PFW | Fatima Lopes

Saison après saison, Fatima Lopes nous offre à voir ce qui pourrait s’apparenter à son dressing personnel (dixit) un de ses conseillers en style. On y retrouve ce qui fait sa singularité, un style oscillant entre féminité acérée-assumée et un dérapage controlé (une longueur trop courte, une échancrure trop profonde, une découpe trop outrancière) le tout traité avec une certaine forme de naïveté.

C’est cette originalité qui fait que l’on se rend chaque saison, avec une curiosité non feinte, au show de la créatrice portugaise.

Fatima Lopes cède cette saison à la tendance morpho-body-conscious véhiculée par certains jeunes créateurs; cependant point de 3D ici. Cela se traduit par des empiècements rappelant les os et des imprimés « veineux », des découpes qui viennent souligner la taille et les hanches, des tons chairs et sanguins.

Graphiquement ces imprimés nous rappellent le travail de Juun J et ses imprimés bris de miroir du printemps-été 2011, que l’on a aussi vus chez Jean-Paul Gaultier, voir chez Julien Fournié pour la référence à l’anatomie. Mais c’est surtout la belge Cathy Pill et sa collection printemps-été 2006 qui me reviennent en mémoire.

Les silhouettes les plus réussies sont celles où se rencontrent les tissus, le cuir rigide vs les tissus fluides mais aussi tout ce qui est conçu près du corps tel une seconde peau, registre de prédilection de la styliste lusitanienne.


Ouverture du show


Imprimé… « sous-cutané »


Une femme aux ongles interminables, acérés et rouges sang, écorchée vive (comme suggéré par l’imprimé), s’avance volontaire.

Les mannequins s’élancent d’un renfoncement rouge immaculé qui n’est pas sans évoquer la Chine, l’Orient…

Cidessous, tout en contraste, rouge maximal et mis en scène minimale ou le style Fatima Lopes