Le Modalogue | Weekly #8

Semaine hermétique et moderne

Une soirée consacrée à deux pièces sonores dont Hedi Slimane est l’instigateur: Sweet bird of youth, une carte blanche à Hedi Slimane (feat. Gus Van Sant et Pete Doherty). Cela se passait sur France Culture dans le cadre de l’Atelier de Création Radiophonique et se ré-écoute ici.

Afin de compenser la gravité de la création précédente, je me suis plongé à corps perdu dans la lecture de Design Addicts ou l’histoire de l’aménagement du nouvel appartement d’Huliéna et Anders, respectivement stratège dans l’univers du luxe et consultant en communication transversale. Soixante-dix pages écrites et illustrées par ce cher Jean-Philippe Delhomme, narrant les aventures délirantes de ce couple über-trendy et ses soucis d’aménagement intérieur, un délice absolu, un nectar, à consommer lentement afin d’en apprécier chaque bon mot et chaque référence au design d’hier et d’aujourd’hui.

Toutes ces émotions hermétiques et modernes ont trouvées leur aboutissement à la découverte d’une galerie Flickr consacrée essentiellement aux stars de cinéma vintage. Une vaste photothèque pour les inconditionnels et les curieux.


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Sex, drugs, rock’n’roll… & fashion

J’ai eu l’impression de me retrouver au milieu de l’intelligenstia-underground du New-York City bouillonnant des années 70 l’autre soir chez Colette. Le leader du Velvet Underground y faisait quelques lectures de ses textes, sa voix monocorde captivant le public de passionnés qui s’était réuni au water-bar.

Lou, moi et les autres…

Lou Reed c’est avant tout LE leader du Velvet Underground, l’initiateur du mouvement punk. Il est le troisième membre d’un triumvirat formé avec Iggy Pop et David Bowie. Ce soir là j’étais donc paré pour un « shaking hands » avec un mythe, prendre une photo avec lui, faire dédicacer mon bouquin et lui poser une petite question tout çà en 2 minutes chrono !

L’homme est très cordial, patient, même après 3 heures de lecture/dédicaces. Il ne s’est interrompu que deux fois, la première pour embrasser sa compagne, la seconde pour saluer l’ex-top model Farida Khelfa.

J’aimerais lui poser plein de questions (sur le Berlin d’aujourd’hui et d’hier, sur Nico, etc.) mais finalement je me résigne à ne lui en formuler qu’une seule, car le temps presse.

Moi : – Heu… Which rock band do you listen today ?

Lou : – Ahem… Shonen Knife, a japenese band, Emily Haines… Do you know them ?

Moi : – Oh ! Yes great ! Emily Haines is the leader/singer of Metric, one of my favorite band « Live it out » is a great album ! Shonen Knife is a Japanese band i used to listen many years ago !! Sapristi !

Lou : – ?

Mais on me fait signe qu’il est de temps de laisser ma place, la conversation s’arrêtera là, Lou Reed rajoute:

Dr. Dog, do you know them ? – Heu… No sorry là and thank you ! Je repars en me disant qu’il à les mêmes goûts musicaux que moi, Lou Reed, on est potes…

Malcom…

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Malcom Mc Laren, j’ai eu la chance de le croiser et d’échanger quelques mots avec lui lors d’un défilé Christian Dior. Ces deux hommes à quelques années d’intervalle de part et d’autre de l’Atlantique ont évolués dans un cercle où musique bruyante (sex, drugs and rock’n’roll), art et mode ont fortement cohabité…

Lou Reed fréquentait La Factory d’Andy Warhol à la fin des années 60 et posait avec le Velvet Underground quelques fondements d’un futur mouvement que l’on appellera le punk. Dix ans plus tard environ Malcom Mc Laren invite dans la boutique qu’il gère avec son amie Vivienne Westwood des garçons turbulents qui deviendront les Sex Pistols, porte-drapeau du mouvement punk.

De ces deux sphères créatives jailliront différentes personnalités, éphémères ou devenues depuis institutionelles. C’est le cas de Diane Von Furstenberg qui a fréquenté Warhol et sa Factory à ses débuts et de Vivienne Westwood, dont-on connaît la carrière (depuis la fameuse collection Pirates de 1982 à nos jours). Sans prétention voici une mini-carte heuristique (qui mériterait d’être complété puis étendue prochainement) où l’on trouve les différents acteurs de l’époque jusqu’à  ce que j’estime être leurs enfants spirituels : Marc Jacobs aux États-Unis et John Galliano pour la Grande-Bretagne. lour-reed-malcom-mc-laren-heuristique À gauche, John Galliano se qualifiant lui-même de « pirate » et à droite Marc Jacobs déguisé en Andy Warhol pour la couverture d’Interview (le magazine fondé par Andy Warhol…).

À suivre.

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Blue Bell jean

Blue Bell Overall c’est le nom de la maison-mère de Wrangler.

La marque qui fait son apparition en 1947 vend aujourd’hui 1 jean sur 5 aux États-Unis, elle est fortement inspirée du cow-boy way of life. En Europe, elle reste une marque confidentielle et j’en avais gardé personnellement une image plutôt ringarde, oubliée quelque part entre les années 70 et 80.

Vous vous rappelez la géniale campagne « We are animals » c’était eux ! Cette campagne primée par le Grand Prix Presse à Cannes le 24 juin 2009 m’avait beaucoup plût mais je n’avais pas retenu le produit…

Et ce jean il est comment ?

La collection reste très inspirée des années 50, la ligne Blue Bell reste fidèle aux détails qui ont forgés la réputation de la marque préférée des cow-boys: rivets plats fixés à l’intérieur des poches dos, poche briquet arrondie, sept passants de ceinture (oui le jean que vous portez actuellement n’en a que 5 !).

Qui ne tente rien n’a rien et j’ai fini par me rendre en cabine essayer le jean le plus cool de la collection. Mais rien à faire Eddy et moi çà ne colle pas (Eddy c’est le nom du jean, c’est comme les sacs de Jérôme Dreyfuss, ils ont tous un petit nom masculin). Je me décide à lui faire des revers (haut les revers hein !) façon Rebel without a cause. Et là c’est nickel, tout me convient, sa couleur (comme quoi), sa coupe loose, tout tout tout, je l’adopte illico !

Désormais le W surpiqué sur les fesses revêt un caractère précieux, connu de quelques initiés.

Dans un style arty-preppy, a porter avec des chaussettes de couleur contrasté. Avec les revers il adopte presque la forme d’un carrot-pant. A consommer sans modération donc.

Wrangler Blue Bell à découvrir ici 

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Le Modalogue Weekly #7

Cette semaine, entraîné par la voix de la sulfureuse Florence Welsh (aka Florence and the Machine, dont j’ai bien aimé l’album situé quelque part entre Janis Joplin et Kate Bush) je me suis arrêté sur Guy Aroch, photographe de son état. Ses derniers travaux ont une douce esthétique oscillant entre seventies et eighties, ne manquez pas dans le diaporama, la superbe Lily Cole vêtue de rouge-fatal !

J’ai re-découvert les jolies filles so eighties peintes par Patrick Nagel (1945-1984). Toujours dans un registre très mode, mais plus contemporain, je vous invite à voir les fashion film de Jason Last et écouter Domenico Dolce quand il dit « The web, for luxury brands, is not the future but the present. »

Si vous passez par Bruxelles profitez-en pour visiter Papers un nouvel espace (créé par Jean-Philippe Arnould) consacré au papier sous toutes ses formes, lieu d’exposition (dont la première fût inaugurée par Pierre Le-Tan), lieu de collection (on y trouve des feuilles vierges issues des manufactures européennes encore en activité) et lieu de rareté (on y trouve entre autre des gouaches de Georges Lepape pour Paul Poiret).

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Lady D.I.Y

Drôle de coiffe pour cette jeune fille croisée hier soir chez Colette, tandis que Lou Reed nous lisait certains de ses textes…

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… des leggings zippés dans le dos, un diadème fait de vis et de rondelles dentelées, très D.I.Y(1), très punk, très arty, très Lou Reed en somme…

(1) D.I.Y : Do It Yourself, expression très utilisée dans la culture underground des années 70.

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Monsieur Z présente Bellaciao | Une histoire de diamant

Artazart hier soir, c’était la présentation de Bellaciao, l’histoire d’un diamant au XXe siècle (ed. Michel Lagarde) illustrée par vingt-quatre illustrateurs de l’agence Agent 002.

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Vingt-quatre illustrateurs comme les vingt-quatre facettes d’un diamant inestimable. On croise dans cette histoire aussi bien Jack London que Greta Garbo ou encore la prestigieuse maison Van Cleef & Arpels, qui à l’habitude des pièces exceptionnelles…
L’occasion ce soir là de rencontrer le discret Richard Zielenkiewicz, alias Monsieur Z.

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Trois questions à Monsieur Z

Il y a eu ton travail pour le magazine Wallpaper qui t’as fait connaître au monde entier. On a beaucoup vu tes dessins dans les magazines de mode ou lifestyle, puis ton style à maintes fois été « emprunté »… Ces derniers temps j’ai l’impression que l’on te voyait moins. Où étais-tu passé?

J’ai moins de commandes pour du graphisme très épuré, mais je continue toujours à dessiner des barbarella ! J’explore aussi d’autres horizons, j’aime toucher à tout. J’ai participé a de nombreux projets à l’étranger notamment au Japon et aux États-Unis. J’ai collaboré avec d’autres illustrateurs comme Jason Brooks. J’ai également réalisé une série animée de 26 épisodes de 26 minutes baptisée Jet Groove (c’est un peu Love Boat(1) adapté à l’équipage d’un avion de luxe). Diffusé l’an dernier à la télévision on peut désormais la voir sur YouTube.

Quelle est ton actualité?

Actuellement je travaille sur un projet d’animation pour le cinéma, vous en saurez plus ultérieurement. J’ai un également un projet « coming-back » avec un éditeur, un livre contenant des illustrations dans le plus pur style Monsieur Z!

Peux-tu en quelques mots nous parler de ta technique de dessin?

Je débute toujours à la main, mes dessins sont très géométriques. Le plus important reste la composition, je fais en sorte de définir un cadre précis ensuite je compose les masses à l’intérieur de celui-ci. Je recherche avant tout le bon équilibre graphique.

Ensuite j’attache aussi une grande importance aux raccourcis graphiques. Ils permettent de comprendre immédiatement un geste ou une posture, quitte à avoir une pose artificielle. C’est un peu comme si l’on faisait d’une image un logo. Une fois ce processus terminé je passe sur l’ordinateur.

Une des pin-up de Monsieur Z

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(1) La croisière s’amuse

Pour compléter votre expérience…
Le site de Monsieur Z
Jet Groove sur Youtube

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Dans les « backstages » des vitrines animées du Printemps Haussmann

Les Maisons Chanel et Dior unissent leur talent et leur savoir-faire pour nous inviter dès le 12 novembre(1) à découvrir un Noël russe. Pour l’occasion, ces maisons ont créé quatre poupées exclusives pour enchanter les quatre vitrines animées du Printemps Haussmann. Retour sur une visite exclusive des coulisses de cet événement. le-printemps-vitrine-noel La princesse Nadeja de la maison Chanel au milieu de Matrioschka géantes. Depuis le milieu des années 20, les vitrines animées de Noël sont un véritable rendez-vous avec les clients. Depuis cinq ans désormais, le Printemps Haussmann fait appel à des créateurs de mode pour habiller ses vitrines. Cette année Karl Lagerfeld, Victoire de Castellane et John Galliano ont travaillé sur la thématique du Noël slave et la fête de Noël russe, on y retrouve les grands moments chers à cette époque de l’année: le bal, la musique et le grand dîner.

Dans les règles de l’art et de l’artisanat

Ces vitrines sont le résultat d’une rencontre entre différents métiers. Le studio de création du Printemps qui crée la poupée, le cahier de style avec la thématique et les codes couleur; les ateliers couture des Maisons de Couture et le marionnettiste à fils qui donne vie à cette féerie. Karl Lagerfeld a habillé deux poupées, reproduisant pour la première (femme) une robe Couture du défilé Paris-Moscou et pour la seconde (homme) un avatar, amalgame d’Andy Warhol, Bill Kaulitz de Tokio Hotel et lui-même. Victoire de Castellane s’est fortement inspirée… d’elle-même pour créer une poupée très pétillante, quant à John Galliano, il a reproduit fidèlement une robe du célèbre défilé Couture de 1998 à l’Opéra Garnier allant jusqu’à  faire refaire en modèle réduit un de ses motifs.

Trois questions à Jean-Claude Dehix, marionnettiste à fils

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Depuis combien temps vous occupez-vous des vitrines animées du Printemps ?

Cela fait 35 ans que mon atelier situé à Montfermeil travaille avec le Printemps. 35 ans de Père Noël !

Comment tout cela à débuté ?

Nous sommes marionnettistes à fils de père en fils. Au début du siècle dernier, mon père à eu l’idée de remplacer les mains du marionnettiste par des petits moteurs. C’est ainsi que tout à commencé. Aujourd’hui je travaille avec mon fils et ma fille.

Travaillez-vous avec d’autres enseignes ?

Lorsque les quatre grands magasins parisiens avaient des vitrines animées, nous les faisions toutes. Aujourd’hui il ne reste plus que les deux enseignes du boulevard Haussmann. Nous en avons réalisées quelques-unes à l’étranger, mais la demande n’est pas la même. Il s’agit d’automates et le contenu expressif n’est donc pas aussi poussé. On peut donc dire que les vitrines du Printemps n’ont pas leur équivalent dans le monde. — (1) Embrasement des façades à 19:30 Pour compléter cette découverte ne manquez pas le motif réalisé (voir ci-dessous) par l’illustrateur Klaus Haapaniemi, dont j’avais parlé il y a… quatre ans! Klaus-Haapaniemi-printemps Klaus Haapaniemi réinterprète le bestiaire des contes de fées russes.

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