis yelled at our face but with a touch of glam’ and humour, a difficult balance beautifully maintained by Carol and Sarah Piron the two sisters founder of the belgian-based brand.

Nothing to do with those too-many-so-called-brands making buzz-tee-shirt with « the catchy word » on it. Carol and Sarah are respectively graphic designer and fashion designer, that why i suppose, typography, illustrations and shapes are easily joining. Mixing proportions, rawness and softness, their collections are dynamic and create a real attitude and coolness for girls.

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Below Carol Piron

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and Sarah Piron.

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Laure Capitani (WBDM) and designer Jean Paul Lespagnard

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Below Giles, washdown hoodie w/ « Retarded » sequin badge

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Kiser, velvet cap with « Loser » sequin badge, « Pop » tee-shirt and « Irvine », checked overskirt

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and « Lenny » oversize wool coat, « Jodie » oversize printed blouse and « Wall », velvet pant with grease marks at the bottom.

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Peau neuve #3 | Illusions

« Beyond the body », Imme Van Der Haak

« Beyond the body » met en scène le travail d’Imme Van Der Haak, designer dont l’oeuvre est portée sur la perception de la « normalité ». Ici, les secondes peaux transforment, cachent puis, comme un doux dépeçage, laissent à nu, vulnérable. Une scène intime, légère, et troublante. Une sorte de séduction visuelle, où l’oeil se laisse porter par l’illusion des deux corps en fusion.

Source: ici

Beyond the Body
A perception of appearance and identity

My work focuses on altering the human form by affecting its figure with just one simple intervention. Photos of the human body are printed onto translucent silk which will create the possibility of physically layering different body’s, ages, generations and identities.
In a dance performance, the moving body manipulates the fabric so the body and the silk become one, distorting our perception or revealing a completely new physical form. The movement then brings this to life.
Beyond the body brings into being an ambiguous image that intrigues, astonishes or sometimes even disturbs.

« Silk Issue », Exhibition Issue

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On retrouve L’idée, dans la série de photos de Daniele + Iango (duo de photographes ayant principalement travaillé pour Vogue, I-D, Muse…) du dernier magazine EXIBITHION, « silk issue », notamment en couverture. Les foulards imprimés sont portés en cagoules, façon Maison Martin Margiela (ici) et laissent le choix de deux lectures: instinctive ou réfléchie (prise de recul) au moment où l’oeil arrête de « voir » et « regarde ».

Source: ici

Bohyun Yoon

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L’illusion associée au corps est aussi très présente dans le travail de Bohyun Yoon. L’artiste utilise le miroir, notamment dans ses travaux « Mirror Costume » (ici) « Multiplication » (ici) ou encore « Merge » (ici), qui lui permet d’aliéner ses sujets, de créer des volumes, par simples jeux de reflets.

Source: ici

 

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Love | Stephen J. Shanabrook and other (distorded) faces…

Ai découvert récemment « Paper surgery » le travail de Stephen J Shanabrook et Veronika Georgieva réalisé entre 2004 et 2006 et réutilisé par Comme des Garçons en 2010 pour leur campagne de communication. Ce travail m’a rappelé celui de Rupert Shrive découvert il y a quelques années (voir ici).
A partir du même médium et d’une thématique commune, le papier froissé et le visage, les artistes développent des sujets à la fois proches et divergents. Là où Rupert Shrive travaille sur des visages qui semblent grimés, aux couleurs très contrastés, des « masques » glamour en volume (3D) où il règne une certaine théâtralité, le duo composé de Shanabrook et Georgieva crée des visages en à plat (2D) dont le rendu ressemble à une photo vue derrière du verre brisé.

Les visages sont extatiques chez Rupert Shrive (influencé par la sculpture « l’Extase de Sainte Thérèse » de Bernini), en souffrance et découpés au scalpel chez Stephen J Shanabrook et Veronika Georgieva.

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Nota Bene

Ci-dessous Diptych (détail), 2008 – Rupert Shrive

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On pense aussi à « Scotch tape » (détail) du photographe Wes Naman (ci-dessous), suite ici

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Ainsi qu’aux « Fashion faces » de Bela Borsodi

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Semaine de la mode | Devastée

Devastée, fondée en 2004 par Ophélie Klère et François Alary, est issue d’un projet artistique. Ses créateurs, qui dans leur début abordaient le vêtement comme une oeuvre (réalisé en pièce unique), font parti de ces designers qui oscillent entre art et mode.

Aujourd’hui, c’est volontairement « exilés » en province que travaille le duo. Comme l’explique Francois Alary, c’est une fois « lavé » de toutes influences que l’on peut se retrouver. Une démarche créative différente, un travail d’introspection en total harmonie avec la marque. Un univers contrasté, second degré, à la fois funéraire et ludique, où le vêtement, noir et blanc, binaire, est traité en ombre et clarté.

Cette saison, la mise en scène donnait le ton. Une sorte de cimetière futuriste, monochrome, occupait le centre d’une vaste pièce.

Des silhouettes aux allures de jeunes filles, semblaient traverser le tableau « Pier and ocean » de Mondrian (ici). Portant jupes culottes, cols ronds, coupes 60’s « innocentes » couvertes de motifs revisitant les codes gothiques. Motifs amenés de manière ludique, détournés, qui portés en all-over ou accumulés, deviennent une unité, jouant avec l’oeil à la manière de l’Op Art.

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Ci dessous Pier and Ocean, 1915 – Piet Mondrian

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Des créateurs qui se concentrent sur leur univers, créant une forte identité graphique et visuelle. Ils n’oublient pas que la mode est aussi un moyen de communication et d’expression. Ils n’hésitent donc pas à faire passer des messages, on retiendra le « je ne décroche pas ».devastee-6

 

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Crossover | Georgia O’Keefe in RGB mode

I love the hybridation between the painting of Georgia O’Keefe she made when living at Alfred Stieglitz’s family estate in Lake George, New York and the TV screenshot of the famous show of The Cure in Berlin, 2002.

From the Lake, No. 1, 1924 (cropped) – Georgia O’Keefeokeefe-from-the-lake-1

Video still from the song « Pornography » from the The Cure, live in Berlin

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Event | Proenza Schouler

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Pour les fashionistas, leur succès à depuis longtemps traversé les océans… L’exposition qui prend place au Bon Marché depuis quelques jours permettra au plus grand nombre de découvrir le travail de Lazaro Hernandez et Jack McCollough créateurs en 2002 de la marque Proenza Schouler.

Quatre vingt modèles exposés (auxquels s’ajoutent une collection capsule exclusive) permettant d’appréhender l’univers d’une des maisons représentant le luxe en version américaine.

Imprimés très élaborés, allant d’une modernisation du style « native american » à des inspirations venues de Gerhard Richter. Un important travail sur la matière et une utilisation poussée de la technologie sont les éléments qui donnent à leurs créations un caractère singulier sans équivalent ici en Europe. Références culturelles au passé, artistiques et technologiques, un mix and match reflétant l’époque où nous vivons.

Proenza Schouler sont sans doute amenés à marquer la prochaine génération de la mode américaine comme leurs illustres prédécesseurs avant eux, Ralph Lauren, Calvin Klein ou Donna Karan …

Avec une mode américaine jeune, née avec l’ère industrielle et celle de notre pays, riche de centaines d’années d’histoire du Costume semble s’installer des clichés sur nos antagonismes. Tout comme la fashion week new-yorkaise hyper connectée et la semaine de la mode parisienne qui préfère cultiver, à de très rares exceptions près, sa distance envers ces liaisons qu’elle suppose dangereuses pour la mode.

On constate, tout comme au cinéma, que l’Amérique sait véhiculer un dynamisme et une énergie sans égal. Lazaro Hernandez et Jack McCollough sont de jeunes créateurs possédant leur marque en nom propre, disposant déjà  d’un certain rayonnement international et jouissant d’une réalité commerciale, un ‘combo’ assez rare par ici.

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Le fameux PS1 en version pochette multicolore

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Devinez qui vient dîner ce soir… Mme Delphine Arnault

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Ci-dessous la très attendue la robe de la collection Printemps-Eté 2014, dont une version était déjà  portée par quelques adeptes de la marque ce soir-là…

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Young Bloods | Simone Rocha, l’étrangeté londonienne

Photos © style.com

Fille du créateur John Rocha, diplômée du National College of Art and Design de Dublin ainsi que de la Central St Martins School, à seulement 27 ans, la créatrice irlandaise Simone Rocha exalte le monde de la mode.

Après avoir expérimenté la féminité lors de la Fashion Week, fall 2013, Simone Rocha semble faire preuve de maturité.
Il semblerait que cette saison (spring 14) soit la fin d’une innocence; la créatrice explore ainsi l’autorité sexuelle -entre voyeurisme et pudeur- à travers une collection poétique.

Ce que nous pouvons retenir de la collection: les découpes coquines, l’utilisation du polychlorure de vinyle, son approche poétique et avant-gardiste du vestiaire féminin.

« J’aime expérimenter, mais en privilégiant toujours la féminité. Car les femmes veulent avant tout porter de beaux vêtements. » dit-elle.
Son sens de la coupe, son innovation de construction ainsi que sa recherche de modernité font d’elle l’une des créatrices les plus prometteuse de Londres.

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