Vaillant Mayen

Chers lecteurs,

avant le rush de la fashion week parisienne, retour sur quelques créateurs qui m’ont plu la saison passée. Sébastien Meyer, de la toute jeune marque Vaillant Mayen présentait sa collection au sein d’un luxueux appartement parisien du quartier latin…

Ici les robes ne tiennent qu’à un fil, pas ou peu d’ourlets, les modèles sont coupés bords franc. De simples panneaux, pincés pour suivre la ligne du corps ou cousus presque bord à bord comme pour montrer l’extrême sensibilité de ce jeune créateur. En contraste il choisi des couleurs franches, un bleu Klein, un rouge carmin, un ocre jaune et chausse ses mannequins d’escarpins faits à partir de sabots de cheval.

Une collection inspirée par sept lettres de femmes dont vous pouvez apprécier certaines ci-dessous.

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Art | Rupert Shrive

Ci-dessous, « Les sept péchés capitaux », Rupert Shrive (acrylique et papier craft, résine et bambou, 2011)

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Au Grand Palais, lors de la party « pas sage » organisée par Paris Première, découverte du travail de l’artiste Rupert Shrive.

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Style et monumentalité de l’œuvre, la dynamique due au papier froissé (dynamique qui varie selon l’endroit où l’on se trouve) sont passionnants. La texture, les couleurs, l’expression qui se dégage de ces visages interpellent le spectateur.

Les réalisations de Clara Degand (ci-dessous) dont j’ai parlé il y a quelques mois rappellent ces masques « oversize » de Rupert Shrive.

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© photo Christian Lartillot

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Paris Première s’expose pour ses 25 ans

Le Grand Palais, Paris – Last night at the opening of the exhibition celebrating the 25th anniversary of french television channel Paris Première.


Thierry Ardisson

Et puis…


Ali Mahdavi, Alexandra Golovanoff, 2011

Above, Britta Uschkamp « reinterprets » le Déjeuner sur l’herbe by Edouard Manet, along with Guillaume Durand and Eric Naulleau. Video by Marcus Kreiss.


Ida Tursic et Wilfried Mille, « Victoria’s Secret et Interlude Paris Première », huile sur toile et huile et pigments d’argent sur toile, 2011


Rainier Lericolais, « Les parisiennes », collet et encre, 2011

Arabelle Reille est le commissaire de l’exposition

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Le rouge et le noir par Jean Paul Gaultier

 

Carnaval en rouge et noir à la Gaîté Lyrique pour présenter Kokorico la nouvelle fragrance masculine de la maison Jean-Paul Gaultier.

Gothiques, magiciens, voyageurs, séducteurs, joueurs, canailles, jeunes premiers, androgynes… Fiers les hommes de Jean-Paul Gaultier embrasent l’espace de leur virilité triomphante!


Andrej Pejic of course…

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Bastille Design Center | In-Carne, beauté incarnée

Exposé, surexposé, caché, pornographié, tatoué, scarifé, effacé ou starifié, où en est la représentation du corps aujourd’hui?

Avant-hier soir, In-Carne exposition d’un jour, prenait place au Bastille Design Center. Les artistes Annabelle Petit, Christophe Martinez, Emmanuel Lacoste et Alexandre Bardin se sont exprimés autour de la thématique de la beauté ainsi que sur le rapport que nous entretenons avec notre corps.

En utilisant différentes techniques (photographie, peinture, travestissement…) et en utilisant une ou plusieurs parties du corps (chair, cheveu, sang) ou toute représentation de celui-ci, ils apportent leur vision, ne nous laissant jamais indifférents.

In-Carne, comme tout ce qui a attrait au corps, dérange. A propos du cheveu, matière première de l’artiste Christophe Martinez, ne dit-on pas à la fois « sale comme un peigne » alors que Beaudelaire exalte celui-ci dans son poème « La chevelure ». La beauté est hautement subjective.

Christophe Martinez


Ci-dessus, Christophe Martinez, Set de table en cheveu, 2009 qui n’est paa sans rappeler Méret Oppenheim et son déjeuner en fourrure de 1936


Christophe Martinez, photographie de cheveux sous plexiglass


Christophe Martinez, « Cocofesse », 1998, copy-art cheveu (photographie sous plexiglass)


Christophe Martinez, « Duplicity », 1999, photographie sous plexiglass

Emmanuel Lacoste

s’interroge sur la projection de soi à travers une œuvre. Que transmet-on à la personne qui porte ou reçoit une œuvre que l’on a conçue?

Si l’on considère que certains créateurs de mode ont une démarche artistique voilà de quoi alimenter un passionnant sujet de discussion. Que transmettraient alors Martin Margiela, Hussein Chalayan ou Azzedine Alaïa à travers leur vêtement?


Emmanuel Lacoste « Essence 2011-« , tirage photographique sur aluminium.

Ci-dessus, la mère de l’artiste porte une chemise tachée du sang de son fils, « bouclant ainsi, le cycle de la création » (sic).

Annabelle Petit,

cite l’ésotériste arménien Georges Gurdjieff et nous propose à travers ses toiles et ses sculptures un voyage vers l’imaginaire et le surréel. Un voyage à l’intérieur de soi aussi bien dans la chair que dans notre esprit, palpable et impalpable.


Annabelle Petit, « I », 2011, acrylique sur toile


Annabelle Petit, « Bois de chair », 2011, acrylique sur bois de cerf

Alexandre Bardin

est adepte du travestissement, il incarne Vera Berkson personnage hypnotisant ayant vécu au début du siècle dernier.

Initiales V.B. comme Vanessa Beecroft, artiste aimant, elle aussi, utiliser son corps ou une représentation de celui-ci. Vera Berkson serait aussi à rapprocher de la comtesse Elisabeth Bathory de part certaines pratiques particulières… L’histoire de Vera Berkson indique que celle-ci aimait à porter des bijoux fait de métal et de chair (cf. photos ci-dessous)…


Collier métal et chair

On pense à « Vanitas, robe de chair pour anorexique albinos » de Jana Sterbak (1987), mais aussi à la superbe exposition de ce printemps Tous cannibales à la Maison Rouge.

Les artistes étant souvent annonciateurs de nouveaux comportements sociétaux, une micro-tendance se dégagerait-elle alors? Dans notre monde où semble s’imposer le préfixe « dé », on dé-mondialise, on dé-mode, on dé-matérialise, on dé-fiscalise, à venir une dé-sincarnation de nos êtres?

 

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« Free your mind » Karachi designers

Lorsque l’on évoque le Pakistan dans l’actualité c’est généralement à cause des conflits internes, des attentats ou des talibans… Mondialisation oblige, notre champ d’observation de la mode est désormais élargi.

Depuis la crise on parle de dé-mondialisation et de protectionnisme économique. Le domaine créatif qui a besoin, en permanence, d’être sollicité et nourri n’est heureusement pas concerné. La mondialisation et l’apparition de nouveaux spots de mode, favorise les envies, attise les curiosités.

Les fashion week se comptent par dizaines, il faut être curieux, avoir le désir de voir ce qui défile sur les runways de Sao Paulo, Seoul ou Karachi. Avoir la patience, aussi, de voir défiler des choses qui ne cadrent pas toujours avec nos critères esthétiques occidentaux… Tel un talent scout, dénicher celui ou celle qui sera le Manish Arora de demain ou tout simplement se laisser influencer par des visions différentes de la mode contemporaine.

Ces créateurs « venus d’ailleurs » doivent-ils se conformer au style occidental, au risque de perdre leur identité ou au contraire conserver leur différence au risque de passer pour exotiques et anecdotiques?

Question essentielle qui concerne la conquête de nouveaux marchés, business is business. Il se passe la même chose pour les marques françaises telles Isabelle Marant, Carven ou Vanessa Bruno auprès des clientes américaines (cf. le dernier Madame Figaro « Spécial Mode »).

Idem pour les excentriques créateurs anglais comme Christopher Kane… La difficulté pour tous ces designers consiste à conserver son style appeal tout en le rendant bankable.

Le vêtement comme medium d’échange entre les peuples… Reste aux autorités locales de faire aussi le nécessaire pour promouvoir leurs créateurs car le conquête de nouveaux marchés est impitoyable.

Les fashion rendez-vous qui vont compter dans les années à venir sont-elles celles qui se dérouleront dans les pays à fort potentiel de développement? Le Pakistan fait partie des Next Eleven, parmi lesquels on trouve la Turquie, La Corée du Sud et l’Indonésie. Arzu Kaprol, Hakaan, Juun J. ou Harry Halim sont originaires de ces pays.

Alexandra Senès a fait venir quelques créateurs pakistanais sur le Salon du Prêt-à-Porter, il ne fallait donc pas rater çà… Voilà aussi une belle occasion d’apprendre à connaître ces pays autrement que par les catastrophes naturelles ou les actions militaires. 


Nickie Nina


Nickie Nina


Zaheer Abbas


Khaadi Kaas


Kamiar Rokni


Au milieu un modèle de Muse


HSY


Nickie Nina


Nickie Nina


Kamiar Rokni

 

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Tendance ecclésiastique

L’espace Trendswash, au salon du Prêt-à-porter Paris, mis en scène par SAS (Société d’Alexandra Senès), décrivait cette saison 6 sous-tendances (ameublement, écailles, ecclésiastique, frontières, mains, paysan) autour du concept « Retour-Aller ».

Explications: « Alors que la sortie de crise est lancée, les uns se recentrent sur les acquis impérissables du passé (Retour), les autres se projettent dans un monde à venir (Aller). L’homme d’aujourd’hui est au cœur de ce dualisme où passé et futur sont mis au service d’une modernité et d’une actualité fortes. »

J’ai réalisé, avant les vacances, deux panneaux pour Alexandra Senès, sous la forme d’un organigramme, afin de décrypter succinctement la tendance ecclésiastique.

Ce qui donne ceci:

Retour ou Aller la tendance ecclésiastique nous invite à une quête, un chemin de croix.

Que l’on souhaite conserver les codes d’antan afin de retrouver certaines valeurs (embourgeoisement) ou que l’on détourne ceux-ci pour s’en créer de nouvelles en y intégrant de nouvelles références (hybridation), l’acte de consommation ecclésiastique à comme finalité de consommer « mieux ». Il n’est plus question d’ostentation ou de bling-bling comme les époques précédentes.

La mode aimant à jouer avec les codes, aimant à manier les contraires, voire à embrasser les contradictions, ecclésiastique n’est ce pas la meilleure manière d’être subversif today?

A voir aussi les créations de Léa Peckre (merci Sophie)

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Mal-Aimée en chambre noire, AW 2011

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At midnight, a journey in the darkrooms of a parisian nightclub. Leonie and Marius former Olivier Teyskens assistants at Nina Ricci are showing their second collection under Mal-Aimé label (AW 2011).

There is something indie (to reuse the musical rhetoric) in Mal-Aimée, putting the duo on the borderlines of style, far away the motorways of trends. For this season a mix of embroideries, pronounced shoulders, cuts, body and studded shorts creating an intriguing silhouette but quite sophisticated.

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Discover the whole collection here

 

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Fashion in 100 styles and 100 seconds

This video is celebrating fashion and dancing full of joy and all i love…

To announce the grand opening of Westfield Stratford City, which will soon be « the largest urban shopping centre in Europe », Westfield created this fun short film, 100 YEARS / STYLE / EAST LONDON. The film, directed by Jake Lunt with The Viral Factory, amazingly gives the run-down of 100 years of East London fashion, dance and music in just 100 seconds. »

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