Ces lunettes…

Hyères, mai 2010, une sympathique before sur la terrasse de notre hôtel. Lady Gaga et vin rosé mais aussi l’occasion de retrouver les copines du Sud (Isabelle Oziol de Pignol et Brigitte). Puis j’ai vu ces lunettes sur le nez d’Isabelle, qui nous explique:

« En fait, j’ai toujours aimé les lunettes en écaille et particulièrement celles assez épaisses que je voyais sur le nez d’Aristote Onassis, Saint Laurent etc… Renseignements pris, j’ai vite compris que si elles étaient aussi belles c’est parce qu’elles étaient faites à la main et par des lunetiers prestigieux comme la maison Bonnet à Paris.

Cette monture à été faite, à la main, dans le Jura, par un artisan lunetier. Pas de marque, pas de « made in France » écrit sur les branches, en revanche, elles sont en acétate. Il y a deux méthodes pour faire des lunettes en acétate: par moulage (la plupart de la production actuelle) ou travaillées « à l’ancienne » dans la masse (une plaque d’acétate) comme on travaille l’écaille. Ce qui fait que ces lunettes ont de allure sans atteindre les prix vertigineux de l’écaille… »

Un coup de fil à l’opticien en question afin d’obtenir le nom de cet artisan.  Malheureusement, ce vieil homme (M. Fontanez) à cessé son activité et n’a pas pu la transmettre à un apprenti. Son activité à été racheté par Opal et ces modèles ne seront pas reconduits, un savoir-faire qui s’évanouit…

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Ylva, diva chic et choc

L’autre soir en rentrant au Baron…

Ylva Falk est danseuse de hip-hop et de voguing (voir aussi ici), elle est également chorégraphe, elle a notamment travaillé sur le dernier défilé de Quentin Véron. Habillée ce soir-là par Jean-Paul Gaultier des pieds à la tête elle était l’image du nouveau parfum maison: Gaultier Madame.

Elle porte un mini-perfecto fluide, strassé et clouté (très glam-punk). Son visage, au maquillage coloré, orné d’un grand sourire vous captive et puis… il y a cette houppe, cette coiffure, que dis-je cette coiffure? Cette excroissance capillaire qui rendrait jaloux le plus célèbre des petits reporters belge!

Ylva vous conseille d’associer votre vernis à ongles à … vos sourcils.

Dans ce décor fait de miroirs et de graffitis rose bonbon, elle n’était pas sans me rappeler quelques couvertures d’I-D magazine des années 90, voir une toute récente avec Agyness Deyn.

I-D, avril 1984

I-D, mai 2009

 

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Chronique du Printemps

Après les vitrines de Noël, on nous a présentés last week le nouvel aménagement intérieur du mégastore parisien. Le nouveau positionnement est ouvertement positionné luxe, vers une montée en gamme tout en gardant l’accessibilité. Penser avant tout à la notion de service plutôt que retail.

Les allées ont été agrandies, l’espace à été repensé de façon verticale afin de lier les trois niveaux le lower ground floor, le ground floor et le first floor (soit respectivement les produits avec un positionnement accessible, la maroquinerie de luxe et tout en haut la Haute Joaillerie – Haute Horlogerie). Le luxe c’est l’espace n’oubliez pas…

Des « espace de marques » ont été créés et aménagés à la fois pour trouver the next big thing et pour essayer de résoudre la problématique suivante : comment faire vivre et cohabiter à la fois Céline, Burberry, Sonia Rykiel, Proenza Schouler et Alexander Wang ou David Yurman et Philippe Ferrandis?

L’équipe de création à apporté une nouvelle couleur institutionnelle pour accompagner ces changements: le Rubine Red. Avec le bleu elle était dès 1865 une des couleurs de l’institution. Cette couleur n’est pas sans nous rappeler le Shocking Pink de la Schiap’ non?

Patrimoine: illustration issue des archives de la maison remise au goût du jour

Le totem des marques, une installation proche d’une œuvre d’art contemporain


Espace de marque: Maison Lanvin

Puits de lumière, miroirs, nouvelle couleur tout cela confère à ce shopping mall quelque chose d’assez moderne et dynamique tout en restant personnel, qui veut rester parisien!

Tout comme pour les vitrines de Noël les marques (de Balenciaga au Qee de chez Artoyz) ont joué le jeu et ont créé des modèles exclusive Rubine Red de leur produits à découvrir dans un pop-up store qui leur est dédié.

Interview de Benoît Rigaut

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Lady Dior | Lady blue, la dame de Shangaï

Postulat de départ le sac Lady Dior est un produit de luxe (à vérifier).

Tout comme d’autres maisons de luxe l’ont fait en ce début d’année la maison Dior a mis le cap sur Shanghaï, nouvelle capitale du luxe. Marion Cotillard, l’interprète principale de ce troisième opus de la saga Lady Dior est cette fois-ci dirigée par l’immense David Lynch.

Pour Lady Noire, beaucoup d’internautes s’étaient plaint du fait que la fin de l’histoire laissait le spectateur dans l’expectative, qu’en sera-t-il d’un web-movie de plus de 15 mn réalisé par l’hermétique David Lynch ?

Invoquer le réalisateur de Inland Empire (!) pour faire la promotion du Lady Dior relève-t-il d’un pari artistique et de communication fou et/ou d’un désir évident de distanciation?

Lynch x Lady Dior: alibi artistique?

Non quand on sait que luxe, art et culture ont toujours fait bon ménage, ils sont tous des émetteurs de goût. David Lynch est un réalisateur unique en son genre, le Lady Dior est donc, par conséquent (?), un produit unique en son genre.

Oui si l’on considère que le Lady Dior n’a pas une aura à la hauteur de l’univers lynchien. Le Lady Dior n’à pas l’image fantasmée d’un sac Kelly (cf postulat de départ).

Lynch x Lady Dior: désir de distanciation?

Oui car pour apprécier l’univers de David Lynch il faut un apprentissage, un rite de passage que l’on retrouve souvent dans ses films. Souvent symbolisé par un objet (cf. la boîte bleue dans Mulholland Drive, l’oreille coupée dans Blue Velvet) ce rite est ici signifié par le sac Lady Dior. Le sac permet le passage entre deux mondes (réel et fantasmé) mais aussi pour le consommateur vecteur d’ascension culturelle, sociale, etc.

Oui car « Il faut donc un bagage culturel pour apprécier le luxe » (1) et qui mieux qu’un réalisateur comme David Lynch peut réaliser cela?

Non, car presque toutes les images, les couleurs saturées sont appréciables par tout un chacun. Marion Cotillard est une actrice proche du public et rend accessible cet univers. Les effets de la caméra Hi-Speed, me rappellent la mythique scène de poursuite de Chunking Express de Wong Kar Wai et sont appréciables pour leur rendu esthétique.

Lynch vs Dior ou Lynch x Dior?

Une marque de luxe de n’a pas nécessairement besoin d’une star du show business pour promouvoir son univers. David Lynch risque-t-il d’occulter l’aura de Dior ? Que retiendra-t-on de tout çà ? On attend avec impatience le quatrième et dernier opus de cette saga.

Le projet est ambitieux et s’exposera forcément à la critique, on est pas dans une simple « pub », on ne vend pas un produit mais on décrit un univers de marque (une démarche inhérente à toute marque de luxe), une attitude prise de risque, de dénicheur et de leader, en effet le luxe ne suit pas la tendance, il la précède.

(1) Luxe oblige, Vincent Bastien et Jean-Noël Kapferer

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Night | Grand Marnier Creation

Une soirée parisienne comme on les aime, on y fait des rencontres, on y croise des amis et des people, on y rit beaucoup et on se cultive un peu. En prime on peut rentrer pas trop tard afin d’être frais et dispo le lendemain matin…

Une mystérieuse hôtesse…

Tendance soutien-gorge-bustier apparent ici masculin-féminin, Vanessa, artiste peintre (un peu perse, un peu française et un peu allemande)

Full of drama, Mélanie, Sarah Bernhardt moderne.

Ci-dessus, Britta Uschkamp, studieuse, créatrice de la marque de lingerie éponyme.

Le showcase privé de Nouvelle Vague x Hélena Noguerra ainsi quelques moments de cette soirée en 5 mn chrono

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FIMPH 2010| Hyères is now complete

 

Deux photos d’un des moments forts du défilé, il s’agit du passage de la seconde collection des lauréats de l’édition 2009 Marite Mastina et Rolands Peterkops (aka Mareunrol’s).

Poétique et sacré

les vêtements emportés par des oiseaux nous extirpent du quotidien et nous aident ainsi, à mieux atteindre nos aspirations et notre idéal.

Absolument fan de ce short !

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Au Paradis dans mon cocoon

Canari capturé par Jean-Paul Goude en 1992 pour le parfum Coco. Karl Lagerfeld fera porter à Vanessa Paradis les sacs de la Ligne Cambon et New Mademoiselle à l’aube des années 2000. Cette histoire a joliment repris son cours cet hiver avec Rouge Coco et continue ce printemps avec la nouvelle ligne de sacs Coco Cocoon, sacs avec lesquels on a toujours envie de se lover…

L’entrée de l’appartement de Mademoiselle Chanel en était truffé la semaine dernière…


Des pochettes, des shopping bags, noirs, gold, chocolat…


… en nylon, en alligator ou en orylag, il y a un doudou pour chacun d’entre vous.

Tantôt canari, tantôt poussant la chanson Vanessa Paradis est toujours aussi charmante. Jugez-en vous-même dans le making-of de la campagne de communication ci-dessous.

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FIMPH 2010 | impressions (back to basics)

Cette année, les organisateurs ont eu la bonne idée cette année d’installer les stylistes à l’intérieur de la villa, chacun occupant une pièce qu’il pouvait aménager à sa guise et ainsi nous faire entrer dans son univers de manière plus complète. Du point de vue esthétique, la collection d’Alexandra Verschueren (grand prix du jury), se situe aux antipodes des créations de la syliste mongole Tsolmandakh Munkhuu (prix du public).

Le vêtement créé par ses soins ou empruntés à sa mère pour être recopiés ont des lignes pures, complexifié ensuite par un impressionnant travail de pliage/repassage/découpage pour un rendu origami. Des vêtements « basic on the outside » comme le dit la créatrice mais qui révèlent leur « trésor » une fois ouvert. Appliquant ainsi, ce vieux principe cher au luxe « aussi beau à l’intérieur qu’à l’extérieur ». Alexandra Verschueren Manteau d’Alexandra Verschueren Chemise-origami, d’Alexandra Verschueren

Chemise-origami imprimée « traces de feutre », d’Alexandra Verschueren

Tsolmandakh Munkhuu

J’ai aimé les accessoires de Tsolmandakh Munkhuu et j’ai été impressionné par ses effets matières. Ses vêtements inspirés des moines bouddhistes sont denses, s’inspirant des filtres à air de voitures (!) pour certaines pièces, voire de pièces de plomberie, l’ensemble flirte avec un style gothico-baroque qui a fait l’unanimité parmi le public du festival.

Les sources d’inspirations (filtre à air de voiture, bielle…), les cahiers de recherches et les effets de matières réalisés par la styliste Tsolmandakh Munkhuu

Jasper Sinchai Chadprajong

Des dizaines de mètres de tissus nécessaires pour réaliser une parementure plissée chez la styliste mongol aux deux semaines nécessaires pour réaliser une chemise-origami chez la styliste belge, les lauréates se rejoignent dans ce travail d’une minutie extrême. « Coup de cœur » fut pour le jeune styliste anglais Jasper Sinchai Chadprajong.

Ses histoires sur le temps de l’amour, son humour et son univers tout en illusion (il a réalisé des trompe l’œil en denim et en maille assez bluffants) m’ont interpellé. Bien maitrisés l’humour, la dérision, l’illusion sont à même d’apporter un souffle nouveau à toute démarche créative. Je n’ai pas ressenti le même passion pour ses vêtements, entre l’idée et la réalisation quelque chose s’est perdu en chemin.

Nada Van Dalen

Autre collection sur le temps chez la danoise Nada Van Dalen. Elle retranscrit en vêtement une année difficile qu’elle à passé à Berlin. Un style très DIY, très punk et very angry. Ruban adhésif de bricolage (pour panser les blessures…) et coton se côtoient. Certains vêtements et accessoires sont « bariolés » par des traces de feutres. Collection et installation assez impactante mais somme toute assez anecdotique…

Yiqing Yin

J’ai aimé le travail réalisé par Yiqing Yin, son installation très « art moderne » et les volumes anatomiques de ses vêtements littéralement moulés sur le corps ont beaucoup ému, en laissant aussi une impression de déjà-vu? Résumé en vidéo ci-dessous (featuring un cours d’origami par la lauréate)

Beaucoup de tissus bouleversés à la main (chez Yiqing Yin, Alexandra Verschueren, Tsolmandakh Munkhuu), des imprimés régressifs et bruts fait de traces de feutre et de crayon (chez Alexandra Verschueren, Nada Van Dalen), des références « ethniques » (l’Afrique, la Mongolie, l’Inde) et des rencontres de cultures (Madame Grès en Afrique chez Nora Berger et Kathrin Lugbauer ou encore l’Europe Centrale qui rencontre l’Espagne chez Isabel Mastache Martinez), l’utilisation du Tylvek (le « tissu papier ») chez deux créateurs.

Tout cela donne l’impression que ces créations prônent un retour à un certain essentiel (« basic » comme le dit la lauréate), voire roots (ce qui n’exclu en rien des rendus sophistiqués). En accord avec l’installation très nature de Jean-Paul Lespagnard.

« Dig on for victory », installation de Jean-Paul Lespagnard et Ethan Hayes-Chute Le plus important et la leçon que l’on peut tirer des propos de Dries Van Noten.

Il explique que le choix du jury se porte avant tout sur le potentiel d’un créateur, sa capacité (supposée) à concevoir plus tard des collections originales et non sur l’effet immédiat  et éphémère que celui-ci pourrait provoquer lors d’une manifestation comme celle-ci. De la projection, de l’anticipation, le recherche d’une vision, une attitude raisonnée, bref beaucoup de sagesse. On en attendait pas moins du président de ce jury.

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FIMPH 2010 | mots de mode…

Des mots, des flashs, des souvenirs en désordre du Festival d’Hyères 2010

Villa Noailles / Oh Hyères ! / Dries Van Noten / waiting the shuttle to Villa Noailles… / une si « belle vue » / Here comes the sun / jeunes créateurs / plissés, origamis et trompe l’œil / Jean Paul Lespagnard et sa cabane en bois « dig on for Victory » / défilé place 1 rang H / waiting the shuttle to the party… / the Pink club / Absolut / Si poétiques Marité Mastina & Rolands Peterkops / Dress code noir et blanc ou black & white / Malcom Mc Laren was here… / Pierre Hardy / waiting the shuttle to Villa Noailles… / « We live in the first self-censor society » (Oliveiro Toscani) / les minaudières d’Olympia Le Tan / parcours au milieu des fantômes d’Emmeline de Mooij & Anne de Vries à la tour des Templiers / RIP Jean-Louis Dumas / mode et copyright: l' »appropriation art » et la question du ré-emploi dans l’acte créatif / une rencontre: Linus Ricard / waiting the shuttle to he party / Le Mambo club / des rires / Je découvre le photographe Walter Pfeiffer / On hallucine devant la pièce vidéo de Steven Klein « Your hallucination is now complete » / La collection « Magie noire » de Tsolmandakh Munkhuu remporte le prix du public / Alexandra Verschueren remporte le grand prix du jury / une rencontre: mon voisin de quartier, le talentueux Eric Giriat / fashion need Jean Colonna ! / une rencontre: le photographe Philippe Levy / sur la plage de l’Aygade Jean Pierre Blanc et Maida tirent des feux d’artifices à la lune / FIMPH 25 ans de rencontres/ Happy Birthday FIMPH !

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