
Petit compte-rendu de mes activités d’enseignant avec mes chers étudiants stylistes. Nous avons entamé il y a deux semaines un projet ambitieux et intéressant : réaliser un journal. Pendant les deux années (sur les trois du cursus) où j’interviens, nous apprenons à utiliser les logiciels, indispensables pour tous les stylistes today, de la suite graphique Adobe CS. En dernière année nous créons un document de communication, sous la forme d’un carton d’invitation individuel, présentant la collection de l’étudiant et destiné à un jury de professionnels composé de créateurs, journalistes, etc.
La grande majorité de mes étudiants possède un ordinateur portable et un appareil photo qui les suivent en cours; YouTube, DailyMotion, GoogleMail, FaceBook ou encore MySpace y ont certes la part belle, mais je fais en sorte de dédiaboliser et d’adapter l’apprentissage des logiciels professionnels que sont Illustrator et Photoshop. Pour le styliste, ces softwares se positionnent sur le même plan que le feutre Pantone(tm) ou la machine à coudre.
Histoire du graphisme, notions de mise en page et pratique du logiciel Adobe InDesign s’ajoutent à l’approche de la typographie, à la notion d’image de marque et aux contraintes techniques que nous abordons habituellement. Il n’est pas question ici de former des graphistes (surtout en un trimestre!), mais de permettre aux stylistes d’avoir un champ de vision plus élargi de leur domaine d’activité et d’avoir une certaine autonomie.
Le journal que nous réalisons sera comme une synthèse de l’année, composé à partir d’interviews des étudiants eux-mêmes et de leurs responsables pédagogiques, de reportages sur l’élaboration de la collection de fin d’année, sur les tendances qui les ont influencé, les tribus de mode, etc. Le fond et la forme sont entièrement réalisés par eux, je supervise l’opération assisté d’Alice Litscher, ainsi que l’impression chez l’imprimeur.
People @ work





Atelier « back to roots », ciseaux et bâton de colle: la meilleure méthode permettant d’appréhender la mise en page de document avant de passer sur les iMac.

Débriefing du travail des différents groupes


Au final des réalisations très variées, chaque groupe s’est exprimé selon ses sensibilités. Pour des non-graphistes le résultat est étonnant et prometteur, les propositions oscillant entre des mises en page rock-indépendantes dans l’esprit d’ID Magazine et d’autres minimalistes et conceptuelles, dignes de Self-Service, ou encore populaires comme celles d’un news magazine.
Extension du domaine
L’étudiant qui s’installe en tant que styliste indépendant ou créateur de mode aura donc immédiatement accès à ces outils, lui permettant d’étendre sa création, de produire des fiches techniques, d’expérimenter et d’automatiser certaines tâches. Le créateur débutant, aux finances réduites, aura la possibilité également de réaliser sa communication ou du moins de l’initier (avant de faire intervenir un graphiste) et de réaliser ainsi de façon professionnelle flyers, invitations, bannières ou catalogues nécessaires à la promotion de sa marque.
En effet, rien n’est plus irritant que de voir des créateurs sans catalogue ou aux invitations mal réalisées avec typos déformées et images en basse résolution, parce que faites avec un logiciel dont on dit l’usage aisé, dont le nom est devenu commun(1) et qui a été rapidement téléchargé dans sa version anglaise.
Pour l’étudiant qui intègre un bureau de style ou une entreprise, les derniers sondages ont montré qu’ils faisaient la plupart du temps des arrivées fracassantes. D’anciennes étudiantes m’ont rapporté que, « dernières » dans mon cours, elles étaient aujourd’hui « indispensables » dans les entreprises qui les employaient (de Barbara Bui aux enseignes du Sentier), permettant de réaliser en « quelques heures » grâce à leur acquis, des opérations de création ou de production auparavant chronophages par méconnaissance du logiciel…
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(1) Je prend une photo, je la photoshope et puis on l’imprime.
Billets en relation:

Je peux venir donner des cours aussi ?! Rires. Toutes tes photos me rappellent mes premiers cours de mise en page, nostalgie… @ +++
ah! si seulement en cours de graphisme on nous avait donné des cours de stylisme!!!
C’est pas faute d’essayer, j’aurais aimé faire ce travail en mixant des graphistes et des stylistes. Mais il y a quelques problèmes logistiques…