Modcast | Isabelle Puech

Suite des Modcast© des gens qui « font la mode, pas les modes », Isabelle Puech, de la marque de sac à main et accessoires haut de gamme Jamin Puech, podcastée lors de la remise des diplômes à l’école Mod’Art International, nous parle de son parcours professionnel, donne des conseils aux créateurs en herbe et nous en apprend plus sur ses goûts en matière de mode, d’art et de musique.

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Mode interactive

Durant la Fashion Week 2007 new-yorkaise, la ligne de lingerie Intimates nous a permis d’entrer dans l’intimité de son mannequin vedette et créatrice Elle Mac Pherson.

Une vitrine installée en plein Manhattan, dévoilait au passage des passants (ou selon leur attitude face à la vitrine) la sculpturale anatomie de la belle australienne…

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My tailor is rich (-media), la mobilité et la Mode 2.0

« Nous ne pouvons plus construire nos plans de communication sans prendre en considération la mobilité des individus. »
(Nathalie Lemonnier, Directrice International CRM, Internet et Media, Christian Dior Parfums).

Les contenus rich-media que certaines marques de mode commencent à intégrer dans leur stratégie de communication.
Si vous êtes comme moi addict de la marque à la Pomme, vous n’êtes pas sans savoir que l’iPhone, arrive bientôt dans notre beau pays. Si vous êtes de plus fashion-addicted, alors vous devez lire l’interview très intéressante publiée dans le Journal du Net et dont je met quelques extraits à la fin de ce billet.

On y apprend qu’une des plus grandes marques de luxe du monde, Christian Dior, va adapter spécialement pour le mobile d’Apple son site de vente du parfum Midnight Poison et afin d’en faire un véritable évènement ; ce lancement aura lieu le 29 novembre, jour de sortie du bijou technologique de la marque californienne.

Midnight Poison, flacon unique

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iPhone, le mobile nouvelle génération au design unique

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Avec son iPod, Apple avait déjà  provoqué des réactions auprès des acteurs de la mode, Goyard, Louis Vuitton, Dior ou Prada, pour ne citer que celles-ci avaient confectionné des étuis exclusifs pour le célèbre baladeur.

Étui iPod 5G, par Christian Dior, voir sur eLuxury

Étui iPod, par Louis Vuitton

Malette pour 40 iPod, par Fendi (pour Karl Lagerfeld)

Cette fois-ci Dior, va plus loin que le simple étui et se penche sur le contenu et la technique, sur le « sens » que pourrait distiller ce produit ; une échelle de considération plus élevée démontrant l’importance accordé à cet iPhone, et son possible impact sur nos comportements futurs.

Le virage 2.0 des marques de mode dont je parlais dans le billet précedent est plus que jamais d’actualité, provoqué par les nouveaux modes de vie des consommateurs et mis en place par des responsables communication audacieux.

iPod, iPhone, ordinateur portable, clefs USB Swarovski/Philips de la gamme Active Crystals, associés aux robes infroissables d’Issey Miyake et à la ligne de maquillage Prada (qui à d’ailleurs « griffé » un téléphone mobile), soit une courte liste d’accessoires mode et techno pour une mobilité d’aujourd’hui…


L’interview de Nathalie Lemonnier (extraits)

En quoi consiste le dispositif mis en place pour le lancement de Midnight Poison sur iPhone ? Quels en sont les grands objectifs?

Il s’agit de l’adaptation du mini-site Midnight-poison.com au format de l’iPhone. Sans adaptation, ce site n’aurait pas été visible dans de bonnes conditions depuis l’iPhone étant donné que ce dernier ne reconnaît pas la technologie Flash. L’action est destinée à la France à l’occasion du lancement de l’iPhone le 29 novembre. Il s’agit d’offrir aux possesseurs de l’iPhone, dès son lancement en France, l’accès à un site rich media. Dior exprime par cette opération sa position de marque innovante, toujours prête à suivre l’évolution des technologies pour s’exprimer dans des conditions qualitatives et aller à la rencontre des « early-adopters ».

(…)

De manière générale, quelle est la place des médias digitaux dans la stratégie de communication de Dior Parfums?

Le comportement des prospects et des clients évolue, nous devons aller à leur rencontre sur les médias qu’ils privilégient. Nous ne pouvons plus construire nos plans de communication sans prendre en considération la mobilité des individus. Nous souhaitons les accompagner.
(…)

Cette place est-elle différente dans les différentes régions du monde? Dans quelle mesure et pourquoi?

En effet, les médias digitaux ne sont pas au même niveau de maturité sur tous les marchés. Nous adaptons nos communications au niveau de pénétration de l’Internet, du haut débit, de la téléphonie mobile. Ainsi les Japonais ou les Coréens sont actuellement des utilisateurs très matures du téléphone mobile et de l’Internet, par conséquent nous développons des contenus plus riches pour ces marchés. De même la France bénéficiant d’un fort taux de pénétration de l’Internet haut débit, nous pouvons nous permettre de développer des actions et des contenus de site en rich media sans craindre la frustration des internautes sous équipés comme dans certains autres pays.
(…)

Depuis quand Dior Parfums a-t-il intégré les fonctions CRM, Internet et Media?

Depuis quelques années déjà , avec bien sûr une accélération plus forte ces dernières années en adéquation avec l’évolution des comportements et des attentes.

L’intégralité de l’interview ici

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Mode 2.0

Les galeries photo de mode sur le web sont légions et constituent par là même un fantastique matériau de travail ou d’inspiration. Encore faut-il, comme tout travail de recherche, prendre le temps de trier cette masse d’information.

Je reçois chaque matin une newsletter d’un site à « forte audience », contenant la photo d’une jeune fille, plutôt parisienne, shootée pour son « soi-disant » look de référence ; en fait les tenues sont depuis que je me suis abonné cet été : quelconques ! On est à des années-lumière de l’originalité du street-style plutôt chic et choisi du Sartorialist.

J’ai du mal à comprendre ce positionnement rédactionnel, hormis le fait d’être dans l’ère du temps et de faire du street-style. Avec les moyens investis, ce site pourrait proposer une prestation de bien meilleure qualité.

Pour en revenir à la photo de mode proprement dite, je suis retombé sur des anciens liens bookmarqués il y a quelque temps, il s’agit de fora où les abonnés postent les meilleures pages des magazines de mode (passés ou récents), les plus pointues ou les plus avant-garde. Les photos sont commentées par les autres membres du forum et la plupart du temps les informations techniques (photographes, stylistes, mannequins, etc…) sont indiquées par le posteur.

On y trouve des perles comme la série Nomade’s Land de Peter Lindbergh de 1990 (!), ou encore des magazines auxquels on n’a pas toujours accès ; le nec plus ultra : la série de mode, dont on a oublié le nom du photographe ou le magazine où elle a été publiée, sera complétée par un autre membre du forum, pour un échange total. Ces espaces représentent, à mon sens, de bons terrains d’investigation et constituent une bonne base de données.

Bien entendu on se retrouve face à une problématique propre à tous les réseaux d’échanges sur internet. Le fait de mettre en ligne des photos tue-t-il l’industrie en question ? La réponse n’est pas aussi simple, le marché musical en témoigne, car on n’a jamais autant produit de documents papiers que ces dernières années ; les magazines de mode, eux, se déclinent sous toutes les formes et tous les styles, témoignant ainsi de la richesse et de la vivacité du secteur, mais aussi de la demande croissante de la part des consommateurs.

Chaque mois mon marchand de journaux me présente un nouveau magazine touchant de près ou de loin à l’univers de la mode. Les éditeurs, je le cite, s’empressent (sans jeu de mots) de sortir de nouvelles publications régulièrement, avec pour objectif que celles-ci soient revendues ou éliminées dans les deux ans. D’où ce phénomène de magazines jetables, similaire aux vêtements « jetables » de certaines enseignes et autres pyramides jetables(1).

Tout comme le prêt-à-porter et la mode de rue l’ont fait précédemment, l’aspect collaboratif ou participatif, les initiatives personnelles apportent une nouvelle dimension, stimulante, foisonnante et grisante aux métiers de la mode, et l’internet va en faire autant.

Il est temps pour la mode de faire aussi SA révolution 2.0. La blogroll du Face Hunter est à cet égard stupéfiante, puisque on a là pratiquement au jour le jour le street style de villes allant de Pékin à Caracas en passant par Istanbul, Londres et L.A.

Il est grand temps que les bureaux de style, les professeurs de style, immergent leurs employés et étudiants dans cet univers, c’est en tout cas ce que j’essaie de faire avec mes étudiants.

Dans cette frénésie informative, où l’on a souvent envie d’être Early Adopter ou First Mover si une seule habitude héritée de l’avant-internet devait subsister, ce doit être la réflexion, prendre le temps d’analyser son sujet, de faire des choix, de regarder. Prendre modèle sur un Azzedine Alaïa que les magazines de mode redécouvrent ces derniers temps, être contemporain, intemporel et juste.

Je vous invite à y faire un tour sur les dits fora
The Fashion Spot, Visualising fashion
Live Journal
Fashion Box

(1) Tostaky, Noir Désir
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Lucy Orta et les tribus urbaines

 

1998, vêtement refuge pour 4. Le matin la tente se dézippe libérant ainsi 4 tenues « urbaines », munies de multiples poches. Le soir les 4 personnes se retrouvent au point de rendez-vous et reforment la tente à partir de leur tenue.

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J’ai déjà  parlé très brièvement de la styliste (artiste ?) Lucy Orta il y a quelques temps; tout comme Rei Kawakubo ou Hussein Chalayan cités dans l’article ci-dessous, Lucy Orta interroge le vêtement, étudie son interaction avec l’environnement urbain dans lequel la plupart d’entre nous évoluent. Green attitude avant l’heure, ses réalisations sont éthiquement correctes, souvent dignes d’un film d’anticipation, ses « vêtements-refuges »(1) n’en sont pas moins dénouées d’une certaine poésie.

Nul doute comme le souligne plus bas Paul Virilio, que les interactions entres les tribus urbaines et la mode, donc le vêtement et ces accessoires vont aller croissant, même en présence d’espaces virtuels comme MySpace/Facebook/Second Life… Ayant été récemment parrain d’une étudiante(2) exposant une thèse sur le sujet et suite à un échange avec le directeur de thèse, il m’est apparu assez clairement que certains bureaux de style devraient investir plus profondément dans ces recherches et ces artistes afin de mieux projeter nos comportements et définir ainsi les tendances, plutôt que de tenter de suivre difficilement le mouvement.
Ces stylistes/artistes apporteront à leur manière, des réponses aux interrogations techniques, morphologiques, sociales et d’identité liée au vêtement.

« Il faut avoir une esthétique et un statement. L’un ne fonctionne pas sans l’autre. » (Lucy Orta)

Le temps« post-it », le temps qui clignote, a fait de nous des mutants. Prisonniers des angoisses que les nouveaux activistes de l’art libèrent à travers leur travail. Parmi eux, Lucy Orta, 37 ans, née à Birmingham (Grande-Bretagne) et vivant à Paris. Nul ne s’étonnera que Paul Virilio, qu’elle a rencontré dans les années 90, lui ait rendu hommage:« Lucy dénonce, par ses vêtements collectifs, le retour des hommes à la meute. Au moment où l’on nous dit que les hommes sont libres, qu’ils sont émancipés, hyper-autonomes, elle dit au contraire qu’il y a une menace et que les hommes se rapprochent de nouveau. On peut appeler cela des gangs, des nouvelles tribus, des commandos » expliquait-il dans Lucy Orta Refuge Wear (éditions Jean-Michel Place, 1996).

2001, Cologne, « Nexus intervention »

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Utopie réaliste

Lucy Orta parle de ses objets comme d’éléments « pertubateurs ». Elle se voit en « utopiste réaliste « . Ses scaphandres urbains font aujourd’hui référence, tant dans l’art que dans la mode, où elle a fait ses débuts comme styliste à la Woolmark avant de créer ses premiers « vêtements refuges », inspirés par des recherches textiles sur les fibres expérimentales. «Les vrais pionniers sont les créateurs qui partent d’une réflexion sur la société.» Et de citer Rei Kawakubo (Comme des Garçons), Hussein Chalayan, Martin Margiela, et même Helmut Lang.

Elle a participé à dix expositions collectives ou en solo en 2003. Une soixantaine de personnes travaillent dans son sillage, véritable factory chargée de créer ses armures siamoises éthiquement engagées, ses accessoires d’anticipation, à l’image de ce Refuge Wear Mobile Survival Sac avec réserve d’eau incorporée (1996) ou encore cette Nexus Architecture, vêtement-intervention porté par 110 élèves de Cholet. La roue tourne, les œuvres naissent et se re-posent, d’un centre de détention à Rennes à la Foire d’art contemporain de Miami, d’un marché parisien – dont elle recycle les surplus pour en faire des conserves « conceptualo-comestibles. (All In One Basket, 1997) au London Fashion College où elle enseigne.

2005, Lucy Orta dans son atelier

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Objets urgents non identifés

Lucy Orta voyage, intervient, suffragette de l’art dont elle remodèle les lieux à son image, de son studio parisien à la Laiterie Moderne, un site industriel en bord de Seine, réhabilité en atelier géant, où elle travaille en collaboration avec son mari, l’artiste Jorge Orta. «Il faut avoir une esthétique et un statement. L’un ne fonctionne pas sans l’autre», assure celle qui vient de mettre en place un «post-diplôme», sur le thème Man & Humanity à la Design Academy d’Eindhoven (Pays-Bas). « Créer un dialogue, ouvrir tout le monde», dit-elle. Ambulances, camions militaires, brancards, architectures corporelles, systèmes d’aide immédiate «pour situations urgentes» : dans son regard, l’utilitaire flirte avec l’hygiénisme d’un nouveau meilleur des mondes, au bord de la catastrophe planétaire et de la science-fiction. Chacun, en regardant ces Ouni (objets urgents non identifiés), se sent tour à tour témoin passif, coupable de non-assistance à personne en danger et victime du drame écologique qu’il a créé.

Cet automne, deux livres couronnent son œuvre, dix après ses premiers « vêtements refuges» : Body Architecture (éditions Verlag Silke Schreiber), et surtout l’impressionnante monographie Lucy Orta(3) éditée en Angleterre, un refuge-book où il fait bon prendre abri.

Alice Hermann

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Un travail qui rappelle la collaboration entre Vexed Generation et Puma (2005), créant, je cite: « le parfait vêtement pour le stealth urban rider ».

2005, Puma x Vexed

puma x vexed-2

A voir:

Le Studio Orta
et
Un peu de lecture…

(1) Refuge-wear
(2) Les tribus urbaines et la mode : « La culture gothique et son influence dans la mode » : démontrer comment les sphères underground continuent a être un point de référence pour la renouvellement et l’inspiration stylistique, par Maria Eguiguren. John Galliano, Giles Deacon, Jean-Paul Gaultier ou encore Olivier Theyskens étaient cités dans cette étude.
(3) Lucy Orta, Contemporary Artists Series/Editions Phaidon. Entretiens avec Paul Virilio, Nicolas Bourriaud, Roberto Pinto 160 pages/150 illustrations/24 £

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Bela Borsodi

Ce photographe d’origine aurichienne possède l’art de réaliser des compositions mêlant la photo à d’autres éléments. Illustrations, découpages, objets design ou sculptures s’intègrent parfaitement et prennent vie au sein de ses compositions tantôt surréalistes, érotiques ou ludiques.
Mis à part les pages accessoires de Numéro, je trouve que la présentation des accessoires dans les magazines de mode est souvent le parent pauvre, c’est donc naturellement que j’ai eu un gros coup de cœur pour ce photographe. Il compte parmi ses clients, Another Magazine, Glamour Italy , Kid’s Wear, Vogue, Hermès, Details ou encore V Magazine.

Des compositions créatives et variées, à suivre et dont on pourra s’inspirer.

Stern, 2006

S Magazine, 2006

Vogue Japan, 2006

Another Magazine, série « Faces » avec Paul Graves, 2003

Details, 2006

V Magazine, 2007

Kid’s wear, 2006

Hermès, 2003

Son portfolio à visionner en entier…

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Biche de Bere en liquidation judiciaire

L’entreprise Biche de Bere (prêt à porter/bijoux) de Châteaubriant qui emploie près de 200 salariés en France a été placée en liquidation judiciaire par le tribunal de commerce de Nantes et va devoir fermer l’ensemble de ses boutiques, a-t-on appris aujourd’hui auprès de la direction.

L’entreprise située à Châteaubriant (Loire-atlantique), qui connaissait des difficultés financières, a été placée en redressement judiciaire en avril dernier. La liquidation judiciaire immédiate a été prononcée par le tribunal de commerce de Nantes mercredi et annoncée à l’entreprise vendredi.

« Nous avions proposé un plan de continuation, un plan social avec une petite vague de licenciement, qui a été refusé », a regretté Sophie Thomin, chargée de la communication et du développement de l’entreprise.
Une décision que la direction a du mal à accepter juste avant les périodes de Noël, période faste pour les ventes.
via

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Marc Jacobs vs Elsa Schiaparelli

En voyant les détails chaussures du défilé SS 2008 de Marc Jacobs, je n’ai pu m’empêcher immédiatement de faire un rapprochement avec une réalisation d’Elsa Schiaparelli ; « rivale » de Gabrielle Chanel et grande amie, comme elle, des surréalistes…

Chapeau « chaussure » d’Elsa Schiaparelli qui excellait dans le style « trompe l’œil ».

Mais c’est surtout à l’artiste français underground Pierre Molinier, dont l’œuvre est centrée sur le fétichisme érotique, ami des surréalistes et particulièrement d’André Breton que Marc Jacobs fait référence.

Ci-dessus la création, pour des projets personnels, de Pierre Molinier Et la réédition par Marc Jacobs pour le printemps-été 2008

Marc Jacobs, printemps-été 2008

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