La mode est une industrie… de la création

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Dans les couloirs de l’Ecole de la Chambre Syndicale de la couture parisienne

Fait rare, politiques et créateurs de mode ensembles avant hier soir au cocktail d’inauguration des nouveaux locaux de l’Ecole de la Chambre Syndicale de Paris, dirigée par François Broca.

Comme l’a justement rappelé alors, le ministre de l’économie, des finances et de l’industrie, Eric Besson, la mode est une industrie.

Il a cent fois raison et n’avait nul besoin de se comparer, alors, à un ancien et so populaire ministre de la Culture(1) pour justifier ses dires… La mode est bel et bien une industrie… de la création.

Tout créatif que l’on soit, il faudra à un moment ou à un autre savoir développer un autre talent, celui de savoir « composer » avec les impératifs industriels(2). Les « mésaventures » de Christian Lacroix ou les derniers événements au sein des maisons Dior ou Balmain montrent combien ces impératifs sont importants. Souvent le créateur tout génial soit-il n’est qu’un fétu de paille qui peut-être broyé sans égards, quand il ne s’en charge pas lui-même…

Mode et industrie

On oppose souvent le créateur à l’industriel ou au financier, comme deux mondes qui ne serait pas compatibles. Un créatif obsédé par des objectifs industriels est suspect, un industriel trop créatif n’est pas sérieux…

Il faut donc trouver le binôme gagnant, la configuration idéale, comme Christian Dior et Marcel Boussac le furent en leur temps…

Mode, industrie et politique

On est loin d’imaginer que l’affaire Hermès-LVMH déjà  si complexe, l’est encore plus (quand politique, finances et maisons de luxe font bon ménage). La maison Hermès, dont la gestion est toujours familiale, est une des rares maisons à avoir traversé la crise sans « trop » de remous. La crise n’affectant ni la création, l’audace ou les résultats financiers. Le sellier de luxe, cible convoitée, détiendrait-il la bonne formule?

Que penser de la dernière déclaration de M. Arnault au New York Times: « Arrêter la vente de produits Hermès dans les duty-free des aéroports, supprimer les soldes et recruter des employés plus jeunes »? L’homme d’affaire donne des conseils stratégiques, qui semblent forts justes, mais on pourrait aussi se demander pourquoi changer une formule qui marche?

Avant hier soir, donc, on pouvait croiser outre les nouveaux élèves, plusieurs générations de créateurs ayant fait leurs armes à l’ECSP (ou ailleurs) Martine Sitbon, Julien Fournié, Anne Valérie Hash, Maxime Simoens, Yiqing Yin, Adeline André…

On souhaite à tous ces créateurs d’être soutenus, d’une manière ou d’une autre, que se soit dans leur reprise d’activité, la continuation ou le démarrage de celle-ci.


Anne-Valérie Hash x Maxime Simoens


Yiqing Yin x Tomek Kolarski


Jean-Claude Jitrois x Sarah Marshall


M. Toledano et Martine Sitbon


Spéciale dédicace à M. Didier Grumbach, président de la Fédération française de la couture


Spéciale dédicace à M. Sidney Toledano, membre du comité de direction de la Chambre syndicale de la haute couture

A lire le parcours de Didier Grumbach, industriel et fils de confectionneur qui crée en 1971 Créateurs & Industriels, une plateforme de rencontres entre créateurs et industriels

Mise-à-jour: Lire cet article issu des Echos sur un désengagement possible d’Hermès de la maison Jean-Paul Gaultier.

 


(1) remember Charles Maurice de Talleyrand « Quand je m’examine, je m’inquiète. Quand je me compare, je me rassure ».

(2) remember le Diable s’habille en Prada (relire la note (1) au pied de ce billet)