Les carrousels de Jean-Paul Lespagnard


Des modèles spectaculaires…

Paris Fashion Week AW 11 – En 2008, Jean-Paul Lespagnard nous contait l’histoire de Jacqueline, vendeuse de fritkot (une baraque à frites en belge), qui rêvait de faire du rodéo aux Etats-Unis. Ce printemps, une bourgeoise tombe amoureuse d’un dekotora japonais (un camion décoré de néons et de peintures extravagantes) au sortir d’une forêt… Irrésistible non ?


Attention les yeux si vous n’aviez jamais vu de dekotora! (via)

Je me souviens de notre première rencontre au printemps 2008, lors du Festival d’Hyères. Errant dans les allées, je suis tombé par hasard sur son stand, c’est alors que j’ai fondu sur lui. JPL détonnait un peu dans la foule d’alors, les bras croisés, un sourire-rire illuminant son visage, une décontraction sans pareil du type heureux d’être là, il ne m’a pas fallu longtemps pour être embarqué dans l’histoire de Jacqueline… Difficile de résister.


Jean-Paul Lespagnard, lors du Festival International de la Mode d’Hyères en 2009

Les personnages de JPL sont des gens normaux qui vivent des situations extrêmes. Pour Jacqueline c’est le Texas et le rodéo ou l’asile psychiatrique, puis se sera une virée avec Sylvester Stallone à la montagne (pour la collection 1.2.3). Pour la bourgeoise de cet hiver il s’agit de la rencontre de deux univers aux antipodes l’un de l’autre (brut et luxe).

La clef de tout çà était en partie dévoilée l’an dernier. Invité du festival d’Hyères, JPL avait construit une cabane (inspirée par une sorcière dit-il) habitée par des hommes-arbres. En la visitant, vous visitiez… son cerveau. Toute résistance est inutile.

JPL fait décidément tourner la tête…

La présentation de cette saison faite preuve d’une maturité ascendante, aux couleurs de la Belgique (rouge, jaune et noir), les mannequins tournaient sur des petites plateformes, des carrousels prévus à cet effet. On y trouve toujours de l’humour, de la dérision et des références populaires, notions chères au créateur et si nécessaires à la fashion parfois.

Ci-dessous, un modèle que l’on risque de voir souvent…

Mention spéciale pour cette robe bustier faite de ceintures de sécurité sur un catsuit imprimé.

 

Les sabots sont signés de la géniale Nathalie Larare

JPL adore Lanvin, collabore avec la chorégraphe américaine Meg Stuart et fréquente les baraques à frites. De la même famille de création qu’Andrea Crews, Jeremy Scott, Bernhard Wilhelm, voire Jean-Charles de Castelbajac, JPL fait parti de ces créateurs qui savent ajouter ce petit supplément d’humour et de dérision à la mode, mêlant ces notions tantôt à celles du luxe, tantôt à une approche plus populaire et qui au final donnent un vraie bouffée d’oxygène à la semaine de la mode.