Quand mon activité professionnelle réclame que je soit rivé derrière mon bureau à ces heures très tardives, j’ai un « combo » magique pour me tenir éveillé : café (éventuellement e-drink) + une méga-compil (plusieurs centaines de morceaux !) musicale embrassant les années 80-90 allant du plus kitsch au plus inavouable, même si à heures tardives, je n’ai plus peur de rien.
Le casque rivé sur les oreilles, l’iPod déverse son flot de mp3 provoquant joie, rire, nostalgie ou désolation… Alors, parfois revient à ma mémoire un souvenir, cette nuit c’est la sortie du disque de Jean-Paul Gaultier, c’était au début des années 90.
Jean-Paul Gaultier vient de finir les costumes de Blonde Ambition tour, il s’associe alors avec Jean Baptiste Mondino et met en scène (et se met en scène) la mode à travers un clip, puis un disque baptisé Aow ou dou zat, je me revois les yeux écarquillés au Virgin Mégastore des Champs-Élysées regardant en boucle sur les écrans géants ce clip que je trouve toujours sensass. À ce moment et pour moi seul toute la mode était là, dans cette vidéo de 2 minutes.
Jean-Paul Gaultier est sans doute devenu un de mes créateurs préférés ce jour là.
Créativité, humour et foutraque, ce clip résume à mon sens l’univers d’alors du créateur (aujourd’hui son style à beaucoup évolué, tout en gardant toujours ce que l’on peut appeler ses « fondamentaux »). Quelques années plus tard (1993) Jean-Paul Gaultier partira à Londres enregistrer avec Antoine de Caunes l’émission culte Eurotrash, confirmant son rôle de locomotive de la scène créative parisienne et internationale.
Je me prend à rêver de voir aujourd’hui nos créateurs dérider la mode, faire « bouger les lignes », la sortir de son carcan parfois trop « business » et trop frileux. Investir le domaine créatif à des fins plus iconoclastes que mercantiles.
Heeer… I think i should… heerr… Bring so-some technic ideas… Heerr…

Un monument de pop-culture. Même moi je m’en souviens… (je me rappelle aussi d’un truc plus obscure, avec Victoire de Castellane et des avions je crois…).
Et Eurotrash aussi, avec leurs accents à couper au couteau (la classe). Que des beaux souvenirs : quand j’étais môme, ça m’a perturbé (en bien, je m’en rends compte maintenant).
On se rejoint sur un nouveau point aussi dans le paragraphe qui conclut ce billet.
Je ne savais pas que ce morceau avait autant marqué les esprits…
Je vais de ce pas chercher le truc sur Victoire de Castellane, çà doit valoir son pesant d’or !
Quant au dernier paragraphe, je dis : « de l’humour, de l’humour chers créateurs !! »