Air France madame, bonjour madame!

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Non, Air France Madame, n’est pas un ersatz de feu Jours de France(1). Ce n’est pas seulement un club de desperate housewives reservé aux femmes des hommes qui travaillent (!). Air France Madame est un magazine d’art de vivre pour des femmes exigeantes. Pour celles qui voyagent dans les meilleures conditions et qui portent une attention particulière à la mode, la culture, au design et à l’art.

La maquette, élaborée par le directeur artistique de Vogue, Johan Svensson, est conforme à ce que l’on attend de ce type de publication : sobre et chic. Les typographies oscillent entre serif et sans-serif selon la langue employée (français ou anglais). La mise en page laisse un large place aux blancs, souvenez-vous le luxe c’est l’espace. La taille des folios (un brin oversize) pose la touche d’excentricité nécessaire.

Un magazine haut de gamme, un bimestriel de luxe, dédié au plaisir, qui vous emmènera aux quatre coins du monde visiter les hotspots du moment, vous aidera à décrypter les tendances ou vous indiquera les bons plans luxe via un choix d’adresses sélectives.

Le dernier numéro, que vous pouvez encore vous procurer cette semaine, est le fashion issue, la mode étant le fil conducteur du magazine. Ne manquez pas l’article de Sybille Grandchamp sur Cape Town, le sujet sur Phoebe Philo, celui sur le couple d’architectes d’intérieur Gilles & Boissier ou encore les adresses chic de Mathilde Meyer, la dircom de Prada.

À la lecture, contrairement aux autres féminins, ici il n’y a pas d’état d’urgence. On ne part pas en week-end dans les Antilles britanniques comme on irait à La Baule, on n’achète pas une montre Van Cleef & Arpels comme une toywatch. Il faut prendre son temps pour apprécier le luxe, le style et l’allure priment donc sur le it-thing du moment.

Le prochain numéro traitera de Haute Horlogerie féminine, sujet passionnant à plus d’un titre et dont nous aurons l’occasion de reparler.

Un aperçu en images du Fashion issue, bande son by Fortuna


(1) Ce magazine appartenait à M. Dassault. De Jours de France à Air France Madame on reste donc dans la thématique aérienne…

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Instants volés

À L’ÉTÉ 1962, LE MAGAZINE LOOK COMMISSIONNA DOUGLAS KIRKLAND AFIN DE FAIRE UN REPORTAGE PHOTOGRAPHIQUE SUR CELLE QUI HABILLAIT JACKIE KENNEDY, LA PREMIÈRE DAME DES ÉTATS-UNIS. GABRIELLE CHANEL, ALORS ÂGÉE DE 79 ANS ACCEPTA, NON SANS MÉFIANCE, QUE CE JEUNE PHOTOGRAPHE LA SUIVE PENDANT TROIS SEMAINES. LE RÉSULTAT ÉTAIT EXPOSÉ LE MOIS DERNIER À LA GALERIE BASIA EMBIRICOS À PARIS.

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J’AI PRIS LE TEMPS PENDANT LA FASHION WEEK DE VISITER CETTE EXPO ET D’Y RENCONTRER SON CURATOR KU KHAHN. PENDANT NOTRE ÉCHANGE J’AI PU ME RENDRE COMPTE QUE J’ÉTAIS ASSEZ PROCHE DE CET ANCIEN PHOTOGRAPHE DEVENU COMMISSAIRE D’EXPO. EN EFFET, NOUS APPRENONS RAPIDEMENT QUE NOUS AVONS PASSÉS NOTRE ENFANCE DANS LA MÊME VILLE, FRÉQUENTÉS LE MÊME COLLÈGE ET LE MÊME LYCÉE (CERTES À 25 ANS D’ÉCART, MAIS TOUT DE MÊME!).

KU KHAHN M’ÉTAIT FAMILIER, SITUÉ ENTRE DOUGLAS KIRKLAND ET FREDERICO FELLINI SUR LA COUVERTURE DU MAGAZINE ZOOM (1972) QUE JE VENAIS DE RECEVOIR, SUITE À UN ACHAT EN LIGNE SUR EBAY. « IL Y A DES HASARDS QUI N’EN SONT PAS… » NOUS DIT ALORS LE RESPONSABLE DE LA GALERIE…

KU KHANH ENTRE DOUGLAS KIRKLAND ET FREDERICO FELLINI…

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LORSQUE JE L’INTERROGE SUR LES LIENS QU’IL A PU NOUER AVEC LA MAISON CHANEL GRACE À CETTE MANIFESTATION, IL ME FAIT SAVOIR QUE LES PROMESSES D’ACHAT DE LA COLLECTION N’ONT PAS ÉTÉ TENUES ET QUE DE SOUTIEN IL N’EN A EU QUE TRÈS PEU…

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LA GALERIE NOUS À OFFERT À TRAVERS CETTE EXPOSITION UN REGARD NOUVEAU SUR LA GRANDE MADEMOISELLE. CERTAINS CLICHÉS RÉUSSISSANT MÊME À SAISIR DES MOMENTS D’ABANDON (VOIR CI-DESSOUS), RENDANT CETTE FEMME MOINS GLACIALE QU’À L’ACCOUTUMÉE.

LA GRANDE MADEMOISELLE ÉTENDUE SUR UN CANAPÉ, UN MOMENT D’ABANDON…

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UNE COLLECTION D’INSTANTS VOLÉS DANS LA RUE, DANS SON APPARTEMENT DU 31 RUE CAMBON OU AU MILIEU DE SES COUTURIÈRES ET DE SES MANNEQUINS DANS LES ATELIERS. UNE EXPOSITION QUI NOUS MONTRE UNE GABRIELLE CHANEL TANTÔT GRAVE, TANTÔT SOURIANTE ET SÉDUCTRICE, TANTÔT SECRÈTE. UNE VISION INTIMISTE, LOIN DES CLICHÉS (FINALEMENT RÉDUCTEURS) QUE L’ON ENTRETIENT SUR LA CRÉATRICE.

COCO CHANEL SUMMER 62(ÉDITÉ CHEZ STEIDL L’AN DERNIER) RASSEMBLE SUR PAPIER LES PHOTOS DE KIRKLAND ET UNE INTRODUCTION DE KARL LAGERFELD. UN OUVRAGE, DISPONIBLE CHEZ LA HUNE.

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PORTRAIT | KU KHANH

AN ENCOUNTER WITH KU KHANH, PHOTOGRAPHER, BUT THIS TIME CURATOR OF, « COCO CHANEL PHOTOGRAPHIED BY DOUGLAS KIRKLAND ».

AN EXHIBITION AT GALERIE BASIA EMBIRICOS NON-OFFICIALLY SUPPORTED BY MAISON CHANEL…

[divider]SEE ALSO[/divider]

AN INTERVIEW WITH NICK KNIGHT, HERE AT SHOW STUDIO

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PFW | Felipe Oliveira Baptista, revue de détails

Au lycée Turgot, sur un runway immaculé…

Sur une base de robe trois trous, FOB à créé plusieurs robes chasubles, tantôt à manches courtes, tantôt à manches longues et évasées, à encolure V ou carrée, à emmanchure américaine drapée.

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Ces robes s’arrêtant à mi-cuisse créent une ligne graphique qui évoque quelque peu les sixties. Les quelques imprimés, d’inspiration fifties eux, oscillant entre Dubuffet, Miro ou Kandinsky ne font que renforcer ce côté rétro-moderne qui plane sur ce défilé.

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Les tenues écrues, les lunettes d’aviateur ne sont pas sans rappeler un autre avant-gardiste de son temps : André Courrèges.

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Ci-dessus: photo Douglas Kirkland, Audrey Hepburn en Courrèges, Paris 1965

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Détail rétro-futur sur cette robe, un imprimé un peu rétro et un bas de manche thermo-soudé et thermo-formé(?) sorti tout droit d’une combinaison spatiale…

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Détail en relief façon scarifications, sur les bottes et cette robe

Dans cette collection FOB à choisi beaucoup de soies et de crêpes, pour, je cite: « plus de fluidité et de confort ». Même sensation au niveau des chaussures, qui au premier regard semblent alourdir la silhouette mais qui une fois en mouvement se révèlent être composées de franges qui s’animent de façon « animale » et font twister l’ensemble de la silhouette.

Quant aux couleurs, sur une robe, un bleu très lumineux, très Klein, à retenu mon attention. Les quelques robes du soir (très « arty ») de ce défilé, celles de la fin de la vidéo ont un intéressant travail au niveau de la carrure.

Un très beau défilé pour conclure la première journée, le style FOB qu’il définit lui-même comme étant « graphique et pur » est en belle évolution, à suivre.

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PFW | Venus in furs, Quentin Véron

Quentin Véron, un des trois new kids (avec Anthony Vaccarello et Nicolas Andreas Tarali) de cette fashion week.

Croisé quelques mois auparavant lors de la célébration des dix ans de la petite robe noire de Didier Ludot, j’avais alors, été intrigué par son look tout droit sorti d’un roman de Charles Dickens et son choix de travailler la fourrure, « afin de la démystifier disait-il ».

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La fourrure change de statut, elle peut devenir ludique, elle fait fi de son côté rombière, elle est libre et sans complexes. La fourrure prouve qu’elle peut être à la mode .

Entraîné par la fougue de sa jeunesse, ce tout jeune créateur n’hésite pas à changer de façon radicale le cadre de son défilé. Pour la Fashion Week 2009, son show prenait place dans un salon parisien avec pianiste jouant quelques Gymnopédies gnossiennes d’Erik Satie. Pour cette saison le show prend place dans la culée du Pont Alexandre III, un tout petit espace où l’on circule parmi les hauts-reliefs et quelques chaises disséminées deci-delà, le tout sous des musiques tribales…

On à l’impression de faire partie d’une société secrète et d’être plongé quelques siècles en arrière. Nous sommes à La cour des Miracles vue par Quentin Véron.

Derrière le rideau des silhouettes sorties tout droit d’un film de Tim Burton entament une chorégraphie païenne imaginée par Ylva Falk et dont le sound design est assuré par Melissa Mars. C’est à une véritable représentation théatrale auquel le créateur nous convie, un spectacle de rue où les acteurs ne sont pas habillés mais en costume de scène.

Onstage: pièce en trois actes

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Godillots ornés de plumes et d’os, gris-gris et microrobe sous un manteau aux manches trois-quarts en renard or.

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Est-ce le dieu Pan ?

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La danseuse (thème récurrent chez Quentin Véron) en robe drapée sous une petite cape en racoon et chèvre au long poil.

Backstage: beautiful freaks

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Ré-interprétée la fourrure conserve son caractère sulfureux sur la chanteuse à la voix éthérée Melissa Mars.

Mis à part le savoir technique de l’un et de l’autre, y-a-t-il chez lui l’excentricité baroque des débuts d’un John Galliano ?

Outre son savoir-faire dans l’art de la fourrure, Quentin Véron est un intéressant créateur d’univers et de silhouettes à cheval entre deux mondes: le costume de scène et la mode. Mais le danger chez les jeunes créateurs excentriques est de sombrer dans la caricature, de s’auto-parodier saison après saison, d’être l’artisan de sa propre obsolescence. Mais à seulement 23 ans gageons que Quentin Véron a amplement le temps de trouver la voie royale.

Le show

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