Bulgari à Paris, grand crû


Elizabeth Taylor

Exceptionnelle l’exposition parisienne des 600 pièces retraçant 125 ans d’histoire de la maison de haute joaillerie italienne ! Le soir du vernissage on pouvait déjà  supputer la magnificence des créations de la Maison Bulgari, mais ce n’était rien comparé à la visite proprement dite que j’ai pu faire quelques jours plus tard.

Pour des raisons d’affluence, ma visite fut anti-chronologique ce qui ne m’a pas empêché de la dévorer… Un terme de bouche, allant de pair avec les mots opulence et générosité. Une explosion luxueuse où se mêlent rubis, émeraudes, saphirs, diamants, le platine et les ors. Une outrance chic et chromatique qui sied à une bohémienne internationale, une femme au caractère enlevé, vive comme ces belles et talentueuses actrices italiennes que sont Sophia Loren, Claudia Cardinale, Anna Magnani ou encore Monica Vitti toutes liées à la marque.

Ci-dessous, 1988, collier à 5 festons ornés de 64 saphirs jaunes et bleus taille coussin (total 399,22 carats), diamants, perles de culture et or.

Le monde de la création sera alors sensibilisé par l’ascension de la Maison italienne.
Hollywood sera conquit, Jessica Lange, Grace Kelly, Ingrid Bergman ou Elizabeth Taylor (une partie de l’exposition est d’ailleurs reservé à sa splendide collection) seront de fidèles ambassadrices.
Bulgari sera une marque « à la mode », on comparera la griffe italienne à Chanel: « un bijou Bulgari se reconnaît comme se reconnaît un tailleur Chanel » (in Connaissance des Arts, 1963). La profusion de la couleur présente à cette époque (les années 60) dans les créations du joailler italien peuvent être mises en regard avec les créations des maisons Pucci ou Léonard quelques années plus tard.
Et les artistes dont Andy Warhol himself émettra plusieurs avis sur la question, notamment en déclarant: « I always visit Bulgari, because it’s the most important Museum of Contemporary Art ».

L’exposition montre une maison fortement receptive aux changements de son époque. Les années 70, sont créatives, provocantes et pop. Des objets du quotidien (cornet à glace, cartes à jouer…) sont alors magnifiés par les artisans joailliers. Dans les années 80 Andy Warhol parlera de « look Bulgari » un terme emprunté au prêt-à-porter triomphant. Aujourd’hui on parle de design bi-dimensionnel et flexible et les créations sont portées par Julianne Moore.

Au cours des années cinquante, la Maison italienne inverse l’usage courant qui réservait la taille cabochon (on dit pierres montées en cabochon) aux pierres secondaires. Bulgari invente ainsi une forme de luxueuse désinvolture (comme le ras du cou de 1979 ci-dessus). Quelque que soit la haute valeur des pierres, une haute-joaillerie qui se porterait presque en toute occasion…

1961, le fameux bracelet-montre d’Elizabeth Taylor, le serpent abrite dans sa gueule un boîtier Jaeger-Lecoultre

1971, sautoir en or, corail et diamants

An exceptional exhibition of 600 masterpieces depicting 125 years of history of Italian fine jewelry house Bulgari.

Wealth and generosity, an explosion of luxury, where rubies, emeralds, sapphires, diamonds, platinum and gold mix together. A chic and colorful galore fitting an international gypsy, a woman with a strong character, with a vivacious mind as the beautiful and talented Italian actresses (Sophia Loren, Claudia Cardinale, Anna Magnani, Monica Vitti) all of them linked to the famous italian house.

All the art field will then be sensitized by the rise of the Italian house. First of all Hollywood actresses will be conquered and will be faithful ambassadors, Jessica Lange, Grace Kelly, Ingrid Bergman and Elizabeth Taylor (part of the exhibition is booked for her personal collection).

circa 1979, ras du cou, style très en vogue alors dans la maison Bulgari (or, rubis, saphirs, lapis-lazuli et diamants)

1986, broches, « sucette glacée » et « cornet de glace » en or, calcédoines, corail et diamants

1991, collier en or, émeraudes, améthystes, citrines, tourmalines roses, saphirs et diamants

1994, collier Chandra en or, porcelaine blanche, tourmaline roses, rouges et vertes

Then the fashion world as the Italian label will be compared to Chanel: « Bulgari jewelry is recognized as a Chanel suit can be recognized » (in Connaissance des Arts, 1963).

Then the Art world with Andy Warhol declaring: » I always visit Bulgari, because it’s the most important Museum of Contemporary Art. »

Bringing the cabochon techniques from the secondary stones to the fine stones during the fifties, creating such appealing jewels that people want to wear them anytime-anywher, Bulgari’s challenge was to create a fine jewelry that people could wear in almost any occasion a sort of casual « high end » luxury…

The exhibition shows a house highly receptive to the changes of its time. The 70’s were creative, provocative and pop, everyday items (ice cream cones, playing cards …) are magnified by master jewelers. In the 80’s Andy Warhol talk about « the Bulgari look » a term borrowed from the ready-to-wear. Today Bulgari talk about flexible and two-dimensional design and the jewels are worn by Julianne Moore.

A brief history Bulgari from the end of the 60’s to the 80’s (recorded during the exhibition)