Officiel | Dior 60 ans de création

Sortie d’une hors-série de l’Officiel consacré à la maison Christian Dior : Dior 60 ans de création.

Un numéro à vous procurer d’urgence et à conserver dans votre bibliothèque, car il retrace à travers mille modèles classés chronologiquement et par couturiers, l’influence qu’ont eu chacun sur cette grande maison.

De Christian Dior, le fondateur, disparu prématurément, à Yves Saint-Laurent, le prodige, à Marc Bohan et ses 29 ans au sein de la maison (!), puis Gianfranco Ferré, qui a la lourde tache de faire passer les années 90 à la maison Dior et pour finir John Galliano, qui renoue avec le faste et l’exubérance des débuts.

Dior par Yves Saint-Laurent

Dior par Marc Bohan

Dior par Gianfranco Ferré

photos l’Officiel

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Precious little diamonds

Lundi dernier dans un hôtel particulier du XVIe arrondissement parisien, premier jour des défilés Couture, avait lieu la présentation de la nouvelle collection de joaillerie réalisée par Camille Micelli (1) et Pharell Williams(2) et baptisée Blason. J’étais convié ainsi que Géraldine et Garance à assister à l’évenement.

L’invitation semble l’indiquer, par son carton noir épais, le blason or siglé LV appliqué en gauffrage et le texte en typographie anglaise imprimé en dorure à chaud, ce sera classique et chic.
N’ayant pas la permission d’utiliser mon cher Canon, je me contenterai de photos prises avec mon iPhone, d’où une qualité de photo moyenne, mais l’ambiance y est et c’est le plus important.

Ce n’est pas la première fois que Louis Vuitton s’associe ainsi avec d’autres artistes, Stephen Sprouse, Takashi Murakami ont déjà  collaboré avec le célèbre malletier ces dernières années. Quant à Pharell Williams il avait déjà  créé en 2004 une ligne de lunettes soleil sous la direction de Marc Jacobs (voir ici).

Ambiance les joyaux de la Couronne…

Le premier espace, premier thème de la collection, tel la Tour de Londres version « neon-lights » est une grande alcôve tapissée de miroirs du sol au plafond, le mur du fond accueille des néons en forme de diamants taillés brillant rond, l’ensemble formant une couronne royale ornée du sigle LV. Nous sommes « reçus » par trois armures médiévales (époque XVIe-XVIIe siècle) présentant sur de petits coussins de velours noir les premières pièces de joaillerie : des broches et des pendentifs en or blanc reprenant la forme de la couronne royale ou d’un blason, tous ornés de diamants.

Ci-dessous l’armure au centre, noire et casque ailé est impressionante, les motifs délicatement ciselés des armures, font écho à la finesse du travail des orfèvres

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Ci-dessous un exemple d’armure finement ciselé, réalisée entre 1536 et 1547 pour le dauphin Henri, futur Henri II (tiré de Armes et armure de la Couronne, ed. Faton)

Seconde alcôve, second thème, le monogramme lumineux LV se reflète sur les murs, le sol et le plafond donnant le vertige quand on y pénètre… À l’unisson de l’effet provoqué par les précieux bijoux contenus dans ces châsses un brin technoïdes.

Ressemblant à de minuscules couronnes ou diadèmes, des rubans recourbés constitués d’une succession de petits losanges en or blanc dans lequels sont incrustés le sigle LV créent de fins bracelets et de fines bagues.

La troisième pièce, troisième thème de la collection Blason, est plongée dans le noir, les bijoux semblent flotter au sein de meurtrières, simplement protégés par un volet forgé en forme de trèfle à quatre feuilles et pivotant sur lui-même. Parmi l’assistance on parle français, anglais et pas mal italien également, certaines élégantes et acheteurs potentiels se font décrire les différentes pièces, d’autres se contentent d’apprécier…

Ci-dessous énorme créole, orné du Blason LV, incrusté de pierres précieuses.

De la « petite » bague ornée de diamants à la chevalière massive ornée d’un blason pivotant qui ne manquera pas de faire fureur autant sur la West Coast que sur la East Coast, il y en a pour tous les goûts et pour toutes les bourses(3).

Rien de radicalement nouveau dans cette collection au niveau du design, on pouvait espérer peut-être plus d’audace, dans les formes et le style, un peu comme Marc Jacobs le fait dans son prêt-à-porter. Le nom de la collection, qui fait référence à l’aristocratie, va dans ce sens, « ne rien bousculer », en tout cas pour l’instant.

Je m’attendais aussi à une collection plus ostentatoire, plus bling, ce n’est pas le cas, hormis trois pièces, une bague-chérubin, une chevalière démesurée et de larges créoles ; l’ensemble est assez fin, voire discret, il n’y a pas d’étalage, ce qui somme toute convient assez à la vision que l’on peut se faire de la maison Vuitton aujourd’hui évoluant dans l’art du contre-pied.

Depuis une dizaine d’années, on a vu au sein de cette maison l’intégration de Marc Jacobs styliste quasiment inconnu, le joyeux et lucratif « bazardage » créatif de la maroquinerie avec les graffitis de Stephen Sprouse, puis ceux de Takashi Murakami, l’association avec des artistes du monde du hip-hop, du rap ou de l’art contemporain soit : l’art d’être là où on ne vous attend pas. Mais aussi une certaine forme de transversalité.

Dans tous les cas, ces artistes, bien que venant d’univers radicalement différents, ont su s’intégrer à la culture « maison » et participer activement à la création de Louis Vuitton en tant que marque de luxe globale.

Let’s go Party !

Le reste de la soirée se déroule dans les deux salles adjacentes ; exit les néons, place aux lustres grand-siècle et aux chandeliers un brin baroques de la salle de réception et du petit salon façon cabinet de curiosités (qui d’ailleurs me rappelle celui de la vidéo présentant la collection).Pharell Wiliams et Camille Micelli se sont retrouvés en début de soirée, ont posé pour les photographes, puis les people (cf. name-dropping plus bas) sont arrivés les uns après les autres, en flot régulier. L’atmosphère chauffait lentement.

Camille Micelli et Pharell Williams

Loin de l’image du rappeur-gangsta, Pharell Williams « très gentil garçon », poli et bien élevé.

Une soirée sans folies ni excès, mise en musique par DJ Jus Ske, l’assistance discute et dansote gentiment, se fait prendre en photo avec la star de la soirée ou prend le frais sur la grande terrasse, une coupe de Ruinart à la main.

Audrey Interviewée par le staff de Louis Vuitton !

Name-dropping de la soirée : Virginie Ledoyen, Sofia Coppola + Thomas Mars, Natalia Vodianova, Élodie Bouchez + Romain Duris, Audrey Marnay, Cécile Cassel, Ariel Weizman, Mademoiselle Agnès, Fréderic Beigbeder, Azzeddine Alaia, Ramdane Touhami, Victoire de Castellane (est restée 30 sec.), Diane Kruger, Suzy Menkes, Simon le Bon (?), Dita Von Teese, Victor & Rolf, Marc Newson et sans doute bien d’autres encore…

Pour en savoir plus, visitez le site officiel

(1) muse et bras droit de Marc Jacobs et responsable du design de la joaillerie
(2) producteur incontournable, membre de N.E.R.D et The Neptunes
(3) entre € 1 400 et € 420 000

 

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Jean Widmer, un graphiste à la mode

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Jean Widmer, co-édition de la maison du livre, de l’image et du son – les Éditions du Demi-Cercle

Quelques images et extraits d’un livre consacré à l’éminent graphiste Jean Widmer.

Pourquoi Jean Widmer ?

Parce qu’au travers de ses différentes collaborations, il a beaucoup fait pour la mode, son style, constamment renouvelé, moderne, rigoureux et classique a traversé le XXe siècle et reste aujourd’hui une référence absolue.
Né en 1929 en Suisse (Frauenfeld), il fait ses études sous la direction de Johannes Itten* (rien que çà !), ancien enseignant au Bauhaus. Il arrive en France en 1953 où il termine sa formation à l’École des Beaux-Arts. Avec d’autres créateurs suisses, il participera à la création de ce que l’on appelle communément l’École Suisse, « privilégiant la visibilité de l’information en exploitant le fonctionnalisme comme forme esthétique » (Margo Rouard-Snowman). Jean Widmer est un puriste, le sens de la composition graphique devant primer sur tout artifice visuel.

Les Galfa (1959-1961)

Jean Widmer va être le directeur artistique des Galeries Lafayette durant cette période(1) qui correspond, vous l’aurez noté, à l’avènement du prêt-à-porter, mais aussi de la publicité. Pendant deux ans il va contribuer à la mise en place d’un univers commun à tous les produits, d’une identité forte et radicalement nouvelle(2) pour la grande enseigne parisienne.

Ci-dessous annonce presse pour les Galeries Lafayette, tirée d’un poème calligramme d’Apollinaire

 

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L’univers créé par Jean Widmer prétend montrer au consommateur que les Galeries sont le lieu où se fait la mode, sans pour autant montrer le vêtement. La composition graphique ci-dessous laisse plus de place à l’animation typographique qu’au mannequin lui-même, placé en bas à gauche dans une posture presque comique et dont l’ « accessoire-parapluie », tel une flèche, semble indiquer la direction que doit prendre notre regard : le texte, la poésie d’Apollinaire(3). Le style de vie et l’image que promeut l’enseigne priment sur le produit.

Ci-dessous annonce presse pour les Galeries Lafayette.

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Un vêtement au volume moderne de l’époque, un mannequin-vitrine, une typographie est très travaillée, façon affiche Dada (cf « Le cœur à barbe« ). La typographie véhicule le message aux choix multiples et qui se veut être d’avant-garde. Les lettres occupent l’espace, débordent, venant même se superposer au mannequin. Le message passe : demain il y aura profusion de modes et d’accessoires de mode élégants aux Galeries Lafayette.

Fond uni et jeu typographique définissent un style, voire une « charte » graphique qui la lie avec l’affiche précédente, un univers se crée.

Ci-dessous papier cadeau pour les Galeries Lafayette

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Jean Widmer influencé peut-être par les dadaïstes Kurt Schwitters et Théo van Doesburg qui ont dessiné l’affiche ci-dessous en 1922

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Jardin des Modes (1961-1969)

Jean Widmer est pendant huit ans directeur artistique et photographe de ce magazine devenu mythique. S’inspirant des courants artistiques du XXe siècle (Dada, Pop Art, lettrisme-hypergraphie etc.) il développe autour d’une esthétique du détournement, de l’humour et de l’émotion auxquels se mêlent le graphisme, la photographie et bien sûr la typographie, une nouvelle mise en page en rupture avec le modèle classique du magazine de mode.

Le magazine, que j’ai connu à la fin des années 90, avait su garder le souffle de ses précédents directeurs artistiques : certaines pages « auraient pu » être du Widmer. Résolument transversal, ce magazine mêlait tous les mois architecture, design, cinéma, art et mode ; il m’a fait comprendre que la mode ne se limitait pas à la hauteur de l’ourlet.

Jardin des Modes, janvier 1967

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série de photo « strip-tease » de Jean Widmer pour la couverture du magazine allemand Twen, précurseur de Nova.

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Ci-dessous annonces presse, sans suite

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Mêmes remarques que sur les affiches précédentes. On note l’omniprésence très graphique du noir et blanc, l’importance de la typographie, son jeu avec la photo et des idées qu’elle indique (20 ans, élégance des mille et une nuits, etc.)

Extrait n°1

Les années 60, par Thierry Grillet

« Chez Jean Widmer, l’aventure Jardin des Modes prend les allures d’une véritable traversée emblématique d’une décennie capitale, Les années 60 accompagnent, en effet, l’émergence d’une culture de la consommation, et certaines revues, comme Jardin des Modes, en France, ou Twen, en Allemagne vont capter et faire progresser cet esprit nouveau, Aussi, lorsque Jean Widmer s’attelle à la rénovation du Jardin des Modes (en avril 1961), il se « libère » et peut affirmer des choix esthétiques nouveaux. Cette liberté nouvelle profite, en outre, de la grande souplesse formelle qu’autorise un journal où s’est déposée, en couches sédimentées, une puissante culture visuelle.

Depuis son origine, dans les années 20, Jardin des Modes perpétue dans l’intention de son fondateur, Lucien Vogel, l’idéal qui avait été celui de la Gazette du Bon Ton. une ébouriffante société de rédacteurs-écrivains et princesses russes désargentées côtoie dans les pages du magazine les figures majeures de Dufy, de Van Dongen, de Pierre Brissaud et de bien d’autres encore.

Dans les années 60, son directeur, Rudi d’Adler, souhaite le réactualiser. Ce journal de « dames » va devenir, avec Jean Widmer, un journal de « femmes ». La métamorphose intervient juste au moment où la haute couture commence, avec Cardin, Courrèges, Yves Saint-Laurent, à jouer les gammes intermédiaires du prêt-à-porter de luxe. Dans ce contexte, l’arrivée de Jean Widmer paraît mettre en équation le Jardin des Modes et lester le frivole dans l’épaisseur d’une raison graphique. Mise en pages rigoureuse où chaque élément trouve sa place, où l’unité graphique est préservée d’un numéro il l’autre. Mais surtout conscient de la part croissante que les médias joueront dans les années à venir, Jean Widmer impose une nouvelle typographie du titre et le traitement ostentatoire de la première de couverture, et la transforme de fait en véritable « affiche », le Jardin des Modes acquiert alors une dimension de « manifeste ».

Manifeste d’introduction à un nouvel âge de la mode, qui, après avoir longtemps gravité dans les nébuleuses éthérées d’une haute-couture pourvoyeuse des modèles mythiques, finit par s’incarner dans les mille et une scènes d’un quotidien accessible. Jean Widmer renonce à la représentation de la mode pour promouvoir une mode en représentation. Du concept à la substance: le défilé de femmes-présentoir cède le pas à des instantanés de femmes.

Le Jardin des Modes ne propose plus désormais à ses lectrices le vêtement qu’elles pourraient rêver de porter, mais une idée de la femme qu’elles pourraient être. Le rapport de la mode au monde gagne en épaisseur culturelle, et les « petits tailleurs pour le soir » portés par de jeunes dames sages s’enrichissent en « air de mai », ou en « mode à deux » … Du mythe de la distinction absolue, réservée à un cercle restreint, à la revendication collective d’un nouvel art de vivre au présent, toute la création est réinterprétée. Ainsi pour une page « tissus » – de même qu’autrefois madame Schiaparelli s’était inspirée du passage à Paris du cirque Barnum and Bailey pour ses collections – Jean Widmer puise-t-il dans le cinéma et les « mania » de l’époque les éléments d’une composition contemporaine. Enserrés dans des griffes d’oiseaux, quelque peu hitchcockiens, des morceaux d’étoffes lacérés se retrouvent, plus loin, accrochés aux dents d’un large peigne, symbole alors du « temps des Beatles. »

Extrait n°2

« Vaillamment épaulé par Éléonore Latzarus, qui prend en charge tous les problèmes d’organisation, il s’entoure de graphistes, et fait travailler les plus jeunes comme Roland Topor, Toni Ungerer, Folon, Bruno Suter et d’autres dans la rubrique « Les idées flèches de Nicole Bamberger ».

Mettant en œuvre la leçon américaine qu’il a reçue de l’ancien directeur artistique de Harper’s Bazaar, Alexey Brodovitch, qu’il a rencontré lors de son voyage à New York, Jean Widmer, avec des photographes comme Harry Meerson, Helmut Newton, Frank Horvat, Jean-Loup Sielf, Bob Richardson, souscrit à un nouvel art de voir et contribue à une fantastique mondialisation des modes : l’intercontinental circus du regard haut de gamme diffuse un art de vivre international et secoue de sa torpeur la presse féminine.

Ci-dessous photos Jean Widmer, robe « Pop-Art » d’Yves Saint-Laurent

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Dans cette course poursuite au temps présent, chaque mercredi après-midi, Jean Widmer ouvre son atelier à de jeunes photographes. Banc d’essai où se révèlent, entre autres, Jean-François Jonvelle, Sacha, Rolf Bruderer, Gilles Bensimon, Chantal Wolf, Beni Trutmann, Jean Widmer lui-même signe quelques natures mortes qui participent à l’évolution de la photographie. Il y laisse apparaître une légèreté qui contraste avec la rigueur, parfois « algébrique », de son travail graphique. Avec un sens ironique du collage, « la nappe tout à trous », délicieuse broderie anglaise, rivalise, dans une de ses natures mortes, avec un gigantesque morceau d’emmenthal. Avec un sens audacieux de contemporain, les compositions de Jean Widmer paraissent imprégner l’esprit des années 60 : la robe de Yves Saint-Laurent sur laquelle se dessine un profil, est « collée » près du feu arrière, grandeur nature, d’une Cadillac qui rappelle les peintures pop art de Lee Bontecou.

Une couleur érotique enveloppe parfois la présentation des collections: la série « strip-tease », qu’il réalise alors pour des maillots de bain, sera plusieurs fois achetée, et reprise en couverture par le magazine Twen. »

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Jean Widmer a ensuite fondé son agence Visuel Design et à conçu de nombreuses identités visuelles (Centre Georges Pompidou, la ville de Berlin, etc.), mais aussi la signalétique des Autoroutes du Sud de la France.
Pour en savoir plus

A lire l’Art de la couleur, ouvrage référence sur la théorie des couleurs

(1) Anecdotes transversales : on notera que pendant ces deux ans, l’illustrateur affichiste Cassandre dessinera le logo d’Yves Saint Laurent et que Denise Fayolle prendra la direction du département Publicité, packaging et esthétique industrielle de Prisunic. Denise Fayolle qui quelques années plus tard fondera avec Maimé Arnodin le bureau de style Mafia.

(2) Ses innovations seront tout de même contraintes aux règles de l’activité commerciale et finiront par lui donner envie de quitter le secteur.

(3)  » il pleut des voix de femmes comme si elles étaient mortes même dans le souvenir / c’est vous aussi qu’il pleut merveilleuses rencontres de ma vie ô gouttelettes / et ces nuages cabrés se prennent à hennir tout un univers de villes auriculaires / écoute s’il pleut tandis que le regret et le dédain pleurent une ancienne musique / écoute tomber les liens qui te retiennent en haut et en bas. » Un poème un brin surréaliste, qui en 1960 a heurté quelques sensibilités commerciales…

 

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Le Modalogue weekly#1

Louis Féraud, commence toutefois dans la vie comme boulanger dans un quartier populaire d’Arles…
Dans le pétrin(1), Louis Féraud, l’arlésien, décide de monter à Paris créer sa propre maison de couture, un parcours plus que transversal à découvrir sur Wikipédia…

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Lectures

Quelques magazines que j’ai découvert récemment ou au cours de l’année passée. Tous ces magazines ont, bien sûr, un lien avec l’univers de la mode. J’ai profité des vacances pour en refeuilleter certains, voire lire ceux que je n’avais pas eu le temps d’ouvrir…

Paradis, magazine pour l’homme contemporain

Découvert en début d’année dernière avec le numéro Printemps-Été, ce magazine a rapidement remporté mes suffrages. Couverture noire, un visuel poétique, ludique et recherché. Typo de type institutionnel, non soumise aux tendances éphémères. Papier satiné, mat, épais et chaud, procurant une certaine sensation de confort et de luxe pas clinquant.

La photographie est très belle. Des femmes, beaucoup de femmes, belles, nues ou à demie-nues, jamais vulgaires. Des sujets éclectiques, pointus, sur des personnalités connues ou moins connues sur plus de 300 pages ; pour le numéro 2 citons un article sur le peintre John Currin, les photos « très nature » de Jock Sturges, un article sur le journal The Economist, le commissaire-priseur Simon de Pury, des boxeurs, Juergen Teller, Jerry Hall, les huîtres et j’en passe.

Faisant suite à un article sur un de mes peintres favoris, John Currin, une série de photo inspirée de ses réalisations.

Très belle série photo de Jock Sturges

Un magazine à lire, à feuilleter, à refeuilleter et à conserver.

Le Paradis c’est ici


Playboy, le retour

Juliette Binoche en couverture du premier numéro de la nouvelle formule de Playboy. Une couverture qui n’est pas sans rappeler la série de clichés prises par Bert Stern avec Marilyn Monroe (ci-dessous).

L’année passée a vu la refonte de l’édition française du magazine Playboy.

Invocation de Karl Lagerfeld himself pour le premier numéro. Chroniqueurs du moment (Frédéric Beigbeder, Nick Kent, Éric Dahan, Yan Céh, Ora Ito, etc.). Interviews et chroniques des personnalités hype (Sébastien Tellier, Katerine, Colette, etc.). Des couvertures/playmates à sensation puisque l’on y trouve successivement Juliette Binoche, Julie Ordon ou Ludivine Sagnier.

Bien que le contenu fasse constamment référence aux marques de mode et aux créateurs, la maquette, elle, reste (volontairement ??) basique, voire pauvre, en tout cas pas en accord avec l’univers suggéré par les personnalités sus-cités.

Certes, la couverture avec Juliette Binoche est très belle et laissait augurer d’un contenu à la hauteur de celle-ci. Mais j’ai trouvé la séance photo avec l’actrice peu crédible,on s’attend à des photos moins abstraites de la part d’une actrice si « entière ».

L’ensemble du magazine (articles et photos) déçoit, on ne renoue pas avec l’esprit « club » de ses débuts américains.

Les énièmes interviews de Roberto Cavalli ou Hedi Slimane, très vendeurs en ce moment, me semblent plus être des faire-valoirs pour un magazine en quête de crédibilité mode.

Logiquement, je n’ai donc pas acheté le dernier numéro avec Ludivine Sagnier, Géraldine en fait une chronique plus enthousiaste que la mienne, ce qui vous permet d’avoir un autre point de vue sur le magazine.

Ci-dessous, un exemplaire de ma collection (merci eBay)

Playboy France avant Juliette Binoche c’était çà…

Il serait intéressant de voir l’érotisme et le charme traités à leur manière, par des illustrateurs comme Monsieur Z, Garance Doré, Mateo, Arthur de Pins, Soledad Bravi, ou encore David Downtown (et aussi ici), Jean-Philippe Delhomme, Jason Brooks, Julie Verhoeven


Business l’Officiel

L’Officiel a publié en 2007 deux numéros de Business l’Officiel, magazine dont je ne pensais pas qu’il verrait le jour une deuxième fois. Le magazine s’adresse aux femmes d’affaires ayant de hautes responsabilités au sein de grandes entreprises, aux dirigeantes, aux femmes politiques soucieuses de leur apparence… La cible est bien au-dessus des vingt ans, cet âge où l’on doit encore faire ses preuves.

Les rubriques abordées couvrent les champs de l’actualité (Économie, Relations internationales…), le Luxe et l’Art de vivre (Mode, Accessoires, Culture, Tourisme…), la High-Tech et la Beauté/Forme.

Les différentes pages mode font la part belle au tailleur, vêtement par excellence de la femme de pouvoir ; là où je craignais une sélection ultra-classique (voire ringarde), on trouve un choix assez équilibré (de Escada à Balenciaga), adapté à la vision que l’on peut se faire d’une femme d’affaires/politique d’aujourd’hui(1), le choix des accessoires permet logiquement des écarts et des excentricités puisque l’on trouve dans la sélection du dernier numéro la série « cloutée » (Waow !) de Burberry Prorsum ou les Richelieu un brin SM de Givenchy.

Le magazine s’adresse donc à une passionnée de mode, qui saura savemment doser sa tenue.

Très intéressant aussi, le contenu rédactionnel. Pour ce second numéro : le dossier Pouvoir et séduction, le portrait d’Annie Bois, Directrice des Galeries Lafayette, la série d’interviews de femmes de la com, Chandy Chasal, Donie Mamikunian ou encore Sophie Douzal-Sarkozy, des femmes qui font rarement la une des journaux mais que l’on trouve derrière le Comité Colbert, Swarovski ou encore Vertu.

Un article sur les femmes d’influence dans le monde, de Angela Merkel (première au classement Forbes) à Anne Lauvergeon (présidente d’Areva), en passant par Wu-Yi (vice-premier ministre chinoise), Condolezza Rice, Patricia Russo (présidente d’Alcatel Lucent) ou Ho Ching (présidente de Temasek Holding, une des plus puissantes sociétés d’investissement de Singapour).

Pour finir, je vous cite aussi un intéressant petit sujet sur Sarah Ruston(1), la fashion director de Lane Crawford, le Bergford Goodman asiatique.

Un magazine très intéressant qui nous éclaire sur une cible très précise, mais néanmoins très variée que l’on voit rarement représentée ainsi dans les médias…

(1) que le Sartorialist a shooté il y a quelques mois.


Intelligent Life, lifestyle ‘intelligent »…

Lancé en fin d’année dernière par le journal The Economist, Intelligent Life (un peu snob comme titre ?), se présente comme un magazine d’art de vivre, qui paraîtra quatre fois par an.

Parmi les quatre magazines que je cite dans ce billet, c’est celui qui est le moins axé sur la mode proprement dite, c’est aussi ce qui le rend intéressant. Tourisme, Culture, Nouvelles technologies, Photographie etc. sont au programme de ce magazine qui s’adresse à une clientèle « haut de gamme » et cultivée.

Le numéro de cet hiver propose pour la première fois au cours des 164 ans de parution The Economist une série mode, incluse au sein de la timide rubrique Flair, Style with substance (tout un programme) ; on y trouve un petit article sur la joaillerie et la mémoire familliale, plus précisement les nouveaux bijoux de famille, une brève sur Roland Mouret et deux petits articles de shopping international.

Cette publication propose un autre angle de vue que Wallpaper, Business l’Officiel ou Monocle qui sont peu ou prou sur le même secteur du lifestyle CSP++. Des sujets sur la mode proposés par la rédaction de cet auguste journal, je trouve ça plutôt intéressant à suivre.

Deux photos de la série heirlooms (joaillerie de famille)

Pour avoir un avant-goût.

 

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RIP Ettore Sottsass

ROME (AFP) – Le « pape du design » et architecte italien Ettore Sottsass, créateur de la célèbre machine à écrire « Valentine » pour Olivetti, est décédé lundi matin à l’âge de 90 ans à Milan, dans le nord de l’Italie, a annoncé l’agence Ansa.

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Le designer est décédé à son domicile d’une insuffisance cardiaque à la suite d’une grippe, selon la même source.

Une rétrospective de ses créations a été organisée à Trieste (nord-est) début décembre à l’occasion de son 90e anniversaire, le 14 septembre. Elle fermera ses portes le 2 mars. Intitulée « Je voudrais savoir pourquoi », l’exposition présente 130 oeuvres créées par le designer.

« J’aimerais que les visiteurs en sortent en pleurant, c’est-à-dire avec une émotion », avait-il déclaré à l’agence Ansa avant l’inauguration. Jusqu’à  la fin, il a continué à travailler dans son studio de Milan, dessinant notamment des maisons pour des particuliers.

Le ministre italien de la Culture Francesco Rutelli a salué, dans un communiqué, « un talent qui a duré un siècle » et un designer « qui n’a cessé de nous étonner jusqu’aux derniers jours de sa vie ».

Sottsass, né à Innsbruck, en Autriche, le 14 septembre 1917, a fait des études d’architecture à Turin (nord) et a ouvert sa première agence à Milan en 1947.

Il a participé à divers mouvements artistiques dont le plus célèbre, le groupe Memphis, qu’il a fondé en 1981.

Bibliothèque « Carlton » créée au sein du mouvement Memphis, 1981

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Designer consultant pour Olivetti entre 1958 et 1980, il avait notamment créé la célèbre « Valentine », une machine a écrire portative en plastique rouge qui devait devenir une icône du design.

La fameuse « Valentine » Olivetti

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« Le résultat heureux d’une erreur. Devant l’arrivée de petites chinoises bon marché, on cherchait un modèle allégé (…) et puis on a eu l’idée de la couleur, on a choisi une belle matière, et ce fut un succès », avait-il raconté dans une interview au quotidien français Le Monde en juin 2003.

Le designer à la natte de cheveux gris qui a notamment travaillé aux Etats-Unis où il devint ami avec le poète de la Beat generation Allen Ginsberg regrettait que cette machine qu’il voulait « populaire » soit « devenue la machine de tous les intellos du monde ».

Pour Olivetti, il a aussi conçu des machines à calculer ainsi qu’une dizaine d’objets de table pour le groupe italien d’accessoires de cuisine Alessi.

Il avait fait don d’une partie de ses archives au Centre Pompidou à Paris, de centaines de dessins et de photographies.

Selon ses dernières volontés, Ettore Sottsass sera incinéré mercredi (bien mercredi) et il n’y aura pas de funérailles religieuses.

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