Art | altered natives’ Say Yes to Another Excess – TWERK

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Jusqu’au 28 octobre dans le cadre du Festival d’automne à Paris François Chaignaud et Cecilia Bengolea présentent altered natives’ Say Yes to Another Excess – TWERK. Accompagnés par 3 danseurs (Ana Pi, Alex Mugler et Elisa Yvelin), ils enchaînent sur scène une chorégraphie étudiée mais qui semble débridée.

Il y a un décloisonnement des pratiques. Les danseurs traversent la scène de toutes parts tout comme les différentes danses qu’ils pratiquent. Il ne s’agit aucunement d’un empilement des danses que François Chaignaud et Cecilia Bengolea affectionnent (drum’n’bass, jungle, dubstep, bashment, house et voguing), mais plutôt d’une interpénétration de celles-ci les unes aux autres. Une hybridation des genres qu’explorent plusieurs domaines de la création aujourd’hui.

Il s’agit aussi, dit François Chaignaud, « d’observer comment celles-ci s’enfouissent dans les corps ».

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« Les danseurs s’entredévorent et se multicolonisent »

Les costumes réalisés par le duo de chorégraphes sont comme ceux des danseurs que l’on voit dans les battles ou les ball de voguing réalisés en mode DIY (Do It Yourself), allant de pair avec ce désir d’absence de contrainte, d’envie de multi-références et d’universalité. On aimerait voir Christian Joy réaliser des costumes pour ces danseurs.

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Dès lors, sur la scène du Centre Pompidou, pendant 1 heure 15, un pas hip hop « vit » avec une pose académique ou un mouvement de krump dans une urgence absolue rythmée par les DJ Elijah et Skilliam de la scène grime londonienne, nous rappelant ainsi combien la danse peut être un acte jubilatoire.

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A voir au Centre Pompidou
Altered natives’ Say Yes to Another Excess – TWERK, création 2012
Direction artistique et chorégraphie : François Chaignaud et Cecilia Bengolea
Danseurs : François Chaignaud, Cecilia Bengolea, Alex Mugler, Élisa Yvelin, Ana Pi

 

 

 

 

 

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PFW | Léa Peckre, scène de vie

La très belle collection de la lauréate du Festival d’Hyères 2011, s’élabore à partir d’images (traduites en citations ci-dessous) qu’elle à en tête, bien avant toute création de moodboards ou de pages d’ambiance.

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« J’étais petite et nous faisions ce trajet le soir en rentrant
de chez mes grands-parents… »

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« Rouler la nuit, pleins phares, sur une route bordée par la forêt.
Un bois sombre, des halos de lumière. C’est intriguant, une très belle sensation… »

Cette histoire qui prend place dans la galerie Le Petit Endroit, se traduit par le contraste de matières, celle très mates qui absorbent la lumière et celles transparentes, qui laissent voir la peau.

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« Ma femme reste d’une extrême féminité,
elle à les hanches développées et la taille marquée. »

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Ce n’est pas la sensualité que recherche Léa Peckre.

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« Je découvre le corps pour en révéler les parties que j’aime bien,
les hanches par exemple. C
‘est un jeu de découpe subtil,
pour une femme sophistiquée. »

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En contraste avec un vêtement qui « révèle », les silhouettes sont fermées, cette saison les proportions sont longues, pour les bustes, les robes et les manches…

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Street | Voguing, part I


Two of the guest at New York Voguing club Escuelita

When i was in New-York city this summer i met my dear friend Karolina (dancer and designer), the one who brought me in this club. We were talking about a book dedicated to voguing: « Voguing and the House Ballroom Scene of New York ». Completely into street dancing Karolina gave me the whole story.

Fascinated i ask her to write a article about this moment of street culture, this a double post about it.

I guess it is fair to say that people in general connect Vogue or Voguing with Madonna and her song « Vogue » from the beginning of the 90’s. What Madonna did and still does is what might be her greatest skill; she highlighted an underground movement and showed it to the world. But she never was and probably never aimed to be part of these underground communities she « discovered ».


A legend has reached a certain level which includes winning trophies at earlier balls

The last past years Voguing has gone through a revival at least when it comes to the fashion and dance scene. It is part of our time to commercialize underground creativity and it is fashion forward to be inspired by it. When someone like Rick Owens plays typical « voguing music » by underground artist Zebra Katz at his show (AW12) it is automatically accepted, hyped and spread by the fashion world, as well as by other medias.

The scene

The voguing scene on the other hand is not really affected by this. It has been around since the 70’s with roots that goes back almost hundred years in time. Voguing developed in a New York African American and Hispanic gay community and was a form of social survival in a society one felt excluded from. The voguing community is playing with set normes and our society’s stereotypes and codes. It has its own social structures and it is within the community its members mainly want to win respect, prestige and climb the latter, be legendary!


World famous Waacking dancer Dallace Zeigler visited Escuelita, danced and won a voguing battle for the first time in her 30 something long career

The battles

Drag queen ballrooms (balls) existed in New York already in the 1920’s. It was about dressing up in extravagant outfits and show it off. In the 70’s and 80’s this evolved into what we today call Voguing. This happened in the form of battles where the main goal was to win Grand prize. Model poses were added to the runway walk and influenced by martial arts and acrobatic movements voguing started to develop in different dance forms and runway styles.


In the legend category at Voguing club Escuelita only people who have been recognized as legends can compete

It was a quite cruel and hard enviroment where this took place and the battles were sometimes a way of picking a fight on the dance floor. It happened that people brought weapon to be able to defend themselves. The balls or battles often started in the early hours of the morning when the « girls » got off work, prostitution was quite common, and continued into the day after. The battles were all about reputation but also about survival since there was prize money involved.

Text and photos by Karolina Brock
More info about Karolina Brock here

To be continued

 

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Art | Georgia O’Keeffe

I « met » Georgia O’Keeffe this summer at the Met of New York city. An experience similar, as striking as my discovery of Mark Rothko a few years ago.

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Above, Grey Line with Lavender and Yellow, oil on canvas, ca. 1923

O’Keeffe conjure up images of flower petals and human anatomy…

Above, Black abstraction, oil on canvas, 1927

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Black Iris, oil on canvas, 1926

Monumental flower painting, with enlarged petals forcing the viewer to observe the small details

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Black Place II, oil on canvas, 1944

« The Black Place » was the name O’Keeffe gave to one of her favorite painting sites in New Mexico, a place of desolate hills.

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Plaza Athénée x Dorchester Prize

Last night at Plaza-Athénée it was a pleasure to see Annelie Augustin and Odély Teboul, the two nice designers of Berlin-based label Augustin Teboul wining the 4th Dorchester Collection Fashion Prize. My thoughts also go to the work of Quentin Veron and IRM Design.

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From left to right: Odély Teboul & Annelie Augustin

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Above the white geometrical works of IRM Design duo…

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… and the work of Quentin Véron (fur jackets and big leather belts)

 

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A demi mot


Luis Buchinho printemps-été 2013

Internet est essentiellement « image » et on oublie et néglige souvent la valeur des mots, qui ont tout autant de pouvoir. Guère étonnant que Linda Loppa m’annonça lors d’une interview qu’un Master en Fashion Writing avait été développé au sein de son école Polimoda.

On a jamais autant écrit depuis l’avènement d’internet, avoir un blog est un moyen formidable d’expression. Quand on a la possibilité de manipuler à sa guise texte et images il faut cependant bien réfléchir à ce que l’on publie. Il y va d’une certaine forme de responsabilité. C’est la réflexion que je me suis faite en relisant mon écrit d’hier, j’ai constaté que mon propos n’était pas suffisamment développé et pouvait ainsi être mal interprété.

L’idée était de mettre face à face ces deux créateurs portugais, que je suis depuis plusieurs saisons, chacun ayant un style situé à l’opposé l’un de l’autre. Loin de moi l’idée de les opposer, mais plutôt de se demander où se situe la frontière de l’ « acceptance ».

Luis Buchinho, avec ses 20 ans d’expérience, n’est pas à considérer comme un ersatz. Mon propos est le fruit d’une frustration ressentie lors de ses défilés et au regard des compte-rendus de la presse et d’internet. Le créateur, reconnu au Portugal, est très peu cité par ici, or son style est à même de remporter l’adhésion d’un nombre croissant de fans.

Il fait parti des créateurs qui devrait être soutenu et encouragé par les journalistes et les blogueurs.

Le défilé de Luis fut assez limpide, il s’adresse, comme je l’ai écrit, à une « dame chic » et de citer Kirsten Dunst en exemple.

Quant à Fatima Lopes, je reviens sur certains points sur lesquels je n’ai pas suffisamment insisté, ne faisant que citer les propos qui ces dernières semaines m’ont irrités. Je reviens notamment sur ceux qualifiant les réalisations de la créatrice lusitanienne comme « manquant de finesse » là où on peut y voir plutôt une féminité exacerbée.

J’ai par conséquent peu parlé de la collection de Fatima Lopes, mais m’en suis servi, cette saison, comme moyen pour défendre le travail de ceux qui ne vont pas forcément dans le sens du courant. Les termes de « chauffeuse de salle », « d’exotique » ou les références, qui parleront aux spécialistes, à un style plus consensuel (blouses transparentes, la couleur beige…) sont les paragons de ce que je déteste.

La collection de Fatima Lopes évoque le foisonnement de la forêt équatoriale, le corps dévoilé qui est son terrain de jeu favori, est révélé parfois sans pudeur (pas de politically correct) et non avec vulgarité comme lu parfois. Son style, non consensuel,  à cette saison la crudité de la nature amazonienne, d’ailleurs clairement signifiée par le décor floral luxuriant.

Les créateurs aux identités uniques nous incitent à regarder ailleurs (humour, sexualité, politique…). Par delà les impératifs industriels et économiques ils nous proposent une vision différente et nécessaire de la mode.

 

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PFW | Fatima Lopes, Luis Buchinho, extrêmes portugais

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Luis Buchinho printemps-été 2013

Fatima Lopes et Luis Buchinho deux créateurs portugais, défilent à Paris depuis plusieurs saisons et se situent aux antipodes du style l’un de l’autre.

Luis Buchinho il y a peu de choses qui sont écrites à son sujet, son style géométrique et graphique restant très downtempo à mon sens.

La première fois que j’ai vu un des ses défilés j’ai pensé à Felipe Oliveira Baptista comme s’il avait manqué peu de choses pour qu’il connaisse lui aussi plus de succès. Plus d’opposition de matières, d’intégration du sportswear sans renier pour autant son envie d’une dame chic. Au final l’ensemble reste un peu figé.

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Luis Buchinho printemps-été 2013

A l’opposé, chaque saison, je lis que le style de Fatima Lopes est « too much ».

Ouvrir la fashion week comme elle le fait depuis plusieurs saisons et au vu du nombre timides de journalistes internationaux présents ce jour-là me fais penser que Fatima Lopes est plus considérée par la profession comme une « chauffeuse de salle » (j’exagère à peine) qu’autre chose.

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Fatima Lopes doit-elle freiner ses envies et ne plus fendre ses jupes jusqu’à  la taille? Doit-elle mettre fin au décolleté plongeant jusqu’au nombril? Verser un peu d’eau dans son Vinho Verde? Un designer défilant hors de ses terres doit-il adapter son style à celui de la fashion week choisie?

Son style, exubérant, à l’image du décor de son dernier show, est comme la forêt amazonienne où les plantes ont des dimensions inhabituelles, obscènes parfois. Chez la créatrice portugaise il y a trop d’échancrures, les volumes semblent exagérés, les couleurs criardes, les découpes donnent le tournis. Comme la nature tout semble aller de manière chaotique sans règle apparente.

Cependant Fatima Lopes n’est pas à ranger au rang des trublions, mais plutôt dans la catégorie des créateurs « exotiques » (j’exècre cette idée). Manish Aroroa, fait aussi partie de cette catégorie, avec pour lui, une dimension spectaculaire qui déplace son spectre dans une dimension artistique et donc « salvatrice », « excusable ». Elle est à fortiori non consensuelle.

Dépourvue de cette image d’artiste, ne faisant pas de tailleurs, ni de blouses transparentes, ni de beige, habillant stars et starlettes, la créatrice avec ses 20 ans d’expérience (!) est à prendre telle qu’elle est sans chercher à la positionner, comme on le fait trop souvent, sur l’échelle du soi-disant « bon goût » ou du snobisme.

Le plus important pour un créateur restant d’adapter et de faire évoluer son univers à l’époque, mais ceci est un autre sujet.

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Street | Vogue ball at la Ménagerie de verre

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Some pictures of The world of super heroes ball a vogue ball organised by François Chaignaud and Cecilia Bengolea at la Ménagerie de verre.

Back in the nineties last night at La Ménagerie de verre when i was wearing flashy outfits influenced by house music and the voguing.

But everything partially started in the seventies in the ballrooms of New York city among Afro-American, Hispanic, gays, lesbians, and transgender communities.

Of course the genre was popularized by Madonna’s song « Vogue » in 1990, but it is interesting to find the influence of voguing from artists such as Prince or even Siouxsie (i remember her strike the pose during live shows) at the nineties. It’s also easy to imagine a designer like Jean Paul Gaultier being more or less a part of this community.

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Benjamin Dunkhan

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Underground culture: Poses from fashion magazines and martial arts, DIY clothes and drama !

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Left: François Chaignaud

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Cecilia Bengolea

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Strike the pose !

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