L’art en l’entreprise | L’agence Mazarine accueille Claude Lévêque

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L’art au sein de l’entreprise se résume encore malheureusement souvent à un alibi, plus qu’à une véritable démarche envers un échange culturel.

L’œuvre d’art, prisme nous permettant d’appréhender le monde de manière différente, ne vend rien. Même au sein de l’entreprise, dont la raison d’être est de vendre des services et produits. Il semble y avoir une dichotomie entre ces deux domaines.

Intégrer les œuvres d’art au sein des firmes, y accorder un réel intérêt, sans être obligé d’avoir la connaissance des critères objectifs pour les apprécier (la valeur d’invention, l’intelligence de conception ou le rapport entre la forme et la fonction) n’est au final pas très courant.

L’entreprise n’est pas un musée

La topologie du lieu ne se prête pas toujours à l’exposition de certaines œuvres. Ces contraintes peuvent cependant tourner à l’avantage de l’oeuvre elle-même ou du lieu. Exposer la Joconde dans les couloirs d’une PME n’est pas une finalité!

L’entreprise où nous passons une grande partie de notre temps, mais aussi le lieu des mixités, reste un domaine à investir. L’art contemporain souvent hermétique, qui se déplacerait vers le public, est le candidat idéal pour décloisonner les cubicules où habitent nos pensées et ainsi provoquer de nouveaux échanges. Tout un pan de la création artistique contemporaine, notamment ceux utilisant les nouveaux médium (photographie, vidéo, internet…), mais aussi les jeunes artistes sont concernés.

L’art investit l’entreprise, l’entreprise accueille l’art

Une démarche engagée, il y a quelques semaines par le fondateur de l’agence de communication Mazarine, spécialisée dans le monde du luxe et de la mode, M. Paul-Emmanuel Reiffers. Il s’agit ici d’un cas exceptionnel, M. Reiffers étant amateur et collectionneur de l’œuvre de Claude Lévêque, il lui à semblé logique d’associer son ami galériste Kamel Mennour à cette opération.

Le résultat est à la mesure de cette triade, subtile et non-intrusive. Un parcours idéal où l’œuvre s’intègre parfaitement au site. Lors de la visite, on ne ressent pas une quelconque cannibalisation de l’espace de travail sur l’œuvre et vice-versa. La fée électricité doit orchestrer savamment le dialogue entre l’activité « digitale » de l’entreprise et l’écriture tremblée et électrique de Claude Lévêque.

On imagine aisément que ces œuvres au néon doivent, au quotidien, stimuler les esprits créatifs de l’agence ou les clients de passage. Le temps de l’installation, la persistance des œuvres accrochées aux cimaises (dont certaines ont été spécialement créées pour l’occasion) entre en résonance avec la célérité des informations qui défilent sur les écrans des collaborateurs de l’agence.

L’entreprise et ses valeurs

L’entreprise est une personne morale avec ses propres valeurs, le choix d’un artiste « en résidence » n’est donc pas anodin et doit donc être en phase avec celui des dirigeants quelque soit leurs affinités. On ne peut se contenter de la forme.

« RIEZ ! », « ta gueule », « MY WAY », « nous sommes heureux », « SPLENDID » ou « tomorrow is my turn » sont autant de messages subliminaux déclamés provoquant humour, contemplation, réflexion ou subversion! Le fond tout autant que la forme. On obtient une subtile alchimie contribuant à donner une image plus incarnée de l’entreprise.

L’artiste à donc investi l’espace de la société, instaurant un vrai dialogue avec le lieu et ses occupants. Son attitude et sa singularité créent une nouvelle dynamique au sein de l’entreprise.

Il y a quelques décennies l’entreprise intégrait des profils transversaux, à l’aube des années 80 la psychologie du travail renaissait. A quand les curator d’entreprise?

« RIEZ », 2012, néon multicolores, 32 x 105 cm, écriture Jiaxuan Huang

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« Le grand soir », 2009, néon blanc, 200 x 180 cm, dessin Léon Carbonnier

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« ta gueule », 2013, néon rouge, 13 x 42 cm, écriture Romaric Etienne

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« MY WAY », 1996, néon blanc, 15 x 60 cm, écriture Gilberte Lévêque

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« j’ai peur », 2012, néon rouge, 34 x 63 cm, écriture Amine Ibn El Karaa

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« Élie », 1990,néon blanc, 170 x 300 cm, dessin Élie Morin

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« never say never », 2013, néon bleu argon, 12 x 84 cm, écriture Romaric Etienne – « Fear », 2012, portière de voiture, néon blanc, 100 x 110 cm – « nous sommes heureux », 2012, néon bleu, 15 x 130 cm, écriture Aby Diankha Dioum

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« ANORMAL », 2003, tubes fluorescents blancs, 140 x 550 cm

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« Anywhere, Anywhere, Out Of The World », Philippe Parreno au Palais de Tokyo

« Anywhere, Anywhere, Out Of The World » est le nom de l’installation en cours au Palais de Tokyo. Philippe Parreno, artiste aux pratiques diverses, investit les lieux à coup de LED, vidéos et montages mécaniques le tout sur fond d’Igor Stravinsky. La topographie de Palais de Tokyo se prête parfaitement à la carte blanche allouée à l’artiste. Le long d’un parcours protéiforme, on circule, hypnotisé par les flashs lumineux et les couleurs vives des diodes au sein de l’œuvre mouvante de Philippe Parreno.

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Maurice Renoma | Outsider

A en voir les quelques archives exposées la semaine dernière, accompagnant la célébration des 50 ans de l’ouverture de la White House, j’en ai conclu que Maurice Renoma est un outsider. Un homme, hors du sérail de la mode, n’ayant donc aucune règles à suivre, qui s’est imposé grâce à une croyance indéfectible en ce qu’il créait.

Bien que l’époque y soit propice, on abordait le flower power, proposer en 1963 des costumes fait en tissu d’ameublement, des imprimés vasaréliens, des associations de motifs et de couleurs hallucinogènes, relevait d’une certaine forme de gaillardise. La silhouette, une veste très cintrée sur un pantalon large est tout aussi frondeuse, « pour un titi des beaux quartiers », des garçons aux costumes « romantiques », ceux qui furent baptisés « minets ».

La singularité d’alors de Maurice Renoma attira dans sa boutique Warhol, Dutronc, Gainsbourg, Dylan et bien d’autres…

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Costume blanc en gabardine de laine, l’Uomo », 1982renoma-18

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Premier pantalon en suédine, veste brodée « indien », 1966

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Premier smoking en velours, 1967

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1970, la silhouette Renoma, veste étriquée et pantalon large, motif floral, chevrons, rayures, velours côtelé…

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Le style hors marge pour son époque, de Maurice Renoma explique sans doute son attirance pour les icônes punks, auquel il fait beaucoup référence. Iggy Pop, Burroughs, Andy Warhol, Lou Reed, Ramones, Serge Gainsbourg… sont ici amalgamées le temps d’un montage photo.

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Art | Fiac, Private Choice

Dans le cadre de la sélection Fiac, découvert hier une courte exposition (jusqu’au 28 octobre) d’une collection éphémère d’œuvres d’artistes réunis au sein de la maison où vécu entre autres, Paul Valéry.

Quick review des œuvres qui m’ont particulièrement touché.

Ci-dessous une vidéo du collectif Untel réinterprétant le « Déjeuner sur l’herbe » d’Edouard Manet. Le collectif à fait parler de lui lors de l’ouverture de la FIAC en créant une œuvre à 1 euro (un sac en papier kraft imprimé) qui fait face aux 200 000 euros de la Ferrari accidentée (vendue dès l’ouverture) de Bertrand Lavier à la galerie Yvon Lambert.

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Les lampe LED de Naama Hofman

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Le fabuleux travail photographique (sans post-processing) de Geert Goiris, « Subterrain », 2011. Un rendu couleur saisissant obtenu après de longues heures d’attente afin que la lumière pénétrant dans la grotte crée ce rendu chromatique et cette matérialité.

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Geert Goiris, « Whiteout 5 « , 2008

Photo prise dans les régions polaires, où l’artiste attend l’instant où ciel et sol ne font plus qu’un.

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Les terres crues dorées à la feuille d’or de Noémie Cornier de Vulpan, « Beware of artists with a golden tongue », 2011

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Lampe « Mante Religieuse », édition Rispal des années 50 modifiée par César Chevalier

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Sublime ensemble mobilier, table, tabouret et bancs, qui donne envie de grandes tablées en famille ou entre amis, par Valentin Loellmann, « Fall-Winter », 2013.

Sur le mur collection de livres rares que l’on peut retrouver à la galerie Michèle Didier (66, rue Notre-Dame-75003 Paris).

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Parmi ces livres, on trouve « RF » de Richard Fauguet, riche en détournements et « Une collection d’art contemporain en Guadeloupe »(Skira), préfacé par Victorin Lurel.

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Au mur une photographie de Geert Goiris, « Fragment 11 « , 2012 (270 x 215 mm), au sol un tapis de Daniel Buren, « Sipat » et un fauteuil « Spirale » de David Pergier

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Dans l’entrée un totem lumineux, « L’arbre » de Matali Crasset

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Après Geert Goiris, coup de cœur pour les photos de l’artiste brésilien Vik Muniz, «  »Viewing from Berlin »

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« Le trône féminin », 2011, inquiétante et dérangeante sculpture, véritable trône de pouvoir de l’artiste mozambicain Gonçalo Mabunda, constitué d’armes récupérées à la fin de la guerre civile qui à ravagé son pays. private-choice-14

Toutes les œuvres exposées sous la direction de Nadia Candet sont à vendre.

 

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PFW | Amaya Arzuaga

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La créatrice espagnole, Amaya Arzuaga, a présenté, le 30 septembre dernier, au sein de l’institut Cervantès, sa collection printemps/été 2014. Un défilé au coeur de la fashion week parisienne, une sphère privilégiée à laquelle elle appartient depuis plusieurs saisons déjà .

Le défilé est mis en scène dans un espace habité par la lumière et saturé de couleur. Un lieu qui fait écho au sculpteur de lumière James Turrell et ses Monochromes Lumineux.

Des silhouettes qui suivent une ligne structurale. La créatrice expose un travail de volumes donnés au corps et crée une composition de courbes, de spirales et de jeux asymétriques.

Le parti pris étant le travail de la coupe, Amaya Arzuaga radicalise les couleurs et choisit de travailler en aplats. Une palette composée de jaune, vert et rose vif, que la créatrice associe au blanc et noir, des variations de couleurs nettement définies.

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La mode des contre-cultures

Taguer l’affiche réalisée par Jean-Paul Goude pour les Galeries Lafayette… C’est une très belle performance que nous a offert André (graffiti artist et directeur de création de l’Officiel Hommes) il y a quelques semaines. Pour cela il lui fallu descendre en rappel le long de la façade parisienne des Galeries Lafayette, avec la musique haut perché (à 8 m du sol! ) des Citizens. Sur le bitume le public est conquis.

Le graffiti, tout comme le tatouage, disciplines marginales issues de la rue, appartenant à la contre-culture font pair de plus en plus régulièrement avec l’univers tout aussi hermétique de la mode. Que penser alors? Que la mode est en voie de marginalisation ou que ces mouvements, jadis contestataires, sont en train de devenir mainstream?

La grande exposition sur le punk, autre subculture, « Punk: Chaos to couture » présentée au Metroploitan Museum cet été, l’augmentation des blogs parlant de tatouages nous apportent, peut-être, un début de réponse.

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Photos © Juliette Druelle

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