Des frères Sternberg à  l’art cinétique en passant par la datavisualisation…

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Above: Hans Behrendt’s « Six Girls Seeking Shelter », 1927

Découverte par hasard, l’affiche (ci-dessus) du film « Six girls seeking shelter » des frères Sternberg (Vladimir -1899-1982- et Georgy -1900-1933-), graphistes et artistes du mouvement constructiviste m’a rappelé cette initiative du New York Times qui a eut lieu lors de la dernière fashion week et la manière dont je l’avais réinterprété avec mes élèves.

Des frères Sternberg à la datavisualization

Les journalistes du New York Times ont fait appel des programmeurs. Ces poètes du code informatique ont développé, via d’hermétiques algorithmes mathématiques une application permettant de synthétiser les données (datas) couleurs des différents shows.

Sans programmation, juste par leurs observations et quelques sélections dans Adobe Photoshop, les futurs designers de Mod’Art ont reproduit l’exercice du quotidien américain, obtenant une vision rapide de la gamme couleur d’un défilé ainsi qu’une information sur les longueurs… Certains d’entre eux allant même à faire des propositions audacieuses (synthétiser les broderies, les imprimés…). Par souci d’immédiate lisibilité ces propositions furent écartées, le résultat devenant trop complexe à décoder.

L’initiative du New York Times peut être classée comme étant de la datavisualization (représentation graphique de données) adapté aux défilés de mode. En jetant un œil à quelques boards Pinterest on constate que c’est un domaine où la forme graphique compte beaucoup.

Ci-dessous, la datavisualisation réalisée lors de notre workshop à Mod’Art Paris.

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La rencontre entre la technologie et la mode, dans le cadre d’analyse des couleurs fonctionne parfaitement et permet ici de rendre explicite, de manière agréable et rapide des informations. Le résultat peut être apprécié autant à des fins créatives et stratégiques au sein d’un bureau de style, des fabricants, etc… qu’à des fins créatives et esthétiques.

Ci-dessous la datavisualisation des défilés DSquared et Yohji Yamamoto est empreinte d’une vibration et d’une musicalité insoupçonnée. On y lit une rythmique savamment orchestrée par la direction artistique du défilé. Chez DSquared, un défilé acidulé aux deux tiers et des filles très court vêtues. Chez Yamamoto les couleurs viennent s’intercaler entre les passages sombres.

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En quelques clics de souris nous pourrions apposer la gamme couleur synthétisée sur le mannequin à la manière des Frères Sternberg…

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De la datavisualisation à l’art cinétique…

… et y voir une robe Mondrian (Yves Saint Laurent, 1965, photo Peter Knapp) revisitée…

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ou « les sportifs » de Kasimir Malevich, 1930-1931

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ou encore une robe Poliakoff (Yves Saint Laurent, 1965, automne-hiver)

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voire les Compositions de Serge Poliakoff qui aurait subit la loi de la ligne verticale.

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Ou encore les expériences vibratoires de Piet Mondrian (Broadway Boogie Woogie, 1942-1943)

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et les œuvres cinétiques du peintre vénézuélien Jesus Rafael Soto (Polychromie avec tés, 1980)

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Mais peut-être faut-il remonter à l’année 2011 où Fashionary publiait une série de posters intitulé Fashionary 8-bit en référence au graphisme rétro des années 80.

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Antonio Lopez | Album privé

Grace Jones

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Antonio Lopez dit Antonio était styliste, ami de Karl Lagerfeld. Illustrateur de mode phare, au style protéiforme, de la fin des années 60 jusqu’à  sa mort en 1987 et photographe, ami de Bill Cunningham. On pourrait ajouter à cette liste d’habiletés celui de découvreur de talents. Pat Cleveland, Jessica Lange et Jerry Hall sont parmi les vedettes qu’il a révélés, lui qui photographiait tout le monde tout le temps.

Il se disait volontiers Pygmalion: « C’est vrai, je suis toujours en train de chercher une fille qui m’inspire, qui dégage un air de sensualité que je pourrai façonner jusqu’à  l’idéal » ou encore « (…) Je cherche toujours une nouvelle manière de dessiner une femme. Une ligne, un pli, une forme me suffit. Je souligne, j’exagère, j’accentue et quelque chose de nouveau se crée. Je la modèle je ‘l’exploite’ donc, mais en échange je lui apprend l’art du maquillage, de la coiffure, l’art de revêtir, de se tenir (…) et de faire vivre les vêtements qu’elle porte. Je la transforme totalement, et en général, cela lui réussit. »

Cette série de nus fait avec un Instamatic 100 rassemble quelques-uns des modèles de ce héraut de la jet set, ce « Million dollar babie’s man » comme le surnommait la presse américaine d’alors.

Betty Davis

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Nina

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Anabelle

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Betty Downs

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Jane Forth

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Patti d’Arbanville

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Les illustrations d’Antonio Lopez sur style.com

 

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