Adeline André |Le rituel

adeline-andre-2

Trois photos pour vous donner un avant-goût du défilé Couture de la délicate Adeline André qui a eu lieu hier soir à la JTM Gallery. Parquet, murs blancs, tabourets Tam-Tam blancs, lumière blanche et crue des néons et des projecteurs, le décor est minimaliste, rien d’ostentatoire, un peu à l’image des créations de cette maison de Couture.

Neuf tenues défileront, là où certaines maisons ont trente voire quarante passages. Neuf tenues chez Adeline André, loin de vous frustrer cela vous donne envie d’en profiter encore plus, de savourer avec intensité l’instant qui va suivre. C’est un peu comme une pâtisserie de Philippe Andrieu que l’on aurait ramenée à la maison. On se surprend alors à mettre en place un petit rituel, on choisit avec précaution une assiette à dessert, le couvert en argent qui s’accordera avec elle, on s’installe alors dans son meilleur fauteuil et on s’abandonne pour quelques instants, le monde peut s’écrouler.

adeline-andre-3

Chez Adeline c’est un peu pareil, on observe un rituel. Ambiance détendue et respectueuse, pas de stars en front row. On imagine que les invités sont des proches de longue date, qu’ils appartiennent à la famille d’Adeline André, des créateurs (Popy Moreni était dans la salle) et des artistes.

Dès le second passage la créatrice sort des backstages avec ses assistantes et participe au show en continuant le processus créatif débuté en atelier. Hier soir il s’agissait de déshabiller/habiller les mannequins pour dévoiler successivement les tenues. Neuf robes sur le thème du Biais, portant le nom des mannequins qui les portaient, exemple:

Charlotte Flossaut, robe longe coupée dans le biais, encolure retournée, en georgette de soie chair

Catharina van Eetvelde, robe longue coupée dans le biais, encolure et ourlet retournés, manches à même, en georgette de soie germe

Rose Vignat, robe longue coupée dans le biais, encolure retournée, ceinture queue de rat, en organza de soie coquelicot
etc.

adeline-andre-1

adeline-andre-1

j j j

PFW | Juun J, caché

Juun J.,  un de mes shows préféré de la fashion week.

Originaire de Corée, Juun J. présentait sa collection Hidden au garage Turenne jeudi dernier. Ambiance punk-rock et un brin speed dans les backstages, le show est dans une heure, ce sont les dernières répétitions…

Je découvre des silhouettes oscillant entre des Irma Vep au masculin et des cowboys urbains portant cache-poussière, sortis tout droit d’un remake moderne d’ « Il était une fois dans l’ouest ».

Sur fond de musique industrielle, les jeunes garçons portent capuches et chapeaux voire les deux (il y a pas mal de couvre-chef pour l’hiver prochain soi-dit en passant), des notes de fourrure par ci-par là, des tee-shirts longs tombant mi-cuisses et sur les mains, des grosses poches « façon besace » plaquées sur les pantalons en cuir ou dans le dos des manteaux trois-quarts. Des superpositions, des double cols et des zips, des zips, des zips !

juunj-4

juunj-7

juunj-8

juunj-12

 

Ci-dessous, pièce en rupture, cette doudoune imprimée; cherchez bien les véritables clous-carrés en or sur cet imprimé all-over clous-carrés dorés…

juunj-14

Pour cette collection Juun J. à collaboré avec le créateur belge Christophe Coppens pour les chapeaux, Ground-Zéro pour les imprimées des doudounes et Kiroic pour les sneakers.

j j j

Fashion Week | Le jour d’après, les minutes d’avant…

fashion-week-paris

La troisième journée des défilés homme pour l’automne-hiver 2010-2011 s’achève, passionnante, de la découverte du créateur coréen Juun J. au show toujours festif de Jean-Paul Gaultier, de magique défilé Kenzo, au noir de Kris Van Assche. Résumé en images des minutes d’avant les défilés du premier jour: Issey Miyake, Juun J., Gaspard Yurkievich et le combat de boxe organisé par Jean-Paul Gaultier.

A bientôt pour des photos, des interviews et d’autres mini-vidéos de cette fashion week.

j j j

Mad Men (ou le « trading-up » du vestiaire masculin)

Le tailoring à fait son retour en force dans la garde robe masculine ces dernières années. L’homme sensible à son look s’est vu tantôt accolé l’étiquette de « dandy », « néo-dandy », « dandy-rock », etc.. Le terme à été utilisé à outrance et pas forcément approprié, un peu comme le mot « luxe » aujourd’hui.

Aujourd’hui on peut choisir ses tenues et ses accessoires sans subir le joug des clichés ou les railleries. On peut être papa, puis rusher faire les soldes avec ses potes et tomber hystérique devant une paire de Visvim. On peut parler foot avec son meilleur ami autour d’une coupe de champagne dans un cabaret et avoir autant de make-up que son conjoint dans sa salle de bain. On peut être trader la nuit et gamer le jour (ou l’inverse c’est selon), bref faire voler le modèle de l’homme de « beau papa » en éclat…

Alors exit le modèle d’antan ?

Et pourtant quand on en vient à en parler, entre nous, aujourd’hui, du top 3 de l’élégance masculine, il semble se situer dans les sixties.
Ainsi M. Steve McQueen, règne en maître absolu (si vous n’avez pas vu Thomas Crown Affair, faites le au plus vite !) puis viennent MM. Cary Grant et Sean Connery. L’an dernier, souvenez-vous, Dior Parfums utilisait une photo d’Alain Delon de 1966 pour incarner son parfum Eau Sauvage.

Steve McQueen dans Thomas Crown Affair (© Collection AlloCiné / www.collectionchristophel.fr)

steve-mcqueen-thomas-crown-affair-2

Alain Delon pour Eau Sauvage de Dior

alain-delon-dior-eau-sauvage

 

Plus proche de nous M. « what else » George Clooney est cité en premier, mais son élégance est plus proche d’un Cary Grant. C’est donc à Jude Law, cité le plus souvent ensuite que revient le titre d’égérie contemporaine, nul Beckham, Thierry Henry, Robert Pattinson, Kanye, ou Justin.

Virilité et élégance

À croire que l’on a tendance à rattacher l’élégance masculine à quelque chose de « viril », « paternel » et de « rassurant ». Malgré toutes les émancipations citées plus haut, il semble que l’élégance passe par une certaine sobriété, loin des attitudes sulfureuses. Ed Westwick alias Chuck Bass devra donc patienter encore un peu.

Conséquence de quoi, la garde-robe masculine moyenne serait sous l’emprise d’un phénomène de « trading-up de style », ou « montée en gamme », les accessoires jadis has-been et symboles d’une certaine autorité comme la cravate (les nœud pap’ arrivent bientôt d’ailleurs), les pince-cravate, les pochettes, et dans une moindre mesure les chapeaux trouvent désormais leur place dans nos armoires. Mais attention le « trading-up de style » ne va rendre plus accessible les habitudes et attitudes de l’homme élégant. « Le trading-up à d’abord pour vocation l’amélioration des performances d’une marque » (V. Bastien, J-N. Kapferer, in Luxe oblige, ed. Eyrolles)

Les héros de la série Mad Men, Donald Draper en tête vont-ils contribuer (avoir une influence) sur notre vestiaire?

mad-men-season-3
Photo Carin Baer

La Fashion Week masculine automne-hiver 2010-2011 à commencé hier et se poursuit jusqu’à  dimanche. Reste à voir ce que les créateurs nous on concocté pour cet hiver et si je trouve une once de réponse à ma question.

agenda-fashion-week-men-2010-2011

En attendant voici trois liens, un concernant la série Mad Men et deux blogs de mode masculine découvert récemment, qui cultivent ce style preppy-chic/college/tailoring…

Ivy Style
MadMen footnotes
Style Savage

j j j

Untitled, Ligne 3, invitation au parfum

« Untitled » c’est le dernier morceau de l’album Desintegration de The Cure, un son ouaté et brut à la fois.

« Untitled », « sans nom », car sans voix… d’admiration pour le travail de la Maison Martin Margiela.

« Untitled », une page blanche, à détourner. Le détournement un des principes majeurs de la Maison Martin Margiela

« Untitled », un nom simple et compliqué à la fois; en art appliqué on dit souvent que le plus difficile à atteindre est la simplicité. Dans les arts graphiques par exemple, on apprend à « travailler les blancs » (c’est-à-dire équilibrer le rapport entre le texte et l’espace vierge de la page), en design de mode on essaie d’atteindre cet adage: « le luxe c’est la simplicité ».

« Untitled », car c’est un work in progress, un travail en cours, plus artisanal qu’artiste.

« Untitled », un nom qui sied à merveille au premier parfum de MMM, créateur qui manie avec tant de brio le mystère depuis plus de 20 ans.

Rigueur du nom d’abord, puis la ligne stricte du flacon inspiré des fioles d’apothicaire d’autrefois, dessinée par Fabien Baron, ou encore par la typographie « courrier », brute, des anciennes machines à écrire Olivetti. Mais aussi la rigueur du lieu, ancienne école de dessin industriel, où Maison Martin Margiela à installé ses ateliers, radicalité du blanc omniprésent, uniformité de la blouse des employés. Tout ceci pousse à la discrétion, voire au recueillement.

maison martin margiela-4

maison martin margiela-3

Une fragrance singulière

On s’attend à quoi lorsque l’on est convié à découvrir la nouvelle création olfactive de la Maison Martin Margiela? A un parfum neutre? Conceptuel? On découvre un parfum qui, au contraire, « éclate » au début avec une véritable « tête lumineuse », qui exulte en note de tête, en fragrance vertes (galbanum, vert de buis). Puis, vient une note de cœur en fragrance jasminée et fleur d’oranger (qui apporte de la rondeur). Pour finir une note de fond très surprenante, musquée, voire sensuelle et obsédante (cèdre, encens résinoïde).

Untitled, est une fragrance singulière car elle exhale des vapeurs auxquelles on ne s’attendait pas de la part de cette maison. Une fragrance addictive aussi, dont le sillage, j’en suis sûr, ne laissera pas indifférent. Une fragrance réalisée pendant deux ans avec les équipes de la division Produits de Luxe de l’Oréal.Une fragrance pour une femme Margiela, mais qui siéra aussi aux hommes.

maison martin margiela-5

maison martin margiela-7

Tout y est, le parfum se défini comme un produit de laboratoire, sans référence…

maison martin margiela-1

… et la campagne de communication sera sans égérie.

maison martin margiela-8-shooting

A découvrir en exclusivité dès le 25 janvier chez Colette, puis dans les boutiques Margiela, au Printemps et chez Sephora à partir d’avril.

j j j

Magazines de créateurs

Publications réalisées en partie par des créateurs de mode, en l’occurrence ici Karl Lagerfeld pour le 31, rue Cambon de la maison Chanel et Kris Van Assche pour Londerzeel.

31, rue Cambon

C’est le fruit d’une collaboration entre Karl Lagerfeld et Olivier Zahm. Légèrement plus petit qu’un format A4. Papier mat pour la couverture avec une photo en noir et blanc gros grain (featuring Baptiste Giabiconi), au centre en gaufrage rose très girly le titre de la publication.
On y trouve un bref portrait de la grande Mademoiselle et l’ensemble des produits de la maison: Haute Couture, collection Croisière, Haute Joaillerie, maroquinerie, articles de sport, parfums, beauté, etc. Chaque famille de produits est présentée avec un petit brief très intéressant (année de création, inspiration…).
Ce que j’appréhendais comme un magazine résultant d’une alliance détonnante et excitante (Lagerfeld x Zahm !) est en fait plus un catalogue à destination des clients de la marque, luxueux et informatif. Nul débordement créatif comme on pouvait l’espérer.

Londerzeel

Londerzeel ? C’est le nom de la ville de Belgique où est né Kris Van Assche.
La revue de 16 pages au format A3 possède une couverture en papier calque imprimé, exprimant à la fois toute la créativité et la sensibilité du créateur.
On y trouve les photos et illustrations de Kris Van Assche (notamment l’installation Picaflor, présentée à la Villa Noailles) et les travaux d’artistes amis comme Andrea Mastrovito ou David Casini… Les textes sont de Maxime Buechi (Sang Bleu), de Paul Ardenne…
Contraste total avec la publication précédente, ici on est en possession d’une revue alternative où la démarche est plus artistique et engagée, moins commerciale. Le magazine correspond assez à l’idée que l’on se fait de l’univers subtil du créateur belge-flamand, styliste-artiste et poète.


À lire, le blog de Barbara Polla, rédactrice en chef de Londerzeel et auteure d’une biographie imaginaire de Kris Van Assche, Kris Van Assche, Amor o Muerte?. Vous y trouverez plein d’informations sur KVA et son univers.

(1) Il y a quelques années Hedi Slimane avait collaboré avec Purple Magazine (pour le supplément Interzone) et le journal Libération, assurant leur direction artistique.

hedi-slimane-liberation-1

hedi-slimane-liberation-2

hedi-slimane-purple-interzone-3

hedi-slimane-purple-interzone-1

j j j

Young Blood | Sébastien Meyer

Première collection et premier prix pour Sébastien Meyer (un de mes ex-étudiant) présentée lors du Podium Jeunes Stylistes.

La collection, sa mise en scène est chargée de toute la singularité de ce jeune talent.

sebastien-meyer-2 sebastien-meyer-3sebastien-meyer-1

Le Podium Jeunes Stylistes créé par Vincent Rouvière est un évènement visant à promouvoir la jeune création de mode internationale.

Photos & video © Sébastien Meyer

j j j