Les fleurs Couture de Monsieur Jean-Yves

Pendant la semaine des défilés haute-couture, Didier Ludot recevait dans sa boutique Monsieur Jean-Yves qui présentait sa première collection de fleurs « Couture ».

Parmi les invités de ce moment exquis on pouvait croiser Didier Lecoanet, Viviane Blassel ou Gaspard Yurkievitch

La Couture qui s’étiole un peu plus chaque saison, retrouve un peu de ce caractère onirique, précieux et original à travers de telles créations. En faisant collaborer de jeunes artistes et stylistes avec des maisons prestigieuses comme le plumassier Lemarié ou les soieries magnifiques de Buche-Guillaud-Moreau, Monsieur Jean-Yves crée des accessoires, des « petites choses » où se mêlent savoir-faire et créativité, anciens et modernes.

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modèle de Mona Oren

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modèle de la ligne « classique »

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modèles de Quentin Veron

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modèle de la ligne « classique-exhubéante® »

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modèle de Matthew Cunnington & John Sanderson tout en découpe et pliage, un teasing de leur future collection de prêt-à-porter !

Ces fleurs en cuirs, organzas de soie, fourrures ou dentelles, sont tantôt noires et architecturales pour Matthew Cunnington & John Sanderson, carnivores chez le styliste Quentin Veron, sensuelles chez l’artiste israélienne Mona Oren ou « classique-exhubéante® » chez Tania et Vincent. Face à cette collection de 24 fleurs Couture le camélia cher à Mademoiselle Chanel paraît tout à coup bien sage.

Et pour en savoir plus sur Monsieur Jean-Yves, suivez son blog

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Luxe et fantaisie

N’y a-t-il que les marques de luxe pour allier avec brio fantaisie et communication ?

Hermès confie les images de son catalogue 2010 au photographe britannique Tim Walker. Ce dernier, crée des situations oniriques, abracadabrantes voire surréalistes, amenant la communication de la marque sur un plan artistique et à l’accès un peu hermétique (devenant par là-même sélectif et éloignant toute comparaison avec d’autres marques) en parfait accord avec l’image du sellier de la rue du faubourg Saint-Honoré.

Hermès à travers ses catalogues véhicule chaque saison du rêve, de la culture sur le savoir-faire quasi ancestral de ses artisans et de la création artistique. Rêve, relation au temps et subjectivité, trois composantes essentielles du luxe.

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Le monde d’Hermès, printemps-été 2009, couverture et page intérieure de Tim Walker

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Le monde d’Hermès, printemps-été 2009, page illustrant le travail du malletier « protégeant » les coins des valises

Pour leur collection California Rêverie inspirée de la côte ouest américaine et composée de sautoirs et bagues cocktail festives, la maison de haute-joaillerie Van Cleef & Arpels à aussi usé de la fantaisie dans sa communication. Moins abstrait qu’Hermès mais néanmoins subtil, la maison centenaire à opté pour une légère modification de logo délaissant la colonne Vendôme pour un… palmier ! Fantaisie certes, mais en parfait accord avec le thème de la saison.

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Ci-dessous, quelques photos prises lors de la présentation Place Vendôme, de la collection California Rêverie.

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Collier Ginko « California Rêverie » en or gris diamants brillant, baguette, boules turquoise et perles de culture blanche.

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Clip Flamingo « California Rêverie » en or gris, diamants brillant, saphirs roses et rubis, onyx et grenat mandarin de 26,73 cts

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Clip Paysage d’Opale « California Rêverie »pierre double face pesant 100,11 carats sertie sur des saphirs parfaitement appairés et rehaussée de deux palmiers en diamants. Ce clip révèle à l’arrière un troisième palmier et une ceinture de saphirs jaunes.

Le luxe est aussi un terrain d’expérimentation et d’audace, comme le fût la Haute-Couture dans ses grandes heures. Certaines marques « dites de luxe » négligent ou font fi de cet élan, de cette audace ou de cette fantaisie et optent pour un discours trop terre à terre et urgentiste (avec parfois l’alibi du 2.0) Vouloir aller plus vite que les autres vous place dans une logique de comparaison et vous exclu automatiquement d’une démarche de véritable marque de luxe.

À l’image de certaines vieilles familles célèbres, aristocrates et excentriques, fantaisie et luxe forment un couple étonnant et parfois inattendu. Subtilement accompli ce mariage est générateur d’une dynamique élitiste confortant l’image de marque dans la catégorie luxe. En bref, cessons de nous prendre au sérieux !

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Cerruti Homme |A la recherche du temps perdu

Suite à l’article puis à une interview(1) avec Florent Perrichon (PDG de Cerruti), c’est avec un intérêt tout particulier que j’ai répondu à l’invitation pour assister au défilé de la collection Homme pour le printemps-été 2010 afin de voir comment la direction artistique de Jean-Paul Knott allait mettre en forme les propos de son dirigeant.

Pour ce qui est de l’homme Cerruti et si l’on s’en réfère aux personnalités présentes, ils seraient à chercher auprès de Charles Berling, PPDA ou François-Xavier Demaison. Bien que la tendance soit à l’androgyne adolescent, il y a la possibilité d’apporter plus de personnalité, en accord avec l’état d’esprit de la maison.

Certaines marques comme Jean-Paul Gaultier en ont même fait leur marque de fabrique. Est-ce un désir de ne pas se positionner « trop tôt » sur un créneau trop élitiste et ainsi, laisser un « champ des possibles » élargi ?

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on a pu voir quelques accessoires et des mailles d’été…

Quant au style en lui-même, j’ai aimé la douceur générale qui se dégage de la collection, les tonalités craie, gris très clair, olive et paille. J’ai beaucoup aimé certains trenchs, les tee-shirts, les manches roulées, le blousant des chemises dans le dos, tout ce qui participe à la recherche d’une certaine fluidité.

Les différentes propositions de vestes et paletots aux manches trois-quarts son moyennement convaincants. Après avoir tant lu sur l’apport de Nino Ceruti et Giorgio Armani sur le vestiaire masculin, je m’attendais à des propositions de pièces à manches plus fortes, une nouvelle proposition de la décontraction et de la sensualité masculine, un « rebirth of cool » en quelque sorte. Les pantalons « fitted », raccourcis et à petit revers donnent une silhouette « sharp » et dynamique, et je n’ai pas pu m’empêcher de penser à Thom Browne. en les voyant. Quant au bermuda, ces derniers mois il est devenu « citadin » et « sophistiqué » et se marie très bien avec des vestes, j’aurais aimé voir une proposition de ce nouveau costume par Cerruti.

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Le blanc sous toutes ces nuances, que l’on a beaucoup vu à Milan est une des couleurs vedettes de la saison. J’aime beaucoup les chaussures façon « Clarks ».

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Il faut abandonner les rigidités des saison passées, ci-dessus un tee-shirt blousant dont on trousse les manches et un trench fluide aux manches roulées

Dans l’ensemble j’ai aimé ce défilé, il était plus accessible et moins « luxe » que je ne le pensais. Mais le talentueux Jean-Paul Knott a-t-il atteint-il l’objectif ? Et si non, quid de son avenir chez Cerruti ?

(1) Deux sujets que je vous propose de lire ici et ici.

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Créatures… célestes

Toujours lors du défilé Dior Homme, mais cette fois-ci de l’autre côté du pavillon, comme s’il y avait deux mondes distincts (voir billet précédent). Ces deux filles, lumineuses et colorées, dont la tenue « so vintage » (très « quarante pour celle de gauche, plutôt sixties à droite) se marie parfaitement avec ce vieux quartier de Paris. Un look délicat et ludique.

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Créatures

Force est de constater que depuis l’arrivée massive des designers anglo-saxons à Paris au milieu des années 90 (Alexander McQueen et John Galliano en tête) et les succès de quelques stars du show-business typés « goth » (Evanescence, Lily Allen, etc.) ce style gothique s’est comme banalisé, affiné et modernisé sur les podiums et dans la rue.

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Ces dernières saisons ce sont les garçons qui sont fascinants, à l’origine de tout çà le succès d’Hedi Slimane chez Dior Homme sans doute (mais aussi Kris Van Assche et Raf Simons).

À l’extérieur du défilé Dior la semaine dernière la tendance n’a pas changée, il y a toujours autant de jeunes gens, des créatures, à la maigreur étudiée, au style précis, précieux et monochromatique.

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Difficile de manquer Charles Guislain lors de ces défilés homme; le prochain « it-boy » de la mode masculine selon certains.

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In memoriam : Pina Bausch (1940-2009)

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C’était notre rendez-vous annuel au Théâtre de la Ville de Paris.
C’était la grande dame qui m’a fait découvrir la danse contemporaine.
C’était Água, inoubliable spectacle joué en 2001.
C’était une perception/représentation du corps sur scène.
C’était voir et revoir Café Muller.
C’était, ces dernières années, des récits de voyages tous plus poétiques les uns que les autres.
C’était cette artiste transversale qui à su réunir théâtre et danse au sein du Tanztheater de Wuppertal et influencer tant d’artistes.
Elle était presque comme une amie…

photo (c) Getty

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