Lady Dior | Lady blue: La dame de Shangaï

Postulat de départ le sac Lady Dior est un produit de luxe (à vérifier).

Tout comme d’autres maisons de luxe l’ont fait en ce début d’année la maison Dior a mis le cap sur Shanghaï, nouvelle capitale du luxe.  , l’interprète principale de ce troisième opus de la saga Lady Dior est cette fois-ci dirigée par l’immense David Lynch.

Pour Lady Noire, beaucoup d’internautes s’étaient plaint du fait que la fin de l’histoire laissait le spectateur dans l’expectative, qu’en sera-t-il d’un web-movie de plus de 15 mn réalisé par l’hermétique David Lynch ?

Invoquer le réalisateur de Inland Empire (!) pour faire la promotion du Lady Dior relève-t-il d’un pari artistique et de communication fou et/ou d’un désir évident de distanciation ?

Lynch x Lady Dior:  alibi artistique ?
Non quand on sait que luxe, art et culture ont toujours fait bon ménage, ils sont tous des émetteurs de goût. David Lynch est un réalisateur unique en son genre, le Lady Dior est donc, par conséquent (?), un produit unique en son genre.

Oui si l’on considère que le Lady Dior n’a pas une aura fantasmatique à la hauteur de l’univers lynchien. Le Lady Dior n’à pas l’image d’un sac Kelly ou d’une montre Vacheron Constantin (cf postulat de départ).

Lynch x Lady Dior:  désir de distanciation ?

Oui car pour apprécier l’univers de David Lynch il faut un certain apprentissage, un rite de passage que l’on retrouve souvent dans ses films. Souvent symbolisé par un objet (cf. la boîte bleue dans Mulholland Drive, l’oreille coupée dans Blue Velvet) ce rite est ici signifié par le sac Lady Dior. Le sac permet le passage entre deux mondes (réel et fantasmé) mais aussi pour le consommateur vecteur d’ascension culturelle, sociale, etc.

Oui car « Il faut donc un bagage culturel pour apprécier le luxe » (1) et il faut « exclure les non-adeptes » (1) et qui mieux qu’un réalisateur comme David Lynch peut réaliser cela?

Non, car presque toutes les images, les couleurs saturées sont appréciables par tout un chacun. Marion Cotillard est une actrice proche du public et rend accessible cet univers. Les effets de la caméra Hi-Speed, me rappellent la mythique scène de poursuite de Chunking Express de Wong Kar Wai et sont appréciables pour leur rendu esthétique.

Lynch vs Dior ou Lynch x Dior ?
Une marque de luxe de n’a pas nécessairement besoin d’une star du show business pour promouvoir son univers. David Lynch risque-t-il d’occulter l’aura de Dior ? Que retiendra-t-on de tout çà ? On attend avec impatience le quatrième et dernier opus de cette saga.

Le projet est ambitieux et s’exposera forcément à la critique, on est pas dans une simple « pub », on ne vend pas un produit mais on décrit un univers de marque (une démarche inhérente à toute marque de luxe), une attitude prise de risque, de dénicheur et de leader, en effet le luxe ne suit pas la tendance, il la précède.

(1) Luxe oblige, Vincent Bastien et Jean-Noël Kapferer

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    16 Responses to “Lady Dior | Lady blue: La dame de Shangaï”


    • Avis pertinent comme toujours. Je forward cette article dans la « Maison ».

    • Hey ! J’avais oublié que tu étais un « insider » !
      Bien à toi

    • Merci pour ton avis éclaireé. que je partage. J’ai lu tant d’opinions divergentes des miens ces derniers jours… L’univers de Lynch totalement représenté. On pourra dire « juste pour un sac »…

      N’empêche que mon homme, fan absolu de DL a enfin pris 16 min et son attention consciente ou non a capté LE sac Dior :))) j’disça, j’dis rien !

    • Ce post est tellement intéressant !!
      c’est fou le tournant décisif en terme d’intéraction avec le consommateur que la saga des films Dior marque. Pour le film, il me semble qu’aussi bien les initiés de David Lynch que le grand public trouveront leur compte dans ce film car les codes référentiels Lynch ne me semblent pas imposés mais plus des bonus pour l’oeil avisé … je pense que le fait que John Galliano soit à la direction artistique y est pour beaucoup. Même si c’est un peu cliché le choix de la fleur bleuté dans le sac et du titre blue shanghaï en référence à blue velvet et marion cotillard est très adjanisée, je trouve que ça rend quand même très bien, c’est simple à suivre tout en étant étrange et donc très réussi. Perso, je suis archi-séduite par la fumée bleue dès le début du film qui pose comme une lumière voilée tout au long. Enfin, dans le même thème ‘Shanghaï nouvelle ville du luxe’, j’ai bcp apprécié le court métrage de Karl Lagerfeld sur http://www.chanel-news.com à propos du voyage en chine rêvé de Coco Chanel. A bientôt.
      http://www.sylviaetc.blogspot.com

    • Super intéressant Christian ! J’aime tes remarques.
      Heureusement que Lynch n’en n’est pas à sa première collaboration avec les marques car j’aurais presque pu croire que ce produit était vraiment une machine à fantasmes. D’ailleurs, cette atroce pub pour la Nissan Micra réalisée après Mulholland Drive, rappelle oh combien Lynch ne se laisse pas séduire que part « l’art ».
      Je n’ai pas regardé ce court pour Dior, 16 minutes sur le web c’est beaucoup !
      Le film est sans doute digne d’intérêt, mais j’avoue que cette forme de vulgarisation du cinéma pour le compte du commerce des produits (puisqu’il s’agit tout de même de promotion) me laisse de marbre.

    • @ Sylvia: Merci, il serait intéressant de savoir comment John Galliano et David Lynch ont collaborés sur ce court-métrage.

      @ Flairs: Merci Florence, ta conclusion fait partie de mes interrogations : que retiendra-t-on de tout çà ?

      Le discours de Dior est ambigu, j’aurais dû le préciser dans le billet (d’où mon postulat de départ). Dior veut vendre un produit alors que le luxe n’a pas besoin de vendre des produits, le luxe invite à une culture. L’ambiguité se crée, tout se brouille lorsque Dior communique sur un produit qui n’est un produit de luxe proprement dit avec des codes du luxe (création d’univers, onirisme, fantasme, art, etc.). Astucieux.

      Si tu en as le temps (le courage) regarde ce court-métrage j’aimerais avoir ton avis à l’occasion.

      PS: je te l’ai déjà dit, mais j’en profite pour le répéter j’adore ton blog.

    • Christian va devenir Dr es Le Modalogue… sous cette remarque légère de ma part je ne peux que suivre ton idée. Art et culture c’est ce qui rend pour moi le monde de la mode et du luxe si intéressant, j’apprécie donc la démarche de Dior, même si j’apprécie beaucoup moins qu’avant Marion Cotillard (qui est dévenue une poupée hollywoodienne ultra consensuelle et lissée). Quand à Monsieur Lynch, ouahhhh quel travail. J’avais bien aimé sa collaboration autour de photos avec Louboutin. @ +++

    • @Péji : thanks :^)

    • Tu cites mon gourou, mon directeur de thèse …
      Je t’aime Christian :))

    • @Chouchou: Vincent Bastien ou Jean-Noël Kapferer ?

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