Une rencontre avec Jean-Louis Guéret

Il est celui qui depuis plus de vingt ans est en charge des mascara chez Lancôme contribuant ainsi à en faire le leader mondial du secteur. Il y a une dizaine de jours, lors d’une présentation exclusive de Ôscillation Power Mascara j’ai fait avec l’aide de Stéphane une petite interview de Jean-Louis Guéret « roi du mascara », homme passionnant et passionné.

Il a pris de le temps de nous parler de la genèse du projet, des 3 ans d’études et des centaines de prototypes. Il nous a précisé que non, le Power Mascara ne « vibre » pas comme une brosse à dent électrique, mais que des micro-oscillations bien précises(1) ont été étudiées afin de recouvrir entièrement le cil et de créer un effet impressionnant d’allongement.
Certes la concurrence n’est pas en reste, d’autres marques sont sur le point de sortir des produits similaires, toutefois il semble que la maîtrise technologique ne soit pas optimisée. Pour avoir vu et essayé(!) Ôscillation, je peux vous assurer que ce truc là va faire son effet lors de sa sortie à l’automne !


(1) plus de 7000 micro-oscillations longitudinales par minute !

Voir aussi ce billet

j j j

gémellité

Lorsque j’ai découvert la dernière réalisation de l’artiste Nagi Noda chez Stéphane, je n’ai pu m’empêcher de penser à la série Bêtes de mode réalisée en 2006 par Thomas Couderc et Clément Vauchez (Helmo) pour les Galeries Lafayette.


nagi noda, 2008


helmo, 2006


nagi noda, 2008


helmo, 2006


nagi noda, 2008

Deux très belles réalisations.


Visonnez cette pépite vidéo réalisée par Nagi Noda pour Coca-Cola.

Le site de Nagi Noda (RIP 7 septembre 2008)

j j j

Alice Lane, un ange passe…

… au 7e étage sur une terrasse des Champs-Élysées.
Un sourire, une chevelure-crinière, une houle flamboyante, sur un teint de porcelaine. C’est Alice Lane, make-up artist et assistante d’Aaron de Mey, le nouveau directeur artistique maquillage de Lancôme.

 


Alice porte à ravir le nouveau rouge de Lancôme ainsi que le nouveau gloss noir créés par Aaron, le tout accompagné de la combinaison de plombier, une tendance de l’été selon Miss Nardj (voir ici).

Le coffret en édition limité présentant le nouveau rouge (rouge à lèvres) et le nouveau noir (gloss) de Lancôme.

A suivre…

j j j

I had a dream… (Christian Dior, version beta)

Les marques font de plus en plus appels à l’avis des internautes, principalement pour affiner leur stratégie de communication et de positionnement sur le web.

Mais d’autres marques comme Radiohead ou Moby ont demandé à leur fans(1) de participer à la création de leur œuvre; en l’occurrence il s’agissait dans les deux cas de créer un videoclip.

La firme Procter et Gamble(2) propose aux internautes de résoudre en concurrence avec son propre centre de R&D certains problèmes qui se posent à elle. Voici des marques, des entreprises et des artistes, prêts à collaborer avec cette intelligence collective formée aussi bien d’amateurs experts que de simples utilisateurs du web.

le site aniboom-radiohead

dream_radiohead

L’inspiration vient de la rue…

Après des décennies pendant lesquelles les maisons de couture ont décidé de la longueur des jupes. La dynamique s’est inversée avec les années 60. La rue comme espace public, les nouveaux comportements, inspirent les créateurs et génèrent un foisonnement créatif inconnu jusqu’alors.

Cependant, certains courants majeurs comme le streetwear déboulant fin 80-début des années 90, n’ont été que tardivement intégrés dans les collections (circa 1995), soit un temps de latence relativement long.

Si l’on considère le web et les réseaux sociaux comme le nouvel espace public numérique(3) c’est là, sans doute, qu’il faudra aller chercher, autant pour nourrir son inspiration que pour y résoudre des problématiques plus complexes que le métrage de tissu.

Y-a-t-il pour autant un fossé qui se creuse entre la rue et les podiums ?

dream_longueur-genou2

 

La mode en « béta » permanente

Qu’est-ce qu’une marque de prêt-à-porter ? C’est une entreprise qui tous les six mois (certaines tous les quinze jours), par l’intermédiaire de son créateur et de son bureau de style propose des nouveaux produits, les améliore, les adapte pour conquérir et développer sa clientèle.

Considérons qu’une marque de prêt-à-porter est en béta-permanente, en renouvellement continu, comme le sont de nombreux services du web 2.0 (GMail et consorts) !

Peut-on faire un parallèle entre la dynamique des services web innovants et le Prêt-à-porter ?

dream_dior_h&m_beta

L’expérience du participatif?

Alors rêvons que les internautes fans de mode pourraient se voir proposer par une marque: d’envoyer croquis, gammes de coloris et idées matières pour un vêtement ou un accessoire. Après sélection, celui-ci pourrait être réalisé soit industriellement soit en édition limitée par les ateliers avec bien sûr une communication adaptée à l’évènement. La mise en place d’une véritable plate-forme d’échange d’idées (sharing).

Dans la mesure où aujourd’hui, la création se doit d’être soutenue par l’industrie pour exister, cela devrait intéresser les marques de Prêt-à-porter, les bureaux de style, tout autant que les créateurs en herbe.

Bien entendu, cela relève d’un véritable défi du mode de pensée et de fonctionnement des structures. Cela implique l’acceptation d’une mise en concurrence nouvelle, moins ordonnée et moins prévisible.

Mais le meilleur moyen de connaître l’Autre n’est-il pas d’aller vers lui ?


(1) Radiohead à lancé un concours via le site aniboom, Moby réalise une opération similaire ici
(2) À lire dans Comment le web change le monde, l’alchimie des multitudes, de Francis Pisani et Dominique Piotet
(3) Danah Boyd, anthropologue et PhD student à l’université de Berkeley, lire ses publications ici et sont blog là. N’hésitez pas à cliquer sur le Best of de son blog afin d’en savoir plus sur le web, les réseaux sociaux, la mobilité etc.

j j j

Une collection qui a du sens

 

Découverte de la collection de celui qui aime choquer le sens commun, découverte de Double Sens la collection du joailler libre Dinh Van.

Cette nouvelle collection, présentée(1) il y a une dizaine de jours est loin d’être sens dessus dessous; elle reste fidèle au style épuré et très graphique de son créateur.

Cette collection conserve le sens du bon goût. Jouant sur les sens de rotation, elleinterpelle notre sens de l’orientation, le dessin des bijoux part dans un sens, puis revient dans l’autre et ainsi de suite à l’infini. Les parties semblent s’imbriquer l’une dans l’autre comme les pièces d’un puzzle circulaire. De ces mouvements on pense inévitablement au Yin et Yang, mais aussi à l’anneau de Moebius, anneau où l’on tourne indéfiniment sans savoir où se trouve le dessus et le dessous. Une collection à vous faire tourner la tête.


sur un anneau de Moebius, quelque soit le sens de rotation, on ne distingue pas le dessus du dessous…


Double sens, une collection qui a du sens, cela tombe sous le sens


(1) Thanks to Balistik Art, l’agence des belles marques, organisateur de la rencontre et happy hi à Lanette et Marc également présents lors de l’évènement.

j j j

La petite robe noire

Je viens de terminer la lecture d’un petit carnet de Françoise Sagan…

Imprimer
Édité aux Éditions de l’Herne, La petite robe noire (et autres textes) est un ensemble de textes libres publiés dans Vogue, Elle, Égoïste. On y croise Isabelle Adjani (époque Subway), un Helmut Newton amoureux, Bettina ou un poignant Rudolf Noureev Il s’agit de souvenirs, de rencontres, de récits d’amitié ou de témoignages sur l’époque. Parmi ces échanges avec ces gens exceptionnels, il y a le récit émouvant et passionant d’une après-midi passée avec Yves Saint Laurent, dont voici quelques extraits:

– Qu’est-ce qui déclenche une robe ?
Et Saint Laurent sur ton d’évidence :
« Un geste. Toutes mes robes viennent d’un geste. Une robe qui ne reflète ou ne fait pas penser à un geste n’est pas bonne (…) »

« une femme (…) il y a trois ans, m’a tout appris sur le biais (…). La première année c’était l’année, tu sais où toutes mes robes sont devenues folkloriques, gonflées, russes, etc. Les journalistes ont parlé de l’influence russe, du goût de l’exotisme, du baroque, etc. En fait j’avais simplement appris la pratique du biais. »

ou encore sur la mode unisexe
« (…) je sais, je pressens, que dans cette passion, cette uniformité des gens jeunes à s’habiller tous pareils, il y a là une idée, quelque chose que je finirai par trouver, si ce n’est à faire. »

La petite robe noire est un petit recueil de 85 pages que je conseille à toute personne intéressée par la mode, Françoise Sagan ou les deux.


NB : Rien à voir avec la mode, mais Françoise Sagan à également écrit La robe mauve de Valentine…
Lire également cet ancien billet.

j j j

Le blues

Tout a commencé avant-hier matin avec la disparition d’Yves Saint Laurent lorsque j’ai recroisé le bleu Majorelle.


Jardin de Majorelle, Marrakech


Yves Saint Laurent, l’Officiel 1976


Robe vestale en jersey de laine, Yves Saint Laurent Rive Gauche, Vogue 1986


Campagne Printemps-Été 2008, Stefano Pilati pour Yves Saint Laurent

Puis je me suis souvenu avoir dévalisé notre marchand de couleur il y a 3 ans avec mon petit garçon alors âgé de 3 ans et demi. Sa couleur préférée étant le bleu, il a réalisé l’œuvre ci-dessous:


En bleu turquoise, bleu de France, bleu de Prusse, bleu nuit, bleu ciel et bleu canard, un éléphant, un ours et des traces de pas…

Alors, je me suis mis à lister la liste des bleus, tel un poème de Jacques Prévert.

le bleu Klein, pour Jeanne Lanvin
le bleu Lanvin, pour Michel Klein
le bleu pastel, pour Jacques Esterel
le bleu émeraude, pour Vivienne Westwwood
le bleu acier, pour Gianfranco Ferré
le bleu azur, pour la Couture
le bleu canard, pour Léonard
le bleu céruléen, pour Madame Paquin
le bleu ciel, pour Gabrielle Chanel
le bleu indigo, pour Yohji Yamamoto
le bleu cobalt, pour W& LT (1)
le bleu électrique, pour Manolo Blahnik
le bleu bleuet, pour Paul Poiret
le bleu de France, pour Wolfgang Tillmans
le bleu empire, pour Björk Gudmunsdottir
le bleu de Prusse, pour Jérôme Dreyfuss
le bleu Majorelle, pour YSL
le bleu marine, pour Ter et Bantine
le bleu nuit, pour Elsa Schiaparelli
le bleu outremer, pour Nicolas Ghesquière
le bleu horizon, pour Louis Vuitton
le bleu blanc-bleu, pour Edward Henri Molyneux
le bleu pétrole, pour Gaultier Jean-Paul
le bleu des mers du sud, pour Plein Sud
le bleu roi, pour Véronique Leroy
le bleu vert, pour Daniel Hechter
le bleu cyan, pour Marc Le Bihan
le bleu de guède, pour Karl Lagerfeld
le bleu de travail, pour Kookaï
le bleu comme toi, pour Jean-Claude Jitrois
le bleu presque transparent, pour Marc Bohan

je vous laisse

le bas-bleu
l’ange bleu
l’heure bleue
le cavalier bleu
la période bleue
le blue jean

et tous les autres bleus


(1) Wild & Lethal Trash, la marque de Walter Van Beirendonck que l’on prononce « walt »

j j j

Un thé au sahara

7:00 ce matin comme vous tous j’ai appris la disparition d’Yves Saint Laurent.

Depuis j’ai cette chanson de The Police, Tea in the Sahara dans la tête tiré du très beau, roman Tea in the Sahara, de Paul Bowles.

Le rythme mélancolique de cette chanson, le Sahara, le Maroc(1) et la saharienne inventée par Yves Saint Laurent à l’aube des années 70 doivent résonner en moi.

Les paroles de cette chanson semblent coller au parcours du Maître incontesté, parti former avec Christian Dior et Gabrielle Chanel, la Sainte-Trinité de la Couture.

Tea in the Sahara, The Police

The young man agreed

He would satisfy their need

So they danced for this pleasure

With a joy you could not measure

They would wait for him here

The same place every year

Beneath the sheltering sky

Across the desert he would fly (…)

À celui qui a su satisfaire les femmes, qui ont dansé pour lui en robe Mondrian, en robes hippies ou en pantalon, qui ont attendu ses créations saison après saison. Son âme repose désormais au-dessus du désert de son enfance…

(1) sa grande source d’inspiration et lieu où seront conservées ses cendres (au jardin Majorelle)

j j j