Mode alphabétique

J’ai trouvé cette publicité (ci-dessous) pour Jean-Paul Gaultier Jean’s dans l’avant dernier numéro d’i-D magazine. Les mannequins posant dans les lettres composant le nom de la marque m’ont immédiatement fait penser aux alphabets figuratifs ou « alphabet bodies » composés depuis plusieurs siècles, des enluminures des moines copistes du moyen-âge à Vanessa Beecroft pour Louis Vuitton…

ID magazine, 2007

jean-paul gaultier pub swimwear

Extraits choisis :

Manuscrit cistércien, XIIe siècle

Giovanni de Grassi, XIVe siècle


Peter Flötner, 1540

Giovanni Battista Bracelli, 1632

Alphabet cirque, début XXe siècle

Erté, Alphabet, 1927-1967 (sublime)
A consulter dans son intégralité ici

Fritz Janschka, 1983

Vanessa Beecroft, (VBLV, 2005), pour l’ouverture du flagship Louis Vuitton de l’avenue des Champs-Élysées, copie de l’alphabet crée par Athonin Beeke en 1970.

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Steven Meisel et Léon Bakst en rehab’

Encore et toujours dans l’inégalable Vogue Italie de décembre, une superbe série photo de Steven Meisel. Un époustouflant jeu de camouflage entre le corps des mannequins, les tenues et les décors, le tout inspiré par les imprimés de l’été 2008. Overdose inhabituelle de couleurs et de motifs à consommer sans modération.

Quelques notes sur cette série photo et les liens que j’ai établi entre elle et d’autres artistes.
Les tatouages, le maquillage et même les coiffures (choucroute effondrées) des mannequins m’ont immédiatement rappelé Amy Winehouse…


Steven Meisel a déjà  réalisé des séries mode plus décadentes que celle-ci sur le theme de la Rehab’, cela ne semble donc pas étonnant qu’il creuse le thème et fasse référence à cette chanteuse.

Ces photos m’ont également rappellé les dessins de Léon Bakst, costumier et décorateur attitré des Ballets Russes (de 1909 à 1921)

Steven Meisel, Vogue Italie, décembre 2007

Léon Bakst, L’oiseau de feu d’Igor Stravinski (1910)

Steven Meisel, Vogue Italie, décembre 2007

Léon Bakst, L’oiseau de feu d’Igor Stravinski (1910)


Poses similaires, profusion baroque des imprimés et des couleurs, sensualité évidente. A creuser et à développer.

Les photos du Vogue Italie sont tirées de l’album Flickr’ de Fashion addict

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« Here are the young men » | Transversalité musicale

Hedi Slimane est cruellement absent de la scène mode mais pas de la sphère créative, pour preuve son e-portfolio.

Des photos en noir et blanc où l’on reconnaît le chanteur des Babyshambles, les 5 garçons dans le vent du groupe The Horrors, Madame Cobain ou encore Amy Winehouse et les Daft Punk.

Un ensemble de photos non triées(?), mais parfaitement sous control, des images autour du thème fétiche du créateur : la musique punk-rock, ses fans et les backstages. On pense évidemment à Anton Corbjin, photographe de la scène punk des années 75 ainsi que de nombreux autres artistes de la musique ou du cinéma (David Bowie, Depeche Mode(1), etc.).

Plane également l’esprit de Larry Clark et bien sûr de Gus Van Sant, autrs artistes étudians les comportements des adolescents.

Ces jeunes hommes anonymes tantôt en tee-shirt, tantôt boutonnés jusqu’au col ont largement inspiré Hedi Slimane depuis près de dix ans et ont collaboré à la création d’une nouvelle silhouette masculine, faisant de la maison Dior que cela plaise ou non, une référence en matière de mode masculine, bel hommage.

La mode est toujours présente donc, car comme le dit Hedi Slimane : « une idée peut être approchée à travers plusieurs médiums« , la définition même de la transversalité.

Le détail qui tue, le badge PIL !

Miss Courtney Love Cobain

Pour compléter ce billet :
A consulter d’urgence :
– son e-portfolio

A lire :
– les publications d’Hedi Slimane sur Amazon

A voir :
– les films de Larry Clark (Kids ; Ken Park ; Wassup Rockers ; Destricted
– les films de Gus Van Sant (Drugstore Cowboy ; Paranoid Park ; Elephant ; My own private Idaho)
– l’exposition réunissant une série de documents vidéos, photos et sonores autour du festival musical de Bénicassim 2007.
Hedi Slimane///Perfect Stranger,
Galerie Almine Rech – 19, rue de Saintonge – 75003 Paris (du 28 novembre au 05 janvier 2008)

(1) Le saviez-vous ? Depeche Mode, le groupe, doit son nom au défunt magazine de mode du même nom…
(*)Et pour ceux et celles qui sont intéressés, le titre du billet provient de ce titre du groupe Joy Division.

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Transversalité musicale et nocturne…

Jean-Paul Gaultier vient de finir les costumes de Blonde Ambition tour, il s’associe alors avec Jean Baptiste Mondino, se met en scène et met la mode en scène à travers un clip, puis un disque baptisé Aow ou dou zat.

Toute la mode d’alors et l’univers foutraque de Jean Paul Gaultier résumé dans cette vidéo de 4 minutes.

Quelques années plus tard en 1993, Jean-Paul Gaultier partira à Londres enregistrer avec Antoine de Caunes l’émission culte Eurotrash, confirmant son rôle de locomotive de la scène créative parisienne et internationale.

Rares sont les créateurs apte à dérider la mode, à faire « bouger les lignes ». Rares à la sortir de son carcan parfois trop « business » et trop frileux. Rares sont ceux qui ont la possibilité d’investir le domaine créatif à des fins plus iconoclastes que mercantiles.

Heeer… I think i should… heerr… Bring so-some technic ideas… Heerr…

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