Mr. G, à  point…

Chers lecteurs,

Gilles Chavet, aka Mr. G se rend chaque saison à Limoges où il confie ses inspirations à une jeune femme, qui en plus de travailler dans une fabrique de porcelaine est une passionnée de la peinture sur porcelaine.

Depuis quatre ans qu’il crée ses boutons de manchettes, Mr. G vient à point nommé en cette période de festivités qui s’annonce… À partir d’une photo « du dôme des Invalides », d’une typographie, d’un récit, d’un croquis, chaque modèle se charge d’une histoire, écrite grâce au savoir-faire de l’artiste.

Faits main, nécessitant une cuisson de 8 heures à 1200° C par couleur et avec les diverses expérimentations il peut donc se passer plusieurs jours pour réaliser un modèle comportant plusieurs tons.

Chacun peut venir avec son propre « design » qui sera dès lors repris et singularisé par des mains expertes.

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Ci-dessous, Mr.G , lors d’une réception organisée par Laurence Falguer, Gifting

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Modoscopie | Gert van de Keuken, « tendance humaniste » (studio Edelkoort)

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Gert van de Keuken, during Tranoï Preview, Summer Spring 2014

Il aime les gens, être avec eux et les écouter. Passionné de danse contemporaine et de musique, il aurait, dit-il, aussi pu être jardinier ou cuisinier. A la fin des années 80, alors étudiant aux Beaux-Arts, la directrice de l’Académie de Mode de Arnheim lui conseille de prendre contact avec « la prêtresse des tendances », Li Edelkoort, une rencontre qui modifiera sa vie professionnelle…

Dans une veste hésitant entre le bleu Klein et le bleu de travail, un pantalon camel roulotté aux chevilles et des sandales, le geste économe et le verbe choisi, le directeur de création du studio de tendance le plus sollicité de la planète, me dit travailler « à l’intuition ».

Archéologue du futur

Cette méthode « visionnaire » et « instinctive », mâtinée de rigueur néerlandaise, ne pourrait exister sans « l’expérience, l’observation et l’ouverture vers l’inconnu » prévient Gert. La « générosité » et « l’honnêteté » de leurs études est issu du caractère de Li et ont fait leur succès. « On se permet de dire les choses que nous sentons vraiment, on ne va pas s’adapter et donner les réponses attendues par nos clients. Il n’y a pas de compromis. » indique le bras droit de la prévisionniste.

Avec son équipe, il répond aux demandes très spécifiques de clients venus de domaines aussi variés que l’automobile, la téléphonie mobile, le design et bien entendu la mode… « On creuse, on capte, nous sommes des archéologues du futur » me dit-il. Par delà la tendance, il s’agit de d’apporter des réponses sur les matières, les couleurs ou le comportement du consommateur. Et en 25 ans, les démarches de leurs clients ne sont plus les mêmes. Le studio se doit répondre plus vite à des réponses de plus en plus compliquées.

Il ne s’agit pas seulement de style, mais de durabilité d’un produit, de la provenance d’une tendance, d’accompagner une marque ou encore de responsabilité environnementale…

Le textile: « la toile de la vie »

Le studio de Li Edelkoort est réputé pour son amour du textile.

Ces dernières années, le textile est devenu « très plat », on est passé par une phase de mode « embourgeoisée » symbolisée par le trench-coat en délaissant l’expression textile et la tactilité. Et Gert d’expliquer que le textile est « la toile de la vie », que l’on peut voir dans l’évolution technique du tissage la trame du temps. Ainsi « l’industrialisation » avec l’apparition des motifs géométriques, « les années 80  » où l’on tissait tout en diagonal, « les années 90  » avec les effets de transparences (new-age), « on voit même arriver l’Orient-Express ! » lance-t-il.

Paradoxalement à notre période qui met en avant l’artisanat, il y a moins de complexité technique et moins de savoir-faire (tissage folklorique, tribu…) dans le tissu d’aujourd’hui, c’est aussi l’influence de la fast-fashion.

Un monde plus libre et hybride

Nous vivons dans une société multiple où l’on peut être à la fois, jardinier, photographe, créateur de mode ou musicien.

On a une adaptabilité à faire plusieurs choses.

Époque à double tranchant où l’on joui, pour certains, dans nos sociétés occidentales d’un choix varié, mais aussi d’un risque de confusion.

Le studio Edelkoort accompagne les marques afin qu’elles s’identifient et mettent en avant leur potentiel. Au milieu d’une overdose d’information et de choix, il faut savoir analyser, transcrire et présenter ces données, ce que Gert illustre avec une métaphore: « comme en cuisine nous avons tous les mêmes ingrédients, tout est question de savant dosage ».

La culture pour tous

Le visionnaire néerlandais explique que la culture doit être au centre des préoccupations. « La culture se vend très bien, il n’y a qu’à voir le succès des musées. Ils n’ont jamais autant vendu de tickets et de catalogues. Ils louent leurs espaces aux marques de luxe, organisant défilés de mode ou des partenariats avec des artistes. La culture est libre d’expression et n’est pas réservée à quelques happy few, elle apporte du progrès dans l’innovation ».

Gert van de Keuken, pense qu’éduquer, développer la curiosité et les expériences de manière transversale au service d’une énergie créatrice, favoriserait les échanges entre culture et industrie. Il défend une vision idéale et humaniste de son métier.

Un besoin d’intensité

Depuis la seconde guerre mondiale, on ne communiquerait que pour consommer. Puis au tournant des années 2000 le consommateur a pris un nouveau rôle dans la société, il est plus impliqué et informé (merci le web !). L’industrie est en quête de « sens » et cela se manifeste par « un désir d’iconisation ». Les boulangers créent des éditions spéciales, les sacs deviennent des « it-bags », chaque production se dote d’une « expression », d’une idée…

Ce besoin de design (du latin designare) « poser un signe sur les choses », de les mettre sur un piédestal, est une forme de fétichisme. L’exposition « Fetichism in fashion » dirigée par Li Edelkoort au MoBA (Arnhem, Pays-Bas) développe cette idée. « Plus qu’une tendance, il s’agit d’un grand message qui peut prendre place pour 10 ou 20 ans. » souligne Gert. On peut imaginer que cela va entraîner une nouvelle façon de produire et de « marketer » les choses. Le « it-objet » devenant un fétiche sur lequel on reporte tous nos désirs.

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Dans une société où tout est dilué, où les jeunes générations ont une adaptabilité, une propension (et les moyens technologiques) à faire plusieurs choses en même temps il y a un réel besoin de s’exprimer et ce quelque soit le sujet…

Sur certains réseaux sociaux comme Instagram certains comptes prescripteurs déclenchent des milliers de « like » pour des photos des plus anodines (vernis à ongles, cupcake, gobelet de Starbucks coffee…). Aujourd’hui, on ne se bat plus, on ne revendique plus pour porter un jean ou un piercing, mais pour plus d’intensité, plus de sensations et plus de volume. On veut toujours plus, un parfum « plus pur », plus de 100%. « Tout cela est très positif ! », dit Gert avec le sourire.

[toggler title= »Le studio Edelkoort, Trend Union et Li Edelkoort » ]

Installé depuis 25 ans au sein du XIVe arrondissement de Paris, dans une ancienne petite usine qui fabriquait des meubles puis des prothèses, le studio Edelkoort est un bureau international. Une dizaine de personnes sans véritable limite d’âge y travaille quotidiennement, « c’est un métier où il n’y a pas d’âge et auquel on pense 24/24  » .

Outre Paris (Trend Union) et les Pays-Bas, le studio possède des bureaux à New-York, Tokyo et des agents dans plusieurs pays, dont la Chine et le Brésil, pays dits « émergents », formant ainsi un vaste réseau. Présent sur le contient africain, en Afrique du Sud et particulièrement au Bénin où il soutient depuis 20 ans l’artisanat et dessine des collections en tye en dye.

Li Edelkoort, n’est pas seulement un « gourou », mais une véritable femme d’affaire et une collectionneuse de pièces de design et de mode. Un partie de cet entretien, ainsi que des photos complémentaires ont été publiés dans le magazine ISAL Paris.

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Azzedine Alaïa, l’excellence

Les louanges sont au rendez vous lorsque l’on évoque le créateur Azzedine Alaïa. Des créations au rang d’œuvres d’art, loin des images d’une certaine industrie du luxe. Fasciné par le corps féminin, Azzédine Alaïa, sculpteur issu des Beaux-Arts, le sublime de façon prodigieuse, « un véritable artiste qui crée son œuvre comme bon lui semble ».

Afin de célébrer sa rénovation, le Palais Galliera accueille l’œuvre du visionnaire, des créations en écho à l’envergure du lieu. Les silhouettes nous apparaissent comme des statues où vêtements et corps ne font plus qu’un, comme s’ils avaient été façonnés dans le même moule. Olivier Saillard, directeur du musée, choisi de mettre en scène les créations sans vitrine, afin de initier un dialogue entre elles. Les modèles semblent alors prendre vie à travers les courbes féminines.

En observant l’œuvre du maître, le rapport au corps est une évidence, structure, souplesse, sculpture, sont les mots récurrents lorsqu’on évoque son œuvre.

 

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Couturier à la prouesse technique impressionnante, ses créations peuvent se référer, par la sensualité et la sublimation des courbes du corps, à la Vénus Génitrix. Le travail de drapé et de coupe rappelle également l’œuvre de la révolutionnaire Madeleine Vionnet. Le vêtement Alaïa est structuré de façon à épouser parfaitement les formes du corps.

Loin des grandes industries de mode, des tendances ou du rythme rigoureux des collections, Azzédine Alaïa présente ses collections comme il lui plaît et agit en adoptant une posture d’artiste ou d’artisan indépendant.

Il nous dit avoir reçu le meilleur apprentissage de ses amies: « apprendre la mode avec les femmes ». Alaïa crée avant tout des robes pour ses proches: de Greta Garbo à Rihanna en passant par Michelle Obama ou Grace Jones.

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Le créateur modèle et façonne des silhouettes aux proportions novatrices. Certaines robes semblent d’ailleurs venir tout droit du vestiaire du moyen-empire égyptien tant elles épousent parfaitement les courbes du corps. Des créations qui perdurent dans le temps et qui ne se résument pas à une époque tellement elles sonnent justes, intemporelles.

 

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« Mur-Mer », une photo de Sarah Le Guern

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Trois lignes, dégradé de couleurs terriennes, strates géologiques séparant la mer d’un espace blanc, un mur(?) immaculé, à la lumière aveuglante comme les reflets du soleil sur la mer en été. Sarah Le Guern nous propose une lecture graphique et esthétique d’un paysage.

Aux trois-quart inférieurs, un espace vertical, fait de couches, somme de nos expériences de vie accumulées et choisies, s’oppose à l’horizontalité et la singlularité de la mer. Doit-on grimper ce mur de forteresse et y voir la mer en contrebas? Ou alors doit-on avancer sur plusieurs centaines de mètres pour y atteindre la mer?

Les repères tridimensionnels sont brouillés, l’horizon n’est plus et notre vision est ramenée sur un plan unique. Les plages de galets du Havre qui ont accompagnés sa prime enfance ont sans doute donnés à la photographe Sarah Le Guern des envies d’horizons… La mer symbole de l’immensité est réduite ici à la portion congrue. Les echelles sont boulversées, comme s’il fallait désapprendre pour avancer à nouveau.

Cette nature morte, « propre », aux lignes parallèles, témoigne d’un souci quasi-perfectionniste de la composition et du cadrage. Sarah Le Guern « dessine » avec son regard, des photos à l’esthétique rigoureuse.

Passer de la verticalité à l’horizontalité sont deux logiques différentes. Une liberté, un changement de cap comme les affectionne Sarah Le Guern depuis 14 ans qu’elle photographie les êtres et les paysages.

Elle crée une nouvelle géométrie de l’espace, nous donnant l’envie de briser de manière frontale le cours du temps, celui qui parfois, couche après couche, nous ancre.

Les photos de Sarah Le Guern, n’ont donc pas de limites, elles nous invitent à sortir du cadre, à nous dépasser pour aller dans toutes les directions, sans repères pré-définis.

Frontalité, approche du paysage
Galerie Vieille du Temple
17 octobre – 28 novembre

 

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Hector Olguin at gallery La Joaillerie by Mazlo

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I met the photographer Hector Olguin a few years ago during a fashion week in Portugal. He is now living between Paris and Porto and was showing in Paris, last week, invited by gallery La Joaillerie by Mazlo (jewellery house since 1470), his new series of photos.

Main part of his work is about the body. Each photos take hours to obtain. Like a painter (the blur effect helps) with his model, Hector draw the movements and take hundreds of photos… Like a model in a fashion house spending hours for the fitting, the model repeat and repeat. The model is like a doll in a dreamhouse.

At the end of this « process », one shot is selected, very few post production (mostly for the colors), no cropping and « all with my Nikon D700 ! » Hector said.

I realiszed thaht all of his works is very close to fashion aesthetic, look at the importance given to color, accessories, make-up and outfits.

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Hector Olguin is invited till 30th of november

Gallery Joaillerie par Mazlo

31 rue Guénégaud – 75006 Paris

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« Design to cost » in fashion

Tiphaine Deguelle is an old friend. One of the first article of Le Modalogue was upon her, a sort of « beta-test » interview during which we talk fashion and art. Fashion design professor, Tiphaine is also a designer. Currently she is working on a new project called « catalogue De » by Design to cost.

Design to cost means: make the system less expensive while maintaining performance. At the begining, « Design to cost » was a process of technicians. With the possibility of internet and social networking, Tiphaine Deguelle now brings this process in the field of creativity with My Major Company a crowd funding site.

catalogue De starts with the Plain film bag, inspired by the shopping bag. It’s a set of standard products that you can combine, help you create your own bag. If the Plain film bag goal is reached, it will help produce your own catalogue, containing the others creations (accessories and outfits) already planned.

The project in video

Support here !

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Panic at la Cité (Haï dikke haï !)

From left to right: Christophe Bourseiller, Kiki Picasso, David Sanson, Eric de Chassey –

Last week during a conference at Europunk exhibition at Cité de la Musique an unpublished video was shown. It represent the performance in 1978, of Panic a netherland punk band lead by Peter Ten Seldam. The purpose was an introduction to the debate on what punk was politically, musically and aesthetically, far from Beyoncé outfit at the opening of this spring’s MET exhibition « Punk: Chaos to Couture ». So far from what punk was really.

The last song on my shitty-video « Requiem for Martin Heidegger » (sic) is a must !

The documentary was assembled by Duco Donk

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Goldfrapp

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Last week was the live show of Goldfrapp in Paris. I’m not a big fan of the last album (i’m still stick on Black Cherry…), but thanks to my dear friend Cécile who bring me with her to the show.

A great performance indeed, everything seems perfectly tuned and Alisson Goldfrapp has a really great voice. She has also all the drama, in the gestures, of an expressionist diva (see « Lovely Head » in the video), somewhere between Marlene Dietrich and Elsa Lanchester (the monster’s bride in « The bride of Frankenstein).

The final of the show was special. Alisson Goldfrapp has performed three songs from her debut « Lovely head », « Train » and « Strict machine ». Last friday the last two songs seems so similar to some compositions of an electro-punk-low-fi band, that i love, called Add n to (x).

Add n to (x) in which Alisson Goldfrapp use to lend his voice performed from 1996 to 2002. « Train » and « Strict machine » from « Black Cherry » (2003) are definitively under the influence of this band. The talent of Alisson lies in the fact that she was able to add glamor to the radical electroclash composition of Add n to (x) and she succeed very well.

The usual shitty video of the show

Compare to « Metal finger in my body », by Add n to (x), the same electro beats and distorded sounds. Beware this video is not safe for work !

You can also appreciate the « deep voice » of Alisson Goldfrapp in the great « dark » song below.

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