Red Carpet le nouveau catwalk?

Marc Jacobs l’a annoncé il y a quelques jours, les people habituées du Red Carpet sont désormais persona non grata dans ses shows…

Des sites internet, des magazines, des marques entières sont aujourd’hui consacrés au Red Carpet. On pourrait parler d’une industrie du Tapis Rouge, tellement le business généré est important. Red Carpet est un reportage d’Olivier Nicklaus (la revue de presse de La mode, la mode, la mode c’est lui) qui décrypte le phénomène sans complaisance.
Eva Longoria Parker, sur le red carpet (c) Getty images

Dû, en partie à l’uniformisation de nos tenues qui touche aussi les célébrités, le glamour s’est un peu perdu en route. Grace Kelly à chacune de ses apparitions était glamour, aujourd’hui Jennifer Aniston l’est beaucoup moins en boyfriend jean , Ugg et gobelet Starbuck.

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Le Red Carpet est donc « the only place for stars for fell like glamour star roles » dit Valerie Steele (Directrice du Museum du Fashion Institute of Technology). CQFD.

Sujet devenu tabou, le Red Carpet est donc un show à lui tout seul, un pont lancé entre les fans et leur idoles, entre la mode et le cinéma. Un lieu où les marques de luxe règnent en maître, les italiennes en tête (Armani, Versace ou Cavalli, mais aussi Elie Saab, Lanvin et Chanel).

Aux Césars, à Cannes ou aux Oscars ce sont des centaines de photographes qui s’agglutinent et qui dans les heures qui suivront vont diffuser leur photos sur le web et dans les magazines du monde entier, générant une visibilité qu’aucun service de presse ne peut assurer seul. Ces quelques minutes de visibilité sur le Red Carpet peuvent sauver une maison ou une saison et cela bien plus qu’un défilé de mode, l’enjeu est donc crucial. Sur le Red Carpet tout doit être réglé au millimètre.

Dès lors tous les moyens sont bons pour arriver à ses fins, certains designers (Marchesa par exemple) ne travaillent que pour le Red Carpet et on ne s’étonnera pas d’apprendre que certaines actrices recoivent des chèques à six chiffres pour porter une robe ou un bijou l’espace de quelques minutes sur le tapis rouge.

Plusieurs moments forts ponctuent le reportage: la séance de fitting de Milla Jovovitch chez Chanel, les avis d’Haider Ackermann et de Maria Luisa, les images troublantes de Marion Cotillard lors d’un photocall ou encore la réflexion imparable de Monica Bellucci disant « il vaut mieux faire une bonne pub, plutôt qu’un mauvais film ».

L’égérie aux deux visages

D’un côté Nicole Kidman, Scarlett Johannson sont des ambassadrices de marques, mais leur pourvoir d’attraction est tel qu’elles peuvent aussi occulter l’aura d’une marque. De l’autre des actrices sans actualité sont devenues des Red carpet’s stars only et conservent ainsi leur notoriété, Sharon Stone, l’une d’entre elles, se définit comme une « femme sandwich ».

Alors c’est quoi le Red Carpet aujourd’hui, un lieu galvaudé (il y a des tapis rouges tout les jours et partout), un lieu où règne « le mauvais goût » (dixit Karl Lagereld) ou le nouveau podium des marques de luxe ?

Vous pourrez juger vous même ce soir à 22 h 25 en regardant sur Canal+ ce très intéressant documentaire réalisé par Lalala productions. En attendant regardez l’interview d’Olivier Nicklaus réalisée par les Darkplanneurs.

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Jean-Paul Gaultier Monsieur | The ring

L’ex-Palais des Arts de l’Avenir du Prolétariat s’est mué cette fois-ci en salle des sports, ring de boxe inside…

Cette salle, dédiée entre autres, aux différents shows de la maison se doit d’être à géométrie variable, s’adaptant aussi bien à la Couture qu’au prêt-à-porter féminin ou masculin.

On a beau connaître Jean-Paul Gaultier et sa débordante créativité on est néanmoins surpris lorsque l’on pénètre dans la salle, on attend le défilé avec impatience…

Face to face

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Les mannequins-boxeurs, équipés par Everlast (la mythique marque centenaire boostée par Jack Dempsey au début du siècle dernier), arborent un maquillage… ecchymose. Les jeunes hommes sont abîmés (par la vie ?) mais marchent le torse bombé, ils restent fiers et n’en sont finalement que plus séduisants.

L’homme Gaultier boxe et ose

Les panoplies proposées sont un mix complètement libre et un peu fou, signifiant par la même que l’homme peut tout oser en matière vestimentaire aujourd’hui ?

Ci-dessous, chemise et cravate cohabitent avec un hood en lamé argent et une jupe portée sur un caleçon fluide.

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Au menu les basiques bien sûr, du jean et des vestes en cuir (pièce indispensable de tout vestiaire masculin). Des pantalons de survêtement s’apparentant à des leggings/caleçons en maille très fine, des hoods à toutes les sauces (il y en avait un peu partout pendant la semaine de la mode), de très beaux gilets en grosse maille, ainsi qu’un splendide manteau (voir plus bas) . Des costumes allant du smoking (porté avec des caleçons longs), au costume croisé en passant par le costume trois pièces(!) porté, lui, avec des bottines de boxe.

Comme souvent chez Gaultier il faut prendre le temps d’observer chaque panoplie afin de s’approprier un élément de celle-ci.

Bad boy deluxe

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Veste de smoking portée sur un ensemble jogging de luxe en maille légère semi-transparente et des souliers vernis…

Aubergine et chocolat

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Remarquez le détail des boutonnages, de ce manteau couleur chocolat, que l’on dirait gaufrés (photo) ainsi que la doublure qui semble réserver des surprises.

En fin de compte pas de révolution, le cross-over des styles et des genres chez Gaultier tourne toujours à plein régime.

En backstage…

on retrouve quelques mannequins toujours contusionnés et…

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… the mighty et adorable Tanel !

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Rockabilly chic

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Etonnant contraste entre le style très apprêté  de cette journaliste américaine assise à mes côtés et le défilé monacal d’Adeline André que nous nous apprêtons à voir.

Contraste encore avec cette réinterprétation de la Pompadour, coiffure banane masculine emprunté aux rockers et arboré par cette jeune femme au style très apprêté.

Avec son maquillage plutôt classique, voire un peu « dame », son petit col rapporté en fourrure et son manteau vintage, elle développe un style tout en contraste: « rockabilly-chic ».

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Qui qu’a vu Rouge Coco ?

 

R comme Rouge à lèvres, O comme Oser, U comme, G comme Gabrielle… Chanel, E comme Élegance à la française
C comme 31, rue Cambon, O comme, C comme Camélia, O comme Oh là là !

R comme… Rouge, O comme… Oser, U comme Unique, G comme… Gabrielle, E comme… Élegance à la française, C comme… 31, rue Cambon, O comme… Or, C comme… Camélia, O comme… Oh là là !

Un abécédaire autour des lettres de Rouge Coco, pour célébrer la sortie de la nouvelle gamme de rouge à lèvres de la maison Chanel. Neuf mots ayant tous un rapport avec l’histoire de Mademoiselle.

« Essayer de séduire les femmes qui ont perdu le touch du rouge à lèvres », voilà l’objectif que c’est fixé Peter Philips (directeur international de la création du maquillage) avec cette nouvelle gamme. Il dédie sa collection à toutes celles qui ont peur du rouge à lèvres, qui ne sont habituées qu’au gloss ou au nude mais « qui restent intriguées par cet objet ».

Pour celles, je le cite, « qui pensent que le rouge à lèvres ce n’est que pour les vieilles dames… »

Référence à l’histoire de la marque et projection

Pour toutes ces femmes et jeunes filles, Peter Philips essaie d’apporter une réponse avec une approche très accessible, très simple d’application, mais avec une qualité très Chanel, traditionnelle, voire vintage.

Cette tradition se retrouve par exemple dans le design timeless, standard et dans les lignes pures de l’étui crée par Mademoiselle. La modernité s’exprimant dans le choix du matériau, on à ainsi évolué de la bakélite de 1954, au métal plus froid, plus lourd, mais aussi plus luxueux.

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Retrouver le geste

Peter Philips insiste sur le fait que la (re)découverte peut se faire par une autre teinte que le rouge vif, d’où une collection rassemblant 37 teintes au total. L’essentiel étant pour lui de retrouver « le geste ».

Quoi de plus beau en effet, que le geste d’application du rouge à lèvres ? Redécouvrir ce geste est déjà  un grand pas en avant, vers plus de féminité peut-être ?

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La symbolique du lipstick rouge carmin est encore très forte dans notre culture. Il véhicule les idées de féminité, de force, de pouvoir et de séduction, très Carmen tout çà.

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Ci-dessus les 20 teintes du cœur de gamme, qui seront complétées par 17 teintes « locales »

Pour sublimer le tout la maison Chanel à choisi comme égérie notre Vanessa Paradis, dont je suis un grand fan. De « Joe le Taxi » à sa collaboration avec Serge Gainsbourg, du film publicitaire Coco de 1992 au spot visible dans quelques semaines réalisé par Jean-Baptiste Mondino, Vanessa Paradis s’impose comme la personne idéale, moderne et accessible.

En exclusivité, le making of…

« Qui qu’à vu Rouge Coco », le titre du billet, fait référence au morceau « Qui qu’à vu Rouge Coco dans l’Trocadéro » que Gabrielle Chanel chantait à ses débuts dans les caf’conc.

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Stéphane Rolland | Ready, Jet-Set and Go !

Avec Stéphane Rolland on est dans une über-couture où les curseurs du glam seraient poussés à fond. Je connaissais le créateur pour son travail chez Jean-Louis Scherrer, la semaine de Haute Couture m’a permis de découvrir le travail de sa jeune maison.

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People & Jet-setters

L’homme maîtrise parfaitement son travail, sait exactement à qui il s’adresse. Parmi ses clientes (des fidèles de la première heure qui sont venues du monde entier voir son premier défilé pour la saison hiver 2007-2008) ont retrouve des princesses ou des familles royales du Moyen-Orient et des jet-setters de Mouna Ayoub à Cyrielle Claire.

Lola Karimova, fille du président Ouzbek, provoque une émeute chez les photographes pendant près d’une demie heure. L’Ouzbékistan voulant devenir la prochaine « place to be » elle envoie donc sa meilleure ambassadrice…

Les minutes d’avant… Lola Karimova (soeur de Gulnara), l’ambassadrice jet-set d’Ouzbekistan.

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Archi-couture

On pense à des robes sculptures quand on voit ces plissés et découpes. Décolletés vertigineux, lignes claires et simples, les modèles sont dans l’ensemble très structurés, le style de Stéphane Rolland trahit une passion pour le designer Ron Arad, l’architecture de Zaha Hadid. Dans ce sens, allant dans l’idée de structure, on note une taille très marquée soulignée par des ceintures.

La gamme couleur, il suffit de jeter un œil à ses précédents défilés, affectionne les blancs et les noirs, rehaussée cette saison par un ocre clair, un prune et des éclaboussures dorées.

Mais le clou du show ce sont les applications en plexiglas, découpées au laser et brodées par les petites mains expertes de l’atelier. Elles donnent tantôt l’impression de forger des armures pour des cyber-amazones, tantôt elles sont comme des squelettes, des armatures structurant la robe. On atteint comme çà une sorte d’extravagance soutenue par un trait sobre. Une dose d’irréalité certes propre à la Couture, mais qui manque peut-être d’un peu de chaleur.

Sans heurts et loin du show-off, Stéphane Rolland poursuit sa quête d’un style qu’il qualifie lui-même de « timeless ».

Pas de deux

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Le lac des cygnes, cygne noir vs cygne blanc

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Le mannequin de gauche « Grace Jones style », m’a immédiatement plongé dans les « So Glam eighties ».

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Très appréciée par l’assistance, la robe de mariée (à gauche) brodée de centaines de pièces de plexi avoisine les 40 kg !

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Shooting star

Le faux luxe, seule Gabrielle Chanel pouvait l’inventer lorsqu’elle crée, à la fin des années 30 ses faux bijoux. Réalisations baroques, mêlant pierres semi-précieuses, fausses perles, « cailloux » et dessinés par Fulco di Verdura pour la grande Mademoiselle.

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En 1932, Chanel lancera la collection « Bijoux de diamants », il s’agit cette fois-ci de Haute-Joaillerie, rien à voir avec les faux bijoux! De cette collection consacrée au platine et au diamant, on connaît surtout le collier emblématique Comète.  Sa réédition de 1993 était visible pendant la semaine de Haute-Couture.

Pour nous accueillir Place Vendôme, point de camélia (un des emblèmes de la maison), mais des orchidées, autre sujet de convoitise de la part des collectionneurs.

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La Haute-Joaillerie chez Chanel débute en 1932 et s’interrompt jusqu’en… 1993. Dès lors, elle fait intervenir le savoir-faire des meilleurs ateliers parisiens et s’inspire largement de l’histoire personnelle de Gabrielle Chanel.

Art Déco

Lignes simples et épurées, pour le collier Comète, loin du « style nouille » de la période précédente. Le collier Comète de 1993 est entièrement articulé, composé de platine et 640 diamants pour un poids total 73 carats.

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