Going underground

During men’s fashion week in Paris, Stealthprojekt and Scoute took over Galerie Eof on a heat-struck sunday night. The showroom of japanese labels The Viridi-Anne, Devoa and Nude served as the haven for friends and associated looking to get away from the fashion week frenzy. Scoute presented a small installation featuring some highlight stories from the past couple of years, while visitors got a peek at the upcoming SS11 collection from the labels.

Une vidéo pour partager avec vous l’univers underground créé au sein de la galerie eof, bunker cyber-steampunk transformé en showroom d’un soir. On y trouve présenté, entre autres, le créateur japonais Julius et on a pu croiser Maxime Simoens, dont le style est aux antipodes de celui des créateurs présenté ce soir là, très ouvert d’esprit donc.

Une anti-party ou l’on pouvait « feel free to bring along friends but kindly leave the vampiric fashion-victim horde at home !! »

Ambiance…

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PFW | Juun J., l’envol des tribus urbaines

Cette saison Juun J nous transporte dans le désert… urbain, les mannequins portent tous le cheich pour se protéger des grandes chaleurs dû au réchauffement climatique

Panoplie emblématique de la collection. Ci-dessous un cyber-punk avec des envies de tailoring. Une veste tailleur ajustée, sur un pantalon legging-sarouel. Mieux que le baggy, ce pantalon sera-t-il un nouveau basique de l’homme urbain?

Baptisée « The flap », que l’on pourrait traduire par battre au vent, la collection de Juun J. inventeur du « street tailoring », oscille entre des volumes souples, comme ces grands tee-shirts débardeurs, ces tee-shirts capes, ou amples comme ces parkas over-size (voir vidéo) et des pièces plus fitted comme ces vestes tailleurs, ces perfectos ajustés portés sur de larges bermudas ou sur des leggings imprimés bris de miroir.


Ci-dessus Imprimé « bris de miroir » réalisé en collaboration avec Ground-Zéro

Cette saison les zips chers au créateur, ont une fonction plus que décorative. Placé en bord de col, ils laissent apparaître une autre pièce de vêtement (capuche ou blouson anti-pluie, cf. première photo) qui vient se superposer au premier.

Le vêtement devient modulable et s’adapte ainsi aux nouvelles conditions de vie des tribus urbaines. Un travail qui nous rappelle et concrétise en quelque sorte, certaines des expérimentations de l’artiste Lucy Orta (1) sur le vêtement-refuge.


Ci-dessus col tailleur zippé duquel s’échappe un blouson aérien (the flap) anti-pluie.

Juun J. tout comme Julius font parti de ces créateurs ayant des propositions pour un vêtement urbain, situé à mi chemin entre blade-runner et Savile-Row.

(1) Le vêtement-refuge de Lucy Orta, entre mode et architecture. Un extrait de son exposition diffusé sur Arte est visible ici.

 

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PFW | Tous poils dehors !

Hirsute ou entretenu, long ou court, le poil est dans tous ses états chez l’homme depuis quelques saisons. Galerie de poilus saisie dans les backstages et les alentours des défilés de Jean-Paul Gaultier Homme, Walter van Beirendonck, Louis Vuitton et Juun J.


Chez Juun J.


Backstage chez Jean-Paul Gaultier


Backstage chez Jean-Paul Gaultier


Extérieur chez Louis Vuitton


Chez Walter van Beirendonck

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PFW | La danse macabre


Silhouette Comme des garçons, Printemps-Été 2011

Cette collection Homme de Comme des Garçons, peut laisser dubitatif. La musique de Dead can dance, la monochromie et les crânes, tout cela peut rapidement conférer au cliché.

Ces têtes de mort portant des lunettes de soleil bleu électrique, graphiques, drôles, peints sur la nuque, remixées avec des fleurs en motif placé ou all-over, sont romantiques.

Un parti pris radical, érigé en système depuis bien longtemps chez la marque japonaise, anti-consensuel, non-mainstream et définitivement hors norme.

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PFW | Chloé, ode au beige

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En couleur beige, sable ou camel, les jeunes dames de la maison de prêt-à-porter de luxe Chloé, dans une version ré-actualisée de Cheryl Ladd de feu Drôles de dames, s’élancent sur le podium.

Ce défilé fut un des plus séduisant de la dernière fashion week. A noter les beaux volumes créés par la discrète Hannah MacGibbon, avec une mention spéciale pour la silhouette comportant une chemise en jean (à voir à la fin de la vidéo), qui a fait l’unanimité.

Des volumes où plane un désir de destructuration de la silhouette. Tendance vue aussi chez Matthew Ames ou Damir Doma.


Pas de pinces, des plis qui donnent du blousant, des lignes d’emmanchures basses, très sport


Ce duffle-coat semble avoir trois tailles de trop, mais non il est généreux.




Quelque soit la matière et la manière, des pantalons qui s’évasent à partir des hanches


Robe chasuble ou robe trois trous et sans entrave


Grosse cape en maille, enveloppante à souhait


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Magazines de salon

J’ai lu ce billet, ce week-end. Dans le commentaire sont cités deux célèbres et luxueux magazines: Réalités et Egoïste. Deux magazines qui accordent une large place à la photographie.

Réalités (1946-1976) est un peu le Life à la française. Egoïste (1977-), quant à lui est un magazine rare (un numéro tous les trois ans) à la parution « spasmodique ». Il réunit les plus belles plumes (Salman Rushdie, Sagan, etc.) ainsi que des photographes de renom (Avedon, Bettina Rheims…).

J’ai mis la main sur quelques exemplaires de ces magazines, acquis tantôt dans une brocante, dans la rue ou simplement donnés. Je les ai associé avec un de leur successeur, le magnifique Acne Paper.


Egoïste (1984)


Réalités (septembre 1964)


Acne Paper (winter 08/09)

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Un workshop avec Geneviève Sevin-Doering

Notre-Dame de la Garde, Marseille…

À la recherche d’anciennes photos sur un voyage effectué au Kenya j’ai mis la main sur ces photos réalisés il y a dix ans lors d’une stage chez Geneviève Sevin-Doering.

Sous le soleil écrasant de l’été, j’allais passer quelques jours en terre marseillaise afin de suivre une formation à sa technique particulière de coupe en un seul morceau. Le vêtement à couture tournante.

Voici quelques photos argentiques, scannées, de ce workshop.

Geneviève au sein de son joyeux capharaüm.

L’entrée de l’atelier-domicile

Ci-dessous, ressemblant à des blasons, des papillons ou un test de Rorschach, les patrons des costumes d’une pièce de théâtre, chacun appartenant à une famille. De haut en bas et de gauche à droite: famille du Collant, famille de la Couture, famille de la Fente, famille du Combiné, famille du Rectangle et famille Dufilho (!)

L’atelier, ancien entrepôt des galères de Louis XIV, est plongé dans un certaine obscurité et se prolonge tel un dédale.

Avec Geneviève, qui au cours des ans est devenue aveugle, on épingle les toiles à -même le sol, c’est le geste qui prime…

Les mannequins couture et les housses blanches suspendues aux portants sont comme des fantômes qui peupleraient les coulisses d’un opéra…

On travaille aussi sur des mannequins aux proportions inhabituelles…

En fait Geneviève est une rebelle. Sur cette photo elle est à mi-chemin entre Lou Reed et Louise Bourgeois vous ne trouvez-pas ?

Sa technique de coupe a rencontré beaucoup de réticences, peu compatible, avec les contraintes de fabrication en nombre d’alors. Le caractère bien trempé de la dame y est aussi, à mon avis, pour quelque chose.

Le théâtre, le costume de scène fait sur-mesure pour un acteur est naturellement un domaine où sa technique « enveloppante », qui se moule sur le corps, trouve son lieu d’expression, tout comme la confection pour une clientèle privée (parmi laquelle on trouve Leonor Fini). À partir de 1969, elle se consacrera à développer uniquement cette technique. À la recherche du vêtement « parfait », celui qui laisse le plus de liberté au mouvement.

Le prêt-à-porter est resté hermétique à son savoir faire, ce qui ne la prive pas d’avoir des admirateurs (Élisabeth de Senneville, que j’ai croisé à l’atelier) et de nombreux disciples (dont Sakina M’Sa et Fred Sathal). Il y a quelques années la marque de jean Levi’s a créé un modèle dit à « couture tournante » le Twisted jean, j’avais alors, immédiatement pensé à Geneviève.

Que reste-t-il de son savoir-faire et comment exploiter sa technique aujourd’hui? Aux dernières nouvelles, sa fille se charge de l’enseignement de sa technique. Fred Sathal ne défile plus pour la couture parisienne depuis des années. Le luxe, le show-business où règnent des vêtements d’exception seraient-ils un terrain propice?

Une modélisation 3D de ces patrons seraient très instructif, à l’image de ce que l’on voit ici. Geneviève Sevin-Doering serait-elle une Madeleine Vionnet restée dans l’œuf?

Pour en savoir plus

et encore plus

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