Au cours d’un déjeuner avec Stéphane et Alex où nous parlions de web social, de luxe et de télé-réalité (!) nous en sommes venus à parler, encore une fois, de l’omnipotent et inévitable Karl Lagerfeld…
Nos propos nous ont emmenés à nous interroger vaguement j’en conviens, sur l’image que renvoyait, pour nous, le créateur hambourgeois. Où se situe-t-il entre une pierre-cardinisation (aussi appelé galvaudage ?) de son image et son envie d’apparaître comme un Andy Warhol. Quelle est sa place, entre de multiples apparitions (Sécurtité routière, La Redoute, H&M, jeu vidéos, Coca-Cola…) et sa prédisposition (son désir ?) d’apparaître comme un mentor, un gourou ?
Karl Lagerfeld, l’amour du risque: galvaudage ou génial ?
Karl Lagerfeld à ce besoin insatiable de créer. Rappelons que dans les années 90, celui que l’on baptisait le « mercenaire de la mode » présidait à la destinée de quatre maisons de couture (Chloé, Karl Lagerfeld, Chanel et Fendi !). Alors oui, quand bien même je trouve son omniprésence… épuisante, force est de constater que ce bourreau de travail, fait preuve d’une curiosité, d’une transversalité et d’une passion qui me laisse admiratif.
Et qui dit prise de risque, dit plus grande exposition aux… chocs et aux ratés. J’en veux pour exemple ses dernières créations vidéos, peu convaincantes: Fitting Room, Vol de jour, Chanel Paris-Shangaï ou le Remember Now dont la scène finale me rappelle un Andy Warhol au milieu de sa Factory, composée de models et d’artistes arty…
Mixons les images de l’univers d’Andy Warhol et de Karl Lagerfeld. On peut alors, se laisser aller à réaliser un détournement en 4 étapes…
Etape 1: Green Coca-Cola bottles, 1962 (Andy Warhol)
Etape 2: Campbell’s soup cans (Andy Warhol)
Etape 3: Karl Lagerfeld, c’est bien connu, est un adepte du Coca-Cola Light (2010)

Etape 4, le détournement: Serial Karl ou Karl Lagerfeld en série (à consommer sans modération?)
Andy ? Karl ?
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J’ai enfin vu le Lagerfeld Confidential, très très intéressant comme film, mais surtout ne pas oublier que « pisser partout n’est pas Chanel du tout » ! @ +++
Karl, bien sûr. La répétition numérique n’a pas l’intérêt visuel des sérigraphies de Warhol MAIS ce que Lagerfeld a fait au cours des années est plus stimulant que ce qu’a fait Warhol. (J’aime la provocation !)
http://davidikus.blogspot.com/
Intéressant ce comparatif avec Warhol. En fait, je me dis que la pop culture et que l’esprit post-moderne ont fait de la consommation une culture à part entière. Et finalement, Karl n’est peut être pas si à côté de la plaque que cela en apparaissant en icône dans la culture populaire. Si on pousse l’idée assez loin, je trouve même plutôt génial de s’objectiver de la sorte, au point de devenir un produit de consommation courant, inscrit dans le quotidien des gens. Du coup, il est partout, et omni -présent parce que part d’une culture populaire. Maintenant, si la question est « cela galvaude son image », je ne suis pas de cet avis. Je pense que déjà, Karl, ce n’est pas forcément Chanel et pas forcément le luxe. C’est beaucoup plus que cela : c’est un homme qui s’inscrit dans son temps et dans une culture artistique très contemporaine et multi-facettes. C’est un homme orchestre et je pense que le « fit » entre ses apparations dans des spots de pub et des campagnes de mode grand public et son personnage est permis par la polyvalence et la personnalité multi-facettes de ce génie créatif.
En fait, c’est un peu mégalo d’être sur des bouteilles de Coca, la boisson la plus connue au monde, vendue à des milliers (millions ?) d’exemplaires … Et surtout, on les collectionne, cela laisse des traces. Pour moi Karl se sent vieillir et se pose maintenant la question de laisser une trace personnelle, un héritage qui lui est propre, sans passer par Chanel. Qu’y-a-t-il de plus pérenne que l’art alors ? C’est peut être pour cela qu’il se Warholise … Superbe parallèle, en tout cas, Christian, j’adore ton article, il fait réfléchir :)
Bisous