AGI Barcelona 2011

La deuxième édition de la Conférence annuelle de l’Alliance Graphique Internationale pour les étudiants et les professionnels aura lieu à Barcelone les 3 et 4 octobre. Une fois encore, cet évènement promet d’être un des points culminants de l’année du design graphique international.

Pendant deux jours de conférences et de dialogues, les 27 designers parmi les plus influents travaillant dans le monde aujourd’hui seront source de connaissance et d’apprentissage.

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Modoscopie | Beauty insider at Yves Saint Laurent with Lloyd Simmonds

J’ai toujours été très sensible au maquillage, ce côté « mise en scène » et théâtral — qui va plus loin que le fait d’un porter un masque (voir billet précédent). Là où le maquillage pénètre la peau et devient actif, le masque, lui est amovible et reste sans signification une fois posé sur une table. Comme le fait remarquer Dominique Paquet, historienne de la beauté, certains maquillages de scène sont si actifs qu’ils peuvent résister plusieurs jours sur la peau.

Se maquiller engendre un processus de métamorphose, fait autant pour se plaire que pour charmer l’autre, mais aussi pour « produire un visage idéal » (Dominique Paquet). Il suffit d’un trait d’eye liner, d’un rai de rouge à lèvres ou d’un coup de blush.

Lloyd Simmonds, le nouveau make-up artist d’Yves Saint Laurent à passé un an et demi à développer la nouvelle ligne de maquillage, puisant son inspiration au plus profond de la luxuriante et mystérieuse forêt amazonienne et de la prédilection de M. Saint Laurent pour la couleur noire.

Me voilà Beauty Insider avec l’opportunité de passer quelques instants avec Lloyd, voici ce qu’il m’a confié:

– Avant Yves Saint Laurent, il n’était, je cite, « qu’un maquilleur pour la mode », modestement il avoue avoir été l’assistant de Pat Mc Grath pendant dix ans (!).

– La maison était depuis plusieurs mois à la recherche d’un nouveau make-up artist, contacté, Lloyd leur à présenté cette idée de collection, il a été engagé.

– Tout à commencé par un fleur à la couleur rare, très foncée, très noire que Lloyd à vu dans une boutique. Il a trouvé très élégante, très sensuelle, très vénéneuse, « très Yves Saint Laurent ».

– Toute collection d’Yves Saint Laurent doit selon lui comporter une part de danger. On touche là au cœur de la collection et de ce qu’est la séduction pour Lloyd Simmonds.

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Fleurs de danger…

– Pour accentuer ce mystère Lloyd Simmonds a imaginé une lumière de nuit où toutes les couleurs basculeraient vers le bleu profond, presque noir, des serpents glisseraient dans des jardins…

– Il veut mettre en avant ce danger et bien que cela soit plus difficile que dans le vêtement, il sait que dans le luxe, il est plus facile de choquer car le public est plus limité. Il faut, dit-il, qu’il y ait « quelque chose de très beau mais avec un truc qui ne va pas ».

– La notion de danger est présente dans les gènes de la maison Saint Laurent. Dans les années 70, Yves Saint Laurent éditait un mascara aux couleurs jamais vues jusqu’alors. En 1971 c’est la collection de prêt-à-porter « 40  » qui fait scandale. Il y dans cette maison une énergie qui n’existe pas ailleurs.

– La collection « New Black » nous ramène aux artistes du noir comme Pierre Soulages ou au livre de Michel Pastoureau « Noir: histoire d’une couleur« .

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– Commercialement parlant, Lloyd sait pertinemment que la cliente viendra pour le produit qui attire l’œil, celui qui excite, mais qu’elle repartira avec le produit « habituel ». Mais pour lui cette « attirance » est le premier pas vers une forme de révélation intérieure, la prise de conscience que l’on acquiert un certain pouvoir à travers le maquillage.

– Lloyd pense toujours en terme d’histoires. Celle-ci se poursuivra pour les fêtes de fin d’année avec une inspiration issue du smoking, un classique de la maison lancé en 1966. Smokings noirs et… smokings blancs, cette collection comportera les gloss qui manquent à cette première collection.

 

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La collection Rouge Pur Couture

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Il y avait le Shocking Pink de Schiaparelli, voici le Shocking Black d’Yves Saint Laurent le nouveau mascara volume effet faux cils.

Puis Jean Louis Gueret est venu nous expliquer que ce nouveau mascara allié à la forme irrégulière de la nouvelle brosse drapent les cils de manière innovante et vous feront un regard unique! Wooo!

 

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Yves Saint Laurent en 3 mots par Lloyd Simmons: Glamour, Luxury and Danger!

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Coktail poétique with Van Cleef

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Shake it ! De George Benson à Jay-Z feat. Alica Keys, le groupe invité nous a distillé un répertoire groovy à souhait.

Une nouvelle boutique sise à emplacement où étaient exposés le « vintage » de la maison à vu le jour chez Van Cleef & Arpels. Rien de mieux, alors, pour célébrer l’évènement, qu’un « petit » cocktail sur une place Vendôme baignée de soleil non?

Le nouvel écrin en question est dédié exclusivement à la Haute Horlogerie. On y retrouve les créations emblématiques Midnight in Paris, Le Pont des amoureux, Midnight Tourbillon Lac, des créations qui mêlent le savoir-faire de plusieurs corps de métiers et réunissent des matériaux d’exception.

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Bracelets acidulés sur les montres Charms S

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Au sein de la boutique, Le pont des amoureux

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Judith Godrèche, est passée faire coucou…

 

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Bas les masques !

Les silhouettes du défilé de Clara Degand, créateur de niveau II dans le cursus de l’Atelier Chardon Savard, étaient bâties, en partie, autour du thème de l’origami.

Le détournement de l’origami n’est pas nouveau. Ne serait-ce que l’an dernier au Festival de la mode d’Hyères,
Alexandra Verschueren, n’était pas très éloignée de cette thématique. Viktor & Rolf pour l’automne-hiver 2012 ont traité le sujet de façon très couture sur certaines silhouettes et John Galliano pour Dior à fait de même pour le printemps-été 2007.

Une convergence autour du masque

Les masques créés par cette jeune créatrice sont tantôt fait de papiers pliés et dépliés tantôt d’origamis. Le visage prend alors un aspect « facettes 3D » très video-graphique.

Simultanément, le magazine Art Press du mois de mai propose un article traitant des masques dans la musique. Un article du journal Le Monde trouvé par hasard (daté du début du XXIe siècle!) traitait de la disparition du costumier de théâtre et concepteur de masques Rostislav Doboujinsky.

Ci-dessous une création de Rostislav Doboujinski que l’on peut mettre en parallèle avec une des robes arborant un masque sur la poitrine de Clara Degand (00:19 sur la vidéo).


Rostislav Doboujinski, masque pour The sleeping beauty, 1968, copyright Victoria and Albert Museum

Il y a aussi la dimension mystique du masque, sa fonction d’intermédiaire entre le réel et le surnaturel. En tant qu’accessoire de mode, c’est un objet qui est rarement utilisé. Pourtant on travaille tout autour du visage, la coiffe (chapeau, capuche), les yeux (lunettes), le cou (l’écharpe, les nœuds), les oreilles (boucles) mais rarement la face (excepté via le make-up). On ne le voit guère sur les podiums agrémenter une tenue, même pour le decorum ou comme Mario Faundez le fait au moyen de détournements (ici des casquettes).

Le masque-armure

Le masque fait peur car il fait disparaître le visage. Notre société interdit de se voiler la face. Sous le masque on saisi difficilement notre regard et nullement nos expressions de visage. Allant nu et masqué on en serait moins saisissable et sans doute, aussi, plus sûr de soi. Le visage qui s’empourpre, les lèvres qui se crispent et le front qui se plisse sont alors indétectables, le masque se fait armure. Bas les masques !

Ci-dessous une armure de plaques du XVIe siècle et le vêtement de guerrier urbain Puma x Vexed Generation de 2005, notez la similitude des masques.


Maximillian jousting armour (1525-1600)


Puma x Vexed Generation

Le masque et la dualité

Ostentatoire, le masque est l’atour de la séductrice au bal -qui se donne-, une armure faite pour charmer. Dépouillé il pare aussi les dangereux détraqués -qui retiennent- des films d’ados.

Selon que l’on voit les choses de façon positive ou négative, les masques de Clara Degand sont comme des origamis que l’on aurait déplié (ouverts, le don) ou au contraire des feuilles que l’on aurait plié (fermées, la retenue). Le masque révèle pleinement sa fonction duale. Tel Janus aux deux visages (ci-dessous).

 

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Pièce représentant la divinité romaine Janus

La peur du masque

Et que dire de la cagoule? On pense alors à braquage de banque. On la tolère pour les enfants, mais les adultes sont priés de s’abstenir, même lorsque American Apparel tente de la réhabiliter ou que la hype nous ressert des cagoules de catcheur. La cagoule fait peur. Surnom donnée à une organisation subversive des années 30, elle est cet accessoire qui occulte toute ou partie du visage et vous rend mystérieux (lire le Fantôme de l’Opéra de Gaston Leroux).

Le masque fait référence a des choses enfouies en nous, il participe à un comportement tribal, au chamanisme, il appartient au passé, il est archaïque. Multicolore ou monochrome, de bois brut ou de carton, charmant ou effrayant, il fait de son porteur un intriguant.

Danses bergamasques et jeu de scène

Tom Cruise, Russell Crowe… Doit-on s’étonner lorsque l’on découvre sur les silhouettes de Clara Degand des stars hollywoodiennes imprimées? Non si l’on reconnaît au masque sa valeur symbolique permettant de dissimuler une partie de soi pour mieux personnaliser un individu, incarner un personnage, être acteur.
On cache son visage et l’on exprime en revêtant l’habit (autre rite?) le désir d’incarner un autre, « de s’approprier sa célébrité » (Lady Gaga, in Art Press, n°378), de le posséder.

Tout cela s’exprime parfaitement sur les podiums des créateurs avec les mannequins. Sacrées l’espace de quelques secondes, elles arborent regard perçant et sourire glacé (portent le masque) sur leur visage, pour coller au désir des photographes de magazines.

Le masque est alors, cet intermédiaire entre monde réel et monde imaginé, qui fait d’elles des avatars. Elles sont proches du théâtre, dont le symbole est un double masque. Gageons que le défilé terminé elles tomberont le masque.

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Vandevorst, Barbara Bui et Anne-Valérie Hash…

Quelques photos de présentation de créateurs dont j’apprécie le travail. C’était hier soir lors de la présentation du Projet Super 8, une série d’interviews de personnalités pionnières dans la relation qu’entretiennent la mode et internet.

L’installation « The smallest travelling store in the world » d’A.F Vandevorst

Image issue de la vidéo du créateur Kristofer Kongshaug (AW 2012) par Nicolas Blusson et Emmanuel G. Cuesta

La « robe qui voyagera » d’Anne-Valérie Hash

Une rapide rencontre avec Barbara Bui

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Léa Peckre, chiaroscuro

Chiaroscuro, clair-obscur dans la langue de Dante, le traitement photographique permet ici d’apprécier les détails et le travail textile de la lauréate de l’édition 2011 du Festival de la mode d’Hyères. Elle a suscité un tel enthousiasme, qu’elle était donnée gagnante par la majorité des festivaliers dès le premier jour.

Son inspiration, Léa la puise dans l’atmosphère qui règne dans les cimetières: lumière, végétation, architecture. Plus que ses modèles, très structurés, ce que j’ai surtout apprécié dans le travail de la jeune diplômée de La Cambre c’est son travail de la matière.

Les sequins, réalisés entièrement par ses soins, sont imprimés en s’inspirant de sept espèces d’arbres différents puis brodés sur des matières assez épaisses comme pour évoquer les structures massives vues dans les cimetières.

En contraste (ci-dessous), on trouve aussi son précieux travail sur des matières fluides et ajourées.

Complexe: plis et replis s’emmêlent, reflection lumineuse, broderies, sequins et profusions d’empiècements (cf. la veste ci-dessous) créent des effets matières étonnants.

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What is Hyères 2011 ?

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Marite Mastina et Rolands Peterkops (Mareunrol’s, 1.2.3 and jury prize Hyères 2009) where in Hyères to show their mystical and surrealist new project: « Tenants »

I ask the young designers Jasper Sinchai Chadprajong (Hyères 2010), Mads Dinesen (Pain is felt by all…, Denmark), Emilie Meldem (Odlhou, Switzerland), Oriane Leclercq (Fake is just as good, Belgium), Michael Kampe (Exploded view, Germany), Léa Peckre (Cemeteries are fields of flowers, France, jury prize 2011), Oda Pausma (29.10.2010, Nederlands), Sandra Backlund (jury member and jury prize Hyères 2007) and Jean-Paul Lespagnard (« tourist », public and 1.2.3 prizes Hyères 2008) what they think about the Festival in few words. You will also meet Sonny Groo and other people.

See how each of them react differently: romantic Oda, straight forward Léa, thoughtful Michael, very cool and charming Sandra and forever smiling Jean-Paul…

Creative, fun, exciting and meetings (new friends and opportunities) it was Hyères 2011!

Video below.

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Hyères 2011 – Ode à Oda Pausma

 

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Suivant les conseils d’un ami, j’ai pris le temps de découvrir les modèles qu’Oda Pausma présentait lors du Festival. Il s’agit de sa troisième collection, cela explique sans doute la maturité qui se dégage de ses silhouettes. Quand on regarde ses réalisations passées on note une progression vers ce que l’on pourrait qualifier de ligne claire du stylisme.

Oda ou l’art du trompe-l’œil

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Oppositions de matières et asymétrie, bords nets. Ci-dessus, un cuir rigide, plié et pincé formant des bustiers-plastrons défie une soie fluide qui crée une combinaison naissant autour du cou, puis se prolonge sur la poitrine et s’évase en une large jambe de pantalon. Ou peut-être est-ce une robe, un trompe l’œil ?

Une approche quasi ludique, un cadavre exquis des matières (car il y a bien un jeu à faire aller et venir les tissus et à créer des jambes de pantalon qui s’imbriquent l’une dans l’autre). L’ensemble est sobre, chic et rigoureux, un luxe à la néerlandaise.

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Ci-dessous, le type de détails que j’affectionne, discret mais plein de sens. Un col tailleur incrusté, sans relief ou plutôt une découpe forme col tailleur, un autre trompe l’œil. Un decolleté vertigineux et un pli dans le dos du cou complètent l’ensemble et viennent donner rondeur et féminité au cuir et à la silhouette.

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