PFW | Masha Ma AW12

The binary collection for autumn/winter 2012 is all dark and light (mostly black, electric blue vs cream and pure white). The show presented at Hotel Westin presents outfits more subtle and elegant than it could seems at first sight.

Multi-layered jackets and coats, fur collar made with goat are the keys of this season.

Masha Ma is based in London and graduated from Central Saint Martins (2008).

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Masha doing the last checkings

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Beautiful pure-white embroidered coat

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Lisbon | Entrée des artistes

During my trip in Lisbon, i discover this area near avenue da Liberdad. Actually a parking (Parque Mayer), this place was the center of theater activities in the past. Now all theaters are closed excepted the one at the entrance (Teatro Maria Vitória) making the place look like an artistic ghost city…

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All this little houses used to be little theaters…

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Teatro Raul Solnado

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Above on the other side of Avenue da Liberdad, Odeon theater with his restaurant was the center of nightlife in the past told me the old guy next to me.

 

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Curation | Stéphane Mallarmé fan de mode

Stéphane Mallarmé le grand poète français, était un fan de mode. Entre deux livres, pendant ce laps de temps angoissant, Mallarmé se laissait aller à quelques divagations sur la mode.

Mallarmé est le créateur de la revue La dernière mode, gazette du monde et de la famille (disponible en réédition française et datant de 1978 aux editions Ramsay)., il en est aussi l’auteur unique ! Toutes les chroniqueuses, grandes faiseuses de l’autorité que sont Marguerite de Ponty, Olympe la négresse, Miss Satin ou Zizy sont les divers pseudonymes féminins dont il s’empara pour rédiger sa revue. Seul le directeur de publication sera un personnage masculin nommé Marasquin.

Passionné

La dernière mode, contient fort peu d’images, contrairement aux revues de l’époque. Le poète Mallarmé utilise son don pour l’écriture afin de raconter et dessiner la mode avec des métaphores, des mots précieux et luxueux.

Il porte également un soin attentif à la mise page et aux choix typographiques, préfigurant ainsi son travail sur le poème Jamais un coup de dés jamais n’abolira le hasard (1897).

Mallarmé rédigeait tout jusque dans les moindres détails, il s’intéresse au travail du tissu, aux fils, aux lexiques de couture… Passionné il a façonné 8 exemplaires de cette revue entre septembre et décembre 1874!

La revue d’origine comprenait des patrons grandeur nature et des lithographies à l’aquarelle. On ne sait pourquoi la revue stoppa net en cette fin d’année 1874 et fut reprise par la mystérieuse baronne de Lomaria…

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Première livraison (numéro spécimen), 6 septembre 1874, couverture. A droite, Toilette des premiers jours d’automne

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Deuxième livraison, 20 septembre 1874, couverture, Toilette de promenade

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Impensable aujourd’hui, une revue de mode contenant plus textes que d’illustrations ou de photos!

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Ci-dessus, la gazette et le programme de la semaine

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Dans colonne de droite, le troisième annonceur est la maison Doucet tenue alors par la mère de Jacques Doucet futur grand couturier et mécène du début du XXe siècle. Paul Poiret et Madeleine Vionnet passeront dans son atelier avant de fonder leur propre maison.

 

 

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Citation

« Je me parai comme pour un bal;
je me parfumai comme pour un lit »

(Marguerite Yourcenar, Marie-Madeleine ou le salut)

 

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IRM Design

Marion Lalanne et Pierre Alexis Hermet sont les très souriants fondateurs de la marque IRM Design. Je les ai rencontrés au mois de mars alors qu’ils venaient de recevoir le prix de la création de la ville de Paris dans la catégorie Débutant-Mode.

A l’école Esmod leur admiration pour le travail de Nicolas Ghesquière à fait d’eux un couple à la ville comme au studio. Ils envisagent la mode comme un art bien qu’ils soient conscient que ces deux domaines ne cohabitent pas forcément bien dans notre pays…

Mode et Art

Collection Body Painting, crédit photo PH Studio

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Collection Body Painting, crédit photo PH Studio

Leur première collection baptisée Body Painting fut sélectionnée pour la biennale du design de Saint-Etienne en novembre 2010. Une collection de vêtements et d’accessoires entièrement beige qui « recevait » des jets de peinture lors d’un happening. L’effet dripping « à la Pollock » obtenu et les couleurs fluo les intéressent alors tout particulièrement. C’est à ce moment qu’ils ont décidés de donner une dimension artistique à leur travail.

La pièce ci-dessus, primée en mars à été réalisée en collaboration avec l’artiste Françoise Nielly. Cette dernière à peint des pièces de soie tendues sur des chassis, décrochées, puis montées en vêtements. L’ensemble à été montré au sein de la galerie de l’artiste, poussant ainsi le concept jusqu’au bout.

Passionnés et totalement impliqués dans le processus créatif ils ont créé une peinture spéciale pour réaliser ces modèles. A base d’acrylique et de gel structure elle permet au tissu d’être lavé, repassé, de conserver les couleurs de l’artiste et de conserver sa souplesse.

Depuis, ils sont sollicités pour exposer cette série très colorée au Maroc, au sud des Etats-Unis, en Italie (biennale du design), au Brésil, aux Emirats arabes, en Afrique du sud. Les pays du nord restant plus sensibles à leur collection ayant des couleurs plus neutres.

Mode et business

Décliner ces modèles pour le prêt-à-porter serait pour eux l’idéal. Cependant Marion et Pierre Alexis veulent se laisser le temps de créer ce qu’ils appellent leur ADN de marque et si le processus industriel devait supprimer la peinture il resterait la coupe très structurée et l’emploi de beaucoup de pinces.

Artistes pragmatiques, leur travail est financé par la vente d’accessoires (colliers en corde d’escalade ou de bateau c’est eux!), des collaborations dont une avec avec Punky-B pour une série de sacs madeleine qu’ils ont peint et dont ils ont réalisés les anses. On retrouve ces accessoires vendus en boutique chez Cachemire Coton & Soie, en Belgique.

En France la situation est plus compliquée, « une certaine ancienneté doit être justifiée », me disent-ils, avant d’être reconnu, la vente ne se fait pour l’instant que sur internet chez l’Exception.

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PFW | Jay Ahr AW12

Jay Ahr, un nom de marque à consonance orientale, mais il n’en est rien. Il s’agit de la retranscription phonétique, en anglais, des initiales (JR) de son créateur Jonathan Riss.

Né à Paris, mais ayant vécu toute son enfance entre Bruxelles et Anvers il n’a pas suivi d’école de mode ou fait d’apprentissage dans un grande maison. Jonathan Riss possède un parcours singulier.

Tout commence à Dniepropetrovsk en Ukraine où il est directeur artistique d’une usine de fabrication de tissu pour l’armée soviétique… Puis ce sera l’Inde, l’Angola, New-York et enfin le retour à Paris.

Pendant toutes ces années il apprendra la broderie, montera des ateliers de joaillerie, apprendra les différents artisanats locaux, sera chercheur de diamants bruts…

A New York, il rassemblera toutes ses expériences pour faire les vitrines de Bergdorf Goodman et Barneys avant d’ouvrir Jay Ahr son propre studio de création de luxe à Paris.

Ses réalisations témoignent de son parcours atypique, le tissu est retravaillé, plissé, brodé créant des effets matières rappelant le travail d’artisan… de luxe.

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Ci-dessus, dans les couloirs de son studio on peut découvrir une autre facette du talent de Jonathan Riss.

Il expose 14 broderies de vertébrés qu’il a réalisé sur la base du travail Evolution du photographe Patrick Gries. Véritable mise en abîme avec le travail du photographe, chaque broderie retranscrit l’Evolution de cet art dans le temps aussi bien sur le plan culturel que technique.

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Un style qui marie les matières précieuses, la couture, la broderie et la joaillerie pour une mode authentique, hors des tendances mais pas déconnectée.

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Modoscopie | Marlies Dekkers, triple dare

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Marlies Dekkers, CEO of Marlies Dekkers talked with me in her parisian boutique (10, rue du cherche-Midi) about her profession both in an artistic and technical way.

Lingerie is a very technical profession where there is not so much designers (most of the designs came from the factories). Lingerie unlike outerwear need so much machines to try and make a quick outcome that’s it’s difficult for young designers to emerge and it locks their creativity.

We also talk (and laugh) about the comfort of the thong, the shape of the bottom, art, designers and the landscapes of Holland…

Marlies studies art and develop her handwriting in Holland. She starts her business in 1993. « Like in painting i want to frame parts of the body that i found beautiful, like an attention, i want to paint on the body ».

Tell us about the beginnings of Marlies Dekkers.

At the beginning things were very difficult because people doesn’t understand my designs. All the brands were coming from Italy, France. If you look at the photos, mine are fashion pictures. Almost all lingerie brands are doing it for « pleasing the man », it’s always boudoir, sleeping room, and the women are « ready for you ».

The minds have changed since, things are going faster now, especially in France.

It’s a north and south thing then. What are the main differences between your designs and the italian/french ones?

At the beginning my models seems too tough, too strong. It’s a different philosophy, my designs are not for « pleasing ». The meaning of my brand it’s « women in charge », they seduce themselves, but of course, if you want to please it’s your own freedom!

My moto is « dare to dream, dare to grow, dare to be », i want to challenge women to be self-confident.

So men and women have different approach of lingerie. How do they design underwear?

Men are more into making lingerie for the pleasure of… men i guess.

For me a major point is the fit. I want to design something new, beautiful and different but also with the most comfortable fit ever !

The DJ is wearing Marlies Dekkers famous « stripes bra » at Le Printemps event

I’ve just read that 50% of men like the thong to only 20% of women…

(Laughs) Yes and what is funny too is that 20 years ago wearing a thong was too sexy, you were not a proper women if you wear it. But because our garments became so tight, it become an excuse (and an argument) to wearing it ! But now it doesn’t work anymore, we have second skin underwear (laughs) !

I want to add an explanation, the thong is comfortable! With lace the stretch is only one way, while using microfiber it stretches in the two directions and it becomes so comfortable. Women must learn there body down there ! A decolleté as a specific shape, most of us know the right size for our bras, it’s the same with the bottom, they have their shape, but it’s more taboo.

For this summer your collection is under influence of far east. Do you develop specific design for this countries?

Every six weeks i am there, my company have 200 hundred people and 20% are working in Hong-Kong. There is no specific design for the fast east. My offices are there because production is there. The selling are more Europe-based, American and a little bit Canada. Things are going very fast. Its a really interesting period, like the roaring twenties.

The main difference with women from Europe is that in far east they are more in top positions in companies. They earn money, like spending it, they « jump » on new opportunities but not on underwear yet. It’s full of energy, but they are not that far in self-confidence. They are more shy.

How do you imagine the development of your brand? Any projects of a garments line?

No garments scheduled! In fact i do a little bit sometimes to complete the lines. But lingerie is very demanding. To develop a bra it takes you two years. And because it so new the process take five times longer than any other bra. It’s really much complicated. We are the most difficult to make, so I have to keep my focus.

Viktor & Rolf, Droog design, Rem Koolhaas and you are the most known dutch designers. Is there something specific in dutch design?

It’s all about our landscapes! When you look at our landscapes from an airplane, it’s all strict lines. Mondrian it’s all strict lines. In Holland there was an exhibition where i made a combination with the paintings of Mondrian and my design. There is always a combination between art and fashion.

Dutch design is a kind of simpleness, a conceptual way of thinking. The dutch are more « put away what is not necessary », french people are more into baroque and rococo.

It is not confusing to deal with red carpet famous (Fergie, Lady Gaga…) and to be friend with Viktor and Rolf?

I spend new year’s eve with Viktor and Rolf (they live in Amsterdam) we were a very small group…

My lingerie is acclaimed by famous people, but i suppose its because they are completely in my philosophy « dare to… », they had a long way before being where they are now, they are outspoken women, in charge for themselves. I’m happy they like my design!

It’s not confusing, because it’s not my world, this glamorous people want my design, but i’m not part of their world. It’s just fun. We’re all doing this!

The biggest part of my life it’s to think about new design.

The world of Marlies Dekkers is here

 

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